Généalogie des dynasties XXI et XXII d’Égypte
Les dynasties XXI et XXII associent plusieurs lignées royales et sacerdotales entre Tanis, Thèbes et le Delta. L’arbre met en parallèle les rois, grands prêtres d’Amon, Divines Adoratrices et alliances familiales.
Rois du Delta et grands prêtres de Thèbes
À la Troisième Période intermédiaire, plusieurs lignées exercent simultanément le pouvoir. Les rois de Tanis, les grands prêtres d’Amon à Thèbes puis les souverains de la XXIIe dynastie sont liés par des mariages, des charges religieuses et des successions parfois concurrentes. L’arbre juxtapose ces branches afin de montrer leurs relations ; il ne faut donc pas le lire comme une simple liste de règnes nationaux.
Généalogie commentée · dossier vérifié le 30 juillet 2026
Dynasties XXI et XXII : lire un pouvoir partagé entre Tanis et Thèbes
Les dynasties XXI et XXII couvrent le début de la Troisième Période intermédiaire. L’arbre réunit les rois installés dans le Delta, les grands prêtres d’Amon qui gouvernent la Haute-Égypte et les familles libyennes devenues pleinement égyptiennes dans leurs titres et leurs pratiques. Il ne décrit donc pas une succession unique : plusieurs lignées exercent simultanément une autorité royale, militaire ou religieuse.
Les dates antérieures à 664 av. J.-C. restent approximatives. Les règnes peuvent se chevaucher et un même nom connaît plusieurs transcriptions : Psousennès correspond ainsi à Pasebakhenniout, tandis que Smendès rend le nom Nesbanebdjed. Pour comprendre le schéma, il faut suivre les mariages, les fonctions et les lieux de pouvoir autant que la filiation biologique.
La XXIe dynastie : les rois de Tanis et la maison thébaine
À la fin du règne de Ramsès XI, l’unité politique du Nouvel Empire s’efface. Smendès fonde une royauté centrée sur Tanis, dans le Delta oriental. Ses successeurs comprennent Amenemnesout, Psousennès Ier, Aménémopé, Osorkon l’Ancien, Siamon et Psousennès II. Les filiations exactes ne sont pas toutes certaines, mais les mariages relient étroitement la cour tanite aux dirigeants de Thèbes.
En Haute-Égypte, les grands prêtres d’Amon disposent d’une armée, administrent les domaines du temple et adoptent parfois une iconographie royale. Hérihor, Piânkh, Pinedjem Ier, Menkhéperrê et Pinedjem II appartiennent à une succession familiale dont les femmes jouent un rôle décisif. Des princesses et épouses relient les deux centres ; certaines deviennent Divines Adoratrices d’Amon. Cette politique matrimoniale explique pourquoi l’arbre croise deux colonnes de pouvoir plutôt qu’il ne les oppose simplement.
Sheshonq Ier et la formation de la XXIIe dynastie
Vers 945 av. J.-C., Sheshonq Ier, issu d’une famille de chefs militaires d’origine libyenne établie depuis plusieurs générations en Égypte, fonde la XXIIe dynastie. Il place des proches à des postes stratégiques afin de relier la royauté du Delta, Memphis et le clergé thébain. Son fils Osorkon Ier lui succède ; Takélot Ier, Sheshonq II puis Osorkon II prolongent cette maison, mais les liens proposés entre certains rois demeurent discutés.
Le recours répété aux noms Sheshonq, Osorkon, Takélot et Nimlot peut donner l’illusion d’une lignée simple. En réalité, plusieurs branches portent les mêmes noms et se partagent les charges. L’identification repose sur les titres, les parents cités dans les inscriptions, la provenance des monuments et l’ordre des pontificats. Une homonymie ne constitue jamais, à elle seule, une preuve de filiation.
Après Osorkon II : branches rivales et chronologie incertaine
Après Osorkon II, l’Égypte n’est plus gouvernée par un seul souverain. Sheshonq III, Pamy et Sheshonq V règnent dans le nord, tandis qu’une ligne de Haute-Égypte associe Harsiesi, Takélot II, Pétoubastis, Ioupout Ier, Osorkon III, Takélot III et Roudamon. La guerre civile thébaine et la multiplication des pouvoirs locaux rendent les successions difficiles à ordonner.
Le terme « XXIIIe dynastie » ne reçoit pas exactement le même contenu chez tous les égyptologues. Il sert à regrouper plusieurs rois locaux qui ne dépendent ni de la ligne tanite de la XXIIe dynastie, ni de la maison saïte qui formera la XXIVe. L’arbre signale les rattachements proposés, mais il faut conserver les lignes parallèles lorsque les sources ne permettent pas de choisir entre parenté, alliance ou rivalité.
Sources et méthode de lecture
La chronologie et les principales lignées sont vérifiées dans la liste des souverains de la Troisième Période intermédiaire publiée par l’University College de Londres. Son dossier consacré à l’Égypte de 1069 à 664 av. J.-C. explique le partage entre Tanis et Thèbes, l’origine des familles libyennes et la fragmentation politique. La synthèse du Metropolitan Museum of Art complète ce cadre par l’histoire culturelle, les pratiques funéraires et l’évolution des images royales.
Cliquez sur les noms de l’arbre pour ouvrir les notices détaillées. Lorsqu’un lien conduit vers une section précise, le personnage est documenté dans une page collective. Les traits indiquent les relations conservées par les sources ; ils ne doivent pas transformer une hypothèse en certitude.
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