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  Pour plus de détails voir aussi :   Le Sumer - L'Akkad

 

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  Sommaire
 

Localisation et généralités
L'histoire
L'archéologie
Bibliographie

 

 

Localisation  et  généralités

 
   Ourouk (ou Uruk, en Sumérien : Unug, en Hébreu dans la Bible : אֶרֶךְ Erec ou Erech, en Grec : Όρχόη Orchoē ou Orchoi ou Ώρύγεια Ōrugeia ou Ōrýgeia, en arabe : وركاء Warka) fut une ville de Basse-Mésopotamie sur la rive gauche de l’Euphrate, dans une région de marais, identifiée aujourd'hui au site de Warka à environ 220 km. de Bagdad. La cité fut un centre important de la civilisation Sumérienne et était autrefois surnommée "la bergerie". Elle joua un rôle primordial sur les plans politiques et religieux pendant 4.000 ans. Quelques spécialistes pensent que le nom d'Irak d'aujourd'hui serait dérivé d'Uruk. À son apogée, la cité compta entre 70.000 et 80.000 habitants vivant dans les 6,5 km² de la zone fortifiée. C'était la plus grande ville du monde en ce temps et une des premières avec une telle densité de la population. Les fouilles d'Ourouk sont très complexes et montrent les différents niveaux de la cité à différentes périodes de l'histoire.
 
   Le premier, nous indique un peuplement qui remontrait vers la fin du Ve millénaire. La dernière couche trouve très probablement son origine dans la période (3200-3000). Ce fut au cours de cette dernière période qu'apparurent les premières tablettes dans une écriture idéographique qui est la plus ancienne connue. Ourouk devint le centre des relations commerciales, celui où se spécialisa l'artisanat et où évolua l'écriture. Selon la Bible (Genèse 10:10), Ourouk (ou Erech ou Erec) fut la seconde ville qui aurait été fondée par Nimrod en Shinar (ou pays de Schinear) "Il régna d’abord sur Babel, Érec, Accad et Calné, au pays de Schinear".

 

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Statuette de Roi-Prêtre -
Fin de la période
d'Ourouk -
Musée du Louvre

L'histoire.......

 
   Les premières traces d'occupation du site remontent à la fin du Ve millénaire. En fait il fut vraiment occupé à partir du milieu de la période d'Obeïd et ce jusqu'au IIIe siècle ap.J.C. Malgré son ancienneté, Ourouk n'est pas cité dans la Liste Royale Sumérienne comme faisant partie des villes antédiluviennes. La cité connut un développement important à la période (à laquelle elle donna son nom, "La période d'Ourouk") vers 4100 à vers 3000. Elle fut alors la plus grande ville du monde. De vers 2900 à vers 2700 elle subit la prédominance de la cité d'Ur. Selon la Liste Royale le fondateur de la Ière dynastie d'Ourouk fut le Roi d'Ur, Mesh-Ki-Ang-Gaser (ou Meskiaggaser ou Mes­Kiag-Gasher, ou Mesh-Ki-Ang-Gasher ou Mesh-ki-Aag-gasher ou Meskiag-gaschir, v.2900 à v.2850 ou v.2850 à v.2800 ou v.2770), fils d'Utu (Le Dieu-soleil). Il devint Grand Prêtre "Patésis" et Roi "Lougal" (ou Lugal) et gouverna sur les deux trônes des cités. Il affirma sa domination sur la cité rivale de Kish. Parallèlement, à cette époque, deux autres importantes cités-États : Mari et Ebla se développèrent au Nord de l'Euphrate. Son fils lui succéda.
 
