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 Les Ammonites

Les EDOMITES

 

   Ammon (ou Ammonite, en Hébreu : עַמּוֹן "Peuple") est également appelé dans la Bible "enfant d'Ammon". Les Ammonites étaient un peuple, également connu des documents Assyriens. L'Ancien Testament trace leur origine à un fils illégitime de Loth, le neveu du Patriarche Abraham, comme pour les Moabites. Les Ammonites étaient considérés par les Hébreux comme les parents proches des Israélites et des Édomites. Ils furent presque toujours en guerre avec les Hébreux.

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Ruine du site de Rabbath-Ammon

 

  Les Rois Hébreux Saül (1030-1010) et David (1010-970) vont les battre à plusieurs reprises. Ce sera finalement le Roi de Juda Joatham (ou Jotham ou Yotham, 746-742) qui soumettra les Ammonites.   La langue Ammonite par quelques noms qui ont été conservés (Nahash, Hanoun) témoignent d'une langue sémitique étroitement liée à la langue Hébraïque et la langue Moabite, avec certaines influences Araméenne. À l'instar de son frère le royaume de Moab, Ammon a à l'origine de nombreuses ressources naturelles, y compris le grès et le calcaire. Le royaume possède un secteur agricole très productif et occupe une place essentiel le long de l'ancienne route commerciale reliant l'Égypte à la Mésopotamie et l'Anatolie.

 

   Comme les Moabites et les Édomites, le commerce le long de ce parcours leur a apporté des recettes considérables. Sur les coutumes, la religion et la structure sociale des Ammonites, on sait peu de choses. L'hypothèse la plus fréquente que, vivant sur les frontières du désert, ils sont restés plus pastorale que les Moabites et les Israélites, n'est pas fondée. Les alentours de Rabbath-Ammon (ou Rabbah ou Rabbathammana chez les Grecs ou Philadelphia, Amman aujourd'hui), au moins, sont fertiles et ont été labourés.

 

   De leurs Dieux le nom, Moloch (ou Molech ou Molekh ou Molek ou Milcom), ce qui représente en Hébreu מלך MLK, (Traduit directement en Roi) est décrit comme ayant été adoré avec des sacrifices humains. Du fait du nom de leurs Rois, il semble que le culte d'un Baal local à probablement coexisté en Ammon, comme éventuellement celui de El. Des inscriptions suggèrent la possibilité que d'autres Dieux ont été adorés, comme la divinité Édomite Kaus (ou Qaush ou Kaush ou Qaus ou Qos ou Kos) qui a bénéficiée d'un culte Ammonite.

 

 

    Les origines et ascendance


  
Le récit biblique présente les Ammonites avec des origines incestueuses, car selon la Genèse Loth coucha avec ses deux filles, qui l'avaient enivré, deux soirs de suite (19:33-34-35). Après la destruction de Sodome et Gomorrhe, elles pensaient, à tort, que l'humanité tout entière allait être anéantie et que c'était à elles de repeupler le monde. Les deux filles devinrent enceintes de leur père (19:36). L’aînée enfanta un fils, qu’elle appela du nom de Moab : Ce serait le père des Moabites. La plus jeune enfanta aussi un fils, qu’elle appela du nom de Ben Ammi : Ce serait le père des Ammonites (19:37-38). Ainsi, en dépit de leur pedigree douteux, les Ammonites sont étroitement liés aux Israélites et encore plus étroitement à leurs voisins du Sud, les Moabites. Cette relation est corroborée par le fait que tous les noms des personnages Ammonites de l'histoire qui nous sont connus montrent un caractère purement d'origine Cananéenne. Mais le récit ci-dessus indique également le mépris et la haine des Hébreux ressentie pour les Ammonites. Le fait que la Torah exclut les descendants des Ammonites de l'assemblée du Seigneur semble refléter cette attitude. Tant les Moabites que les Ammonites sont parfois qualifiés du nom commun "Enfants de Loth.

