|
Satrê (ou Sitrê ou Sitrâ ou Tia-Satrê –
S3t Ra)
est une Reine d’Égypte de la XIXe dynastie.
Elle fut l’épouse du Pharaon Ramsès I
(1295-1294) et elle eut le titre de
Grande Épouse Royale. Ses origines sont inconnues, mais
Christian Leblanc avance que l’on peut penser qu’elle fut issue d’une famille proche de la caste militaire, on admet
communément aujourd’hui qu’elle serait la fille d’un haut militaire originaire du Delta. Comme le précisent
Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton,
l’absence de titre “Fille du Roi” pour Satrê indique qu’elle ne fut pas de descendance royale.
|

Portrait inachevé de Satrê
dans sa tombe QV38 |
Quelques spécialistes, dont
Isabelle Franco, prétendent qu’elle peut avoir été nommée Tia avant que son
mari n’arrive sur le trône. Il faut aussi souligner, et l’incertitude sur son
nom en découle peut-être, qu’il y a un débat entre les égyptologues autour de l’identité de l’épouse de
Ramsès I, Tia donc et
celle de la mère de Séthi I (1294-1279),
maternité attribuée généralement à Satrê, sont-elles les mêmes personnes ?. Si on se base sur les documents suivants il peut effectivement
y avoir un doute.
Sur une stèle qui se trouve à
Tanis datant du règne du petit fils
de Ramsès I,
Ramsès II (1279-1213),
Séthi I est décrit comme le fils de Pa-Ramassou
(Le nom de Ramsès I avant qu’il soit devenu Pharaon)
et de Tia. Dans le temple
d’Abydos Satrê est montrée avec
Ramsès I et
Séthi I et elle
n’est appelée que
“Grande Épouse Royale“ où
l’on pourrait s’attendre à ce qu’elle soit aussi mentionnée comme “Mère du Roi”
(mwt nswt).
Cependant, le tombeau de Satrê, qui peut être daté de cette période, lui mentionne
bien sa propriétaire comme “Mère du Roi”. La majorité des
égyptologues pensent que l’on peut donc pratiquement affirmer que Tia et
Satrê sont la même personne et que la Reine a modifié son nom lorsque son époux
est devenu Pharaon, tout comme lui a changé son nom de Pa-Ramassou en Ramsès. Le
fait que l’une des filles de Ramsès II
fut nommée Tia-Satrê rend encore plus probable cette théorie.
Avec Satrê reprit la lignée des Reines titrées
Épouse du Dieu (HmT-nTr).
Ce titre avait été hérité par les femmes de la famille royale depuis sa création par
Ahmès–Néfertari I,
mais n’avait plus été donné depuis la Reine Tiâa I, épouse
d’Amenhotep II (1428-1401).
Comme le précise
Joyce Anne Tyldesley, lors de la
XIXe dynastie, les
épouses royales ne seront plus influentes comme elles le furent lors de la
XVIIIe
dynastie et seront systématiquement éclipsées par leur époux. Satrê resta
discrète sur la scène publique et les mentions la concernant sont rares.
Le seul monument
connu à ce jour de Satrê est sa sépulture inachevée. On ignore si la Reine
décéda avant ou après son époux. Elle fut enterrée dans un tombeau de la
vallée des Reines
(QV38). Lorsque Sir
John Garner Wilkinson,
Jean-François Champollion
et Ippolito Rosellini visitèrent la tombe celle-ci était inaccessible car envahie par les déblais.
La sépulture de la Reine fut dégagée en 1903 par une mission Italienne
du musée de Turin dirigée par
Ernesto Schiaparelli et
Francesco Ballerini. Le tombeau est
de petite dimensions et est composé seulement de dessins à l’état d’ébauche.
Pour d’autres détails sur la Reine voir les ouvrages de :
Francesco Ballerini :
– Notizia sommaria degli scavi della missione archeologica Italiana in Egitto, anno 1903, Museo di Antichita, Turino, 1903.
Aidan Marc Dodson et Dyan Hilton :
– The complete royal families of ancient Egypt, Thames and Hudson, London, Septembre 2004 et Février 2010.
Isabelle Franco :
– La tombe de la reine Satrê, pp : 30-31, Les dossiers de l’archéologie N°149-150, Dijon, Mai-Juin 1990.
– Satrê, pp. 236-237, Les grands pharaons et leurs œuvres, Collection : Bibliothèque de l’Egypte ancienne, Pygmalion, Mai 2001.
Wolfram Grajetzki :
– Ancient Egyptian Queens : A hieroglyphic dictionary, Golden House Publications, London, 2005.
Christian Leblanc :
– Reines du Nil au Nouvel Empire, Bibliothèque des introuvables, Juillet 2010.
Gaston Maspero :
– La reine sitrâ, pp : 190-194, Society of Biblical Archeologyproceedings 11, Londres, 1889.
Rainer Stadelmann :
– Satre, pp : 493-494, Lexikon der Ägyptologie V, Wiesbaden, 1984.
Joyce Anne Tyldesley,
Aude Gros de Beler et Pierre Girard :
– Chronicle of the queens of Egypt : From early dynastic times to the death of Cleopatra, Thames & Hudson Ltd,
Octobre 2006 et Janvier 2007 – En Français, Chronique des Reines d’Egypte : Des origines à la mort de Cléopâtre,
Éditions : Actes Sud, Collection : Essais Sciences, Juillet 2008 – En Allemand, Die königinnen des alten Ägypten :
Von den frühen dynastien bis zum tod Kleopatras, Koehler + Amelang Gmbh, Février 2008.
|