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L'Épire,  l'Illyrie   et   Épidamne

 

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L'Épire et les Molosses

 

L'Illyrie

 

Épidamne

 

 

 

 

        L' Épire - Les Molosses

ILLYRIE

 

   L'Épire (En Grec : Ήπειρος Ípiros "Continent") est un royaume au Nord-Ouest de la Grèce, habité primitivement par les Hellènes. Il est partagé entre l'Albanie d'aujourd'hui et la Grèce. Il est bordé à l’Ouest par la Mer Ionienne, au Nord par la Macédoine, à l’Est par la Thessalie. L'Épire est une région montagneuse au climat très rude. À l'époque antique elle n'était pas considérée comme faisant partie de la Grèce, bien que la population y soit de race Hellénique, mais avec une forte influence Illyrienne. Elle passait pour peuplée de Barbares, selon Thucydide (Homme politique et historien Athénien, v.460-v.395). C'est en Épire que l'Odyssée place l'oracle des morts, au-delà du monde des vivants, dans la vallée de l'Achéron, dont le nom correspond à celui du fleuve des Enfers. Les colonies Grecques qui s’installent sur la côte vont être le foyer d'une civilisation, les Corinthiens y fondent des colonies à Corfou, (La Corcyre antique) et à Ambracie (L'actuelle Arta).

 

   L'hellénisation se fait grâce à la famille royale des Molosses, puis gagne progressivement la population. Les Molosses prétendaient se rattacher, par Néoptolème I (370-360), à Achille. Pendant la Guerre du Péloponnèse (431-404), l’Épire est l'allié d’Athènes, mais ce n'est qu'au IIIe siècle qu'elle prend de l'importance parmi les États Grecs. Les Molosses constituent un puissant royaume qui durera jusqu’à 235/4 et que le Roi Pyrrhos I (307-272) porte à son apogée. Pyrrhos I est même par trois fois Roi de Macédoine. En 235/4, l’Épire entre dans l’empire Macédonien. Corcyre et l'Épire sont les premières terres Grecques abordées par les Romains. En 229 Corcyre se place sous la protection de Rome pour échapper aux Illyriens. En 197, elle s’allie à Rome contre le Roi de Macédoine Philippe V (221-179), elle perd ainsi son indépendance. Ambracie sera le port de débarquement des armées du général et Consul Romain Paul Émile (Lucius Æmilius Paulus ou Paullus), en guerre contre le Roi de Macédoine Persée (179-168). L'Épire devient province Romaine en 148.

 

L'histoire .......

 

Principaux Rois d'Epire

  

Rois d'Épire

 

   Au Ve siècle, la dynastie des Rois Éacides (Fils ou descendants d'Éaque, fils de Zeus et Roi d'Égine) du peuple des Molosses fonde en Épire un puissant royaume en se regroupant avec d'autres tribus : Les Chaones et les Thesprôtes (Installés en Thessalie). Les Molosses étaient la principale tribu (Ethnè) d'Épire. Ils prétendaient descendre de Molossos, un des trois fils de Néoptolème (Le fils d’Achille et de Déidamie) et d'Andromaque. Selon la mythologie Grecque, après la chute de Troie, Néoptolème et ses armées s’établirent en Épire où ils se mêlèrent à la population Dorienne locale et repoussèrent les tribus barbares vers le Nord. Molossos hérita du royaume d’Épire à la mort d’Hélénos, (Le fils de Priam et d’Hécube de Troie). Les Molosses étaient également réputés pour leurs chiens de combat que les bergers utilisaient pour garder leurs troupeaux.

 

   Le premier Roi attesté est Alcétas I (En Grec : Αλκέτας, 390-370), il est le fils de Tharrhypas (ou Tharypus). Pour une raison que l'on ignore, il est un moment expulsé de son royaume. Il trouve alors refuge auprès du Tyran de Syracuse Denys I l'Ancien (ou Dionysos, 405-367) qui va l'aider à récupérer son trône. Après sa restauration, il devient l'allié des Athéniens et du Tyran de Phères, Jason qui essayait de refaire l'unité de la Thessalie à son compte. En 373, il entre dans Athènes avec Jason, dans le but de défendre le Stratège Timothée, qui, grâce à leur influence, sera acquitté. À la mort d'Alcétas I le royaume est divisé entre ses deux fils : Néoptolème I (ou Néoptolémée) et Arymbas. 