 

 

    Localisation  et histoire

 

  L'ancien royaume d'Ammon était situé dans le Nord-ouest de l'Arabie à l'est de Gilead et la mer Morte le long du Jourdain. Les frontières du royaume Ammonite ne sont pas définies de manière uniforme dans l'Ancien Testament. Dans le livre des Juges (11:13) la demande du Roi d'Ammon, qui exige des Israélites la restauration des terres "de Arnon jusqu'à Jabbok et jusqu'au Jourdain" n'est mentionnée que comme une revendication injustifiée. Cette partie de territoire Israélite avaient été conquise par le Roi Amorrite Sihon qui y avait déplacé les Moabites qui l'occupaient à cette époque et que les Israélites avaient battu à leur tour. Toujours dans le livre des Juges (11:22) il est dit que les Israélites étaient en possession de ce territoire jusqu'au Jourdain et qu'ils réclamaient les terres au-delà, de manière à ne laisser aucune place à Ammon. Le Livre des Nombres (21:24) décrit la conquête des Hébreux de Saül (1030-1010) et David (1010-970) comme ayant atteint "..... à Jazer, la frontière des enfants d'Ammon".

 

  Josué (13:25), définit la frontière de la tribu de Gad comme étant "... Jazer et la moitié des terres des enfants d'Ammon." Cette dernière affirmation peut être conciliée avec le Deutéronome (ou Pentateuque, cinquième et dernier livre de la Bible hébraïque), en supposant que la partie Nord du royaume de Sihon eut été Ammonite. Cela explique, en partie, la demande mentionnée ci-dessus (juges, 11:13). Selon le Deutéronome (2:37), la région le long de la rivière Jabbok et les villes de la région montagneuse formaient la frontière d'Israël.

 

  Toujours selon le Deutéronome (2.20) le territoire d'Ammon avait été la possession d'une mystérieuse nation, le Zamzummim (Également appelé Zuzim) et la guerre de Chedorlaomer (Dans le récit de la Genèse 14:5, Chedorlaomer est décrit comme un Roi d'Élam, qui fait des conquêtes loin à l'Ouest du pays de Canaan et exerce sa suprématie sur le Sud) avec cette nation coïncide avec l'histoire d'Ammon.

Byblos Sidon Tyr Ascalon  (Ashkelon) Gaza Samarie Royaume d'Israël Jericho Jerusalem Royaume de Juda Le royaume d'Edom Petra Nabata Royaume du Moab (les Moabites) Les Araméens Les Assyriens Damas Royaume de Damas L'Assyrie Royaume de Damas Royaume d'Israël Tyr Les Araméens Royaume du Moab, les moabites Royaume d'Edom, les Edomites Royaume de Juda Les Philistins Les Nabatéens Royaume d'Edom, les Edomites Petra Rabbath-Ammon  (ou Amman ou Philadelphia) Nabatu  (Les Nabatéens) Be'er Sheva  (ou Beer Sheva) Acre  (ou Akko  ou  Ptolémaïs) Nabatu  ( Les Nabatéens) Dibon Dor  (ou Dora) Baalbek Ashdod  (ou Asdod) Jaffa Pella  Cliquez sur un nom de ville ou de région

 

 

   Lorsque les Israélites envahissent le pays de Canaan, ils passent par la frontière des Ammonites. Les Ammonites sont sensés avoir été expulsés de leur territoire d'origine par le Roi Amorrite Sihon. Sihon aurait été attaqué ensuite par les Israélites, après leur libération d'Égypte, dans le pays de Gilead, c'est l'ensemble des territoires sur la rive gauche du Jourdain, au Nord de l'Arnon. Par cette invasion, les Ammonites ont fuit Gilead pour la partie supérieure du Jabbok, endroit où il coule du Sud vers le Nord, ce qui va continuer à être la limite Ouest de leur royaume. Les autres limites du pays Ammonite sont difficiles à définir et font toujours débats. Au Sud, le royaume joint probablement le pays de Moab, le Ouâdi (ou Wadi) Moujib (Appelé Arnon) marquait sûrement la frontière entre les deux royaumes, au Nord, il devait rencontrer le royaume de Geshur, qui deviendra celui de Damas (ou d'Aram ou de Syrie) et à l'Est il s'enfonçait dans le désert peuplé par les Kidarites et d'autres tribus nomades Araméennes.

 

   La capitale du royaume était Rabbath-Ammon (ou Rabbah ou Rabbathammana chez les Grecs ou Philadelphia). La ville moderne d'Amman est maintenant située à peu près sur son site (D'où elle tire son nom "la métropole des Ammonites"). Le Roi d'Égypte Ptolémée II Philadelphe (282-246) la renomme Philadelphia et en fait une grande et forte ville, située de part et d'autre de la rivière Jabbok, avec une acropole aujourd'hui connue sous le nom de Nahr Amman "la rivière d'Ammon" (D'où sa désignation "ville des eaux").