   Enmerkar (ou Enmer­Kar ou En-merkar "Enmer le chasseur", v.2850 à v.2830 ou v.2800 à v.2780 ou v.2750) monta sur le trône des deux villes. Il fut le héros de plusieurs épopées. La Liste Royale Sumérienne le donne comme le fondateur de la ville d'Ourouk. Toujours selon cette Liste il aurait régné 427 ans (on trouve aussi 420 ou 900 ans). La ville semble avoir été construite en deux grandes sections. Elle n'était alors qu'une agglomération autour de l'Éanna (Sanctuaire de la Déesse Ishtar [ou Inanna]). Cette bourgade portait le nom du temple Eannaka (ou E.an.na.ka) et elle était voisine d'un autre bourg Kulaba (ou Kullab ou Kulla), entouré d'une enceinte où se trouvait le temple d'Anu. Enmerkar aurait fusionné les deux villages pour en faire un seul sous le nom d'Ourouk. Il existe différentes interprétations quant au but de cette enceinte. Les spécialistes estiment généralement qu'il s'agit d'un élément unificateur de la ville. Le reste de la cité était composé de maisons plus modestes disposées autour des temples. À l'intérieur de l'enceinte l'Éanna était constitué de plusieurs bâtiments et avait son propre mur, le séparant du reste de la ville. En revanche l'Anu était construit sur une terrasse avec le temple au sommet.
 
   Enmerkar est également connu dans quelques légendes Sumériennes, notamment une : Enmerkar et le Seigneur d'Aratta. Il est en effet célèbre pour sa lutte contre Ensuhkeshdanna Seigneur de cette riche cité du Plateau Iranien, aux ressources importantes. Cela dit elle n'a jamais été localisée avec précision. Certains on tenté de la situer à : Tell-e Malyan (ou Tall-i Malyan ou Tepe Malyan ou Anshan), ou à Shahr-i Sokhteh, ou depuis le début des années 2000, dans la région de Jiroft. Il est crédité d'une glorieuse campagne contre Aratta et d'avoir amassé un grand butin lors du pillage de cette ville. Puis Enmerkar développa avec la cité un commerce florissant en métaux et pierres précieuses, qui abondaient dans cette région. Il est également dit dans l'épopée qu'il construisit le célèbre temple Éanna et le récit le décrit comme l'inventeur de l'écriture. Enfin certains chercheurs aujourd'hui, comme David Rohl, l'associe avec le héros biblique légendaire de la chasse Nimrod (ou Nemrod, Genèse 10:11-12). Leur théorie est basée sur ne fait qu'en Hébreux les voyelles ne s'écrivent pas et de ce fait ENMER (KAR) devient NMR(D) : NIMROD. Théorie assez controversée à ce jour. Enmerkar épousa Inanna.
 
   Lui succéda sur le trône d'Ur et d'Ourouk Lougal-Banda le Pasteur (ou le Berger ou Lugalbanda "Petit Roi" ou "Jeune Roi" ?, v.2830 à v.2800 ou v-2780 à v.2730 ou v.2740), dont on ne connaît pas l'origine ni même s'il avait un lien familiale avec le précédent. Il semble qu'il arriva au pouvoir en épousant Ninsun (ou Nin-Sun), la fille d'Enmerkar. Elle est donnée dans l'épopée comme la Déesse Nin-Sun (La Dame buffle). Lougal-Banda fut aussi le héros de plusieurs épopées : Lugal-Banda et la grotte de la montagne et Lugal-Banda et Enmerkar (ou Lugal-Banda et l'oiseau de tempête). Des fouilles ont permis de retrouver ces deux textes épiques parlant de ce souverain, mais aucun d'eux ne le mentionne comme Roi. Par contre ils nous informent sur sa carrière politique et militaire, où il fut apparemment un des Généraux de l'armée d'Enmerkar et où il se couvrit de gloire lors de la campagne de celui-ci contre Aratta. Comme cela semble confirmé par d'autres textes, cette carrière l'amena, quelques années plus tard, à être choisi comme le successeur d'Enmerkar sur le trône d'Ourouk. La Liste Royale lui attribue un règne de 1.200 ans. Il eut trois enfants : Enmen-Baragesi, Shulgi et Gilgamesh.
 


