Généalogie de la XVIIe dynastie égyptienne

La XVIIe dynastie thébaine précède la réunification menée contre les Hyksôs et l’ouverture du Nouvel Empire. L’ordre des rois Antef, leurs parentés et certaines identifications restent débattus ; l’arbre distingue les relations les mieux attestées des restitutions.

Une dynastie thébaine aux filiations discutées

Les souverains de la XVIIe dynastie règnent depuis Thèbes tandis que les Hyksôs dominent le nord. Les monuments, cercueils, stèles et papyrus permettent de reconstituer plusieurs branches, mais l’ordre des rois Antef et certains liens entre Sobekemsaf, Seqenenrê, Kamosé et Ahmôsis restent débattus. Le passage à la XVIIIe dynastie correspond à une réunification, non à une rupture familiale simple.

Les noms de couronnement et de naissance compliquent encore l’identification : un même roi peut apparaître sous plusieurs formes, tandis que plusieurs souverains partagent un nom proche. La provenance d’un cercueil ou d’une inscription ne prouve pas toujours une filiation. Il convient donc de comparer titulature, contexte archéologique et séquence politique avant de transformer une proximité chronologique en lien familial.

Généalogie commentée · dossier vérifié le 30 juillet 2026

XVIIe dynastie : une maison thébaine face aux Hyksôs

La XVIIe dynastie appartient à la fin de la Deuxième Période intermédiaire. Ses souverains règnent depuis Thèbes tandis que les rois hyksôs de la XVe dynastie contrôlent Avaris et une partie du nord. Entre les deux, des pouvoirs locaux, des alliances et des zones de contact rendent impossible une carte politique fixe pour toute la période. La généalogie rassemble donc des rois thébains attestés à des moments différents ; elle ne prouve pas qu’ils descendent tous d’une seule ligne continue.

L’ordre des premiers souverains varie selon les reconstructions de la liste royale de Turin, des cercueils réemployés, des stèles et des scarabées. Rahotep, Djehouty, Montouhotep VII, Nébiryaou et les Sobekemsaf sont connus par des ensembles documentaires inégaux. Les numéros modernes attribués aux Antef ou aux Sobekemsaf peuvent changer d’un ouvrage à l’autre : le nom de couronnement est souvent plus utile pour les identifier.

Des premiers rois thébains aux Antef

Les branches supérieures de l’arbre présentent plusieurs souverains dont la parenté demeure inconnue. Certains ont laissé une stèle, un bloc de temple ou un objet portant leur nom, mais aucun document généalogique complet. Une succession dans une liste ne signifie pas automatiquement une filiation père-fils. Les règnes purent être courts, partiellement contemporains ou limités à une portion de la Haute-Égypte.

Les Antef de la fin de la dynastie sont mieux visibles grâce à leurs cercueils, leurs tombes et des décrets. Antef VI Sekhemrê-Ouépmaât, Antef VII Noubkheperrê et Antef VIII Sekhemrê-Herouhermaât sont généralement rapprochés, sans que chaque lien familial soit assuré. L’arbre conserve les traits prudents et renvoie aux notices de la fin de la XVIIe dynastie pour distinguer titulature, monument et hypothèse de parenté.

Tétishery, Iâh-Hotep et la famille de Séqénenrê

La dernière maison royale devient plus lisible autour de Tétishery, Sénakhtenrê, Séqénenrê Taâ et de la reine Iâh-Hotep. Tétishery reçut plus tard un culte important dans la famille d’Ahmès. Ses titres et sa mémoire montrent qu’une femme extérieure à une lignée royale principale pouvait devenir l’ancêtre prestigieuse d’une nouvelle maison.

La momie de Séqénenrê porte de graves blessures à la tête. Elles sont compatibles avec une mort violente, mais elles ne permettent pas à elles seules de reconstituer une bataille précise. Les textes postérieurs placent son règne dans l’affrontement avec les Hyksôs. Iâh-Hotep Ier, épouse ou proche parente selon les reconstructions, relie la génération de Séqénenrê à celles de Kamosé et d’Ahmès. Ses titres et les objets déposés dans sa sépulture témoignent d’un rôle politique majeur.

Kamosé, Ahmès Ier et le passage à la XVIIIe dynastie

Kamosé mène des campagnes contre Avaris et les positions hyksôs, connues notamment par des stèles de Karnak. Il ne suffit pas de le placer entre Séqénenrê et Ahmès pour affirmer qu’il fut le frère des deux : cette parenté reste discutée. Son règne représente toutefois une étape décisive dans l’offensive thébaine.

Ahmès Ier achève l’expulsion des Hyksôs, reprend Avaris et rétablit le contrôle égyptien jusqu’au sud de la Palestine. La convention dynastique le classe comme fondateur de la XVIIIe dynastie, alors qu’il appartient à la même maison thébaine que ses prédécesseurs. Son mariage avec Ahmès-Néfertari consolide cette continuité. Reine puis mère royale, elle devient une figure centrale du culte dynastique et de la communauté de Deir el-Médineh.

La suite se lit dans la généalogie de la XVIIIe dynastie. Le changement de numéro ne marque donc pas une rupture familiale nette : il signale la réunification et l’ouverture d’une nouvelle période politique, le Nouvel Empire.

Sources et méthode

La séquence est confrontée à la liste de l’University College London sur les rois de la Deuxième Période intermédiaire. La notice de l’UCL consacrée à Kamosé et aux stèles de la guerre contre les Hyksôs précise ses attestations. La chronologie générale situe le passage vers 1550 av. J.-C. La synthèse du Metropolitan Museum of Art documente la fin d’Avaris, le rôle de la famille thébaine et l’ouverture du Nouvel Empire.

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