 

   Lors de la conquête des Rois Hébreux Saül (1030-1010) et David (1010-970) les Ammonites vont résister en lançant des attaques sur les communautés Israélites de l'Est de la Jordanie. Ils vont même unifier derrière leur étendard des tribus et royaumes Araméens qui dans un premier temps vont vaincre Saül. La fille de ce dernier, Nikal, épouse David, qui est élu Roi par la tribu de Juda, désigné par Samuel et trois ans plus tard proclamé Roi de Juda et d’Israël. Il reprend alors la politique de conquête de son beau-père. Pour entamer le conflit avec Ammon il prétexte le mauvais traitement de son ambassadeur.

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Le Wadi Moujib marquait la frontière entre les royaumes d'Ammon et Moab

 

    Les Ammonites vont être battus malgré l'aide de leurs voisins du Nord le royaume de Damas (ou d'Aram ou de Syrie) La capitale Rabbath-Ammon est prise et de nombreux prisonniers sont faits dans "toutes les villes des enfants d'Ammon." (Samuel II 10:2). Dans Samuel 12:31, la victoire sur les Ammonites du Roi David est décrite. Il y est aussi exposé le traitement des prisonniers qui n'est pas nécessairement barbare, la description peut être interprétée comme signifiant qu'ils sont employés comme ouvriers dans divers travaux publics. Le chroniqueur, cependant, présente quelques passages cruels. Les Ammonites, eux-mêmes, avaient une réputation de cruauté dans la guerre.  Suite à cette conquête David, qui a détrôné le Roi Hanoun (v.1010), pour conserver la paix nomme Shobi (ou Shobi ben Nashah, v.1000), le frère de celui-ci, dirigeant d'Ammon.

   Ce dernier est attesté comme le frère d'Hanoun car dans un texte les deux sont appelés fils de Nahash (v.1020), le Roi qui les a précédé. Shobi va s'avérer un fidèle vassal de David, celui-ci va même recruter pour son armée des mercenaires Ammonites. Le Roi Hébreu suivant, Salomon (970-931), 2ème fils de David et de Bethsabée, va épouser Naamah, une Ammonite, probablement une fille de Shobi. Elle sera la mère de Roboam (ou Rehoboam ou Rehav'am, 931-911) le premier Roi de Juda. Après cette courte trêve, les hostilités vont de nouveau reprendre avec les Rois : De Juda Josaphat (ou Jehoshaphat, 870-845), puis, plus tard d'Israël Jéroboam II (790-750).

 

   Ce sera finalement le Roi de Juda Joatham (ou Jotham ou Yotham, 746-742) qui soumettra les Ammonites. Des inscriptions Assyriennes, nous apprenons que le Roi Ammonite Ba'sa (ou Baasa), fils de Ruhubi (v.870)avec 1 000 hommes, à la Bataille de Qarqar (ou Karkar) en 853, se joint à une grande coalition de 11 Rois formée par les royaumes d'Égypte, d'Arwad (ou Aradus ou Arados ou Arvad ou Arpad ou Antioche en Pieria), du Roi d’Israël Achab (873-852), du Roi Irhuleni d'Hamath (ou Hama, ville sur les rives de l'Oronte dans le centre de la Syrie) et d'autres États voisins, sous la direction du Roi Hadad VI (ou Hadadézer ou Ben-Hadad II, 880-842) de Damas, contre l'Empereur d'Assyrie Salmanasar III (859-824) dont ils stoppent l'expansion.

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David fait passer sur les Ammonites des Chars armés de faux.

Gravure de Gustave Doré - La Bible Ancien Testament

 

   Encore aujourd'hui nous n'avons pas de certitude que Ruhubi fut bien Roi car aucune inscription Ammonite de son règne n'a été découverte et il n'est pas mentionné dans les sources Assyriennes. Sur le Monolithe Kurkh d'Ammon, il est inscrit Bit-Ruhubi "Maison de Ruhubi".  En 734, le Roi Ammonite Shanip (ou Sanipu en Assyrien, v.740-v.720) devient un vassal de l'Empereur d'Assyrie Téglath-Phalasar III (ou Tiglath-Pileser, 745-727) et son successeur, Pudu-Ilu (ou Pado'el, v.720-v.680) se soumettra aux Empereurs suivants, Sennachérib (705-681) et Assarhaddon (ou Esarhaddon, 681-669).

