Vue des ruines d’Alep |
Vers 1800 av.J.C, la Syrie et la Palestine
comptaient plusieurs royaumes Amorrites,
dont Byblos et
Ougarit,
mais le plus étendu était le Yamkhad (ou Yam-Khad) qui avait pour capitale Alep (ou Aleppo ou Beroea, déjà
nommée Ḥalab à cette période). Il
s’étendit, lors de son apogée, du Mont Taurus à l’Euphrate et la Syrie du Nord. On pense
qu’il exista de vers 2000 à vers 1595. Ses Rois, Yarim-Lim I à III (ou Iarim-Lim), Niqmepa (ou Niqmepuh) etc… gouvernèrent par l’intermédiaire de vassaux tel que les Rois d’Alakhtum
(ou Alalah) quand ils n’étaient pas eux mêmes Roi de cette ville.
Les Rois du Yamkhad dominèrent aussi les riches cités
d’Emar et
Ougarit.
Leurs grands rivaux furent les souverains du royaume de
Qatna, situé au Sud du Yamkhad. L’antique Alep se situait au même endroit que la ville actuelle du même nom. De ce fait il
a été impossible aux archéologues d’atteindre des niveaux de fouilles datant de cette période. Les
seuls renseignements sur l’histoire de ce royaume nous parviennent donc de sources extérieures. Pour la plupart de la cité de
Mari,
pour la période qui va de 1810 à vers 1760 et d’Alalah
pour les décennies qui suivirent. Le royaume du Yamkhad est cité dans ces sources comme l’un des plus puissants du
Proche-Orient, même sans doute le plus puissant. Alep est l’une des plus anciennes villes habitées de
Mésopotamie.
Des tablettes cunéiformes retrouvées, mentionnent un centre urbain datant de 5000 ans.
L’histoire…….
Le
premier Roi attesté du royaume est, Sumu-Epukh (ou Sumu-Epeh,
1810 à 1780 ou ? à 1781). La façon dont il monta sur le trône est inconnue.
Il fut l’un des plus puissants Rois de son époque. Il apparaît dans les sources de la ville de
Mari, lorsqu’il est mentionné par son
Roi Yahdun-Lim (1815-1796) comme l’un
des dirigeants qui lutta contre lui.
Yahdun-Lim rejeta une alliance que lui proposait Sumu-Epukh au profit de celle qu’il passa avec la cité
d’Eshnunna.
Sumu-Epukh, soutint alors une révolte de nomades des tribus Yaminites centrées à Tuttul (Aujourd’hui
Tell Bi’a, en Syrie dans la région du Moyen-Euphrate) contre le Roi de
Mari, qui finalement fut matée.
Mais
Yahdun-Lim fut bientôt tué, semble t-il, suite à une révolte provoquée par ses serviteurs. Son fils (ou frère selon
les spécialistes), Sumu-Ianam (ou Sumu-Yaman ou Samsi-Addu ou Sûmû-Yamam ou Sumu-Adad, 1796-1794) lui succéda. Dans son
expansion, il venait de se heurter au Roi
Amorrite
d’Ekallāté (ou Ekallatum),
futur Empereur d’Assyrie,
Shamshi-Adad I
(ou Samsi-Addu, 1814-1775). Ce fut ce moment que choisit ce dernier pour envahir la région.
Dans le même temps, Sumu-Epukh, aidé par Hassuwa (ou Hassum ou Hassu ou
Khashshum ou Hazuwan), cité-État
Hourrite située dans le Sud de la
Turquie actuelle, sur l’Euphrate au Nord de
Karkemish,
attaqua un royaume en Zalmakum (Une région marécageuse entre l’Euphrate et La Balikh [ou Belikh]). Mais Khashshum changea d’alliance
et rejoignit Shamshi-Adad I,
qui encercla alors le Yamkhad grâce à une coalition avec la cité-État
Hourrite
d’Urshu (ou Warsuwa ou Urshum), probablement située non loin de Khashshum et le Roi Aplahanda (v.1790-v.1770 ou 1786-1766
ou 1786-1762) de Karkemish.
L’Assyrien conquit
Mari, en 1794, qui passa sous son contrôle et
dont il donna en 1790 le trône à son fils Iamash-Adad (ou Iasmakh-Addu ou Yasmakh-Addu ou Jasmah-Addu, 1790-1775).
Sumu-Epukh, voulant toujours rester maître de la région, combattit le Roi de
Qatna,
Isbi-Adad (ou Ishbi Adad ou Ishkhi-Addu, v.1795). Celui-ci
choisit de s’allier avec
Shamshi-Adad I, et confirma l’alliance en donnant sa fille Beltum en mariage à Iamash-Adad (ou Iasmakh-Addu ou Yasmakh-Addu).
