Généalogie des dynasties VI à X d’Égypte
Cette généalogie couvre la fin de l’Ancien Empire et les lignées attribuées aux dynasties VI à X. Les sources deviennent plus fragmentaires après la VIe dynastie : plusieurs successions, règnes et parentés demeurent hypothétiques.
De la monarchie unifiée aux pouvoirs régionaux
La VIe dynastie est mieux documentée que les lignées qui lui succèdent. Après le long règne de Pépi II, la rareté des sources et la multiplication des autorités locales rendent l’enchaînement des dynasties VII à X difficile à établir. Les listes royales, inscriptions de nomarques et monuments ne concordent pas toujours ; les branches en pointillé ou les successions prudentes signalent ces limites.
Les numéros dynastiques restent ici un classement moderne hérité de Manéthon, et non une succession toujours vérifiable année par année. Les tombes provinciales, les décrets royaux et les listes copiées bien plus tard éclairent des fragments différents. Consultez donc les règnes comme des dossiers documentaires : l’absence d’un lien certain dans l’arbre est une information historique, pas une lacune à combler arbitrairement.
Généalogie commentée · dossier vérifié le 30 juillet 2026
La VIe dynastie : de Teti à Pépi II
Teti ouvre la VIe dynastie vers 2300 av. J.-C. Son mariage avec Ipout Ire, considérée comme une fille d’Ounas, reliait le nouveau règne à la fin de la Ve dynastie. Cette continuité par une femme de la maison précédente est essentielle : le changement de numéro dynastique ne signifie pas que la cour, les cultes et toutes les familles de dignitaires auraient été remplacés.
Après le bref règne d’Ouserkarê, Pépi Ier consolida le pouvoir royal. Ses unions avec deux sœurs connues sous le nom d’Ânkhesenpépi, issues d’une famille d’Abydos, structurèrent la succession. Ânkhesenpépi Ire fut la mère de Mérenrê Ier ; Ânkhesenpépi II fut la mère de Pépi II et exerça probablement un rôle majeur pendant la jeunesse de son fils. Les mêmes noms portés par plusieurs reines imposent de vérifier le numéro et les titres avant d’attribuer un enfant.
Mérenrê Ier succéda à Pépi Ier, puis Pépi II monta sur le trône très jeune. La durée exacte de son règne demeure discutée, même si la tradition lui attribue un règne exceptionnellement long. Les expéditions vers la Nubie, les carrières de gouverneurs et les tombes provinciales montrent que l’État restait actif ; elles révèlent aussi le poids croissant des élites locales.
Comment s’achève l’Ancien Empire ?
La fin de la VIe dynastie ne s’explique pas par une cause unique. L’autorité centrale paraît avoir perdu une partie de son contrôle sur la Haute-Égypte, tandis que les gouverneurs provinciaux transmettaient davantage leurs charges dans leur famille. Des variations climatiques et des épisodes de faibles crues ont pu aggraver les tensions économiques. Les documents disponibles sont cependant inégaux : il faut éviter de transformer une combinaison de changements politiques, sociaux et environnementaux en récit d’effondrement instantané.
Quelques listes placent après Pépi II des règnes très brefs, dont Mérenrê II et une souveraine appelée Nitocris dans des traditions tardives. L’existence historique et l’identité de cette dernière restent débattues. L’arbre signale donc la tradition sans lui donner la même valeur qu’aux filiations attestées par des monuments contemporains.
Dynasties VII à X : des lignées fragmentaires
Les dynasties VII à X appartiennent à la Première Période intermédiaire. Leur présentation varie selon les chronologies, car les listes royales sont lacunaires et peuvent disposer successivement des souverains qui régnèrent dans des régions différentes. La fameuse formule de Manéthon sur une VIIe dynastie composée de dizaines de rois en quelques jours est une tradition très tardive, pas un registre administratif contemporain.
Les dynasties IX et X sont associées à Héracléopolis, l’ancienne Henen-Nesout, à l’entrée du Fayoum. Plusieurs rois portent des noms comme Khéty ou Mérikarê, mais leur ordre et leurs parentés ne peuvent pas toujours être fixés. Au sud, une maison thébaine qui formera la XIe dynastie étend progressivement son autorité. La réunification par Montouhotep II ouvre ensuite le Moyen Empire.
Il ne faut donc pas lire la partie basse de l’arbre comme une seule famille transmettant paisiblement la couronne du nord au sud. Elle juxtapose des souverains conservés par les listes, des lignées héracléopolitaines et les débuts de la puissance thébaine. Les pointillés et les branches séparées ont ici une valeur documentaire : ils montrent ce que les sources ne permettent pas de réunir.
Lire la généalogie sans confondre règne et parenté
Suivez d’abord Teti, Pépi Ier, Mérenrê Ier et Pépi II. Repérez ensuite les reines Ânkhesenpépi, dont les mariages expliquent le passage d’une génération à l’autre. Pour les dynasties VII à X, contrôlez séparément le centre de pouvoir, la forme du nom royal et le degré de certitude du lien. Poursuivez avec la généalogie des dynasties XI et XII pour comprendre la réunification et la nouvelle maison royale du Moyen Empire.
Sources et chronologie
La séquence de Teti à Pépi II est confrontée à la liste des rois de l’Ancien Empire de l’University College London. La chronologie générale de l’UCL rappelle que les dates antérieures à 664 av. J.-C. restent discutées. Son index archéologique situe Héracléopolis parmi les principaux centres des dynasties IX et X. La synthèse du Metropolitan Museum of Art documente la montée des administrations provinciales, les expéditions vers la Nubie et l’émergence d’Héracléopolis et de Thèbes.