   Son nom, qui invoque le nom du Dieu El, suggère que El était adoré à Ammon aux cotés d'autres divinités. Sur une liste Assyrienne qui comptabilise les tributs que doivent verser les vassaux, on voit qu'Ammon verse un cinquième du montant de ce qu'offre le royaume de Juda. Ce qui donne la preuve du peu de ressources du pays à cette époque. Barakel (ou Barakhel "béni par El", v.680-v.670) lui succède. Il est connu par une petite tablette d'argile (15.9 x16.9 mm). Une rainure et plusieurs points autour de l'impression démontrent que la tablette a pris l'empreinte d'un anneau de métal.

 

 

Autre vue du site de Rabbath-Ammon

   Les empreintes digitales trouvées sur le bord semblent lui appartenir.  Le Roi Ammonite suivant, Amminadab I (v.670-v.660, "mon peuple est généreux") sera parmi les personnages influents au cours de la grande campagne militaire de l'Assyrien Assurbanipal (ou Assur-Banapliou, 669-631 ou 669-626). Il est l'un des Rois rebelles vassaux punis par Assurbanipal au cours de cette campagne. Son fils Hissalel (ou Hissalel ben Amminadab, v.660-v.620) lui succède. Il est mentionné comme le fils d'Amminadab I par une inscription sur une pièce de vaisselle en bronze trouvé à Tel Siran en Jordanie.

 

   Son fils Amminadab II (ou Amminadab ben Hissalel, v.620-v.600) prendra sa suite. Il est attesté par une inscription sur une bouteille découverte aussi à Tel Siran. Après lui arrive sur le trône Baalis (v.600-v.585). Ce nom est celui qui lui est donné dans le Livre de Jérémie. Sous son règne, avec les tribus voisines, les Ammonites aident le Roi Babylonien Nabuchodonosor II (ou Nebuchadrezzar, 605-562) contre le Roi de Juda Joachim II (ou Jehoiakim ou Jekonias, 598). Après la conquête de la Palestine et la prise de Jérusalem en 597 par le Babylonien, Sédécias  (ou Zedecias ou Zedekiah ou Mattanya, 597-586) est nommé Gouverneur de la ville.

 

   Avec l'aide de Baalis, il se révolte, mais le 15-01-588 Jérusalem est assiégée et prise le 29-07-587 avec une déportation des Juifs en Babylonie. En 586, Sédécias est battu définitivement par Nabuchodonosor II qui le condamne à avoir les yeux crevés. Baalis fomente alors le meurtre de Gedaliah, Juif-babylonien nommé nouveau Gouverneur de Jérusalem. Il sera châtié par le Babylonien et sûrement tué. À l'époque de Nabuchodonosor II, les Ammonites semblent avoir été inconstants dans leur attitude politique.

   Ils ont aidé l'armée Babylonienne contre les Juifs, empiété sur le territoire de la tribu de Gad et occupé Heshbon et Jazer, puis se sont rebellés contre la suprématie Babylonienne. Cependant ils ont accueilli des Juifs fuyant devant les Babyloniens (Jérémie 40:11). Après la chute des Babyloniens face aux Perses Achéménides, les Ammonites vont reprendre leur hostilité envers les Juifs. Au moment de la reconstruction de Jérusalem par Esdras (ou Ezra, Grand Prêtre des Juifs en 398) et Néhémie (Grand Prêtre des Juifs et Gouverneur de Juda), Tobiah, un Ammonite (Peut-être le Gouverneur d'Ammon), incite les Ammonites à entraver le travail (Néh. iii. 35). Il n'est que très peu fait allusion aux Ammonites pendant la période Perse (549-331) et guère  plus  au  début  de  la  période  

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Théâtre Romain de Rabbath-Ammon

hellénistique. Leur nom réapparaît à l'époque des Maccabées (ou Macchabées) vers 165 av.J.C. Les Ammonites, avec quelques-unes des tribus voisines, vont faire de leur mieux pour résister et contrer la renaissance de la puissance Juive, surtout à l'époque de Judas Maccabée (Grand Prêtre des Juifs de 165-160). Il est indiqué que le Général Ammonite Timothée est défaits par Maccabée Judas, à Dathema dans le Gilead. Certains chercheurs soutiennent qu'Ammon avait cessé d'exister comme une nation distincte à ce moment-là et que la désignation d'Ammonite tel qu'elle est appliqué à Timothée est géographique plutôt qu'ethnique.