Le Yamkhad se retrouva à ce moment prit entre ces deux adversaires. Sumu-Epukh accueillit alors
Zimri-Lim (1775-1761/60), l’héritier
légitime du trône de Mari, qui fuyait vers le
Yamkhad, dans l’espoir de trouver une alliance pour reprendre son trône à
l’Assyrien.
Shamshi-Adad I
(ou Samsi-Addu) et sa coalition attaquèrent Alep, mais échouèrent dans la prise de la ville.
Sumu-Epukh s’allia avec des tribus de Sutéens (vivants dans la région du Moyen-Euphrate) et de Turukkéens (ou Turukkū,
vivants dans l’actuel Kurdistan Irakien et Iranien) et attaquèrent à leur tout
l’Assyrien, simultanément à l’Est et au Sud.
Il conquit la forteresse Assyrienne de
Dur-Shamshi-Adad, qu’il rebaptisa Dur-Sumu-Epukh.
La guerre ne vit donc aucun vainqueur. Sumu-Epukh mourut peu après apparemment tué lors de son combat contre
Shamshi-Adad I.
Il épousa Sumunna-Abi dont il eu un fils qui lui succéda.
Yarim-Lim I (ou Iarim-Lim ou Jarimlim, 1781 à 1765 ou 1780 à 1765 ou 1780 à 1764)
arriva sur le trône.
Durant les premières années de son règne, la lutte contre le Royaume de Haute-Mésopotamie de
Shamshi-Adad I et ses fils
reprit. Lorsque ce dernier mourut en 1775, son royaume s’effondra et Yarim-Lim I, soutint une grande révolte contre ses deux fils
qui lui permit de récupérer Alalah.
Il aida notamment Zimri-Lim
(1775-1761/60) à prendre le pouvoir à Mari
et gagna ainsi un fidèle allié. Les cités de Kahat et Ashlakka dans le haut pays en lutte pour leur indépendance
contre Zimri-Lim, après plusieurs campagnes
lui rendirent allégeance. Pour sceller son alliance avec celui-ci, il lui donna sa fille Shiptu (ou Šiptum ou Shibtu ou
Šibtum), de son union avec la Reine Gashera, en mariage. Yarim-Lim I apporta également son soutien à
Zimri-Lim et à
Hammourabi (1792-1750) de
Babylone lorsque ceux-ci firent face à
l’invasion des Élamites. Il mourut peu après, et son
fils qu’il eut, selon Daniel E.Fleming, de son union avec Gashera lui succéda.
Cliquez sur un nom de ville ou de région
|
En 1765 monta donc sur le trône du Yamkhad, Hammourabi I
(ou Hammurapi ou Ammurapi, 1765 à v.1755 ou 1764 à 1750). Comme les archives de
Mari, qui sont notre seule
source de connaissance de l’histoire du Yamkhad, s’arrêtent peu après sa montée sa prise de pouvoir, on est encore à aujourd’hui
très peu renseigné sur les évènements qui se sont produits sous son règne. Dès sa prise de pouvoir, il envoya
des troupes pour aider le Roi de Babylone,
Hammourabi (1792-1750), contre le Roi
d’Élam,
Siwe-Palar-Khuppak (ou Siwepalarhuhpak
ou Siwe-Palar-Huppak, 1770-1745) qui, bien que suzerain de ce dernier, avait lancé une attaque en
Basse-Mésopotamie
dans le but de s’emparer du royaume d’Eshnunna.
Hammourabi fut vainqueur et devint une des puissances de la
région et il chercha alors à étendre son territoire.
Il semble qu’Hammourabi I n’ait pas cherché à
porter secours à son beau-frère (?) Zimri-Lim
lorsqu’en, en 1761/60, celui-ci se fit attaquer par son ex-allié le Roi de
Babylone, qui prit et détruisit
Mari en 1759.
Ceci n’a pas nui aux intérêts du Yamkhad et les relations économiques avec
Babylone on continuées.
On sait par les archives de Shekhna (Tell Leilan), postérieures à cet évènement,
que le Roi d’Alep étendit son autorité jusque dans la région du Khābūr (ou Habur), qui appartenait auparavant au Roi de
Mari. Il donna la ville d’Irridu (Identifiée à
Tell Bender, au Nord-ouest de la
Mésopotamie) à son fils Yarim-Lim II. À sa mort, ses deux fils lui succédèrent.
Le premier, l’aîné, Abbân (ou Abba ou Abba’el, v.1755 à v.1720 ou v.1750 à v.1720) a un nom en écriture
cunéiforme qui a longtemps posé un problème d’interprétation aux historiens. Les spécialistes ont depuis opté pour une lecture
phonétique de son nom. Ce Roi Abbân apparaît dans les archives de
Mari, parmi les personnes participant au voyage du
Roi Zimri-Lim (1775-1761/60) à
Ougarit.
On sait qu’il est monté sur le trône d’Alep et du Yamkhad, par un texte retrouvé à
Alalah, dans lequel il dit avoir donné en apanage le royaume
d’Alalah à son frère Yarim-Lim II.
