Généalogie de la dynastie lagide — vue détaillée

Cet arbre détaillé présente les souverains et les reines de la dynastie lagide, ainsi que leurs principales alliances dans le monde hellénistique. Les noms cliquables ouvrent les notices individuelles.

Lire les alliances de la dynastie lagide

L’arbre détaillé relie les Ptolémées, reines et branches alliées de la dynastie qui gouverna l’Égypte hellénistique. Les mariages entre parents, les homonymes et les numérotations variables rendent la lecture délicate ; cliquez sur les noms pour ouvrir les notices et distinguer chaque personne.

Généalogie commentée · dossier vérifié le 30 juillet 2026

Qui sont les Lagides, ou Ptolémées ?

La dynastie lagide doit son nom à Lagos, père de Ptolémée Ier. Elle est donc aussi appelée dynastie ptolémaïque ou dynastie des Ptolémées. Après la mort d’Alexandre le Grand en 323 av. J.-C., Ptolémée gouverna l’Égypte comme satrape au nom des rois macédoniens, puis adopta le titre royal en 306/305 av. J.-C. Sa famille conserva le royaume jusqu’à la mort de Cléopâtre VII et à l’annexion romaine de 30 av. J.-C.

Les souverains furent à la fois des rois hellénistiques et des pharaons d’Égypte. Leur cour, leur monnaie et une grande partie de l’administration employaient le grec, tandis que les temples continuaient d’utiliser les traditions monumentales, les titulatures et les écritures égyptiennes. Alexandrie était la résidence royale et le principal centre politique de la dynastie ; Memphis conserva notamment un rôle cérémoniel dans les couronnements.

Comment lire les noms et les numéros de l’arbre ?

Presque tous les rois portent le nom de Ptolémée. Les numéros de I à XV sont une convention moderne commode, pas la manière habituelle dont les souverains se désignaient. Les sources antiques les distinguent aussi par des épithètes dynastiques : Sôter, « sauveur », pour Ptolémée Ier ; Philadelphe pour Ptolémée II ; Évergète pour Ptolémée III ; Philopator pour Ptolémée IV ; Épiphane pour Ptolémée V. Les chronologies savantes ne numérotent pas toujours de façon identique certains princes au règne bref ou contesté, notamment Ptolémée VII.

Les femmes de la maison royale portent fréquemment les noms d’Arsinoé, Bérénice ou Cléopâtre. Là encore, les chiffres modernes peuvent masquer des identifications discutées. L’UCL rappelle, par exemple, que la souveraine traditionnellement appelée Cléopâtre VII pourrait n’avoir été que la sixième reine connue portant ce nom. Pour suivre l’arbre sans confondre les homonymes, vérifiez toujours les parents, le conjoint, l’épithète et les dates, puis ouvrez la notice liée à chaque nom.

Les mariages entre frère et sœur ne constituent pas un détail secondaire de la généalogie. À partir de l’union de Ptolémée II et d’Arsinoé II, ils deviennent un instrument de légitimation et de culte dynastique. Ils n’empêchent pas les alliances extérieures : des princesses de Cyrène et de la dynastie séleucide entrent également dans la famille, reliant l’Égypte aux autres royaumes hellénistiques.

La branche principale, de Ptolémée Ier à Ptolémée V

Ptolémée Ier Sôter eut plusieurs enfants de ses unions successives. La succession passa à Ptolémée II, fils de Bérénice Ire, et non à Ptolémée Kéraunos, né d’Eurydice. Ptolémée II associa ensuite sa sœur Arsinoé II à la royauté et à un culte dynastique durable. Cette union ne produisit pas l’héritier : Ptolémée III était issu d’un mariage antérieur avec Arsinoé Ire.

Ptolémée III épousa Bérénice II de Cyrène. Leur fils Ptolémée IV épousa à son tour sa sœur Arsinoé III. De cette génération naquit Ptolémée V Épiphane, monté sur le trône alors qu’il était enfant. Son couronnement à Memphis et le décret sacerdotal de 196 av. J.-C., connu par la pierre de Rosette, montrent comment pouvoir royal grec et institutions religieuses égyptiennes pouvaient coopérer.

Le mariage de Ptolémée V avec Cléopâtre Ire, fille du roi séleucide Antiochos III, relia directement les deux grandes dynasties rivales de Méditerranée orientale. Leurs enfants — Ptolémée VI, Cléopâtre II et Ptolémée VIII — forment le nœud à partir duquel l’arbre devient beaucoup plus complexe.

Pourquoi la fin de la généalogie devient-elle si complexe ?

À partir du IIe siècle av. J.-C., corégences, exils, retours au pouvoir et mariages successifs multiplient les branches concurrentes. Cléopâtre II fut liée à ses frères Ptolémée VI puis Ptolémée VIII. Ce dernier épousa également Cléopâtre III, fille de Ptolémée VI et de Cléopâtre II. Leurs descendants se disputèrent Alexandrie, Chypre et la Cyrénaïque, tandis que l’influence diplomatique et militaire de Rome augmentait.

Les règnes de Ptolémée IX et Ptolémée X ouvrirent plusieurs lignes de succession. Après de nouvelles crises, Ptolémée XII Aulète retrouva son trône avec l’appui romain. Parmi ses enfants figurent Bérénice IV, Cléopâtre VII, Arsinoé IV, Ptolémée XIII et Ptolémée XIV. Cléopâtre VII régna successivement avec ses jeunes frères, puis associa son fils Ptolémée XV Césarion au pouvoir. La défaite d’Antoine et Cléopâtre face à Octave, suivie de leur mort en 30 av. J.-C., mit fin à près de trois siècles de gouvernement lagide.

L’arbre ci-dessous relie aussi les Séleucides, les Antigonides, la Macédoine, Cyrène et l’Arménie. Ces ramifications ne signifient pas que toutes ces maisons appartenaient à une seule dynastie : elles montrent les mariages, les ascendances et les alliances par lesquels les monarchies hellénistiques cherchaient à consolider leur légitimité.

Sources et parcours de lecture

La chronologie et les précautions de numérotation ont été vérifiées dans les dossiers de l’University College de Londres sur l’Égypte ptolémaïque, sa généalogie universitaire des Ptolémées et sa liste chronologique des souverains. Le Metropolitan Museum of Art documente le culte posthume d’Arsinoé II et l’association d’attributs grecs et de traditions égyptiennes.

Pour approfondir, consultez les règnes des premiers Ptolémées, la branche de Ptolémée IV et V, les rivalités de Ptolémée VI à IX et la fin de la dynastie. Le dossier sur Alexandrie antique replace la famille dans sa capitale, tandis que l’itinéraire Sur les traces des Ptolémées relie cette histoire aux sites visitables aujourd’hui.

Arbre généalogique en grand format

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