 

 

 

 

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 Les Édomites

 

   Édom (En Hébreu : אֱדוֹם  'Ĕdôm "rouge ou roux", en Syriaque : ܐ ܕ ܘ ܡ, en Grec : 'lδουμαία Idoumaía, en Latin, Idumæa ou Idumea) est un nom donné à Ésaü dans la Bible Hébraïque, ainsi qu'à la nation, aujourd'hui disparu, qui en est descendante. La région possédant beaucoup de grès rouge, aurait donné lieu au nom d'"Édom"? Une autre variante de l'origine de ce nom viendrait Ésaü, premier-né des jumeaux d'Isaac et Rebecca, qui naît recouvert d'une toison rouge. Enfin selon une autre étymologie, Esaü aurait reçu ce surnom après avoir vendu son droit d'aînesse contre un plat de lentilles rouge. Chez les Assyriens les Édomites son nommés Udumi et ils sont parfois appelés Iduméens dans les textes Gréco-romains.

 

   Ce serait l'actuelle terre d'Israël. Les Édomites parlaient une langue sémitique. Ils étaient un groupe tribal vivant dans le désert du Néguev et la vallée d'Arabah, ce qui est maintenant le Sud de la Mer Morte et la Jordanie voisine. Ils vont occuper une région comprise du Sud de la mer Morte jusqu'aux abords du golfe d'Aqaba. Les spécialistes s'accordent à penser que les Édomites viennent occuper le site plus au Sud de Pétra dès le Ier millénaire. Cependant on sait peu de choses sur leur occupation de Pétra. Ils vont aussi occuper les hauteurs d'Umm el Biyara où l'on a retrouvé des vestiges  de   maisons  et  de  citernes

 

Le Wadi Zered, la frontière entre Moab et Édom.

datant du VIIe siècle av.J.C. La nation d'Édom est connue pour avoir existée dès le IXe siècle avant notre ère, la Bible date son existence de plusieurs siècles avant. Cependant de récentes preuves archéologiques indiquent des traces des Édomites dès le XIIIe siècle av.J.C, mais la question reste controversée. La nation a cessé d'exister comme un État avec les guerres Judéo-romaines. Ce sera un ennemi historique d'Israël avec Moab et Ammon. Plusieurs passages de l'Ancien Testament attestent d'une haine tenace entre les deux peuples (II Rois, II Chroniques, Psaumes CXXXVII, Abdias, Jérémie).

 

 

   La liste des Rois d'Édom mentionnée dans la Genèse laisse supposer qu'il s'agit plus d'une confédération de Princes régnant chacun sur leur cité que d'une lignée de monarques à part entière. On sait peu de choses sur les Édomites, mais ils ont laissé le souvenir d'un peuple non belliqueux, connu pour sa sagesse, dont les principales activités étaient la fabrication de textiles et de céramiques de qualité. Ils possédaient aussi une certaine maîtrise dans le travail des métaux. Le Royaume d'Édom a tiré une grande partie de ses moyens de subsistance des caravanes commerciales entre l'Égypte, le Levant, la Mésopotamie, l'Arabie et le long de la Route de l'encens. Il est également attesté que les routes maritimes d'échanges, aussi loin que l'Inde, partaient du port d'Ezion-Geber. Les Édomites exportaient aussi  probablement du sel et du baume de balsamea

(Arbres ou arbustes originaires de la région de la mer Morte) utilisé pour le parfum et l'encens des temples dans le monde antique.  Le monument le plus connu laissé par ce peuple est la forteresse de Sela. Le mot Hébreu "Sela ou Selah" signifie "la Roche" et désigne dans la Bible (II Rois, XIV,7; Isaïe, XVI,1) la forteresse Édomite que les historiens ont longtemps identifié au site de Pétra où de Bosra (ou Bostra, au Sud de la Syrie, capitale de la région du Hauran). Les spécialistes sont désormais unanime pou situer Sela plus au Nord, à environ 10 km au Sud de Tafila. La nature de la religion Édomite est en grande partie inconnue. Comme ses proches parents les autres royaumes Sémites du Levant, ils ont adoré des Dieux tels que : El, un Baal local, Kaus (ou Qaush ou Kaush ou Qaus ou QoS ou Kos) et Asherah.

 

 

 L'histoire.......