 

Ruines d'Ourouk - Base de la Ziggourat et mur construit par Gilgamesh

   Ces deux derniers ne régnèrent pas tout de suite puisque la Liste Royale donne comme successeur de Lougal-Banda sur les trônes d'Ur et Ourouk, Dumuzi le Pêcheur (ou Dumuizid ou Dumizi ou Dumu-zi-Abzou "Fils divin légitime", v.2800 à v.2750 ou v.2720 ou v.2730 à v.2700). Il fut originaire de Kuara dans le pays Sumer. La Liste Royale déclare qu'il captura seul le Roi de Kish, En-Men-Barage-Si (ou Enmen-Baragesi ou Emmembaragesi, v.2615-v.2585) et affirme qu'il régna 100 ans. Lorsque l'on suit cette Liste Royale on voir là une certaine confusion dans les dates de règne de ces deux souverains. À sa mort les deux trônes se séparèrent et furent pris par deux des fils de Lougal-Banda : Shulgi (ou Sulgi v.2700 à ?) fut Roi d'Ur et Gilgamesh fut Roi d'Ourouk.
 
   Gilgamesh (ou Bilgameš ou Gis-Bil-Gin-Mes ou Gilgamès ou Bilgames ou Gisdhubar ou Iztubar, v.2700 à v.2660 ou v.2652 ou v.2600) est considéré par beaucoup comme le véritable fondateur de la Ière dynastie d'Ourouk. Il est le héros de tout un cycle épique et outre la Grande Épopée et les petits poèmes qui le forment, deux légendes se sont constituées. Dans une appelée "Gilgamesh et Agga", le récit nous raconte son combat victorieux contre le Roi de Kish, Agga (ou Aka), mais dont les dates de règne sont plus généralement attestées pour vers 2585. Elle dit aussi que sa mère était Nin-Sun (Que certains appellent Rimat Ninsun), une Déesse. Gilgamesh est décrit comme deux tiers Dieu et un tiers humain. On trouve aussi deux récits de combats : Gilgamesh et le Taureau céleste et Gilgamesh et Huwawa qui opposent le héros, aidé de son ami Enkidu, à des monstres dont le taureau envoyé par la Déesse Inanna ou le terrible géant Huwawa (ou Humbaba), gardien de la forêt des cèdres. Un autre récit mal conservé : La mort de Gilgamesh raconte l'agonie du héros, auquel les Dieux confèrent le rôle de juge des morts. Dans Gilgamesh, Enkidu et les Enfers, Enkidu descend aux Enfers pour y chercher les insignes de la royauté donnés par Inanna à Gilgamesh, que celui-ci y a laissé tomber. Enkidu est alors retenu aux Enfers, mais son esprit revient raconter à Gilgamesh ce qu'il se passe dans le monde des morts.
 
   Enfin au début du IIe millénaire on vit le début de la rédaction de récits en Akkadien mettant en scène Gilgamesh, qui aboutirent finalement à l'élaboration d'un seul récit compilé, appelé : L'Épopée de Gilgamesh. Elle rencontre de très grands succès dans tout le Proche-Orient. Des versions furent retrouvées : À Megiddo, au Nord de Jérusalem, à Amarna en Égypte et Hattousa, capitale Hittite en Asie Mineure. Dans cette dernière, on a même retrouvé des fragments de traduction de l'œuvre en Hittite et en Hourrite. La version la plus complète est celle retrouvée dans la capitale Assyrienne, Ninive, que l'on trouve quelque fois sous le nom de "Version standard". Elle se compose de onze tablettes et est notre meilleure source pour connaître le déroulement du texte. Dans la mythologie Mésopotamienne, Gilgamesh est crédité d'avoir été un demi-Dieu à force surhumaine. Selon un autre document, connu sous le nom de "Histoire de Tummal", Gilgamesh reconstruisit le sanctuaire de la Déesse Ninlil, situé dans Tummal. Il est donné dans la Liste Royale comme le fils d'un démon Lillû. Grand Prêtre et maître de Kulaba (ou Kullab ou Kulla), il aurait régné 126 ans.
 
