|
|
|
|
||||
|
|
|
|
|
|
|
|
||||
|
Characène ou Mésène |
|
|
La Characène (ou Mésène ou Meshun) est un royaume situé à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate, sur le Golfe Arabo-persique. Il est créé à la fin du IIe siècle av.J.C et était vassal de l'Empire Parthe. Sa capitale était Spasinou Charax, "La forteresse d'Hyspaosinès". Au Ier et au IIe siècle ap.J.C il va jouer un rôle important dans le commerce de la Syrie avec l'Inde. La ville a fourni des installations portuaires pour la grande ville de Suse, en amont de la rivière Tigre. |
|
L'histoire....... |
|
Le royaume de Characène est fondé en 127 av.J.C, par Aspasinès (ou Aspasine), qui est nommé Hyspaosinès (209-124) par les auteurs classiques. Il est d'origine arabe mais son nom était d'origine Iranienne. Pline l'Ancien (Écrivain et naturaliste Romain, 23-79 ap.J.C) mentionne qu'il était le fils d'un certain Sagdodonacos le "Roi des Arabes". C'est un ancien Satrape du Roi Séleucide Antiochos IV Épiphane (175-164). C'est lors de la dissolution de l'Empire Séleucide après la défaite du Roi Séleucide Démétrios II Nikatôr (145-138) devant le Roi des Parthes Mithridate I (Arsace V - 171-138) que Hyspaosinès profite de la confusion pour prendre son indépendance et fonde la Characène tout en restant vassal de l'Empire Parthe. Cette vassalité durera jusqu'a la chute des Parthes en 224 ap.J.C. Le 24 Juin 127, il est pour la première fois appelé "Roi" dans une inscription trouvée au Bahreïn qui indique qu'il a également régné sur cette île, qui était alors connue sous le nom Tylos. Hyspaosinès conquiert certaines régions du Sud de la Mésopotamie et de la Perse.
Vers 125, il prend la Babylonie au Roi Parthe Artaban II (Arsace VII - 127-124). En 124, Hyspaosinès tombe malade et meurt peu de temps après, le 11 Juin. L'inscription du Bahreïn mentionne également son épouse, la Reine Thalassia (ou Talasi'asu). Après la mort de son mari, elle va essayer d'installer son fils comme Roi de Characène. Des pièces de monnaie au nom d'Hyspaosinès ont été frappés jusqu'en 121 av.J.C. Certaines ont été découvertes au Koweït, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite.
Bien que vassal des Arsacides le royaume de Characène a toujours eu une politique pro-Romaine et plus tard, en 116 ap.J.C il accueille favorablement l'invasion de l'Empereur Romain Trajan (98-117). Celui-ci séjournera même à Spasinou Charax et assistera en personne au départ des vaisseaux pour l'Inde. Selon la légende, il aurait déploré le fait qu'il n'était pas assez jeune pour qu'il puisse, comme Alexandre le Grand (336-323), partir lui même conquérir l'Inde. Après le retrait des Romains, le royaume semble avoir échappé assez longtemps à la reprise en main de la Mésopotamie par les Parthes. Ce n'est qu'en 150 que ces derniers vont reprendre le contrôle du Characène après la défaite du Roi Meredates (ou Méherdate, v.131-150/51) face au Roi Parthe Vologèse IV (147-191).
Celui-ci préleva un important butin à Spasinou Charax dont une statuette d'Hercule retrouvée à Séleucie du Tigre et portant l'inscription relatant les faits de la bataille. Les Rois de Characène sont surtout connus par leurs monnaies, essentiellement des tétradrachmes en argent avec une légendes en Grec au dos et plus tard, en Araméen. Ces monnaies portent des dates selon l'ère Séleucide, ce qui permet d'en fixer la chronologie. Le royaume sera conquis vers 225 (on trouve aussi 222 selon les sources) sous le Roi Abinerglos III (210-v.225) par les Perses Sassanides et disparaîtra de l'histoire. |
|
Le Gandhâra (ou Gāndhāra ou Gandhara, en Sanskrit : गन्धार, en Ourdou : گندھارا Gandhārā, en Perse Waihind) est aussi appelé Mahajanapadas (en sanskrit: महाजनपद, Mahājanapadas) littéralement "Grand Royaume" (de Maha, "grand" et Janapada "pied d'une tribu", "pays"). C'est un royaume ancien de l'Afghanistan et du Nord-ouest du Pakistan centré sur les vallées de la Swât (En Sanskrit : Suvāstu) et de la Kâboul, deux affluents de l'Indus au Nord-ouest de l'Inde. |
Statue de Bouddha vêtu d'un manteau de style Grec- Ier siècle av.J.C- Musée Guimet - Paris |
|||
|
Déesse Mère, en terre cuite provenant de la vallée de l'Indus - Gandhâra, Ier siècle av.J.C- Victoria and Albert Museum - Londres |
Plus tard Gandhâra inclus les parties du Nord-ouest du Pendjab, de l'Inde. Il était situé sur la route du Nord (Uttarapatha) et devient rapidement un centre d'activités commerciales internationales. Il était un important canal de communication avec l'Iran et l'ancienne Asie centrale. Les limites du Gandhâra ont varié à travers l'histoire. Parfois, juste la vallée de Peshawar et de Taxila sont désignées comme faisant partie du Gandhâra et parfois la vallée de la Swât y est également incluse.