 

   Les Édomites ou Iduméens sont des descendants d'Ésaü frère jumeau de Jacob, le petit-fils d'Abraham. Jacob est devenu le père des Israélites après Dieu (Genèse 35:10) et rebaptisé "Israël". Ainsi Ésaü sera le fondateur de la nation d'Israël. Vers 1300 av.J.C, ils s’établissent au Sud de la mer Morte. Des documents Égyptiens de la fin du XIIIe et début du XIIe siècle mentionnent leur existence. Il semble qu'ils soient liés aux Shasous (ou Shasus, bédouins localisés d'abord en Transjordanie, qui sont ensuite cités en la Palestine du Sud) et Shutu, pillards nomades mentionnés dans les sources Égyptiennes. Une lettre d'un scribe Égyptien de la XIXe dynastie retrouvée dans une forteresse du Wadi Tumilat (Delta du Nil), datant du règne du Pharaon Mérenptah (ou Mineptah, 1213-1203), rapporte la circulation de nomades "Shasous, tribu d'Édom".

              Le pays d'origine des Édomites, selon le Tanakh (Bible Hébraïque), s'étend de la péninsule du Sinaï jusqu'à la ville de Kadesh-Barnea (Sud de l'antique Israël). Vers le Sud, il atteint Eilat (Sur la mer Rouge, golfe d'Aqaba), qui a été le port d'Édom. Au Nord le territoire d'Édom touchait celui de Moab et de Juda. La frontière entre Moab et Édom est le Wadi Zered. L'ancienne capitale d'Édom est Bozrah (ou Botsra ou Botzrah, en Hébreu : בצרה) dans le Sud de l'actuelle Jordanie, au Sud-est de la mer Morte.  

             La royauté d'Édom, au moins au début, n'était pas héréditaire. Les Chroniques mentionnent à la fois un Roi et un Chefs. Lorsque le Roi d'Édom refuse de permettre aux enfants d'Israël de traverser ses terres sur le chemin de Canaan, il va créer le premier conflit entre les deux nations, cependant il n'attaque pas les Israélites, mais il va se préparer à résister à une agression de leur part. Dans les sources antiques de la région et le Tanakh, rien n'est enregistré sur les Édomites jusqu'à leur défaite devant le Roi Hébreux Saül (1030-1010) à la fin de son règne.  

Byblos Sidon Tyr Ascalon  (Ashkelon) Gaza Samarie Royaume d'Israël Jericho Jerusalem Royaume de Juda Le royaume d'Edom Petra Nabata Royaume du Moab (les Moabites) Les Araméens Les Assyriens Damas Royaume de Damas L'Assyrie Royaume de Damas Royaume d'Israël Tyr Les Araméens Royaume du Moab, les moabites Royaume d'Edom, les Edomites Royaume de Juda Les Philistins Les Nabatéens Royaume d'Edom, les Edomites Petra Rabbath-Ammon  (ou Amman ou Philadelphia) Nabatu  (Les Nabatéens) Be'er Sheva  (ou Beer Sheva) Acre  (ou Akko  ou  Ptolémaïs) Nabatu  ( Les Nabatéens) Dibon Dor  (ou Dora) Baalbek Ashdod  (ou Asdod) Jaffa Pella

 

Cliquez sur un nom de ville ou de région

   Son successeur le Roi David (1010-970) et son général et neveu Joab vont eux aussi vaincre les Édomites dans "la vallée de sel", probablement près de la mer Morte. Un Prince Édomite, nommé Hadad, réussit à s'échapper et se réfugie en Égypte. Après la mort de David, Hadad essaie de revenir et fomente une rébellion contre les Israélites, mais il échoue en Syrie. À partir de cette époque le royaume d'Édom va rester un vassal d'Israël et les Édomites vont devenir un ennemi constant.

 

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Tombes Édomites sur la route de Pétra.

  David avait placé à la tête du gouvernement Édomite un Gouverneur (ou préfet) Israélite et cette forme de gouvernement semble avoir continué sous le règne de son 2ème fils et successeur Salomon (970-931). Après le schisme des Hébreux, lorsque le pays est divisé en en deux royaumes, Israël et Juda, Édom devient dépendant du Royaume de Juda et va rester longtemps vassal de leurs Rois. Au temps d'un de ceux-ci, Josaphat (ou Jehoshaphat, 870-845), le Tanakh mentionne un Roi d'Édom, mais celui-ci était probablement un Israélite nommé par le Roi de Juda.

