Londres · Figeac · écritures égyptiennes
Où voir la pierre de Rosette et les objets liés au déchiffrement ?
L’original est exposé au British Museum, à Londres, dans la salle 4. Une copie tactile se trouve dans la salle 1, tandis que Figeac et Kingston Lacy permettent d’explorer l’histoire du déchiffrement.
Réponse directe
Où se trouve l’original de la pierre de Rosette ?
La pierre de Rosette originale, numéro d’inventaire EA24, est exposée dans la salle 4 du British Museum à Londres. Le musée indique une copie dans la salle 1, que les visiteurs peuvent toucher. L’original porte un décret sacerdotal de 196 avant notre ère en hiéroglyphes, en démotique et en grec.
En France, le musée Champollion de Figeac et la place des Écritures expliquent l’histoire du déchiffrement ; une reproduction monumentale de la pierre couvre le sol de la place. À Kingston Lacy, dans le Dorset, l’obélisque de Philae associe lui aussi hiéroglyphes et grec et a contribué aux travaux sur les noms royaux.
- OriginalBritish Museum, salle 4.
- Copie tactileBritish Museum, salle 1.
- Parcours ChampollionFigeac, musée et place.
Dans ce guide
Un original et plusieurs parcours utiles
Quatre lieux pour comprendre la pierre de Rosette
British Museum, salle 4
L’original se trouve dans la galerie de sculpture égyptienne. La face inscrite montre trois zones : quatorze lignes hiéroglyphiques conservées en haut, trente-deux lignes démotiques au centre et cinquante-quatre lignes grecques en bas.
La foule se concentre souvent devant la vitrine. Commencez par regarder la forme brisée de la stèle, le dos brut et la différence de densité entre les écritures avant de chercher des signes isolés.
British Museum, salle 1
Une reproduction permet une approche tactile que la conservation interdit devant l’original. Elle aide à saisir la profondeur des signes, les lacunes et la taille réelle de la pierre.
Le musée peut fermer des salles à court préavis. Consultez son plan et la liste des fermetures avant la visite, même si l’entrée générale est gratuite.
Musée Champollion à Figeac
Installé dans la maison natale de Jean-François Champollion, le musée présente les écritures du monde et replace le déchiffrement dans une histoire beaucoup plus large. La place des Écritures, conçue par Joseph Kosuth, reproduit la pierre à une échelle monumentale.
Figeac est le meilleur complément français pour comprendre la méthode, les documents et la postérité de Champollion, sans faire croire que l’original y serait conservé.
L’obélisque de Philae à Kingston Lacy
Cet obélisque de neuf mètres se dressait devant le temple d’Isis à Philae. Son fût hiéroglyphique et son piédestal grec ont aidé William John Bankes à reconnaître les noms de Ptolémée et de Cléopâtre.
Il ne s’agit pas d’une autre pierre de Rosette, mais d’un document bilingue qui montre que le déchiffrement s’est appuyé sur un ensemble d’inscriptions et de comparaisons.
Un décret, pas un dictionnaire
Que dit réellement la pierre de Rosette ?
La stèle porte un décret adopté en 196 avant notre ère par un conseil de prêtres en l’honneur du jeune Ptolémée V. Le texte confirme le culte royal, énumère des décisions favorables aux temples et ordonne que le décret soit inscrit en plusieurs écritures puis placé dans les sanctuaires.
Les trois parties ne sont pas trois langues totalement différentes. Les hiéroglyphes et le démotique notent deux formes de la langue égyptienne, tandis que le grec est la langue administrative de la dynastie lagide. Les versions se correspondent suffisamment pour permettre une comparaison, mais elles ne sont pas identiques mot à mot.
La partie supérieure manque. La pierre n’est donc qu’un fragment d’une stèle plus haute, probablement arrondie au sommet. Sa matière est une granodiorite grise et rose, non un basalte noir malgré une désignation ancienne souvent répétée.
Pour comprendre les principes de l’écriture, lisez comment fonctionnent les hiéroglyphes égyptiens et pourquoi ils ne forment pas un simple alphabet.