 

   Néoptolème I (ou Néoptolémée ou Neoptolemus, en Grec : Neoptoleme, co-Roi 370-360) est né vers 390, il a trois enfants : Alexandre I (Roi 342-331), Troas qui épouse son oncle Arymbas et Olympias qui épouse le Roi de Macédoine Philippe II (359-336) et qui sera la mère d'Alexandre le Grand (336-323). Arymbas (ou Arrybas ou Arybbas ou Arym-bas, en Grec : Arymbas, co-Roi 370-342 et 323-322), Diodore de Sicile (Historien et chroniqueur Grec, v.90-v.30 - Bibliothèque Historique, Livre XIX. 88) l'appelle Arybilus ainsi que Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180 - Livre I 11. § 3). Il épouse sa nièce Troas et il a deux enfants Éacide et Alcétas II qui seront Roi. Il est détrôné par Alexandre I en 342, mais récupérera son trône pour un an en 323.

 

   Alexandre I (En Grec : Αλέξανδρος, 342-331) dit Alexandre le Molosse, est né en 362, il est le fils de Néoptolémée I et le frère de la Reine de Macédoine Olympias. Il est installé sur le trône d'Épire par son beau-frère Philippe II (359-336) qui a pris possession du pays et a renversé Arymbas. Il épouse en août 336 sa nièce Cléopâtre, fille d'Olympias et Philippe II (Et sœur du futur Alexandre le Grand). C'est au cours de ce mariage que Philippe II est assassiné. Laissant l'Orient à son neveu et beau-frère Alexandre le Grand, Alexandre I s'intéresse à la situation en Grande Grèce (Sud de la péninsule Italienne et Sicile) où le Roi de Sparte Archidamos III (360-338), allié de Tarente, avait été tué en luttant contre les peuples Messéniens et Lucaniens (338). En 334, Alexandre I traverse la mer Adriatique jusqu'à la péninsule Italienne pour faire campagne contre des tribus d'italique et la Lucanie, au nom de la colonie Grecque Taras et il laisse Cléopâtre comme Régente d'Épire.

 

 

Statère d'Alexandre I

 

   En 327, Alexandre I s'allie aux Tarentins et débarque en Italie du Sud. Il s'installe à Locres, prend Apulie, signe des traités avec les Métapontins et les Romains et remporte quelques victoires. Selon Tite-Live (ou Titus Livius, historien Romain, 59 av.J.C-17 ap.J.C), ses méthodes brutales lui aliénèrent bientôt ses hôtes et il exila 300 familles en otages en Épire. En 331, Alexandre I conquiert Héraclée, mais il est assassiné lors de la traversée à gué d’une rivière, par son garde du corps, un exilé Lucanien, alors qu’il remontait le Bruttium suite à la bataille.

 

   Il laisse son jeune fils Néoptolème II (ou Néoptolémée) héritier. Tite-Live et Marcus Junianus Justinus (ou Justin, historien Romain du IIIe siècle) rapportent qu'une prophétie de Jupiter de Dodone avait mis en garde Alexandre I contre la cité de Pandosia et le fleuve Achéron. Il fut tué près de Pandosia. Selon Justin, la cité de Thourioi (ou Thurii ou Thurium, ville de la Grande Grèce sur le Golfe de Tarente) aurait racheté sa dépouille et l'aurait ensevelie. D'après Tite-Live, son corps fut démembré par ses tueurs, qui le prirent comme cible pour leurs flèches. Ses restes furent transportés à Métaponte, avant d'être renvoyés finalement en Épire à son épouse Cléopâtre et sa fille Cadméa.

 

   Néoptolème II étant trop jeune pour régner Cléopâtre devient tutrice de leur fils. Il était d'usage en Épire que la femme d'une famille devienne chef de famille quand son mari mourrait et que leurs fils étaient trop jeunes, à la différence du reste de la Grèce. Le plus étonnant c'est qu'elle était aussi apparemment temporairement chef d'État religieux pour les Molosses. Son nom apparaît sur une liste des ambassadeurs sacrés. Cléopâtre est de manière significative la seule femme sur la liste. Autour de 324, Cléopâtre rentre en Macédoine, alors que sa mère, Olympias venait assumer la régence de l'Épire, car les relations entre la Reine-mère et Antipatros en Macédoine, étaient très tendues. 