Le cœur du Gandhara est cependant toujours la vallée de Peshawar. Le royaume a été dirigé depuis les capitales et villes principales : De Pushkalavati (Aujourd'hui Chārsadda), de Purushapura (Aujourd'hui Peshawar) et Takshashîlâ (Aujourd'hui Taxila), qui étaient des centres commerciaux de premier plan entre l'Inde et l'Occident. Dans la dernière partie de son histoire la capitale fut Udabhandapura (Hund) sur l'Indus. D'autres cités comme Kapishî (Aujourd'hui Begrâm) étaient des centres culturels importants.
Le Gandhâra est célèbre pour le style d'art bouddhique qui s'y est développé à partir de 50-75, connu sous le nom d'art du Gandhâra, une association Gréco-bouddhique qui est un mélange des influences Indiennes et hellénistiques qui se sont implantées dans le pays au cours des siècles qui ont suivi l'expédition d'Alexandre le Grand (336-323). Le style du Gandhâra fleurit à partir du Ier siècle, sous la dynastie Kouchan (ou Kushan). Le Gandhâra était réputé pour ses capacités à l'art de la guerre. Le Bouddhisme du Gandhâra et des régions avoisinantes est un mélanges d'influences Indienne, Persane et Hellénistique. |
|||
|
Il est à l'origine de la naissance du Mahayana et a influencé de manière importante le Bouddhisme d'Extrême-Orient. Les premiers missionnaires et traducteurs actifs en Chine, ainsi que la majorité des sutras, provenaient des régions Indo-grecques et Kouchanes. Une influence s'exerça aussi sur le Bouddhisme Tibétain par l'intermédiaire de l'école Yogacara, fondée par Asanga et Vasubandhu, deux frères Gandhârais. Les manuscrits Bouddhistes les plus anciens, qui sont aussi les manuscrits Indiens les plus anciens, ont été trouvés au Gandhâra. Ils sont écrits en Gāndhārī, langage dérivant du Sanskrit et noté en écriture Kharosti. C'est au Gandhâra qu'est supposé se trouver le lac Dhanakosha, lieu de naissance de Padmasambhava, fondateur du Bouddhisme Tibétain. Le BkA Brgyud (Kagyu) école du Bouddhisme Tibétain identifie le lac avec le Stupa Andan Dheri, situé à proximité du petit village de Uchh près de Chakdara dans la basse vallée de la Swât. |
||||
|
Femme accroupie en terre cuite - Gandhâra - IIe siècle av.J.C- Victoria and Albert Museum - Londres |
L'histoire.......
Les toutes premières traces de civilisation du Gandhâra remontent à l'âge de pierre. On a retrouvé des outils en pierre et des os brûlés près de Mardân Sanghao dans la zone des grottes. Les artefacts ont environ 15 000 ans. La région montre très tôt un afflux du Sud de l'Asie centrale dans la culture de l'âge du bronze avec des relations étroites avec la Bactriane et la Margiane. Cette culture va survivre jusque vers 600 av.J.C, des éléments attestant cette période ont été découverts dans les régions montagneuses de la Swât et Dir et même à Taxila. Le nom de Gandhâra est attesté dans le Rigveda (RV 1.120.1) et dans les anciennes inscriptions datant de la Perse Achéménide comme l'inscription de Béhistoun (ou Behistun).