   Encore aujourd'hui il n'est pas tout à fait certain qu'il exista réellement, il manque une preuve déterminante de la réalité de cette existence, qui reste toujours non trouvée. Il apparaît en tant que Roi d'Ourouk dans les textes de ses successeurs sur le trône d'Ur de la IIIe dynastie de la ville. Les souverains se présentèrent comme étant ses "frères et amis", cherchant à se faire voir comme ses héritiers. Gilgamesh est généralement désigné comme Roi model, qui mena ses troupes au combat et qui construisit un grand mur pour défendre son peuple des menaces extérieures. La tradition lui attribue la construction de l'impressionnante muraille d'Ourouk. Si l'on suit la Liste Royale Sumérienne, on peut dater le règne de ce souverain contemporain du Roi de Kish, Agga (ou Aka, v.2585-v.2570), qui est présenté par celle-ci comme le dernier Roi de la Ière dynastie de cette ville, supplantée par Ourouk. Le passage du témoin se ferait donc sous le règne de Gilgamesh ?. Agga est un personnage connu par des inscriptions de son époque et qui donc vécu avec certitude, ce qui légitimerait l'existence de Gilgamesh ?. Mais il est toutefois possible que le personnage héroïque de Gilgamesh se soit développé à partir d'une divinité vénérée particulièrement dans la région d'Ourouk, car c'est sous sa forme divine qu'il apparaît dans les sources les plus anciennes le mentionnant.


 

Tête en albâtre trouvée à Ourouk
(Warka) - 3000

 
   La cité d'Ourouk fut l'une des plus importantes villes de Basse-Mésopotamie durant la période où aurait vécu Gilgamesh, le début de l'époque dite des dynasties archaïques. Ce fut sans doute la plus grande ville de cette région, avec des murailles et des monuments impressionnants. Les récits relatifs à Gilgamesh le mettent souvent en scène, rivalisant avec la ville de Kish, la grande puissance du Nord de la Basse-Mésopotamie. On ne connait pas le nom de son épouse (ou ses ?) mais Gilgamesh eut un fils qui lui succéda.
 
   Our-Nungal (ou Ur-Nungal ou Ur-lugal ou Urlungal, v.2660 à v.2630 ou v.2650 à v.2630) arriva sur le trône, la cité occupait alors une place prédominante en Sumer. On ne sait rien de son règne mais selon la Liste Royale Sumérienne il aurait été 30 ans au pouvoir ?. Puis son fils, Udul-Kalama (ou Utul­kalammak, v.2630 à ? ou v.2620) lui succéda, sans qu'aucun grand mythe ne lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. Selon la Liste Royale Sumérienne il aurait régné 15 ans.
 
   La Liste Royale cite encore cinq Rois pour cette dynastie dont on sait bien peu de chose, voire rien du tout : La-Ba’Shun (ou A-Ba'shum ou Labascher ou Labashum, v.2605 à v.2595 ?), En-Nun-Tarah-Ana (ou En-nun-tarah-ana ou Ennun-Dara-Anna ou Ennundaranna ou En-nunad-anna, v.2595 à v.2588), Mesh-He le Forgeron (ou Mesche ou Mesh-he ou Melem-ana, v.2588 à v.2550), Melem-Ana (ou Melem-ana ou Mélam-Ana ou Mula-manna, v.2550 à v.2545) et le dernier Lougal-Kitun (ou Lugal-Kitun ou Lougal-Kildou ou Lugal­Ki-Tum ou Lugalkigin ou Lugal-kingenesch-Dudu, v.2545 à v.2510), qui après un règne de 36 ans, selon la Liste Royale, fut détrôné par le Roi d'Ur, Mesh-Ane-Pada (ou Mésannépada ou Mesanepada ou Mes-Anne-Padda, v.2560-v.2525).
 