 

  Pour plus de détail voir : Cléopâtre, Princesse de Macédoine.

   Néoptolème II (ou Néoptolémée, en Grec : Neoptoleme, 331-322) arrivé au pouvoir très jeune verra son règne divisé en trois périodes. De 331 à 323 sous la tutelle de sa mère Cléopâtre, puis grand-mère Olympias. Il sera détrôné un temps par Arymbas (ou Arrybas, en Grec : Arymbas) qui récupère le trône de 323 à 322 et à sa mort laisse la place à son fils Éacide (En Grec : Eacide, 322-317) né en 361. Celui-ci épouse Phthia (Fille de Ménon de Pharsale, un des généraux de la Guerre Lamiaque contre Antipatros). Il a trois enfants : Pyrrhos I, Troas et Deidameia qui est d'abord fiancée au Roi de Macédoine Alexandre IV Aigos (317-310), fils de Roxane et Alexandre le Grand, mais qui épouse Démétrios I Poliorcète (294-287) fils d'Antigonos I Monophtalmos (306-301). En 317, Éacide qui épuisait le peuple dans des combats incessants contre les Macédoniens, s'attire la défaveur des citoyens et est envoyé en exil. Il s'était allié au Régent de Macédoine Polyperchon (319- 317/316) contre Cassandre (Futur Roi, 301-297) et avait aidé Olympias à revenir en Macédoine. Chassé par Cassandre, il doit s'enfuir en Étolie et laisse sur le trône son fils Pyrrhos I, un bébé de deux ans à peine. L'enfant est alors recherché pour être tué et doit lui aussi être exilé. Néoptolème II en profite pour récupérer son trône, qu'il garde jusqu'en 313, où Éacide revient en Épire et reprend le pouvoir pour un an. À sa mort lui succède son frère Alcétas II (En Grec : Αλκέτας, 313-307) qui a quatre enfants Teucros, Alexandros, Eioneus, Nisos. Il sera assassiné par les Épirotes.      

 

Pyrrhos I - Musée national de la civilisation Romaine - Rome

 

   Lors de l'exil d'Éacide, alors qu'on le recherchait pour le tuer par haine de son père, Pyrrhos I (En Grec : Πύρρος της Ηπείρου ou Pyrrhus I, 307-302 et de 297-272), né en 319/318, est enlevé en cachette et apporté chez les Illyriens. Il est remis à Béroè, l'épouse du Roi des Taulantins Glaucias, pour être élevé. Celle-ci était elle-même de la famille des Éacides, elle adopte l'enfant et le protègera longtemps contre le Roi de Macédoine Cassandre, malgré que ce dernier le réclamait sous menace d'une guerre.

 

   En 307, les Épirotes, émus par cette histoire, changent d'attitude et rappellent Pyrrhos I dans le royaume, alors qu'il venait d'avoir onze ans. De 307 à 302, ils lui donnent des tuteurs pour veiller au royaume jusqu'à ce qu'il atteigne sa majorité. Adolescent, Pyrrhos I va passer son temps dans les batailles. Du fait du succès de ses entreprises, il est rapidement jugé comme un grand homme de guerre et le seul qui paraissait capable de pouvoir défendre les Tarentins contre les Romains.

   

   Il est vrai que Pyrrhos I a été considéré par les Anciens comme le plus grand général après Alexandre le Grand, mais ce stratège et tacticien remarquable n'a jamais remporté que des succès sans lendemains. Il perdra même à une époque, la Macédoine et la Thessalie. Son rêve de reconstituer l'empire d'Alexandre le Grand, en s'assurant d'abord la suprématie sur la Méditerranée occidentale l'entraînera en Italie du Sud et en Sicile (280-274)où il ne pourra pas se maintenir. Pyrrhos I restera célèbre pour ses guerres coûteuses, et en hommes et en argent, contre les Romains. Il prend pour capitale Arta. En 302, il est dépossédé de son trône par Néoptolème II qui reprend le pouvoir pour la troisième fois jusqu'en 297. Pyrrhos I se lie avec Antigonos I Monophtalmos (306-301) et Démétrios I Poliorcète (294-287) et combat auprès d'eux, en 301, à la bataille d'Ipsos. Après cette bataille perdue, il est emmené comme otage en Égypte, où il épouse pendant sa captivité, Antigonè (ou Antigone), la fille de Bérénice I.