Cette dernière, qui donne la liste des 23 Satrapies du Roi Darius I (522/1-486), comprend le Gandhâra avec la Bactriane et Thatagush (θ ataguš, Sattagydie). Dans le livre "Histoires" d'Hérodote (Historien Grec, 484-v.425), le Gandhâra est cité comme une ressource importante dans la collecte de l'impôt pour Darius I. Les Gandhāris, ainsi que les Balhika (Bactriens), les Mūjavants, les Angas et les Mâgadhîs, sont également mentionnés dans le Atharva-Veda (AV 5.22.14). Le Aitareya Brâhmana fait référence au Roi Naganajit de Gandhâra qui était contemporain de Janaka, Roi de Videha. Le Gandhâra et ses Rois figurent en bonne place aussi, comme alliés des Kurus contre les Pandavas dans la guerre du Mahâbhârata. Selon les traditions de Purana, ce pays (Janapada) a été fondé par Gandhārā, fils d'Aruddha, un descendant de Yayāti. |
|
Les Princes de ce pays sont dit être descendants de la ligné de Druhyu, qui a été un (supposé) Roi de la période Rigvedic. Selon Vayu Purana (II.36.107), le Gandhâra a été détruit par la Déesse Hindoue Pramiti (ou Kāli), à la fin du Kaliyuga. Les principales villes du Gandhâra étaient Purushapura (Aujourd'hui Peshawar), Takshashîlâ (Aujourd'hui Taxila) et Pushkalavati (Aujourd'hui Chārsadda). Celle-ci est restée la capitale du Gandhâra du VIe siècle av.J.C au II siècle de notre ère, lorsque la capitale est déménagée à Peshawar.
Un important sanctuaire Bouddhiste a contribué à rendre la ville comme un centre de pèlerinage jusqu'au VIIe siècle. Pushkalavati dans la vallée de Peshawar est situé au confluent des rivières Swât et Kâboul. Un endroit spécifique, qui est encore appelé Prang (de Prayāga), est considéré comme sacré et les habitants viennent toujours y enterrer leurs morts.
Taxila sera un important centre d'apprentissage du Bouddhisme du Ve au IIe siècle av.J.C. Au VIe siècle, la région va se retrouver sous l'autorité des Perses Achéménides, après que Cyrus II le Grand (558-528) ait construit son Empire, qui s'étendait de la Grèce à l'Indus. |
Ruines de Taxila |
|
Premier Shatamana d'argent du Gandhara (600-500) |
Le Gandhâra et le Kamboja ont constitué la septième satrapies du haut Indus de l'Empire Achéménide. Lorsque les Achéménides ont pris le contrôle de ce royaume, Pushkarasakti, un contemporain du Roi Bimbisara de Mâgadha, a été porté sur le trône du Gandhâra. Il a engagé une lutte pour le pouvoir contre les royaumes de Pandavas et Avanti. Avec le contrôle des Perses, un système d'administration centralisée avec une bureaucratie bien organisée a été introduite dans la région. Influencé par les Perses, avec la possibilité d'avoir accès à des civilisations d'Asie occidentale, de grands hommes tels que Pānini (Grammairien Indien, IVe siècle av.J.C) et Chânakya (ou Kautilya, conseiller et premier ministre de l'Empereur Chandragupta Maurya, 350-283) ont vécu dans ce milieu cosmopolite. |
|
L'alphabet Kharosti dérivé de celui utilisé pour l'Araméen (La langue officielle des Achéménides) a été développé et est resté dans le Gandhâra jusqu'au IIIe ap.J.C. Vers 380, l'emprise des Achéménides sur la région va s'affaiblir. De nombreux petits royaumes se développent alors dans le Gandhâra. En 327, Alexandre le Grand (336-323) conquiert le Gandhâra et les satrapies de l'Empire Perse. Les expéditions d'Alexandre ont été enregistrées par sa cour et par des historiens comme, Arrien (ou Lucius Flavius Arrianus Xénophon, |
Shatamana d'argent (500-400) |
historien Romain, v.86-v.175) dans son Anabase et d'autres chroniqueurs de nombreux siècles après l'événement. Les compagnons d'Alexandre n'ont pas mentionné les noms de Kamboja et Gandhâra, mais plutôt une douzaine de petites unités politiques dans leurs territoires. Alexandre va conquérir la plupart de ces unités politiques de l'ex-Gandhâra, Sindhu et Kamboja Mahajanapadas. Après la mort d'Alexandre et du partage de son Empire, la région devient la propriété des Rois Séleucides.
|
|
Chandragupta (321-298), le fondateur de la dynastie des Maurya, est dit avoir vécu à Taxila lorsqu'Alexandre s'est emparé de cette ville. Il y aurait rencontré Chânakya, l'auteur de l'Arthashâstra, qui serait resté son principal conseiller tout au long de sa carrière. Il aurait utilisé le Gandhâra comme base de développement de son royaume. Sous l'influence de son ministre, Chandragupta Maurya conduit une rébellion contre l'Empire Mâgadha. En 321, il renverse son Roi, Nandâ, qui sera le dernier représentant de la dynastie des Shaishunâga. Chandragupta s'installe dans sa capitale Pâtaliputra, puis étend son pouvoir sur le Nord du sous-continent Indien.
