Nimrud, Ninive, Khorsabad et palais néo-assyriens
Où voir les grands reliefs assyriens aujourd’hui ?
Londres, Paris, New York, Chicago et Philadelphie conservent des ensembles issus de palais différents. Ce guide permet de comparer les reliefs sans mélanger Nimrud, Ninive et Khorsabad.
Réponse immédiate
Quels musées exposent les chefs-d’œuvre assyriens ?
Le British Museum offre le parcours le plus étendu entre Nimrud, Ninive, Lakish et Khorsabad. Le Louvre présente la cour du palais de Sargon II à Khorsabad. Le Met restitue une cour de sculptures de Nimrud, tandis que l’Institut pour l’étude des cultures anciennes de Chicago reconstitue une cour de Khorsabad autour d’un lamassu colossal. Le Penn Museum expose également un relief de Nimrud dans ses galeries du Moyen-Orient.
Information vérifiée le 27 juillet 2026 : le Vorderasiatisches Museum de Berlin restait fermé pour rénovation. Une sélection de soixante œuvres est annoncée à partir du 4 juin 2027, tandis que la réouverture complète de son aile est prévue pour 2037. Ne planifiez pas en 2026 une visite de ses anciennes salles.
- Parcours le plus completBritish Museum.
- Khorsabad monumentalLouvre et Chicago.
- Nimrud en contexteBritish Museum et Met.
Dans ce guide
Première règle : identifier la ville et le palais
Nimrud
Le palais d’Assurnasirpal II
Les reliefs du palais nord-ouest datent principalement du IXe siècle avant notre ère. Génies ailés, arbre stylisé, scènes rituelles et inscriptions répétées construisent la protection et la puissance du roi.
Khorsabad
La capitale de Sargon II
Dur-Sharrukin fut fondée à la fin du VIIIe siècle. Lamassu, processions, transport du bois et grandes figures de cour décoraient portes, façades et salles d’un programme interrompu après la mort du roi.
Ninive
Sennachérib et Assurbanipal
Le palais sud-ouest de Sennachérib présente campagnes, paysages et siège de Lakish. Les chasses aux lions d’Assurbanipal appartiennent à un autre programme royal de la même capitale.
Balawat
Des portes couvertes de bronze
Les bandes des portes de Balawat racontent campagnes et tributs sur un support différent des dalles de gypse des palais. Elles complètent l’étude de l’image impériale.
Le mot « relief assyrien » décrit une tradition, pas un ensemble homogène. Relevez toujours le site, le roi, le bâtiment, la pièce d’origine et le registre narratif. Le dossier civilisation assyrienne donne la chronologie, tandis que Sargon II et Sennachérib permettent de distinguer deux règnes.
British Museum : quatre étapes au rez-de-chaussée
Le département du Moyen-Orient indique les salles 6 à 10 pour la sculpture assyrienne. Commencez par les sculptures et les portes de Balawat en salle 6, poursuivez avec Nimrud dans les salles 7 et 8, puis Ninive en salle 9 et les chasses aux lions, Lakish et Khorsabad en salle 10.
À Nimrud, les panneaux du palais nord-ouest d’Assurnasirpal II montrent le roi, ses serviteurs et des figures protectrices. L’inscription standard traverse de nombreuses dalles. Elle énumère titres, conquêtes et travaux du souverain. Ne traitez pas l’écriture comme un fond décoratif : sa répétition participe au programme de protection et de mémoire.
À Ninive, les reliefs du palais de Sennachérib utilisent des séquences narratives très développées. Le siège de Lakish combine fortifications, assaut, prisonniers et camp royal. Comparez l’événement représenté avec la manière dont le palais le transforme en victoire ordonnée. Les paysages, arbres, rivières et machines de guerre structurent le récit autant que les soldats.
Les chasses aux lions d’Assurbanipal ne sont pas un reportage sportif. Le roi maîtrise un animal associé au chaos dans un spectacle réglé. Observez les blessures, les mouvements et les variations entre animaux : la virtuosité naturaliste sert une idéologie du pouvoir.
Une salle peut fermer à court terme. Le musée signalait récemment une fermeture temporaire de la salle 8. Téléchargez le plan et consultez l’état des galeries le jour même. Notre guide mésopotamien du British Museum ajoute Ur, Babylone et les tablettes cunéiformes à ce parcours assyrien.