 

   En 297, Pyrrhos I est rétabli sur son trône par le Roi d'Égypte Ptolémée I Sôter (305-282). Pyrrhos I fera empoisonner Néoptolème II en 295. En 289, il s'allie avec les Étoliens. Il profite de la maladie de Démétrios I pour s'emparer d'une grande partie de la Macédoine jusqu'à Édesse, mais ce dernier l'en chasse peu de temps après. Il modernise l'économie et l'armée et en 288, il repart à la conquête de la Macédoine. Allié avec la coalition du Roi Séleucide Séleucos I Nikâtor (305-280), Ptolémée I et du Roi de Thrace Lysimaque (322-281), il détrône Démétrios I et se proclame, en 287, Roi de Macédoine (Titre qu'il ne gardera qu'un an). En 281 les Romains attaquent, sous le commandement du consul Lucius Aemilius Barbula la ville de Tarente. Celle-ci bien que s’étant alliée aux Samnites ne peut s’opposer à l’armée Romaine, qui s’empare de la ville et la pille.

 

   Les Tarentais envoient alors un ambassadeur auprès des Romains, afin de négocier une trêve et dans le même temps demandent de l'aide à Pyrrhos I. Ce dernier débarque au printemps 280, en Italie du Sud, avec une puissante armée de 25 000 hommes et affronte les légions Romaines. Barbula et ses hommes doivent s’enfuir. La même année, à Héraclée, Pyrrhos I remporte la victoire sur les Romains, effrayés par ses éléphants. Puis, il échoue devant Capoue, mais il sort ensuite vainqueur, en 279, à Ausculum au prix de lourdes pertes. L’alliance avec Tarente devait lui permettre, une fois les Romains vaincus, de pouvoir s’emparer facilement de la Sicile, puis, par la suite, de revenir en Macédoine, à la tête d’une nouvelle armée et reprendre le pays. Les Romains décident alors d’un nouveau plan, ils divisent leurs forces en quatre armées.

   La première, sous les ordres du consul Barbula, était chargée d’empêcher la formation d’une alliance entre Pyrrhos I, les Lucaniens et les Samnites. La seconde reçoit l’ordre de protéger Rome, au cas où la cité serait attaquée par le Roi d’Épire. La troisième, sous les ordres du consul Tiberius Coruncanius, est chargée de s’attaquer aux Étrusques, afin qu’ils ne s’allient pas avec Pyrrhos I. Enfin, la quatrième armée, sous le commandement du consul Publius Valerius Laevinus, reçoit l’ordre d’attaquer Tarente et les Lucaniens. Pyrrhos I décide de marcher sur Rome, s’emparant de nombreuses cités sur son passage. Il est cependant stoppé à environ 30 kilomètres de Rome, par les armées de Barbula et de Laevinus.

 

  

 

Monnaie de Pyrrhos I

   Pyrrhos I, estimant qu’il ne comptait pas suffisamment d’hommes à ses côtés, décida                                                                          de reculer. Il renonce alors à continuer la lutte contre Rome et se tourne en 278, vers la Sicile où il est proclamé Roi de Syracuse en 277 (Titre qu'il gardera jusqu'en 275), mais il se heurte à une autre puissance, celle de Carthage. Parallèlement, il s'empare de nouveau de la Macédoine où il reprend le titre de Roi en 277 à Antigonos II Gonatas (287-239), qui retrouvera rapidement son trône. Pyrrhos I porte la guerre jusque devant Sparte. La révolte des Siciliens, poussé par les Carthaginois, le force à rembarquer pour l'Italie. Les Carthaginois détruisirent une partie de sa flotte et les Romains, conduits par Curius Dentatus, l'écrasent à Bénévent (ou Beneventum, dans l'actuelle Campanie au Sud de l'Italie) et en 275, Pyrrhos se voit contraint de regagner l'Épire.