   Celui-ci s'empara aussi des cités de Kish, où il renversa le Roi Mesalim (ou Me-Salim ou Meslim, v.2550-v.2530) et de Nippur et il étendit son pouvoir sur toute la Basse-Mésopotamie. Ourouk subit alors la domination des Rois d'Ur. Certains spécialistes donnent toutefois les noms de deux "Rois" qui sont peut-être encore dans cette Ière dynastie : En-Pirig-Du-Ana (ou Enpirigdu-Anna, v.2510) et Our-Lougal (ou Ur-Lugal), avant que le Ier Roi d'Ur de la IIe dynastie de cette ville, En-Shakansha-Ana (ou En-Sakus-Anna ou En-shag-Kush-ana ou Enshakushanna ou Enukduanna, v.2430 à v.2400), fonde également la IIe dynastie d'Ourouk et réussit à faire retrouver à la cité une situation dominante. Il est connu par quelques inscriptions qu'il a laissées. D'après certaines quelques chercheurs pensent qu'il fut le fils du Roi Elulu (ou Elilina ou Ellili, v.2450-v.2445) d'Ur. On a aussi trouvé une mention de lui dans une inscription sur un vase offert au Dieu Enlil, commémorant sa victoire sur le Roi de Kish, Enbi-Ishtar (ou En-Bi-Ishtar, v.2440), ville dont il fut peut-être même le Roi jusque vers 2410. Il conquit également Hamazi (ou ou Khamazi), Akkad et Nippur, affirmant hégémonie sur l'ensemble de Sumer. Il adopta le titre Sumérien de : en ki-en-gi lugal kalam-ma, qui peut être traduit comme "Seigneur de Sumer et Roi de toute la terre". La Liste Royale Sumérienne lui crédite un règne de 60 ans. On ne connait pas le nom de son épouse mais son fils lui succéda.
 
   Lougal-Kinishe-Dudu (ou Lugal-kinishe-dudu ou Lugal-kinischedudu ou Lugal-Ure, v.2400 à v.2380) lui succéda sur les deux trônes. La Liste Royale Sumérienne mentionne Lugal-Kinishe-Dudu comme le deuxième Roi de la IIe dynastie, auquel elle attribue une durée de règne de 120 ans, mais la lecture de ce passage est difficile. Les inscriptions de ce souverain qui ont été découvertes montrent qu'il a conservé la puissance héritée de son prédécesseur, puisqu'il se proclama Roi d'Ur et peut-être de Kish. Cependant, il entra en conflit avec Lagash et il fut battu par son Roi En-Teme-Na (ou Entemena, v.2400-v.2375). Puis il signa un traité de paix avec lui. Le document le plus important dans lequel il est mentionné est un clou d'argile retrouvé à Girsou, commémorant l'alliance qu'il conclut avec En-Teme-Na. Certains spécialistes avancent qu'il eut un fils qui lui succéda sur les deux trônes, Lougal-Kisalsi, mais qui n'est pas mentionné dans la Liste Royale. Si ce fut le cas, il fut vite chassé de celui d'Ourouk par Argandea (ou Arga-Ande-A, v.2360 ?) que la Liste Royale crédite d'un règne de 7 ans. Sa succession est là aussi un peu flou puisque certains chercheurs donnent un dernier Roi dans cette dynastie au nom de Lougal-Tar (v.2350 ?) qui dut dès sa prise de pouvoir affronter le Roi d'Oumma, Lougal-Zaggesi (ou Lugal-Zaggisi ou Lugal-Zagesi ou Lugal-Zage-Si, v.2340-2316) qui le détrôna et fonda la IIIe dynastie d'Ourouk (dont il fut le seul Roi).
 


 

Détail d'un vase trouvé à
Ourouk (Warka) - v.3000

   Il ne gardera pas le pouvoir longtemps il fut battu à son tour par Sargon d'Akkad (ou Sargon l'Ancien, 2334-2279) qui prit Ourouk en 2316. L'Akkadien détruisit les remparts de la ville et captura Lougal-Zaggesi. Il l'emmena dans un carcan, dans la ville sainte de Nippur et l'offrit en sacrifice au Dieu Enlil. Il prit ensuite Lagash et Ur et devint ainsi maître de toute la Basse-Mésopotamie. Ourouk perdit alors toute indépendance et importance. Deux autres dynasties suivirent toutefois dans la cité. La IVe fondée par un Roi d'Akkad, Our-Nigin (2154 à 2147), qui vit la domination de cette cité jusqu'en 2123.
 