Louvre : entrer dans la cour de Khorsabad
La salle 229 de l’aile Richelieu présente la cour Khorsabad. Taureaux ailés à tête humaine, grandes dalles et reliefs proviennent de la ville fondée par Sargon II, aujourd’hui Dur-Sharrukin. L’installation fait comprendre l’échelle d’une porte de palais mieux qu’une vitrine d’objets isolés.
Les lamassu sont des gardiens hybrides. Selon l’angle, leurs cinq pattes leur permettent d’apparaître immobiles de face et en marche de profil. Approchez sans perdre la vue d’ensemble : le détail de la barbe, des ailes et des muscles répond à la masse protectrice placée au seuil.
Les dalles de la cour représentent notamment processions, archers, dignitaires et transport de bois de cèdre. Des traces de couleur survivent. La pierre claire actuelle ne doit donc pas devenir l’image d’un palais entièrement blanc. Les murs de brique, peintures, textiles, portes et plafonds ont disparu ou ne sont pas restitués à la même échelle.
Les fouilles de Paul-Émile Botta à partir de 1843 conduisirent à l’ouverture du premier musée assyrien au Louvre en 1847. Cette naissance institutionnelle est inséparable du contexte diplomatique, des partages de fouilles et du déplacement de monuments hors d’Irak. Lisez les notices d’acquisition et pas seulement les cartels historiques.
Un relief d’expédition navale est annoncé comme exposé dans cette salle. Il montre le transport du bois, des hommes, des bateaux et un monde marin très animé. Utilisez-le pour comprendre le réseau impérial plutôt que pour illustrer un commerce pacifique isolé.
Metropolitan Museum : la cour de sculptures de Nimrud
La galerie 401 du Met rassemble des sculptures du palais nord-ouest d’Assurnasirpal II à Nimrud dans un espace évoquant une cour palatiale. Le musée précise qu’il ne s’agit pas d’une reconstruction exacte : les dalles proviennent de plusieurs pièces et de nombreux éléments architecturaux restent inconnus.
Cette honnêteté muséographique est essentielle. La disposition actuelle aide à ressentir l’échelle, mais elle ne restitue ni le plan complet, ni la couleur, ni la lumière du IXe siècle avant notre ère. Notez sur chaque cartel la salle antique d’origine lorsqu’elle est connue.
Les génies ailés tenant un seau et un cône entourent souvent un arbre stylisé. Leur geste a été interprété comme fécondation, purification ou protection. Le catalogue du Met indique que le terme assyrien du cône semble lié à la purification, sans fermer toutes les questions. Conservez cette nuance.
L’inscription standard traverse les corps et les arbres. Elle proclame généalogie, titres, campagnes et construction de Nimrud. L’association de texte et d’image transforme la paroi en présence répétée du souverain. Comparez une dalle à deux registres avec une figure monumentale unique pour observer des choix adaptés à des espaces différents.
Chicago : le lamassu de quarante tonnes et la cour de Khorsabad
L’Institut pour l’étude des cultures anciennes de l’université de Chicago présente la cour Yelda de Khorsabad. Un lamassu colossal d’environ quarante tonnes domine des reliefs et des éléments architecturaux provenant du palais de Sargon II.
La galerie réunit également des panneaux, une section de décor en briques glaçurées, des bandes de bronze et une reconstitution numérique de la citadelle. Elle permet donc de dépasser le seul calcaire sculpté. Comparez la couleur conservée sur certains reliefs avec les surfaces du Louvre.
Les fouilles de l’Institut à Khorsabad se déroulèrent de 1928 à 1935. Les recherches officielles indiquent qu’une partie des reliefs est exposée tandis que de nombreux fragments restent en réserve et ont fait l’objet d’un projet de catalogue. Cette situation rappelle qu’une collection de musée dépasse largement ce qui est visible.
Le projet Khorsabad précise que des dalles du palais se trouvent aujourd’hui au musée national d’Irak, au Louvre, au British Museum et à Chicago. Cette dispersion rend possible une comparaison mondiale, mais elle fragmente un programme conçu pour un seul palais. Signalez toujours le lieu d’origine avant le musée actuel.