 

   Il indique également que les habitants du Mont Seir envahissent la Judée, aidés par le royaume de Moab et d'Ammon et que les envahisseurs se tournent ensuite les uns contre les autres et sont tous détruits par Josaphat dans la vallée qui porte son nom. Édom va cependant continuer sa lutte pour sa libération. Vers 845, coalisés avec d'autres tribus arabes, les Édomites pillent le palais de Jérusalem et se révoltent contre le Roi de Juda suivant, Joram (ou Jehoram, 851-843), mais lui aussi va les mater.

  Un peu plus tard le Roi de Juda Amasias (ou Amaziah, 802-776) attaque les Édomites. Le mot Hébreu "Sela ou Selah" signifie "la Roche" et désigne la forteresse Édomite qui a longtemps été identifié à la ville de Pétra. Amasias s'empare de cette forteresse. Il y fait 10 000 prisonniers, que ses hommes jettent vivants du sommet de la montagne. Cependant la saisie de Sela par Amasias ne lui donnera jamais complètement la maîtrise d'Édom. À cette époque, Sela sera le principal bastion des Édomites et Eilat et Ezion-Geber ses ports maritimes. Vers 735, ils se libérèrent de la tutelle Israélienne, mais pour retomber sous celle des Assyriens, nouvel Empire fort de la région.

   Édom est mentionné dans les inscriptions cunéiformes Assyriennes sous la forme "Udumi" ou "Udumu". Trois de ses Rois sont connus, par les mêmes sources : Kaus-Malaka contemporain de l'Empereur Téglath-Phalasar III (745-727). Son nom signifie "[le Dieu] Kaus est Roi" ou "Kaus règne". Le deuxième est Malik-Rammu contemporain de Sennachérib (705-681) et le troisième, Kaus-Gabri, contemporain d'Assarhaddon (ou Esarhaddon, 681-669).

 

   Les Édomites vont rester vassaux des Assyriens jusqu'à leur chute devant l’invasion des Néo-Babyloniens de Nabopolassar (626-605). En 586, les Édomites participent à l'invasion de Jérusalem et au massacre des Juifs, menés par le Roi Babylonien Nabuchodonosor II (ou Nabou-Koudour-Ousour ou Nebuchadrezzar, 605-562). Les Judéens étant emmenés en exil à Babylone, les Édomites sont autorisés par les Babyloniens à s'installer dans la région d'Hébron et abandonnent leur ancien territoire, dont site de Pétra au profit des Nabatéens.

 

   Pour cette raison, les prophètes ont dénoncé violemment Édom. Bien que les Édomites contrôlent les terres à l'Est et au Sud de la Mer Morte, leur peuple est méprisé par les Israélites. D'après la Torah, la congrégation ne pouvait pas recevoir les descendants d'un mariage entre Israélite et Édomite jusqu'à la quatrième génération. Cette loi a été un sujet de controverse entre Shimon ben Yohai, qui dit qu'elle ne s'appliquait qu'aux descendants mâles et d'autres Talmudistes, qui prétendent que les descendants de sexe féminin sont également exclus.

 

 

Poterie Édomite trouvée à

En Hazeva - Israël

 

Une tablette cunéiforme de l'enregistrement d'un contrat entre deux Araméens et un Édomite -

Quas-Shama.

 

   Le royaume ne gardera pas longtemps sa liberté d'action, vers 550 il est réduit à l'état de province par les Babyloniens, mais il va prospérer, dans ce pays où il est nouvellement installé et qui est appelé par les Grecs et les Romains "Idumæa" ou "Idumea" (Iduméen), pendant plus de quatre siècles. Au cours de la révolte des Maccabées (ou Macchabées), vers 165 av.J.C, contre le royaume des Séleucides, Macchabée Judas (Grand Prêtre des Juifs, 165-160) aurait combattu et se réfère à un général Séleucide nommé Gorgias (gor'-ji-as) au service du Roi Séleucide Antiochos IV Épiphane (175-164), comme "Gouverneur d'Idumæa".

   On ne sait pas encore aujourd'hui si ce Gorgias était un Grec ou un Édomite Hellénisé. Certains chercheurs soutiennent que la référence à Idumæa par Macchabée Judas est une erreur car il n'a conquis leur territoire que très peu de temps, aux environs de 163. Après les conquêtes Hasmonéenne (ou Asmonéennes) du Roi de Juda Jean Hyrcan I (134-104), les Édomites/Iduméens sont soumis et convertis au Judaïsme par le nouveau pouvoir, semble-t-il sous la contrainte. Ils sont ensuite incorporés à la nation Juive et la conversion semble avoir été finalement sincère.