Une enquête collective
Comment la pierre a-t-elle aidé Champollion ?
La version grecque fournit un texte lisible et le nom de Ptolémée. Thomas Young montre que certains signes hiéroglyphiques du cartouche transcrivent des sons. Champollion compare ensuite de nombreux noms et documents, notamment des cartouches de Ptolémée et de Cléopâtre, puis comprend que l’écriture combine signes phonétiques, idéogrammes et déterminatifs.
La pierre n’a donc pas livré une traduction automatique. Le déchiffrement a demandé des connaissances en grec, copte et langues orientales, des copies exactes, des comparaisons et plusieurs années de travail. Le copte a été décisif parce qu’il conserve la phase la plus tardive de la langue égyptienne.
| Document ou indice | Apport | Précaution |
|---|---|---|
| Texte grec de Rosette | Contenu général et noms royaux | Les versions ne sont pas mot à mot |
| Cartouche de Ptolémée | Valeurs phonétiques possibles | Le système ne se limite pas aux sons |
| Obélisque de Philae | Comparaison Ptolémée et Cléopâtre | Document distinct de Rosette |
| Langue copte | Valeurs lexicales et structure de l’égyptien | État tardif de la langue |
Le guide lire un cartouche égyptien propose une méthode prudente sans transformer chaque ovale en exercice de devinette.
De Rachid à Londres
Comment la pierre est-elle entrée au British Museum ?
Des soldats français découvrent la stèle en juillet 1799 lors de travaux au fort Julien, près de Rachid, appelée Rosette dans les sources européennes. Après la capitulation française en Égypte, elle fait partie des antiquités remises aux Britanniques selon les conditions de 1801. Elle arrive en Angleterre en 1802 et entre au British Museum.
Ce parcours s’inscrit dans l’expédition d’Égypte, la guerre impériale et la compétition savante européenne. Il doit être exposé sans effacer ni les circonstances militaires de l’acquisition ni le travail des savants français, britanniques et égyptiens. Les demandes égyptiennes de restitution appartiennent à l’histoire contemporaine de l’objet et doivent être distinguées de son contenu antique.
- Noter le numéro EA24. Il permet de retrouver la notice institutionnelle exacte.
- Vérifier la salle le jour de la visite. Le musée indique actuellement la salle 4.
- Observer les trois zones avant de photographier. La différence graphique est plus claire à l’œil nu.
- Lire une traduction après la visite. Le décret est plus complexe que sa célébrité ne le laisse penser.
Questions fréquentes
La pierre de Rosette est-elle exposée en permanence ?
Le British Museum la signale actuellement en salle 4. Une fermeture de galerie ou une opération de conservation reste toujours possible ; vérifiez avant le déplacement.
Peut-on toucher la pierre ?
Non pour l’original. Le musée indique une reproduction tactile dans la salle 1.
Champollion a-t-il travaillé sur l’original à Londres ?
Le déchiffrement s’est appuyé sur des copies et estampages ainsi que sur de nombreux autres documents. Il ne résulte pas d’une unique observation de l’original.
Existe-t-il une pierre de Rosette en France ?
L’original est à Londres. Figeac présente une reproduction monumentale sur la place des Écritures et un parcours consacré aux écritures et à Champollion.
Sources officielles
- British Museum — notice de la pierre de Rosette, EA24
- British Museum — parcours de la pierre de Rosette
- British Museum — histoire, texte et localisation de la pierre
- British Museum — parcours d’une heure et copie tactile
- Musée Champollion de Figeac — place des Écritures
- National Trust — obélisque de Philae à Kingston Lacy
Sources vérifiées le 28 juillet 2026. La salle et les conditions d’accès doivent être confirmées auprès de chaque institution avant la visite.
Pour approfondir les écritures anciennes
De l’objet au déchiffrement
Le décret trilingue fournit une méthode comparative, prolongée en 1822 par la démonstration générale de Champollion.
Voir le parcours complet « Hiéroglyphes et écritures anciennes »
