Accueil Mésopotamie

Les  cités  du  Sumer  et  de  l'Akkad

Nippur

Les Royaumes Amorrites

 

Accueil Mésopotamie Accueil du Site Imprimer la page Plan général du site

Nous avons besoin de vous

 

 Pour plus de détails voir aussi :   Le Sumer - L'Akkad

 

Babylone Larsa Akkad (ou Agade) Isin Oumma Ourouk Ur (ou Our) Eridou Lagash L'Akkad Kish Le Sumer Suse L'Elam Awan ? Eshnunna Awan ? Dûr Untash  (Chogha  Zanbil) Cliquez sur un nom de ville ou de région

                

    La ville de Nippur (ou Nibbur ou Nibru), aujourd'hui située près de la ville de Afak a été l'une des plus anciennes cités Sumérienne de toutes la Mésopotamie. Certains historiens, avancent que sa création remontrait à vers 5260. L’occupation du site est attesté depuis l’époque d'Obeïd (Étape protohistorique du développement de la Mésopotamie qui va d'environ 5000 à 3750, 2ème phase de l'obeïdien, période d'Hajji Mohammed) et sera occupé jusqu’à l’époque islamique. Elle sera reconstruite plus d’une dizaine de fois jusqu’à l’époque néo-Babylonienne.

 

   Elle est située de part et d'autre du canal Shatt-En-Nil (Arakhat "Canal aux eaux pures"), l'un des premiers cours de l'Euphrate, entre le lit de la rivière et le Tigre, à près de 160 km au Sud de Bagdad. Ses ruines sont connues pour les arabes sous le nom Nuffar (ou Nuffer ou Niffar) et par les anciens explorateurs comme Niffer. Nippur n'a pas compté parmi les cités royales mentionnées dans la Liste royale Sumérienne, pourtant elle était à la fois une ville religieuse importante et le centre culturel du pays de Sumer et d'Akkad.

 

   La cité, ville sainte, était entre autres le siège de l'adoration du Dieu Sumérien, Enlil, souverain de l'univers dont le sanctuaire, qui était le temple principal de la ville, se nomme l’Ekur. Certains spécialistes pensent que le Dieu Ninourta (ou Ninurta) aurait pu être le Dieu tutélaire originel de Nippur, avant d’être remplacé par le culte d’Enlil dans le courant de la période dynastique. Ils s'appuient, pour soutenir cette idée, sur l'importance du temple de ce Dieu dans la ville (Le deuxième en superficie derrière l'Ekur) appelé l'Esumesa de Ninourta.

 

   Selon une liste topographique, Nippur aurait compté près de cent temples.  Les Rois du Sumer devaient se faire couronner à Nippur, Ur et Ourouk. La possession de Nippur du IIIe au début du IVe millénaire était donc indispensable pour eux. Elle assurait la légitimité de celui qui se prétendait Roi du pays de Sumer et d'Akkad.

 

               Ruines de Nippur

 

                                                               L'histoire.......      

 Ruines de Nippur

             

 

   Certains historiens, avancent que la création de Nippur remontrait à vers 5260, mais c’est au début du IIIe millénaire que le site semble avoir connu sa plus importante occupation. Nous commençons à trouver des inscriptions écrites sur terre cuite, dans la langue Sumérienne datant de vers le IVe millénaire. Le site s’étendait alors sur toute la partie occidentale du fleuve et avec un prolongement vers le Sud qui abritait des jardins et des vergers au milieu desquels étaient disposées de grandes demeures.

 

   Nippur est à cette époque un important centre religieux de l’Empire du Sumer qui lui assure une période de prospérité. Vers 2330 la cité connaît l'invasion des dirigeants Sémites d'Akkad (ou Agade). En particulier le premier d'entre eux, Sargon (ou Sargon l'Ancien, 2334-2279) qui après avoir détruit Oumma (2316), capture son Roi Lougal-Zaggesi (v.2340-2316 ou 2359-2335) et l'emmène dans un carcan dans la ville sainte de Nippur et l'offre en sacrifice au Dieu Enlil. On a retrouvé de nombreux objets votifs des Rois d'Akkad : Rimush (ou Ouroumoush ou Urumush ou Alu-Usharsid, 2279-2270), de Sargon et de Naram-Sin (2255-2218) qui témoignent de la vénération que ces Rois avaient pour Nippur et son sanctuaire.

