2019 · Levant

L’ADN ancien éclaire l’arrivée des Philistins à Ascalon

Une étude génomique publiée en 2019 a comparé des habitants d’Ascalon de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer. Elle a mis en évidence un apport génétique extérieur au début de l’âge du Fer, sans réduire l’identité philistine à une origine unique.

Un échantillon rare dans un climat difficile

La chaleur du Levant conserve mal l’ADN ancien. L’équipe a examiné plus d’une centaine d’éléments osseux et obtenu des données génomiques exploitables pour dix individus provenant d’Ascalon, grande ville portuaire associée aux Philistins à l’âge du Fer.

Les individus appartenaient à trois ensembles chronologiques : fin de l’âge du Bronze, début de l’âge du Fer et âge du Fer plus récent. Cette succession permettait de suivre une évolution locale au lieu de comparer seulement deux populations éloignées.

Un signal européen bref

Les individus du début de l’âge du Fer présentent une composante génétique apparentée à des populations européennes, absente du groupe précédent. Le résultat est compatible avec une arrivée depuis la Méditerranée au moment où la culture matérielle philistine apparaît sur la côte.

Ce signal n’est plus détectable environ deux siècles plus tard dans l’échantillon étudié. Il aurait été rapidement dilué par les mélanges avec des populations levantines locales, qui constituent la majeure partie de l’ascendance des habitants.

Ce que l’étude ne permet pas de dire

Dix individus ne représentent pas tous les Philistins ni toutes leurs cités. L’étude ne désigne pas une région européenne précise et ne démontre pas qu’une population entière aurait remplacé les habitants du littoral.

L’identité philistine était culturelle, politique et historique ; elle ne se résume pas à un profil génétique. L’apport de l’étude est plus précis : elle documente un mouvement de personnes à Ascalon lors de la transition entre âge du Bronze et âge du Fer, suivi d’un métissage rapide.