 

  En 274, Pyrrhos reprend l'offensive contre la Macédoine d'Antigonos II qui doit se replier à Thessalonique où se trouve sa flotte. Pyrrhos I quitte le pays et en laisse la garde à son fils Ptolémée. Antigonos II profite de l'occasion et reprend l'offensive. Il est battu une première fois par Ptolémée, mais en 272, il finit par le chasser de Macédoine et envoie des secours à Sparte sous la menace de Pyrrhos I. La même année, après avoir envahit le Péloponnèse, Pyrrhos I meurt à Argos au cours d’un combat. Une autre source indique que Pyrrhos I est tué par une tuile lancée de la main d'une vieille femme. Sa mort marque la fin de l'indépendance des cités Grecques en Italie du Sud. Toujours en 272, Tarente se livre aux Romains. Selon Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125, ibid., 1), Pyrrhos I interrogé sur sa succession, aurait répondu qu'il laisserait son royaume "À celui d'entre ses enfants dont l'épée serait la plus tranchante".

 

  Pyrrhos I a six épouses et cinq enfants :

Antigone (ou Antigoné), fille de Bérénice I (Épouse de Ptolémée I Sôter), de son premier mariage avec un Macédonien, Philippe, inconnu par ailleurs. Elle lui donne Ptolémée, né en 296 et mort en 272 et Olympias II, née en 296 et morte en 234, qui épousera son demi-frère Alexandre II (Roi 272-240).
Thessalonice (ou Thessalonica), en 297, veuve du Roi de Macédoine Cassandre (301-297). Fille du Roi de Macédoine Philippe II (359-336) et de la Reine Nicesipolis.

 Lanassa, fille d'Agathoclès Tyran de Syracuse. En 290 elle divorce de Pyrrhos I et épouse Démétrios. Elle lui donne Alexandre II qui lui succède (272-240) et épouse sa demi-sœur Olympia II.

Bicernna (ou Birkenna), fille du Roi d'Illyrie Bardillis I (385-358). Elle lui donne Hélénus (ou Héllènos) et Néréis co-Reine de Syracuse, qui épouse le co-Roi de Syracuse Gélon II (240-216).

Une fille d'Andoleon de Paenia.

Une de Ptolémée Ceraunus.   

 

  Pour plus de détail voir : Guerre de Pyrrhos I en Italie - (Wikipédia).

 

  Alexandre II (En Grec : Aλέξανδρος, 272-240) est né en 295. Il est le fils de Pyrrhos I et Lanassa, il épouse sa demi-sœur Olympias II. Les années qui suivent la mort de Pyrrhos voient petit à petit la région passer progressivement dans l'orbite Romaine. Alexandre II, désireux de venger la mort de son père, ravage les territoires de la Macédoine. Alors qu'Antigonos II Gonatas (287-239) qui était revenu de Grèce, est abandonné par ses soldats et perd le royaume de Macédoine. Son fils Démétrios II l'Étolique, futur Roi (239-229) encore adolescent, ayant reformé une armée en l'absence de son père, reprend la Macédoine et dépouille Alexandre II du royaume d'Épire. Alexandre II, se réfugie alors en Acarnanie et sera remis sur son trône par les Épirotes et l'aide de ses alliés. Afin de calmer les relations avec la Macédoine il marie sa fille Phthia avec Démétrios II l'Étolique. Il a deux autres enfants : Pyrrhos II et Ptolémée qui vont lui succéder.

 

    Pyrrhos II (En Grec : Πύρρος, 240-236) est né en 275, il sera repoussé dans sa volonté de conquérir Sparte. Ptolémée (En Grec : Ptoleme, 236-234) est né en 272, frère du précédent il lui succède à une époque où Rome va avoir de plus en plus de prétention sur la région. Son royaume va être aussi une tentation pour le Roi de Macédoine Démétrios II l'Étolique qui s'en emparera en 235/234. Corcyre et l'Épire sont les premières terres Grecques abordées par les Romains. En 229, Corcyre se place sous la protection de Rome pour échapper aux Illyriens, puis en 197, elle s’allie à Rome contre le Roi de Macédoine Philippe V (221-179), elle perd ainsi son indépendance. Cet accord n'empêche pas le pillage en 189 de la capitale, Ambracie, par les Romains. Ambracie sera le port de débarquement des armées du général et Consul Romain Paul Émile (Lucius Æmilius Paulus ou Paullus), en guerre contre le Roi de Macédoine Persée (179-168).