Il porte ensuite son attention sur le Nord-ouest de son royaume où il repousse les troupes Gréco-Macédoniennes restées au Pendjab après le retrait d'Alexandre. Il continue ses conquêtes en s'emparant des territoires de la rive Est de l'Indus, puis se tourne vers le Sud et soumet une grande partie de l'Inde centrale. En 305, Chandragupta retourne dans le Nord-ouest de son territoire où le Roi Séleucide Séleucos I Nikatôr (305-280), menace sa frontière. |
Premier Karshapana d'argent - Règne de Chandragupta |
|
Représentation de Chandragupta |
Chandragupta arrête la progression des Séleucides et repousse même sa frontière occidentale plus à l'Ouest, la positionnant dans ce qui est aujourd'hui l'Afghanistan. En 303, la guerre cesse entre les deux souverains qui arrivent à un accord dans lequel Séleucos I échange des territoires contre 500 des éléphants de guerre de Chandragupta. Une alliance est scellée par un mariage entre l'Empereur Maurya avec une fille de Séleucos I.
Toutefois, il n'existe pas de documents contemporains des Indiens et de Chandragupta et presque tout ce qui nous est connu est basé sur les écrits de Mégasthènes (v.340-282), l'ambassadeur de Séleucos I à la cour des Maurya à Pâtaliputra.
À la suite de cette alliance, la renommée de Chandragupta Maurya se répand en Occident où son Empire est reconnu comme une puissance importante. Les Ptolémée et le Satrape de Syrie envoient des ambassadeurs à sa cour. En 298, Chandragupta abdique, une tradition veut qu'il se soit rendu dans le Karnataka pour se faire moine Jaina à Shravana-Belgola et qu'il mit fin à ses jours en commettant le suicide rituel par inanition. |
|
Bindusâra (298-274), son fils, lui succède, héritant d'un Empire qui comprenait le Gandhâra, l'Hindou Koush, le Mâlvâ, le Mysore, le Bihâr, le Bengale, l'Orissa, l'Assam, le Balûchistân et l'Afghanistan. Le Gandhâra va rester une partie de l'Empire Maurya pendant environ un siècle et demi. Bindusâra était surnommé Devanampriya, son nom originel était Simhanesa d'après le Rajâvalikhata, un ouvrage Jaïna. Il est connu des Grecs et Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) le nomme Allitrochadès.
Il l'étend on Empire au cours de son règne, vers le Sud, le pays Dravidien, intégrant ce que nous connaissons aujourd'hui comme le Karnataka, dominant ainsi la plus grande partie de la péninsule Indienne, qu'il nomme le pays entre les deux mers. La vie de Bindusâra n'est pas aussi documentée que celle de son père ou de son fils Ashoka. |
|
|
|
Il n'est pas un conquérant, mais plutôt un organisateur de l'Empire légué par son père qu'il n'étend pas véritablement, mais qu'il transmet à son fils très consolidé de l'intérieur. Chânakya est le premier ministre au cours de son règne, comme il l'avait été durant celui de son père. Bindusâra connait deux révoltes de Takshashîlâ (Taxila), la première causée par la mauvaise gouvernance de son fils aîné, Susima. La raison de la deuxième révolte est inconnue, peut-être une manœuvre de Susima pour mettre en difficulté son frère Ashoka, le fils favori. Bindusâra meurt après y avoir envoyé Ashoka qui va mâter le soulèvement sans difficulté. De nombreux ambassadeurs vont visiter sa cour durant son règne, en particulier le Grec Deimachos, envoyé par le Roi Séleucide Antiochos I Sôter (280-261) et Dionysos, l'ambassadeur du Roi d'Égypte Ptolémée II Philadelphe (282-246), preuve des bonnes relations avec le monde hellénique. À la différence de son père, il suivit la philosophie Âjîvika, athée et anti-Brahmanique. |
||
|
Statue d'Ashoka |
Ashoka (ou Asoka ou Açoka ou Ashokavardhāna, en Devanāgarī : अशोक Aśokah, 274-232) le petit-fils de Chandragupta, sera l'un des plus grands dirigeants Indiens. Il va régner sur la majeure partie du sous-continent indien, de l'actuel Afghanistan jusqu'au Bengale et aussi loin vers le sud que l'actuelle Mysore. À l'instar de son grand-père, Ashoka a également commencé sa carrière comme gouverneur du Gandhâra. Après un début de règne très autoritaire et frappé d'horreur, Ashoka est saisi de remords suite à sa conquête sanglante du Kālinga, sur la côte est de l'Inde et il change complètement de politique.