Philadelphie : un relief de Nimrud au Penn Museum
Le Penn Museum annonce dans ses galeries du Moyen-Orient un relief provenant du palais d’Assurnasirpal II à Nimrud. Il représente un génie ailé tenant le seau et le cône associés aux rites protecteurs. L’œuvre mesure plus de deux mètres de haut.
Ce relief offre une visite plus resserrée que Londres ou New York. Il convient pour travailler la figure unique : vêtement frangé, musculature, chevelure, aile, inscription et attributs. Le cartel conserve aussi les informations de provenance et l’histoire de l’entrée dans la collection.
Ne présentez pas une dalle isolée comme le décor complet d’une salle. Utilisez le catalogue du musée, le plan de Nimrud et les ensembles du British Museum ou du Met pour restituer la répétition des figures et la circulation dans le palais.
Berlin : une collection majeure actuellement fermée
Le Pergamonmuseum est en rénovation. L’aile sud, qui doit accueillir le Vorderasiatisches Museum sur trois niveaux, est fermée depuis 2023 et sa réouverture complète est annoncée pour 2037. Les anciens conseils de visite décrivant les salles assyriennes accessibles ne sont donc plus valables en 2026.
À partir du 4 juin 2027, la réouverture de l’aile nord et du corps central doit inclure une présentation provisoire de soixante œuvres intitulée « La vie sur l’Euphrate et le Tigre ». Une stèle monumentale d’Assarhaddon est annoncée parmi les pièces mises en avant. Cette sélection ne correspondra pas à la réouverture complète de la collection.
Pour un voyage en 2026, privilégiez le Neues Museum pour l’Égypte, mais ne promettez pas les reliefs assyriens du Pergamonmuseum. Pour 2027 et après, vérifiez la date réelle, la billetterie et la liste des œuvres accessibles.
Quel musée choisir ?
Pour comparer plusieurs capitales, choisissez le British Museum. En quelques salles, vous passez de Nimrud à Ninive, Lakish, Khorsabad et Balawat. Prévoyez au moins deux heures pour les seuls ensembles assyriens.
Pour ressentir Khorsabad, le Louvre est le choix le plus direct en Europe. Chicago offre une autre reconstruction monumentale et un lamassu particulièrement imposant.
Pour étudier Nimrud, le Met réunit un ensemble cohérent dans une galerie conçue pour évoquer le palais. Philadelphie convient à une observation approfondie d’une dalle et à un parcours plus large sur le Moyen-Orient.
Quel que soit le musée, ajoutez une carte de l’Irak actuel et une frise des rois. Reliez ensuite les œuvres à la Mésopotamie et à Babylone sans confondre Assyriens, Babyloniens et Sumériens. Les empires se succèdent, interagissent et utilisent des langues proches, mais leurs capitales et programmes artistiques restent distincts.
Questions fréquentes
Où voir les chasses aux lions d’Assurbanipal ?
Elles sont présentées au British Museum dans la salle 10, sous réserve de l’état d’ouverture des galeries.
Les reliefs de Khorsabad sont-ils tous au Louvre ?
Non. Des ensembles et fragments se trouvent notamment à Bagdad, Paris, Londres et Chicago.
Le Pergamonmuseum expose-t-il les Assyriens en 2026 ?
Son aile sud est fermée. Une sélection provisoire est annoncée à partir de juin 2027, avant une réouverture complète prévue en 2037.
Un lamassu est-il un relief ?
Il s’agit d’une sculpture monumentale en partie dégagée du bloc, conçue pour garder un passage. Elle appartient au même programme palatial que les dalles en bas-relief.
Sources officielles
- British Museum — département du Moyen-Orient et salles assyriennes
- British Museum — palais de Nimrud
- British Museum — palais de Ninive
- British Museum — lions, Lakish et Khorsabad
- Musée du Louvre — cour Khorsabad
- Metropolitan Museum — cour de sculptures assyriennes
- Université de Chicago — cour Yelda de Khorsabad
- Penn Museum — relief de Nimrud exposé
- Musées nationaux de Berlin — fermeture et calendrier
Sources consultées le 27 juillet 2026. Vérifiez les galeries ouvertes, les prêts et les travaux avant le déplacement.
