Momies et vases canopes : embaumement et rites funéraires
Égypte ancienne · momification · mobilier funéraire
Vases canopes : fonction et quatre protecteurs
Les « vases canopes » sont des récipients funéraires destinés, à certaines périodes, à recevoir des viscères retirés pendant la momification. L’expression est moderne et repose sur une interprétation ancienne erronée ; « vases à viscères » décrit plus exactement leur usage. Forme, matière, inscriptions et contenu changèrent pendant plus de deux millénaires : un ensemble doit toujours être replacé dans sa date et dans son contexte archéologique.
Le foie, les poumons, l’estomac et les intestins pouvaient être traités séparément, enveloppés et placés sous la protection des quatre fils d’Horus. Le cœur restait généralement dans le corps, car il était associé à l’identité et au jugement du défunt. Tous les vases conservés n’ont pourtant pas contenu un organe : à certaines époques, des récipients factices perpétuaient symboliquement le dispositif.
Retrouver le texte historique consacré aux canopes ou consulter les collections utilisées pour cette mise à jour.
Identifier un ensemble
Les quatre fils d’Horus
Les associations ci-dessous sont le système classique le plus connu. Les couvercles zoomorphes se généralisent au Nouvel Empire ; les ensembles plus anciens peuvent présenter quatre têtes humaines.
| Protecteur | Aspect habituel | Organe | Déesse associée |
|---|---|---|---|
| Imsety | Tête humaine | Foie | Isis |
| Hâpy | Tête de babouin | Poumons | Nephthys |
| Douamoutef | Tête de canidé | Estomac | Neith |
| Qebehsenouf | Tête de faucon | Intestins | Selket |
Évolution
Pourquoi certains vases sont-ils factices ?
Les pratiques funéraires n’évoluent pas de manière linéaire. Les organes purent être déposés dans des contenants séparés, puis réunis dans un coffre canope. À partir de la Troisième Période intermédiaire, ils furent souvent embaumés et replacés dans le corps, parfois accompagnés de figurines représentant les fils d’Horus.
Des vases sans cavité utile, ou ne contenant aucun viscère, continuaient alors à exprimer la protection rituelle attendue. À la Basse Époque, l’usage de véritables contenants reparut dans certains contextes. La seule présence de quatre récipients ne suffit donc pas à décrire le traitement du défunt.
Lecture au musée
Observer avant d’identifier
Commencez par lire la datation et la provenance. Examinez ensuite le matériau, la forme du couvercle, le nom du défunt et les formules inscrites. Une tête de babouin ne désigne pas automatiquement n’importe quel vase « égyptien » : elle doit être rapprochée de Hâpy et de l’ensemble auquel l’objet appartenait.
Le mot « canope » ne doit pas non plus être confondu avec Canope, ville du Delta, ni avec les jarres osiriennes à tête humaine que les premiers antiquaires avaient rapprochées d’une tradition grecque. L’archéologie a montré que cette étymologie ne décrit pas le vocabulaire égyptien antique.
Questions fréquentes
Ce que contenaient les vases
Pourquoi le cœur n’était-il pas placé dans un vase ? Il était lié à la pensée, à la mémoire et au jugement dans l’au-delà ; il devait donc rester auprès du défunt. Un scarabée de cœur pouvait compléter cette protection.
Anubis est-il l’un des quatre fils d’Horus ? Non. Anubis joue un rôle majeur dans l’embaumement et la protection funéraire, mais les quatre protecteurs des viscères sont Imsety, Hâpy, Douamoutef et Qebehsenouf.
Le cerveau était-il conservé dans un cinquième vase ? Non. Son traitement variait et il pouvait être extrait, mais il ne faisait pas partie du groupe classique placé dans les quatre récipients.
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| Voir aussi les nécropoles de : | |
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La vallée des Rois
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Les tombes
▪ La vallée des Reines – Les tombes ▪ Liste des tombes Thébaines ▪ Deir el-Bahari – DB320 ▪ Deir el-Médineh ▪ Dra Abou el-Naga |
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El-Assasif
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Les momies
Le rituel de la momification
Une fois le rituel des 40 jours passés, le corps éviscéré et
séché était emmené à la maison de la purification. Les embaumeurs le vidaient de nouveau, le lavaient et le séchaient. Ils
l’enduisaient ensuite de plusieurs couches d’huiles végétales et animales. Puis, après toute une préparation pour lui redonner
le meilleur aspect possible, commençait la pose des différentes couches de bandelettes de lin. Les embaumeurs disposaient entre
les couches des amulettes, qui se trouvaient momifié avec le défunt, ainsi que des papyri portant des formules magiques destinées
à écarter les démons et franchir les portes tout au long du parcours pour accéder à l’au-delà. Les cavités abdominales et la cage
thoracique étaient bourrées à l’aide de tampons de lin imprégnés de résine, de sciure de bois, ou même d’un lichen aromatique
(Momies des Pharaons Siptah (1194-1188) et
Ramsès IV (1153-1347)).
Cette opération très longue et délicate prenait de 10 à 15 jours et il fallait
environ 375 m² de tissu pour une momie. Ces bandelettes mesuraient de 6 à 20 cm de largeur. Pour les momifications de
personnes non royales, les hommes avaient le plus souvent les mains placées sur les organes génitaux et les femmes avaient
les bras le long du corps. Les momies royales, elles, avaient les bras croisés sur la poitrine. Pour finir, on plaçait un
masque à l’image du défunt sur la momie ainsi qu’une longue perruque et un collier doré.
L’opération totale avait duré 70 jours. Ces 70 jours avaient une
signification mystique, puisque c’était la durée de l’éclipse de Sothis (ou Sirius, l’étoile du chien). Le corps mourrait et
renaissait sur la même durée que l’étoile disparaissait et revenait. La famille et les pleureuses venaient chercher le
corps et une procession conduite par les Prêtres emmenait le défunt jusqu’à sa dernière demeure. Dans le cortège, il y avait
le sarcophage porté avec le coffre à vase canope et une statue du défunt.
Les vases canopes
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Œuvres, musées et vestiges aujourd’hui
Où voir les principales momies royales ?
Le Musée national de la civilisation égyptienne réunit vingt momies royales, dont Ramsès II, Hatchepsout et Séthi Ier, sous réserve de la présentation actuelle.
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