   Date où un autre "Roi" d'Akkad, Our-Hegal (ou Utuengal ou Utukhegal ou Utu-Hegal ou Utu-kegal ou Utu-hengal, 2123 à 2113 ou 2119 à 2112) fonda la Ve dynastie. Il existe plusieurs théories sur son origine. La plus courante est qu'il fut un Gouverneur d'Ourouk qui se révolta contre les Goutis maîtres de la région suite à la chute de l'Empire d'Akkad. Le dernier Roi de la dynastie Gouti, dans la Liste Royale Sumérienne, fut Tirigan (ou Tiriqan, 2110-2109). Il fut vaincu par Our-Hegal, ainsi que deux Gouverneurs nommés Ur-Ninazu et Nabi-Enlil, dans une bataille au Nord d'Akkad. Our-Hegal commémora sa victoire dans un récit apologétique où il se vante de l'expulsion définitive des Goutis après sa victoire. Il rétablit l'unité de la Basse-Mésopotamie, son entreprise servant de base à la constitution de l'Empire qui suivit. On sait qu'il fut également l'arbitre entre les villes d'Ur et Lagash au sujet d'un différend frontalier. Un texte divinatoire, postérieur à son règne, prétend qu'il serait mort noyé alors qu'il inspectait la construction d'un barrage, mais on ne sait pas quel crédit donner à cette histoire.
 
   Il fut incapable de maintenir son hégémonie, on ne sait pas de quelle manière, mais lui succéda sur le trône d'Ourouk en 2113, Our-Nammou (ou Ur-Nammu ou Namma Ur, 2112-2095) qui était apparemment Gouverneur d'Ur pour son compte. On sait juste qu'Our-Hegal abdiqua et que sa fille épousa Our-Nammou. Ce dernier ne s'installa pas à Ourouk, il établit la nouvelle capitale à Ur et centralisa à nouveau l'administration. Il fonda la IIIe dynastie d'Ur et prit le titre de "Roi du Sumer et d'Akkad" et gouverna ainsi sur les villes d'Ur, d'Éridou, de Larsa, de Lagash où il soumit Nammahani (Nammahazi, 2114-2111), de Nippur et d'Ourouk. Cette IIIe dynastie d'Ur de grands guerriers apporta à la région un siècle de prospérité où Ourouk resta sous sa coupe, les Rois d'Ur prenant le titre de Roi d'Ourouk. À la chute de cette dynastie, en 2004, face aux attaques de l'Élam, Ourouk changea une nouvelle fois de main et ce fut les Rois d'Isin qui jusqu'en 1865 prirent le titre.
 
   À cette date Ourouk retrouva son indépendance grâce à Sin-Kasid (ou Sîn-Kasid ou Sin-Kaschid ou Sin-kāšid, 1885 à 1852 ou 1865 à 1833 ou 1803 à 1770) qui profita que le Roi d'Isin soit affaibli par ses luttes contre Larsa pour proclamer son indépendance et agrandir son territoire. Les spécialistes pensent qu'il régna sûrement assez longtemps car il laissa une quantité volumineuse d'inscriptions et de constructions. Il est toutefois plus connu comme contemporain du Roi de Larsa, Nûr-Adad (1865-1850) et de celui d'Isin, Enlil-Bâni (1861-1837). Son apparente absence de relation avec aucun des dirigeants précédents d'Ourouk et son omission de mentionner son père dans aucune de ses inscriptions a conduit quelques chercheurs à la conviction qu'il fut le fondateur d'une dynastie ?. Il consolida ses positions en épousant Shallurtum (ou Šallurtum), la fille du Roi de Babylone, Sumu-la-El (ou Sumulael, 1881-1845) qui était la puissance montante de la région, comme nous le précisent des sceaux d'argile récupérés dans les vestiges de son palais.
 