   Le dernier monarque de cette dynastie, Naram-Sin, reconstruit à la fois le temple et les murs de la ville. À cette occupation Akkadienne réussi succède la renaissance d'Ur, avec sa IIIe dynastie et Our-Nammou (ou Ur-Nammu ou Namma Ur, 2113-2095 ou 2112-2085) qui reprend Nippur. Les Rois de cette dynastie comme ceux de l'envahisseur précédant vont parer la ville et ses temples de faste.

  Avec la création de l'Empire Babylonien, sous Hammourabi (1793-1750), le centre religieux et politique est transféré à Babylone, Le Dieu Marduk devient le seigneur du panthéon et de nombreux attributs d'Enlil sont transférés dans la ville. Le sanctuaire d'Ekur est dès lors dans une certaine mesure négligé. À partir de 1720, la ville connaît une période de déclin (Une crise économique ?) et son abandon partiel suite à l'assèchement et au déplacement du canal Shatt-En-Nil (Arakhat), l'un des premiers cours de l'Euphrate, qui arrosait la ville. Ce n’est que sous la dynastie IIIe dynastie Kassite de Babylone (1570-1153) que la ville reprend son essor qui aboutira à près de quatre siècles de prospérité. 

  

  Les Rois Kassites vont entreprendre un vaste programme de reconstruction des sanctuaires. L'Ekur est restauré une fois de plus et redevient comme lors de son ancienne splendeur. Plusieurs monarques de la dynastie vont l'agrandir et l'embellir. C'est sous leurs règnes qu'est construit un immense bâtiment officiel qui servait pour le gouverneur de la ville et que l'ancien cours de l'Euphrate est remplacé par un canal. De cette époque date aussi un palais attesté dans le Tell Ouest. Puis, vers le milieu du siècle suivant, le site connaît une nouvelle période d’abandon, peut-être à la suite du raid des Élamites de 1224.

 

Tablette d'argile retrouvée à Nippur -

Musée d'archéologie et d'anthropologie -

Université de Pennsylvanie.

   Base et pieds d'une statue debout  

- 2500-2350 -

Metropolitan Museum of Art -

New York  

 

    Il semble avoir souffert, comme l'ont montré des fragments de statues brisées, mais en même temps, il semble avoir gagné la reconnaissance des Élamites conquérants. Durant cette période le palais Kassite est abandonné, seul le quartier sacré de l'Est de la ville garde une activité. À partir du VIIIe siècle, sous la domination Assyrienne, Nippur reprend vie. Elle retrouvera une très grande prospérité sous l'impulsion de l'Empereur Assurbanipal (ou Assur-Banapliou, ou Assourbanipal, 669-626). L'Ekur est une nouvelle fois restauré et atteint une splendeur jamais égalée, la ziggourat de cette période mesurant près de 40 m.

  

   Cette renaissance se poursuit à l’époque néo-Babylonienne, puis lors de l'occupation des Perses Achéménide. La cité est alors le centre d’une vaste région agricole dont le système d’irrigation a été complètement rénové et l'un des grands centres d'échange et de banque. Quelques textes des archives administratives de l’Ekur montrent que le temple et l’Esumesa continuent de fonctionner, mais à une échelle beaucoup moins importante qu’à l'époque Sumérienne. Après la conquête de la Mésopotamie par Alexandre le Grand (336-323), l’essor de la ville se poursuit.