Il cherchera désormais à suivre l'Ahimsa (Maintenir et propager la paix, la non-violence, la compassion, le végétarisme). Plus tard, il deviendra Bouddhiste et va permettre de promouvoir cette religion dans son Empire. Il a construit de nombreux stupas dans le Gandhâra. Il fait rénover les routes principales, fait ériger une quantité impressionnante de stèles et bâtiments, dont des hôpitaux pour animaux et fait adopter une écriture, le brāhmī, dont dérivent les écritures modernes. Après son règne l'Empire se désagrège et l'unité Indienne sera perdue.
|
|||
|
Cette faiblesse va profiter à l'Empire naissant des Rois Indo-Grecs de Bactriane qui se sont détachés des Séleucides et qui vont s'emparer du Gandhâra. Autour de 185 environ, Démétrios I (200-171) envahit et conquiert entièrement le Gandhâra et le Pendjab. |
Drachme d'argent , période d'Ashoka |
|||
|
Le Sud de l'Afghanistan est absorbé par le Roi de Bactriane Démétrios I en 180. Plus tard, les guerres entre les différents groupes de Grecs de Bactriane vont aboutir à l'indépendance du Gandhâra. Ménandre I sera le plus célèbre Roi de ce nouveau royaume. Il règne de Taxila et plus tard de Sagala (Sialkot). Il reconstruit Taxila et Pushkalavati. Il devient Bouddhiste et on a des traces, dans le livre Milindapañha, de ses discussions avec le grand philosophe Bouddhiste, Nāgasena. À sa mort en 140, les Kouchans (ou Kushans) d'Asie centrale envahissent la Bactriane Grecque et mettent fin à ce royaume. Vers 30 av.J.C ils prennent possession d'une partie du Gandhâra qu'ils garderont au moins jusqu'au IIIe siècle. |
||||
|
Relief de Jataka Shibi - IIe siècle ap.J.C- Gandhâra - British Museum |
Vers 80 av.J.C, les Sakas, repoussés par leurs cousins Parthes d'Iran, emménagent dans le Gandhâra et d'autres parties du Pakistan et de l'Ouest de l'Inde. Le plus célèbre Roi des Sakas, Maues, s'établi lui-même dans le Gandhâra. En 90 av.J.C, les Parthes prennent le contrôle de l'Est de l'Iran et vers 50 av.J.C mettent un terme aux derniers vestiges du règne des Grecs en Afghanistan. Vers 7 av.J.C une dynastie Indo-parthe réussie à prendre le contrôle du Gandhâra. Les Parthes continuent d'appliquer les traditions artistiques Grecques. Le début de l'art du Gandhâra Gréco-bouddhique est daté de 50-75.
Des liens entre Rome et le royaume des Indo-parthe existent. Il ya des preuves archéologiques que des techniques de construction ont été transmises entre les deux royaumes. La dynastie Parthe chute vers 75 dans cette région au profit d'un autre groupe d'Asie centrale, les Kouchans, connu sous le nom de Yuezhi ou Yueh-Chih, déplacés de Chine en l'Asie centrale, puis en Bactriane où ils étaient depuis un siècle. Autour de 75, les Kouchans sous la direction de Kujula Kadphises prennent le contrôle de Gandhâra et d'autres parties de ce qui est maintenant le Pakistan. |
|
La période Kouchan est considéré comme la Période d'or du Gandhâra. La vallée de Peshawar et de Taxila est jonchée de ruines de monastères et de stupas datant de cette période. L'art du Gandhâra fleuri et produit quelques-unes des meilleures pièces de la sculpture Indienne. La civilisation du Gandhâra atteint son apogée sous le règne du grand Roi Kouchan Kanishka I (128-152 ou 127-147). Les villes de Taxila, Sirsukh et Peshawar sont reconstruites. Peshawar devient la capitale d'un grand Empire qui s'étendait du Bengale à l'Asie centrale. Kanishka I a été un grand mécène de la foi Bouddhiste qui s'étend à l'Asie centrale et à l'Extrême-Orient à travers la Bactriane et la Sogdiane.