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Cône d'argile comportant une
inscription au nom de Sin-Kasid -
Walters Art Museum - Baltimore

   Sin-Kasid commença sa carrière comme vice-Roi de Dûrum, une petite ville près Ourouk, qui fut d'abord sous l'hégémonie des Rois d'Isin. Il fut un grand bâtisseur et il fut le bénéficiaire de cônes commémoratifs pour ses travaux de construction de deux temples, le Eniušil "Maison à la splendeur redoutable", dédié à l'une des divinités tutélaires, Lugalirra (ou Lugalgirra ou Lougal-Irra) et l'Emeslam pour une autre, Meslamtea (ou Meslamtae'a). William W.Hallo nous dit que sa lettre à ce dernier fut plus tard utilisée pour l'éducation des scribes. Il construisit un immense palais, le Ekituššaula, "Demeure de réjouissance". Bon nombre des briques, sceaux, tablettes et cônes qui étaient incrustés dans les murs, trouvent leur place aujourd'hui dans les collections des musées dans le monde, lui donnant une importance bien supérieure à celle que les événements politiques de son temps suggèrent. Une petite cache contenant 25 manuels scolaires fut trouvée dans une chambre dans les ruines du palais. Ils comprennent des exercices de mathématiques et des listes lexicales. Sin-Kasid participa également à de nombreux autres projets de constructions religieuses, temples et sanctuaires.
 
   Certaines des inscriptions de ce Roi font référence à la faiblesse des prix de l'orge, de la laine, du cuivre et de l'huile végétale qui étaient importants dans une économie forte. Sa fille Nin-Shatapada (ou Nin-šatapada) fut Grande Prêtresse de Meslamtea (ou Meslamtae'a) dans la ville de Dûrum. Elle a apparemment écrit une lettre de prière, dont il existera plus tard six exemplaires, au Roi de Larsa, Rim-Sin I (1822-1763), dans laquelle elle lui demande de mettre fin à son exil. Elle écrivit celle lettre alors qu'elle était très âgée, après avoir été exilée de Dûrum pendant 4 ou 5 ans suite à la prise de la ville par le Roi de Larsa. Vont succéder à Sin-Kasid dans cette dynastie huit Rois en trente ans. Le premier fut son fils, Sin-Eribam (ou Sîn-eribam ou Sin-irībam, 1852 à ? ou 1833 à 1826). qui fut suivit lui aussi par son fils, Sin-Gamil (ou Sîn-gamil, 1826 à 1824 ou ? à 1823), puis son frère, Ilum-Gamil (1824 à 1823), puis vint Etaya (ou Etēia, 1823 à 1822) dont on ne sait pas le lien de parenté avec le précédent, Anam (1823 à 1818 ou 1822 à 1817), son fils, Irdanene (1817 à 1810), puis Rim-Anum (ou Rîm-anum, 1818 à ? ou 1810 à 1806) qui est connu par quelques tablettes datées de son règne qui sont des textes économiques et Nabi-Ilisu (ou Nabi-Ilischu, ? à 1802 ou 1806 à 1801) qui sera l'adversaire malheureux de Rim-Sin I. Il faut noter que quelques spécialistes ne compte pas Ilum-Gamil et Etaya comme Roi d'Ourouk.
 
   En 1801, le Roi de Larsa, Rim-Sin I profita de la mort du Roi de Babylone, Sin-Muballit (1813-1793) pour passer à l'offensive, il prit Ur, puis Ourouk et Isin. Mais il fut incapable d'exploiter sa victoire. En 1787, il ne put résister à l'invasion du nouveau Roi de Babylone, Hammourabi (1792-1750), qui lui reprit ses trois possessions. Celui-ci par ses conquête se rendit maître de toute la Mésopotamie et prit les titres de "Roi de Sumer et d'Akkad", Roi des quatre régions, Roi de l'univers". Il fut le dernier Roi d'Ourouk. La cité sans plus aucune influence politique suivit l'histoire de la région. Néanmoins elle conserva son rôle de ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les Rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides (305-162), ne cessèrent d'embellir. Son déclin commença avec les Parthes (141 av.J.C-224 ap.J.C) et s'accéléra par le déplacement d'un bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie, obligeant ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des arabes.

