Momie royale, statues monumentales et contexte historique
Où voir Ramsès II aujourd’hui ?
Du Musée national de la civilisation égyptienne au Grand Musée égyptien, puis de Londres à Turin, voici les œuvres qui permettent de distinguer la personne, l’image royale et la mémoire moderne de Ramsès II.
Réponse immédiate
Dans quels musées peut-on voir Ramsès II ?
La momie attribuée à Ramsès II est présentée dans la salle des momies royales du Musée national de la civilisation égyptienne, au Caire. Une statue colossale provenant de Memphis accueille le public dans le Grand Hall du Grand Musée égyptien, à Gizeh. Le British Museum expose à Londres le buste colossal venu du Ramesseum. Le Museo Egizio de Turin conserve plusieurs statues majeures du règne, notamment une figure du roi en majesté. Ces œuvres ne sont ni des doubles ni les fragments d’un seul monument : chacune possède son contexte.
Information vérifiée le 27 juillet 2026 : les pages officielles annonçaient ces ensembles comme accessibles. Une œuvre peut toutefois être déplacée, prêtée ou rendue temporairement invisible. Consultez chaque musée avant de réserver un trajet uniquement pour elle.
- Momie royaleNMEC, Le Caire.
- Statue colossaleGEM, Gizeh.
- Grand parcours européenLondres et Turin.
Dans ce guide
Cinq approches complémentaires de Ramsès II
Le Caire
La personne et les rites funéraires
Au NMEC, la momie royale oblige à considérer le corps humain, les déplacements antiques de la dépouille et les choix modernes d’exposition. Ce n’est pas une statue de pouvoir, mais un défunt conservé et présenté avec des précautions particulières.
Gizeh
Le roi colossal de Memphis
La statue du Grand Hall du GEM mesure plus de onze mètres. Elle permet de comprendre comment une image royale gardait symboliquement l’entrée d’un temple et associait Ramsès à sa famille et au dieu Ptah.
Londres
Le Ramesseum déplacé
Le « Jeune Memnon » du British Museum conserve la tête et le torse d’une statue assise. Son échelle, sa matière, ses traces de couleur et son transfert au XIXe siècle font partie de l’œuvre à étudier.
Turin et Paris
Portrait, culte et corpus
Turin offre des statues royales presque complètes et des groupes divins. Le Louvre permet d’élargir l’enquête à des objets, inscriptions, reliefs et documents contemporains du règne.
La momie royale au Musée national de la civilisation égyptienne
La salle des momies royales du NMEC, à Fustat, présente vingt souverains selon le musée. Ramsès II y figure avec d’autres rois et reines du Nouvel Empire. Le dispositif relie les dépouilles aux pratiques de momification, à la médecine, aux croyances et aux circonstances de leur redécouverte. Il ne faut pas réduire cette salle à une galerie de célébrités.
Ramsès II fut d’abord enterré dans la tombe KV7 de la Vallée des Rois. Sa dépouille fut ensuite déplacée dans l’Antiquité, à une époque où les pillages menaçaient les sépultures royales. Elle fut finalement retrouvée dans la cache de Deir el-Bahari. Cette succession d’opérations explique pourquoi « voir Ramsès II » signifie aussi suivre l’histoire postérieure de sa tombe.
Le musée rappelle que la momie fut envoyée en France dans les années 1970 pour étude et traitement. Cet épisode appartient à l’histoire de la conservation moderne, mais il ne transforme pas un défunt en simple objet technique. Adoptez une attitude calme, respectez l’interdiction éventuelle de photographier et évitez les commentaires spectaculaires sur le corps.
Pour replacer la dépouille dans le règne, lisez avant la visite le dossier Ramsès II, puis le guide de comparaison des musées du Caire. Le NMEC, le GEM et le musée égyptien de Tahrir ont des missions et des parcours différents ; ils ne sont pas interchangeables.
La statue colossale du Grand Musée égyptien
La statue colossale de Ramsès II domine le Grand Hall du GEM. Le musée indique qu’elle provient de Memphis, plus précisément de Mit Rahina, où elle se dressait devant le grand temple de Ptah. Haute d’environ 11,35 mètres, elle constitue le premier repère monumental du parcours, avant même les galeries principales.
Regardez d’abord l’ensemble : le corps frontal, la jambe avancée, la couronne et la relation entre la sculpture et l’architecture du hall. Approchez ensuite des jambes. Le prince Khâemouaset et la princesse Bentanat sont représentés derrière celles-ci. Ces figures plus petites ne sont pas des ornements anecdotiques : elles inscrivent la famille dans l’image royale et rappellent que le monument était compris à plusieurs échelles.
La statue a connu plusieurs lieux de présentation moderne avant son installation à Gizeh. Elle n’est donc pas un décor créé pour le musée, mais un monument déplacé, redressé et intégré à une architecture contemporaine. Demandez-vous ce que l’immense hall restitue de l’effet ancien et ce qu’il transforme.
Le guide du Grand Musée égyptien aide à enchaîner cette œuvre avec les galeries de Toutânkhamon et les grands escaliers. Pour comprendre le règne sur les sites, complétez avec Abou Simbel et Médinet Habou, ce dernier appartenant toutefois à Ramsès III et non à Ramsès II.
Le buste colossal du British Museum
Dans la salle 4 du British Museum, la tête et le torse d’une statue colossale de Ramsès II sont exposés sous le nom traditionnel de « Jeune Memnon ». L’œuvre provient du Ramesseum, le temple mémoriel du roi sur la rive ouest de Thèbes. Même incomplète, elle mesure plus de deux mètres et demi de haut et pèse plus de sept tonnes.