  

   Paul Émile de retour sans butin de la bataille de Pydna remportée sur les Macédoniens, pillera et emportera la plus grande partie de la population qui sera vendue sur les marchés aux esclaves à Rome. L'histoire raconte que leur nombre fut si grand (Les sources antiques avancent le chiffre de 150 000 personnes) qu'il fit chuter le prix des esclaves de manière durable. L'Épire devient province Romaine en 148. En 31 av.J.C, le futur Empereur Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) y fonde la ville de Nicopolis d'Épire (ou Actia Nicopolis ou Nicopolis ad Actium "la cité de la victoire") à l’embouchure du golfe ambracique, pour célébrer sa victoire à Actium contre Marc Antoine (83-30 av.J.C) et Cléopâtre VII Théa Philopator (51-30). Cette cité avait un statut exceptionnel, autant par son territoire très vaste que par son statut de ville libre.

 

 

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L' Illyrie

EPIDAMNE

  

   L'Illyrie est un royaume des côtes de l’Adriatique sur sa rive orientale, correspondant à peu près à l'Ouest de la Croatie et de la Slovénie actuelle. Les Illyriens apparaissent vers le XXe siècle. C'est un peuple de souche Indo-européenne qui comprenait des Dalmates et des Pannoniens. Vers 1300 ils s'établissent sur les côtes Nord et Est de l'Adriatique. Aujourd'hui les archéologues les associent à la culture de Hallstatt (Nom d'une période de l'âge de fer précédant l'antiquité. C'est aussi celui d'un lac et du site archéologique éponyme en Autriche, dans le Salzkammergut). Ils étaient divisés en plusieurs tribus (ou Ethnè), les principales étaient : Les Ardiéens (Ardianes), les Dalmates, les Dardaniens (ou Dardanët en albanais) vivaient dans l'actuel Kosovo, les Dassarètes, les Kaones, les Labéatesles, les Penestes, les Taulantins, les Thesprotes etc... Chacune possédait un Roi, il n'existait donc pas d'unité politique commune à tous.

 

   Les Illyriens sont les premiers avec les Grecs, à s'installer dans les Balkans et constituent un immense Royaume. Au VIIe et VIe siècle, l’Illyrie subit une forte hellénisation du fait de ses relations avec les Grecs, qui y ont fondé des comptoirs : Apollonia, Épidamne-Dyrrhachion, Lissos, Orikos et sur la côte : Dalmate, Issa, Kerkyra, Melaina, Pharos. Au IVe siècle on assiste à la formation de plusieurs royaumes Illyriens. La grande difficulté pour la connaissance de l'histoire des Illyriens tient à l'absence de texte écrit dans la langue Illyrienne. Toutes nos sources sont issues de la littérature Grecque ou Romaine. Polybe (Général, homme d'État et historien Grec, v.205-126 av.J.C) nous affirme que la langue parlée à Skodra (ou Scodra, Aujourd'hui Shkodër, en Albanie), à la cour du Roi Genthios (180-168) était différente du Grec, mais on en a retrouvé, à aujourd'hui, aucune trace écrite. Ces textes nous donnent une vue que très partielle de la vie à cette époque. Ils relatent surtout les conflits opposant le monde Grec et Illyrien. 

 

  L'histoire .......

 

Principaux Rois dIllyrie

  

Rois d'Illyrie

 

   On a pu constater qu'a certaine période les Illyriens s'unissent autour d'un chef, mais sans grande continuité dynastique. Le dernier royaume d'Illyrie est fondé en 385, par le Roi Bardylis I (En Grec : Bardylis, ou Bardytys ou Vardylis, 385-358) qui unifie le pays. Il prend pour capitale Skodra. Il se lance dans une politique d'expansion et envahit la haute Macédoine. Il impose le versement d'un tribut a son Roi Amyntas III (393-370/369). En 385, il défait les Rois Molosses d’Épire avec l'aide de Denys de Syracuse. En 360, le Roi de Macédoine Perdiccas III (365-359) est battu et tué avec 4 000 de ses hommes. Mais les années suivantes Bardylis I va devoir combattre contre le nouveau Roi de Macédoine Philippe II (359-336) et il est tué au combat. Ce royaume Illyrien est conquis définitivement en 355, par Philippe II et intégré à son empire. Bardylis I a une fille, Birkenna, qui sera Reine d’Épire, elle sera une des épouses du Roi d’Épire Pyrrhos I (307-272).

