Généalogie de la XVIIIe dynastie d’Égypte
La XVIIIe dynastie ouvre le Nouvel Empire et réunit plusieurs familles royales, de la reconquête d’Ahmôsis à la période amarnienne. L’arbre aide à suivre les Thoutmôsis, les Amenhotep, les reines et les successions encore discutées.
Une famille royale au cœur du Nouvel Empire
La XVIIIe dynastie couvre environ 1550 à 1292 av. J.-C. selon la chronologie de référence retenue. Elle relie Ahmôsis, les Thoutmôsis, Hatchepsout, les Amenhotep, la famille amarnienne, Toutânkhamon et Horemheb. Corégences, changements de noms et filiations parfois incomplètes imposent une lecture prudente : le schéma complète les notices, mais ne résout pas à lui seul tous les débats.
Généalogie commentée · dossier vérifié le 30 juillet 2026
XVIIIe dynastie : une famille, plusieurs transmissions du pouvoir
La XVIIIe dynastie s’étend d’Ahmès Ier à Horemheb. Elle voit la formation d’un empire en Nubie et au Proche-Orient, le développement monumental de Thèbes, le règne de la pharaonne Hatshepsout, l’apogée d’Amenhotep III puis la rupture amarnienne. Une histoire aussi longue ne se réduit pas à une succession régulière de pères et de fils : des héritiers meurent avant le roi, des branches collatérales accèdent au trône et plusieurs femmes royales assurent la continuité.
L’arbre distingue la parenté, le mariage et l’ordre de règne. Les titres de « fille du roi », « grande épouse royale » ou « mère du roi » aident à reconstruire une famille, mais ils ne nomment pas toujours le père, l’époux ou le fils concerné. Les doubles unions et les mariages diplomatiques expliquent aussi pourquoi une même personne peut apparaître près de plusieurs souverains sans être leur ancêtre direct.
D’Ahmès Ier aux Thoutmosides
Ahmès Ier et Ahmès-Néfertari ouvrent la dynastie. Leur fils Amenhotep Ier meurt sans héritier royal assuré. Thoutmosis Ier accède alors au trône ; son origine exacte reste discutée, tandis que son mariage avec Ahmès le relie à la maison régnante. Cette transmission montre déjà que la légitimité combine ascendance, alliance matrimoniale et désignation.
Thoutmosis II épouse sa demi-sœur Hatshepsout. Après sa mort, Hatshepsout exerce d’abord la régence pour le jeune Thoutmosis III, puis adopte une titulature royale complète. Les deux souverains sont représentés comme corégents pendant une partie de leurs règnes. Thoutmosis III gouverne ensuite seul et mène de nombreuses campagnes en Syrie-Palestine ; son fils Amenhotep II lui succède.
D’Amenhotep II à Amenhotep III : empire et diplomatie
Amenhotep II puis Thoutmosis IV maintiennent le pouvoir en Nubie et les relations avec le Proche-Orient. La stèle du Songe de Thoutmosis IV, placée entre les pattes du Grand Sphinx, présente le dieu Harmakhis promettant la royauté au prince. Ce texte légitime son accession, mais ne prouve pas qu’il était un usurpateur.
Sous Amenhotep III, l’Égypte échange des lettres, des présents et des princesses avec les cours de Mitanni, de Babylone et d’Anatolie. La reine Tiyi, non issue d’une lignée royale connue, apparaît aux côtés du roi dans les monuments et la diplomatie. Leur famille comprend Amenhotep IV, plusieurs princesses et probablement d’autres enfants dont l’identité demeure discutée. L’importance de Tiyi rappelle que le statut d’une reine se construit aussi par son rôle à la cour.
Les mariages diplomatiques avec Giloukhepa, Tadoukhepa et d’autres princesses étrangères renforcent les relations entre cours, mais leurs titres ne permettent pas toujours de connaître leur descendance. Les lettres d’Amarna montrent que les rois étrangers réclament l’envoi d’or et discutent le rang des épouses ; elles révèlent une diplomatie familiale sans fournir un registre complet des enfants du palais. Les princesses égyptiennes, quant à elles, ne sont généralement pas envoyées comme épouses à l’étranger. Cette asymétrie explique pourquoi l’arbre royal concentre surtout les alliances intégrées à la cour égyptienne.
Amarna, Toutânkhamon et la restauration
Amenhotep IV, devenu Akhenaton, fonde Akhetaton et place le disque solaire Aton au centre du culte royal. Néfertiti occupe une place exceptionnelle dans les rites et les représentations. Le couple a six filles connues, mais la parenté de Smenkhkarê, d’Ânkh-Khéperourê et de Toutânkhamon reste débattue malgré les études génétiques et archéologiques.
Toutânkhamon rétablit les cultes traditionnels et quitte Amarna. Il épouse Ânkhesenamon, fille d’Akhenaton et de Néfertiti. Mort sans héritier survivant, il est suivi par Aÿ, puis par Horemheb, militaire sans filiation royale démontrée. Horemheb efface plusieurs traces de l’époque amarnienne et désigne Paramessou, le futur Ramsès Ier, ouvrant la XIXe dynastie sans transmission familiale directe depuis les Thoutmosides.
Sources et chronologie
L’ordre des règnes est comparé à la liste des rois du Nouvel Empire de l’University College London. Le parcours documenté de l’UCL sur le Nouvel Empire présente l’expansion, les tombes royales, la diplomatie et Amarna. Sa notice sur Toutânkhamon et la restauration des cultes précise ses attestations. La synthèse du Metropolitan Museum of Art fournit le cadre historique et artistique de la dynastie.
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