La statue entière représentait le roi assis et aurait atteint environ sept mètres. Le visage est idéalisé : jeunesse, calme et autorité ne décrivent pas l’âge biologique du souverain, mais un programme royal. Observez le némès, l’uraeus, la barbe cérémonielle, le collier et les inscriptions. Les traces de pigment rappellent que la sculpture antique n’était pas destinée à rester de la couleur actuelle de la pierre.
Le musée expose le monument à une hauteur qui lui redonne une partie de son regard dominant. Mais le Ramesseum, son orientation, les rituels et la paire de colosses ont disparu. La notice et les reconstitutions permettent de rendre mentalement ces éléments. Le parcours doit donc alterner observation matérielle et restitution du contexte.
L’arrivée du buste à Londres au début du XIXe siècle fait partie de son histoire. Étudiez les autorisations, les intermédiaires, la logistique de Belzoni et le cadre politique de l’époque sans confondre description et justification. Notre guide égyptien du British Museum replace la statue dans une visite plus large des collections.
Les statues de Ramsès II au Museo Egizio de Turin
Le Museo Egizio conserve dans sa salle 14 une statue en granodiorite de Ramsès II, haute d’environ 1,96 mètre. Le roi porte la couronne bleue et tient le sceptre héqa. Sous ses sandales figurent les Neuf Arcs, image conventionnelle des ennemis dominés. Néfertari et le prince Amonherkhépeshef apparaissent près de ses jambes.
Cette sculpture est utile pour comparer le portrait royal à échelle humaine avec les colosses de Gizeh et de Londres. Le visage rappelle celui de Séthi Ier, mais le musée souligne que ni la sculpture ni l’inscription ne montrent une réappropriation évidente. L’œuvre appartient probablement au début ou à la première moitié du règne de Ramsès II.
Turin conserve également un groupe statuaire représentant Ramsès II assis entre Amon et Mout, provenant de Karnak. Sa composition montre que le roi n’est pas seulement un individu portraituré : il prend place dans une relation cultuelle avec les divinités de Thèbes. L’identification, les restaurations anciennes et la « réanimation » des statues font l’objet de recherches, que le catalogue scientifique du musée rend accessibles.
Prévoyez une comparaison lente entre deux ou trois œuvres plutôt qu’une chasse à toutes les mentions du pharaon. Le guide du Museo Egizio propose un parcours complet, tandis que la page où dormir près du musée traite l’organisation pratique.
Que chercher au Louvre ?
Le Louvre ne se résume pas à une statue unique de Ramsès II. Son catalogue rassemble des sculptures, reliefs, stèles, objets portant le nom du roi et documents liés à son règne. Une recherche officielle renvoie notamment un pectoral, une harpè, un buste, une statue, une dyade avec la déesse Anat et une tablette liée aux relations avec Hattousili III.
Cette richesse permet de passer du portrait à l’administration, à la religion et à la diplomatie. Vérifiez cependant la mention « actuellement exposé » sur chaque notice : être conservé au Louvre ne signifie pas être visible le jour de la visite. Notez le numéro de salle et l’inventaire, puis contrôlez le plan du musée.
La tablette diplomatique fait écho au traité conclu après le conflit de Qadesh. Comparez les versions hittite et égyptienne, les langues et la mise en scène du pouvoir. Le dossier bataille et traité de Qadesh donne le cadre historique nécessaire pour ne pas transformer l’accord en légende simplifiée.
Quel parcours choisir selon votre voyage ?
En Égypte, associez le NMEC et le GEM sur deux demi-journées différentes. Le premier met en avant les dépouilles royales et la civilisation égyptienne dans la longue durée ; le second donne accès à la monumentalité, aux galeries dynastiques et aux collections de Toutânkhamon. Ajouter le Ramesseum ou Abou Simbel permet ensuite de retrouver l’architecture rituelle, impossible à déplacer dans un musée.
En Europe, Londres offre le meilleur choc monumental, Turin le parcours statuaire le plus concentré et Paris le corpus le plus varié. Il n’est pas nécessaire de visiter les trois pour comprendre le règne. Choisissez selon la question : image colossale, portrait royal, divinités, inscriptions ou diplomatie.
Dans chaque lieu, relevez quatre informations : provenance antique, date d’entrée dans la collection, état de conservation et statut d’exposition. Cette fiche simple évite de confondre un monument de Memphis avec un monument de Thèbes, une statue cultuelle avec une momie, ou un objet du règne avec un portrait du roi.
Questions fréquentes
Où se trouve la momie de Ramsès II ?
Elle est présentée dans la salle des momies royales du Musée national de la civilisation égyptienne, au Caire, sous réserve des conditions d’exposition du musée.
La statue du GEM est-elle celle du British Museum ?
Non. La statue du GEM vient de Memphis. Le buste de Londres appartient à une autre statue, provenant du Ramesseum à Thèbes.
Quel musée européen choisir pour Ramsès II ?
Londres pour la monumentalité, Turin pour plusieurs statues royales et Paris pour la variété des objets et documents.
Peut-on voir Ramsès II à Abou Simbel ?
On y voit ses temples et ses images colossales in situ, pas sa dépouille. Cette visite complète idéalement les musées.
Sources officielles
- NMEC — Ramsès II dans la salle des momies royales
- NMEC — présentation de la salle des momies royales
- Grand Musée égyptien — statue colossale de Ramsès II
- British Museum — buste colossal de Ramsès II
- Museo Egizio — statue de Ramsès II en majesté
- Museo Egizio — groupe d’Amon, Mout et Ramsès II
- Musée du Louvre — œuvres liées à Ramsès II
Sources consultées le 27 juillet 2026. Vérifiez la présence de l’œuvre, la salle, les horaires et les conditions d’accès avant le déplacement.