Grâce à Kanishka I, le Gandhâra devient une terre sainte du Bouddhisme et attire même des pèlerins Chinois. D'énormes statues du Bouddha ont été érigées dans les monastères et gravés dans les collines. Kanishka a également construit une grande tour à Peshawar. Cette tour a été signalée par Fa-Hsian, Sun Yun-et-Hsuan Tsang.
Cette structure a été détruite et reconstruite plusieurs fois, jusqu'à ce qu'elle soit finalement détruite par Mahmud de Ghazni au XIe siècle. Après Kanishka I, l'Empire commence à perdre des territoires à l'Est. À l'Ouest, le Gandhâra tombe sous la domination des Perses Sassanides, l'Etat successeur des Parthes et devient leur vassal de 241 à 450, date où il disparaît avec l'invasion des Shvetahûna (ou Huns blancs) qui ravagent le royaume et s'y installent sous leurs Rois, Toramana (mort en 502) et Mihiragula (502-530).
|
Bouddha Gandhâra. Ier-IIe siècle. Musée Guimet - Paris |
|
L'Hyrcanie |
|
|
|
L'Hyrcanie (ou Hyrcania, en Grec : Υρκανια) est le nom qui dans l'Antiquité est donné aux régions d'Asie situées au Sud-est de la Mer Caspienne au Nord-est de l'Iran actuel, autour de l'actuelle rivière Gorgân. Le nom "Hyrcanie" est le nom Grec attestées dans les récits historiques. Ce nom Grec est une variante du Perce ancien Verkâna, comme il est enregistré dans les inscriptions de Béhistoun (ou Behistun) de Darius I (522/1-486), ainsi que dans d'autres inscriptions en Perse ancien et écriture cunéiforme. Verkā signifie "loup" en Perse, par conséquent l'Hyrcanie est le "Pays des loups". Pour les Grecs, la mer Caspienne était nommée "La mer Hyrcanienne". À l'époque médiévale elle devint "Mer de Mazandaran". Le pays bénéficie d'un climat tropical et était très fertile. Les Perses estimaient qu'il était une des "bonnes terres" que leur Dieu suprême Ahura-Mazda (ou Ahuramazda) avait créé personnellement. Au Nord-est, l'Hyrcanie était ouverte au steppes d'Asie centrale où les tribus nomades avaient vécu pendant des siècles. |
||
|
L'histoire ....... |
|
L'Hyrcanie est une province de la
Médie, puis
va se retrouver sous l'autorité des
Perses Achéménides, après que
Cyrus II le Grand (558-528) ait
construit son Empire, qui s'étendait de la
Grèce à l'Indus et écrasé le
dernier Roi
Mèdes
Astyage (584-549).
Elle devient ensuite une
satrapie
de l'Empire
Perse Achéménide gouvernée par Hystaspede. Cependant, certains
spécialistes avancent, qu'il semble qu'elle était administrée comme une
sous-province de la
Parthie, car elle n'est pas
nommée séparément dans les listes provinciales de
Darius I (522/1-486)
et
Xerxès I
(485-465) |
|
Après la mort de Cambyse II (528-522), l'usurpateur Bardiya/Gaumata, qui n'appartenait pas à la dynastie Achéménide, s'empare du trône. Les partisans de la maison royale Perse aident Darius I à devenir Roi et Bardiya/Gaumata est tué. Presque immédiatement, les sujets de l'Empire se révoltent. La rébellion s'étend aux provinces d'Arménie, d'Assyrie, de Parthie et d'Hyrcanie.