 

   De ses successeurs : Gravos (En Grec : Gravos, 358-344), Pleuratos I (En Grec : Pleuratos, 344-335), Clitos (En Grec : Kleitos  Kleitos, 335-317) on ne sait presque rien. Ce dernier a la malchance de se retrouver face au Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) lors de ses conquêtes expansionnistes, qui s'empare en 335 de la ville Illyrienne de Pélion. Après Clitos le titre royal passera à Glaucias (En Grec : Glaukias Glaukias, 317-303) Roi des Taulantins, qui règnera sur une communauté située plus à l'Ouest, dans l'arrière-pays de Dyrrachion (ou Durrës, deuxième plus grande ville d'Albanie). À la fin du IIIe siècle, la royauté revient à la dynastie des Ardiéens, qui garde pour capitale Skodra et dont le territoire s'étend au Monténégro et en Croatie méridionale, au Sud de la Neretva. Certaines de ces dynasties ont laissé de riches tombeaux, comme à Trebenishte où ont été mis au jour des masques en or et des vases de bronze du VIe siècle et à Selcë e Poshtme (Croatie) où ont été mis au jour de la céramique, des pièces de parure, des monnaies, des outils et des armes du IIIe siècle.

   

   C'est sous cette dynastie des Ardiéens que va débuter la grande période de la piraterie Illyrienne.  Durant ces années, les corsaires Illyriens s'attaquent aux navires Romains dans l’Adriatique et en mer Ionienne. Ils pillent les marchands Romains, grâce à des petites embarcations rapides, les lemboi. Ces agressions poussent les Romains à s'aventurer pour la première fois à l'Est de l'Adriatique et en 229/228, à leur déclarer la guerre. La République Romaine commence alors la conquête de la région avec, en 228, la prise de Dyrrachium et intègre une partie de l'actuelle Albanie. En 219, après la sécession de la Dalmatie du royaume d'Illyrie, les Romains prennent la capitale Scodra.

 

 

   De récentes fouilles nous apportent la connaissance d'une province Illyrienne antique appelée Buthrote (ou Buthrote ou Butrint ou Butrinti) qui est une ville (Et un site archéologique) en Albanie, près de la frontière Grecque. En 168/167, elle est prise par les Romains qui déposent son dernier Roi, Genthios (En Grec : Genthios, 180-168). Ils y établissent un commandement militaire et en font une province Romaine, qu'ils appellent Illyrie (En Latin, Illyricum). En 77, la Dalmatie est conquise et ajoutée à l'Illyrie. La région est un des théâtres de la confrontation entre Jules César (101-44) et Pompée (106-48), notamment les villes d'Apollonia (ou Apollonie, située sur la rive droite de l'Aous, près de l'actuel village de Pojani), de Dyrrachium et d'Oricum (Nom d'une cité portuaire, située au Sud de Vlorë, en Albanie).

 

   En 34, ce sont les régions au Sud de l'ancien royaume d'Illyrie et en 9 av.J.C, la Pannonie qui seront conquises par les Romains. Sous le règne d'Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) à la suite d'une révolte des Illyriens, de 6 à 9 ap.J.C, le pays est partagé entre les provinces de Dalmatie et de Pannonie. Cette province Romaine correspond géographiquement à peu près à l'Ouest de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie et de la Slovénie. Dioclétien (284-285) et plusieurs autres Empereurs Romains seront originaires d'Illyrie. Au IVe siècle, le nom d'Illyrie est donné à une grande préfecture Romaine qui comprenait l'ancienne colonie ainsi qu'un large territoire au Nord de l'Adriatique et l'essentiel de la péninsule Balkanique. Sous la domination de Rome, la région prospéra et de nombreuses routes et édifices furent construits. À la chute de l'Empire Romain d'Occident en 476 ap.J.C, l'Illyrie fera partie de l'Empire Byzantin.