 

L'archéologie

 
   Le site de Warka au Sud de l'Irak, l'emplacement d'Ourouk, fut découvert par William Kenneth Loftus en 1849 qui entreprit les premières fouilles la même année, puis plus tard en 1853 et 1854 pour son propre compte. Loftus, admet que les premières fouilles étaient superficielles et que ses problèmes financiers l'ont forcé à livrer des artefacts importants aux musées, à un coût minime. Ensuite, en 1902, Warka fut étudiée par l'archéologue Walter Andrae. À partir de 1912, avant la Première Guerre mondiale, d'autres fouilles furent effectuées par une équipe Allemande de la "Deutsche Orient-Gesellschaft" (DOG) dirigée par Julius Jordan et Conrad Preusser. Cette société scientifique fondée en 1898 à Berlin fut spécialisée dans l'étude des pays du Proche-Orient antique. Ils mirent au jour le temple d'Ishtar, un des quatre temples connus situés sur le site. Les temples d'Ourouk étaient tout à fait remarquables car ils furent construits avec des briques ornées de mosaïques de couleurs.
 

Ziggourat d'Ourouk

 
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   Cette expédition retourna sur le site en 1928 et procéda à des fouilles jusqu'en 1939.  Les principaux directeurs de celles-ci furent successivement : Robert Johann Koldewey, le découvreur de e Babylone, Julius Jordan jusqu'en 1931, Arnold Nöldeke, Ernst Heinrich, Heinrich Jacob Lenzen. L'équipe allemande revint après la guerre régulièrement tous les ans, de 1953-1967, sous la direction d'Heinrich Lenzen. Il fut suivi en 1968 par Jürgen Schmidt et à partir de 1978 par Rainer Michael Boehmer. Au total, les archéologues Allemands ont passé 39 saisons de fouille à Ourouk.
 
   La dernière campagne Allemande, avant la guerre en Irak fut effectuée à l'été 2002 sous la direction de Margarete Van Ess de la DAI (Deutsche Archäologische Institut). Les fouilles révélèrent une architecture imposante et une iconographie représentant un Roi-Prêtre. Également, quelques documents des premiers Sumériens, qui sont à aujourd'hui les documents écrits les plus anciens du monde. En tout, plus de mille tablettes pictographiques de documents bureaucratiques et administratifs et des tablettes de la période Séleucide, qui ont été édités par Adam Falkenstein et d'autres épigraphistes Allemand.
 
   Les fouilles d’Ourouk ont aussi révélé l’utilisation à usage décoratif de mosaïques de cônes. Grâce aux fouilles menées à la hauteur de l'Éanna (Temple du Ciel) dédié au culte de la Déesse Inanna (Ishtar chez les Akkadiens et Babyloniens), les archéologues ont établi plusieurs phases de croissance : L'Ourouk ancien, appelé aussi "protoliterate" qui couvre la période 4000 à 3750. L'Ourouk moyen qui couvre la période 3750 à 3500 et l'Ourouk récent qui va de 3500 à 3000. Ce que l'on pensait au début des fouilles être la découverte d'un palais à été démenti pas des recherches récentes, mais il reste beaucoup à découvrir sur Ourouk. Certaines tablettes n'ont été que récemment déchiffrées.

 

Bibliographie

 
   Pour d'autres détails sur la ville voir les ouvrages de :
 
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- Uruk : Kampagne 38, 1985 : Grabungen in J-K/23 und H/24-25, Philipp von Zabern, Mainz am Rhein, 1987.
- Uruk 1980-1990 : A progress report, pp : 465-78, Antiquité 65, 1991.
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