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Tombes Édomites à l'entrée de Pétra

   Strabon (Géographe Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C) écrit à l'époque du Christ, que les Iduméens, qu'il considère comme des Nabatéens d'origine, constituent la majorité de la population occidentale de la Judée où ils se confondent avec les Judéens et adoptent leurs coutumes. Ils reprennent le pouvoir officiellement avec Antipater I (Tétrarque de Judée de 47-43), Édomite d'origine et fondent une dynastie, celle des Hérodiens qui va gouverner la région jusqu’en 92 ap.J.C, fin du règne d'Hérode Agrippa II (Roi des Juifs de Judée, 54-92).

 

   Lors du règne d'Hérode le Grand (Tétrarque de Judée 41-40, Roi de Judée 40-37 et Roi d'Israël 37-4) est désignée par lui une série de gouverneurs Iduméens, parmi lesquels figuraient : Son frère Joseph ben Antipater et son beau-frère Costobarus. Pendant la Première guerre Judéo-romaine (66-70 ap.J.C), avant le siège de Jérusalem par l'Empereur Romain, 20 000 Iduméens, sous la direction de Jean, Siméon, Phinées et Jacob, se seraient joints aux Juifs pour combattre les Romains, en faveur des Zélotes (Groupement religieux dans le Judaïsme) qui étaient assiégés dans le Temple.

 

   Après cette date, les textes ne marquent plus de différences entre Juifs et Iduméens, qui ne sont plus mentionnés dans l'histoire, bien que la région géographique d'"Idumea" existe toujours à l'époque de Saint-Jérôme (En latin Eusebius Sophronius Hieronymus, en Grec : Ευσέβιος Σωφρόνιος Ιερώνυμος, également connu sous le nom de Jérôme Stridonensis, 347-420) qui était un apologiste Chrétien, surtout connu pour la traduction de la Vulgate, une très populaire édition latine de la Bible. 

  

 Archéologie

 

   Les fouilles archéologiques dans le Sud de la Jordanie ont permis de découvrir des dizaines de sites datant du VIe et VIIe siècle av.J.C qui sont aujourd'hui attribués par les spécialistes aux Édomites. Comme la ville moderne de Buseirah qui est généralement identifiée avec la Bozrah (ou Botsra ou Botzrah, en Hébreu : בצרה) biblique, dans le Sud de l'actuelle Jordanie, au Sud-est de la mer Morte. Celle-ci était probablement la capitale Édomite. Toutefois, la plupart des sites Édomites sont des petits villages, des fermes ou semi-sites. Ils sont généralement associés aux Édomites grâce aux poteries et céramiques  trouvées qui étaient fabriquées dans le Sud de la Jordanie et le Néguev.

 

   Depuis plus d'un siècle, des archéologues spécialisés dans le Moyen-Orient maintiennent qu'il n'y a aucune preuve d'un état organisé de la société Édomite avant les années 800 ou 700 av.J.C on a même d'abord cru qu'Édom n'existait pas du tout. Cette théorie était avancée car les seuls éléments de preuves provenaient de la Bible et leur manque de fiabilité ne pouvait être considéré comme une source historique.

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Vue du site de Bozrah

                                                                   

   Cependant, récemment, le projet archéologique et les fouilles comme celles de l'UCSD (University of California, San Diego), 2004-2004, faites à Khirbat an-Nahas et sur une partie de la région de Jabal Hamrat Fidan en Jordanie, ont apporté un nouvel éclairage sur l'histoire d'Édom. On a découvert des objets et des éléments de preuve d'un État et d'une société organisés dès le Xe siècle av.J.C, bien que dans une certaine mesure, le fait que ces sites reflètent tout l'État Édomite, soit encore débattu. Thomas E. Lévy, entre autres chercheurs, a conclu lors de ses recherches sur le site Édomite de An-Nahas, que la société Édomite était urbanisée et sophistiqués dès le XIe siècle av.J.C (La date de la première monarchie Israélite, selon la Bible), et avait même ses propres œuvres en cuivre. Des essais au Radiocarbone sur le site ont confirmé que ses zones industrielles dataient des XIe et Xe siècle avant notre ère.

 

 

 

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