 

   Un texte daté du règne du Roi de Macédoine Démétrios I Poliorcète (294-287) montre que l’administration de l’Ekur fonctionnait encore à cette époque. Pendant la période d'occupation des Rois Séleucides qui suit, l'ancien temple est transformé en forteresse. D'énormes murs sont érigés sur les bords de l'ancienne terrasse, les cours du temple se remplissent de maisons et de rues et la ziggourat, curieusement, est convertie en acropole de la forteresse.

  

    Plus tard, durant la période d'occupation par les Parthes Arsacides (141 av.J.C-224 ap.J.C) une importante forteresse est édifiée sur la ziggourat de l’Ekur, un grand palais est construit sur l’emplacement du temple de Gula et de nombreuses constructions dans le reste du site témoignent de l’importance de la ville. Toutes ces périodes, Nippur est restée l’une des principales agglomérations de basse Mésopotamie. Cette importance va durer jusqu'à sous l'invasion des Perses Sassanide (227 ap.J.C). Puis petit à petit la cité va tomber en décomposition et l'ancien sanctuaire devient, un simple lieu de sépulture et seul un petit village de huttes fait de briques crues, sur l'Antique ziggourat, continuera à être habitée jusqu’à l’époque islamique.

 

 

 

                         Le Site

    

   Nippur est divisée en deux quartiers principaux par le lit à sec de l'ancien Shatt-En-Nil. Le point le plus élevé de ses ruines est une colline conique dépassant les 30 m au-dessus du niveau de la plaine environnante, au Nord du lit du canal. Elle est appelée par les arabes, Bint el-Amiror "fille du prince". À l’Est (Nord-est) le quartier sacré, comportait le sanctuaire principal de la ville, l’Ekur d’Enlil (ou l'É.kur "Maison montagne"), un vaste ensemble dédié à la Déesse Inanna (Ishtar chez les Akkadiens et Babyloniens), des bâtiments administratifs, des greniers et des écoles de scribes. Le tout, ceint par une muraille, couvrait à la fin du IIIe millénaire près de 150 ha. Selon la légende c'est à l’Ekur qu'Enlil s'unit à Ninlil. Le temple d'Inanna était l'un des plus extraordinaires de la ville. Il fut construit et reconstruit sur 22 niveaux, le plus ancien remontant à l'époque dite d'Ourouk moyen, le plus récent datant de l'occupation des Parthes Arsacides (141 av.J.C-224 ap.J.C).

 

 

             Ziggourat de Nippur

Tablette d'argile avec une carte de Nippur -

XIVe-XIIIe siècle av.J.C-

Museum of Archaeology and Anthropology -

University of Pennsylvania

 

   L'enceinte sacrée renfermait plusieurs temples et chapelles dominés par une grande ziggourat construite par le Roi d'Ur Our-Nammou (ou Ur-Nammu ou Namma Ur, 2113-2095 ou 2112-2085). Le site est fouillé de 1889 à 1900 par des archéologues de l’université de Pennsylvanie et de l’Oriental Institute de Chicago. En 1948, une nouvelle expédition a été menée par cette même association. Les fouilles se sont arrêtées en 1990 avec la première guerre du Golfe.

 

   Il a été retrouvé sur le site 30 000 tablettes à un endroit qui est appelé depuis la "colline aux tablettes" au Sud-est du complexe de l’Ekur. Nippur aurait compté plus de cent temples, consacrés en majorité à Enlil. A.R.George (1990 à 1998) en a recensé environ 120 (Temples, chapelles et parties de temples). Les fouilles archéologiques ont mis aussi à jour un immense complexe dédié aux Déesses Ba’u et Gula (Épouse Dieu Ninourta, Déesse de la guérison). Il est possible que ce complexe faisait partie du second temple de Nippur après l’Ekur, appelé l’Esumesa de Ninourta. Un troisième grand monument religieux a été dégagé dans la partie Nord de ce quartier (Temple Nord) sans qu’on puisse encore identifier la divinité à laquelle il était consacré.