Darius I va mâter une à une ces rébellions. Dans les inscriptions de Béhistoun (ou Behistun) de Darius I, nous savons que l'Hyrcanie devient complètement Perse en 522. Toutefois, les Perses laissent une garnison en Parthie, qui est commandée par Hystaspes (En Perse Vishtaspa) le père de Darius I, qui était Satrape d'Hyrcanie. Mais, le 8 mars 521 les Parthes et leurs alliés Hyrcaniens attaquent la garnison Perse. Après de rudes combats ils seront finalement battus. Hérodote (Historien Grec, 484-v.425) mentionne plusieurs fois l'Hyrcanie dans ses écrits. Il nous indique que les Perses ont construit des ouvrages d'irrigation à grande échelle dans le pays et également que des soldats Hyrcaniens faisaient partie de la grande armée du Roi Xerxès I (486-465) contre les Grecs en 480. |
|
Cliquez sur les noms de villes ou régions |
|
L'historien note qu'ils ont les mêmes armes que les Perses. Il est possible, mais pas prouvé, que pendant la période Perses, un mur a été construit pour défendre l'Hyrcanie contre les nomades des steppes d'Asie centrale. Les ruines d'un mur au Nord de la rivière Gorgân, qui sont encore visibles de nos jours, appelées "Le Mur (ou la porte) d'Alexandre" correspondent à un mur qui a été construit plus tard, sous les Parthes, mais il a probablement remplacé une défense Perse déjà existante. Plus tard, Darius II (423-404), fils d'Artaxerxès I (465-424) et de la Reine Esther (ou Kosmartydène ou Cosmartidène) monte sur le trône après avoir assassiné son demi-frère Sogdianos. |
|
Une première inscription d'Ochus (Darius II) qui peut être datée au 10 janvier 423 indique qu'il était déjà à cette époque Satrape d'Hyrcanie et qu'il est rapidement reconnue par les Mèdes, la Babylonie et l'Égypte. Pour sa prise de pouvoir il a recours à des troupes d'Hyrcanie et des satrapies supérieures : L'Arie, le Parthie, l'Arachosie, la Bactriane et la Sogdiane. L'Hyrcanie fait sa réapparition dans l'histoire lorsque le Roi de Macédoine Alexandre le Grand (336-323) envahit l'Asie. Les Hyrcaniens sont mentionnés lors de la Bataille de Gaugamèles le 1 octobre 331. C'est à la frontière entre cette satrapie et la Parthie que Darius III (335-330), en fuite devant Alexandre, est assassiné en 330. |
|
Après la mort d'Alexandre et du partage de son Empire, l'Hyrcanie devient la propriété des Rois Séleucides. À la fin du III siècle av.J.C des nomades du Nord appartenant à la tribu des Parni, envahissent la Parthie et l'Hyrcanie. Bien que Parthie soit perdu à jamais pour les Rois Séleucides, l'Hyrcanie se trouve dans la dernière décennie du IIIe siècle reconquise par Antiochos III Mégas (223-187). Mais une génération plus tard l'Hyrcanie est à nouveau perdue aux profit des Parthes Arsacides (141 av.J.C-224 ap.J.C), le nouveau nom de la tribu des Parni, qui en 141 se sont libérés de la tutelle des Rois Séleucides.
La région va être une partie importante de leur Empire, situé entre leurs territoires Parthe et leur pays d'origine sur la steppe. Il est certain que les Rois Parthes utilisaient une ville d'Hyrcanie comme leur résidence d'été. On les donne aussi comme les constructeurs du "Mur d'Alexandre", qui mesurait 180 km de long et possédait 40 forteresses. Néanmoins, il semble que les Parthes soient contestés par les Hyrcaniens puisque l'on note une révolte en 58 ap.J.C. |
|
Après la chute de l'Empire Parthe, en 224 ap.J.C, l'Hyrcanie devient une province du nouvel Empire Perse Sassanides (224-637)Elle le restera jusqu'à l'invasion des arabes. Elle a été pour les Sassanides un important territoire dans la mesure où elle leur permettait de se tenir à l'écart des invasions des tribus d'Asie. De ce fait, les Rois Sassanides ont construit de nombreuses forteresses dans la région. Après la chute de l'Empire Sassanide, de nombreux nobles ont fuit vers l'Hyrcanie où ils se sont installés définitivement.