 

 

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HAUT de PAGE                                  Épidamne                            

 

   Épidamne a été une cité Grecque puis Romaine sur la côte de la mer Adriatique en Illyrie (Albanie aujourd'hui). Elle est située sur une petite péninsule à environ 30 km à l'Ouest de Tirana et à 200 km de Brindisi. Au long de son histoire la cité à eu plusieurs noms :  Ses fondateurs l'ont appelée Epidamnos (En Grec : Επίδαμνος Épidamne) par la suite elle s'est appelée Durrákhion (En Grec : Δυρράχιον) ce qui a donné en Latin Dyrrachium (Dyrrachion), en Slave Drač, en Italien Durazzo, en Albanais Durrës et en Français (Depuis le Moyen Âge), Duras.  

 

 

     L'histoire ....... 

 

   D'après la légende, la ville a été fondée par le Roi d'Illyrie Epidamnos, de la tribu des Taulant qui vivait dans la région et il lui aurait donné son nom : Epidamnos (ou Épidamne). Il est dit aussi qu'il a appelé la zone portuaire Dyrrah, d'après le nom de son arrière petit-fils. Selon Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) des colons venus de Corinthe et de Corcyre ont envahi la région et fondé en 627 une nouvelle cité appelée Dyrrachium (Dyrrachion). Aristote (Philosophe Grec, 384-322, dans la Politique) nous dit que le gouvernement de la cité était du style oligarchique, mais son côté trop strict finit par entraîner une guerre civile et une rébellion contre Corcyre qui le soutenait.

  

   Bien que Corcyre soit une colonie de Corinthe, celle-ci prend le parti d'Épidamne et une guerre oppose alors Corinthe à sa colonie. Corcyre, qui n'appartenait à aucune alliance, fait appel aux Athéniens et se retrouve en position de pouvoir évincer Corinthe de la mer Ionienne. Ce jeu d'alliances entre cités, où Mégare et Sparte prendront part, en 431 sera la cause de la Guerre du Péloponnèse. Plus tard Épidamne passera successivement sous la domination du Roi de Macédoine Cassandre (Roi de 301 à 297), puis de celle du Roi d'Épire Pyrrhos I (307-272) et une nouvelle fois sous tutelle des Macédoniens.

 

   Peu après la région retrouve son indépendance sous le Roi d'Illyrie Agron (250-230) et sa femme Teuta, qui, à la mort de son époux, reforme l'armée Illyrienne. En 229, les Illyriens, ravagent les cités de la côte d'Épire. Ils battent une flotte Achéenne et Étolienne à Paxos et prennent Corcyre. Mais dans le même temps ils doivent faire face à Rome dans la Première Guerre Illyrienne qui se termine en 228, par leur défaite. Les Romains s'emparent d'Épidamne et la rebaptisent Dyrrachium. Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180 - Livre VI, 10, 8) précise que la cité Romaine n'est pas exactement construite à l'emplacement de l'ancienne, mais se situe à une courte distance d'elle et que le nom de Dyrrhachium est celui du fondateur éponyme.

 

 

L'amphithéâtre

  

   De ce fait, les monnaies du Ve siècle portent le nom Dyrrachion. Au début de l'époque Romaine, la ville garde une semi-autonomie avant d'être transformée en colonie. La cité à une importance stratégique pour Rome. Elle sert aux Romains de port d'arrivée lorsqu'ils traversent la mer Ionienne depuis Brundisium. De plus elle est le point de départ de la Via Egnatia, la route militaire qui traverse le Sud de la péninsule Balkanique et qui mène à Byzance. En 48 lors de la guerre civile Romaine, Pompée (106-48) établit son camp à Dyrrachium où il va repousser une attaque de Jules César (101-44). Dyrrachium sera la capitale de la province de Nova Epirus et restera une ville importante sous notre ère, malgré deux séismes considérables en 341 et 522. Elle subira plusieurs attaques de barbares, dont celle des Ostrogoths v.480. La ville fera ensuite partie de l'Empire Romain d'orient. L'Empereur Anastase I (491-518) en était originaire et il a doté la cité de fortifications imposantes, qui seront restaurées au siècle suivant par Justinien I (527-565).

 

 

 

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