2020 · Anatolie

Türkmen-Karahöyük, capitale du roi Hartapu

Les publications de 2020 ont présenté Türkmen-Karahöyük comme une grande capitale de l’âge du Fer, siège probable d’un royaume jusque-là mal connu dirigé par le « Grand Roi » Hartapu.

Un site beaucoup plus vaste qu’attendu

Les prospections menées dans la plaine de Konya ont montré que Türkmen-Karahöyük atteignait une superficie considérable entre l’âge du Bronze récent et l’âge du Fer. Sa taille, la densité du mobilier et son implantation en font un centre régional, non un simple village.

Le site avait été occupé sur une longue durée, depuis le Chalcolithique jusqu’au Ier millénaire av. J.-C. Les chercheurs ont dû distinguer les phases successives pour évaluer le moment où la ville devint une capitale.

L’inscription du « Grand Roi » Hartapu

En 2019, un habitant signala une grande pierre inscrite découverte dans un canal. Le texte, rédigé en hiéroglyphes louvites, nomme Hartapu, fils de Mursili, et revendique une victoire sur les Muška, généralement associés aux Phrygiens.

La première édition publiée en 2020 propose une datation au VIIIe siècle av. J.-C. et relie l’inscription à d’autres monuments de Hartapu connus dans la région. Le titre royal et la proximité du site ont conduit à identifier Türkmen-Karahöyük comme le siège de son pouvoir.

Une découverte qui ouvre un débat

Le terme de « royaume perdu » résume l’effet de la découverte, mais il ne faut pas imaginer un État totalement absent des sources. Hartapu était déjà connu par d’autres inscriptions ; ce qui manquait était une capitale clairement documentée et un cadre archéologique à l’échelle de la plaine.

La date de Hartapu et le rapport du site avec Tarhuntassa, capitale hittite recherchée, font toujours débat. Des travaux publiés depuis 2020 ont proposé des scénarios différents. La certitude la plus solide concerne l’existence d’un grand centre politique de l’âge du Fer associé à une inscription royale.