Les arabes n'ont pas réussi à conquérir l'Hyrcanie principalement en raison de la situation géographique, mais aussi à cause de l'importante résistance de la part des notables tels que Vandad Hormoz, Mâziar et Babak Khorramdin. Sous la direction de quelques autres familles aristocratiques, tels que les Karens et les Bavands, l'Hyrcanie est resté un état indépendant Zoroastrien. Les Mongols vont envahir l'Est au XIIIe siècle et ce ne sera qu'au XVe siècle que l'Hyrcanie redeviendra officiellement une fois de plus une partie de l'Iran. |
|
Le Warahshe (ou Warakshe ou Marhashi ou Marhaši ou Marhasi ou Marhashi ou Parhasi ou Barhasi) est un royaume qui se développa entre 2500 et 1900 av.J.C à l'Est de Élam, sur le plateau Iranien, mais qui n'a pas encore été localisé avec précision. Il était situé soit dans le Zagros occidental, soit plus à l'Est, entre l'Élam et la vallée de l'Indus (Meluhha dans les textes Mésopotamiens), en contact avec la civilisation d'Harappa et des cultures du Golfe Persique, comme celle de Dilmun (Bahreïn). Certains spécialistes avancent aussi qu'il serait issu de la région de Jīroft où de nouveaux sites archéologiques viennent d'être mis au jour ou encore plus au Nord, autour du site archéologique de Shahdad, le débat reste ouvert. Warahshe est mentionné pour ses relations commerciales avec les royaumes Mésopotamiens, auxquels il fournit notamment des pierres précieuses (Agathe, chlorite, cornaline, lapis-lazuli, stéatite) et des animaux (Brebis, chiens, éléphants, ours, singes, zébus). |
|
Tablette d'argile qui donne la liste des victoires de Rimush sur Abalgamash et sur les villes Élamites - Copie d'une inscription monumentale
|
L'histoire....... |
|||
|
Son histoire nous est connue par les relations qu'il a entretenues avec son voisin l'Élam et les Empires Mésopotamiens d'Akkad et d'Ur (IIIe dynastie). La première attestation du royaume est faite, vers 2600, dans un texte du Roi d'Adab, Lugal-Anne-Mundu (v.2600), qui aurait combattu son Roi Migir-Enlil (v.2600). L'apogée de Warahshe arrive à l'époque de l'Empire d'Akkad (2334-2142). Les souverains d'Akkad vont souvent combattre des coalitions des Rois Élamites d'Awan (v.2700-v.2210) avec ceux de Warahshe, qui apparaissent comme leurs alliés traditionnels. Sargon d'Akkad (2334-2279) est le premier à les vaincre.
Le Roi d'Akkad suivant, Rimush (2279-2270) devra lutter contre une alliance du Roi de Warahshe, Sidgau (v.2290-v.2275) avec celui d'Awan Khita (ou Hita, v.2280-v.2250). Cette coalition sera défaite par Rimush. Certains spécialistes avancent que cette alliance aurait été faite avec le Roi d'Awan Luhî-Ishshan (Luh-Ishan, v.2320). Puis, le Roi d'Akkad Naram-Sin (2255-2218) fera de même, il va battre l'alliance du Roi Khita avec le Roi de Warahshe Abalgamash (v.2275-v.2250). |
||||
|
Les mêmes spécialistes donnent là, le Roi d'Awan Hishep-Ratep (v.2315). Après la chute du royaume d'Akkad qui débute vers 2193, un nouvel Empire Mésopotamien émerge à partir la ville d'Ur et ses souverains tentent eux aussi d'étendre leur influence en direction du plateau Iranien. Il se heurtent comme les précédant à une coalition formée par les Rois du Warahshe et d'autres royaumes Iraniens comme celui de Simashki (Élam) ou d'Anshan. |
Vase trouvé dans la région de Jīroft peut-être de culture Warahshe |
|||
|
Le Roi d'Ur Shulgi (ou Sulgi ou Shoulgi, 2095-2047) tente d’arrêter la progression de la Dynastie de Simashki en mariant une de ses filles, Nialimmidashu au Roi de Warahshe Libanukshabash (v.2080-v.2060) et une autre au Roi d'Anshan. Mais ce sera peine perdue, car son successeur Amar-Sin (2047-2038) doit à nouveau combattre le Warahshe, dirigé par son nouveau souverain, Arwilukpi (v.2045-v.2035).
Après la chute de l'Empire d'Ur vers 2004, le royaume de Warahshe ne se trouve plus dans l'horizon politique des royaumes Mésopotamiens qui se concentrent moins sur le Plateau Iranien, dominé par l'Élam. Il disparaît peu à peu des textes Mésopotamiens et son histoire nous est dès lors inconnue. Sa chute se produit vraisemblablement vers 1800-1700, quand plusieurs cultures Iraniennes vont disparaître. Le dernier Roi attesté est Mashhundahli (v.2020) mais on ignore les dates exactes de son règne, il serait pour certains spécialistes contemporain d'Ibbi-Sin (2029-2004) d'Ur. |
||||
|
|
|
Sources a voir pour : Le Gandhâra : wordpress.com La Characène : Characène (Wikipédia) |
|
|