 

   Hors des remparts, la cité possédait un port qui communiquait avec l'Euphrate par l'ancien canal Shatt-En-Nil ("Canal aux eaux pures"). Un plan de la cité retrouvé sur une tablette datant de la période Kassite. Il apporte des précisions sur d’autres parties de la cité, on y voit que l'angle Sud-ouest de la cité était occupé par un jardin et des vergers. Dans la banlieue de Nippur on trouve Puzrish-Dagan qui correspond au site actuel de Drehem.

 

  Cette ville est construite sous le règne du Roi d'Ur Shulgi (ou Sulgi ou Shoulgi, 2095-2047). Elle n'a jamais fait l'objet de fouilles officielles, mais certaines de ses archives cunéiformes que l'on y a retrouvées sont au Musée royal de l'Ontario, Toronto. Elles datent de la IIIe Dynastie d'Ur (2113-2004). Il existe, dans les archives de Drehem, des textes économiques néo-Sumérien. Ce sont des tablettes cunéiformes et elles sont en quantité suffisante pour permettre une description précise de l'administration de la ville. La cité est considérée comme un centre de redistribution du bétail, mais quelques spécialistes pensent qu'elle était peut-être destinée à devenir la capitale du royaume ?.

 

Bibliographie

 

    Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :

 

Mudīrīyat al-Āthār al-Qadīmah al-ʻĀmmah :

- Seasonal exhibition, 1949. [The sites excavated: Tell Harmal, Eridu, Jarmo, Mattar & Nippur], Printed at the Government, Baghdad, 1949.

Jean Bottéro et Marie-Joseph Stève :

- Il était une fois la Mésopotamie, Gallimard, Collection Découvertes, Paris, 1993.

Jean Bottéro et Barthel Hrouda :

- L'Orient ancien : Histoire et civilisations, Bordas, Paris, 1991 - En Allemand : Der Alte Orient : Geschichte und Kultur des alten Vorderasien, Orbis-Verl, München, 1991-1998.

Albert Tobias Clay :

- Documents from the Temple archives of Nippur dated in the reigns of Cassite rulers, University Museum of the University of Pennsylvania, Philadelphia, 1912.

Steven W.Cole :

- Nippur. 4, The early neo-babylonian governor's archive from Nippur, Chicago Ill, University of Chicago Press, Oriental Institute, 1996.

Jerrold S.Cooper :

- The return of Ninurta to Nippur : An-gim dím-ma, Pontificium institutum biblicum, Roma, 1978.

Jean-Jacques Glassner et Benjamin R Foster :

- Mesopotamian chronicles, Society of Biblical Literature, Atlanta, 2004. 

Fritz Rudolph Kraus :

- Sumerer und Akkader : Ein problem der altmesopotamischen Geschichte, North-Holland Publishing Company, Amsterdam, 1970.

Leon Legrain :

- Royal inscriptions and fragments from Nippur and Babylon, Museum of the University of Pennsylvania, Philadelphia, 1926.

Donald E.MacCown, Richard C.Haines, Robert D.Biggs et Elizabeth F.Carter :

- Nippur. 2, The North temple and sounding E : excavations of the joint expedition to Nippur of the American Schools of Oriental Research and the Oriental Institute of the University of Chicago, Chicago Ill, University of Chicago Press, Oriental Institute, 1978.

John P.Peters :

- Nippur, or, Explorations and adventures on the Euphrates, G.P. Putnam's Sons, New York, London, 1897.

Christine Proust :

- Tablettes mathematiques de Nippur, Institut français d'études anatoliennes Georges Dumézil, Istanbul, 2007 - De Boccard, Paris, 2007.

Marc Van de Mieroop :

- A history of the ancient near East : ca. 3000-323..., Blackwell, Oxford, 2004 - Blackwell, Malden, 2007.

Richard L Zettler et James Alan Armstrong :

- Nippur. III : Kassite buildings in area WC-1, University of Chicago Press, Chicago, 1993.

  

 

 

Pour plus de détails voir aussi : Le Sumer - L'Akkad

 

HAUT de PAGE

Accueil Mésopotamie    Copyright © Antikforever.com   Les Royaumes Amorrites