On sait également que son royaume s’étendait à l’Est au-delà de l’Euphrate, dans l’ancien royaume de
Mari. Lors de son règne apparait aussi un autre
fis d’Hammourabi I nommé Nakkusse, dont le nom fut retrouvé sur un sceau à
Alalah, qui détenait
une position élevée à la cour. Le règne d’Abbân fut relativement pacifique et selon William James Hamblin, il maintint de bonnes
relations commerciales avec Babylone.
L’événement principal de cette période fut la rébellion de Zitraddu, le Gouverneur de la ville d’Irridu, qui
appartenait à son frère Yarim-Lim II. Une tablette découverte à Alalah
explique les circonstances qui conduisirent à la réorganisation du royaume d’
Alalah. Elle révèle qu’Abbân détruisit Irridu et pour compenser son frère lui donna la ville en apanage, mais qu’elle serait
confisquée si Yarim-Lim II ou ses descendants trahissaient le Yamkhad. Selon Nadav Na’aman, en contrepartie, Abbân
prêta serment de ne pas confisquer le nouveau royaume de son frère et qu’il pourrait être maudit si jamais il le faisait. À sa
mort il fut remplacé par Yarim-Lim II. Il faut noter que certains spécialistes, comme Horst Klengel et Beatrice Teissier,
avancent que ce dernier était son fils et différent donc de Yarim-Lim Roi d’
Alalah (qui serait bien son frère).
Tablette cunéiforme juridique de Niqmepa – British Museum |
Yarim-Lim II (ou Iarim-Lim, v.1720 à v.1700) succéda donc à son frère (ou père). Pour lui, comme pour les
Rois suivants, leurs noms nous sont avérés seulement par les archives administratives d’Alep, mais les faits historiques entourant
leur règne sont mal connus. En ce qui concerne Yarim-Lim II, son existence est confirmée par une inscription découverte à
Alalah, qui selon Beatrice Teissier et Horst Klengel, le désigne comme le
“fils d’Abbân bien-aimé du Dieu Hadad“. Cette même inscription nous indique qu’un de ses ministres se nommait Ini-Kubaba.
Moshe Weinfeld suggère que Yarim-Lim II est le même Yarim-Lim d’Alalah,
il avance que l’inscription qui mentionne que Yarim-Lim était un fils d’Abbân est en fait la preuve qu’Abbân aurait adopté son
frère pour en faire un Roi. Cette théorie est contestée par certains faute de preuve. On sait par les archives de Shekhna (ou
Shubat-Enlil ou Tell Leilan) qu’Alep étendit sa domination sur les Rois de la région du triangle du Khābūr, dont
ceux des villes de Nagar et
Urkesh.
Il est possible que le Qatna et
Karkemish
aient été soumis à leur tour.
Yarim-Lim II fut succédé par son fils Niqmepa (ou Niqmepuh, en Akkadien :
Nikmi-epuḫ, v.1700-v.1680 ou v.1700 à v.1675).
Le peu de connaissances sur ce Roi viennent également de tablettes retrouvées à
Alalah.
Son existence est aussi confirmée par un certain nombre de sceaux, dont un avec la mention “Yarim-Lim Roi d’Alalah,
oncle de Yarim-Lim II et vassal du Yamkhad, est mort pendant le règne Niqmi-Epuh et fut succédé par son fils Ammitakum“.
Une autre tablette nous informe de son retour de Nishin, un endroit qui n’est pas encore identifié, mais qui se trouve,
selon Horst Klengel, certainement à l’intérieur du territoire du Yamkhad parce que la tablette semble se référer à un voyage
et non pas à une campagne militaire. L’acte le plus important de son règne semble être la conquête de la ville de
Karkemish.
Niqmepa eut un certain nombre de fils dont Irkabtum, qui lui succéda, le Prince Abba-El et éventuellement, selon
Wilfred Van Soldt, Yarim-Lim III. Douglas Frayne évoque qu’Hammourabi III, le dernier Roi avant la conquête
Hittites, en 1619, aurait pu
être aussi son fils ?.
Irkabtum (v.1680 à v.1650 ou v.1675 à ?) fut donc le souverain suivant. Il est mentionné dans un
fragment d’une ancienne lettre
Hittite, mais il est surtout connu à travers les sceaux retrouvés à
Alalah. Ces derniers nous indiquent que le Roi s’engagea avec son Roi
vassal Ammitakum (ou Ammitaqu, XVIIe siècle) d’Alalah, dans la vente et
l’achat de villes et de villages afin d’ajuster les frontières communes entre eux.
On y apprend aussi qu’il fit campagne dans la région de Nashtarbi à l’Est de l’Euphrate, contre des Princes qui se seraient
rebellés contre le Yamkhad. La campagne fut semble-t-il de grande importance. Irkabtum est connu pour avoir conclu un traité de
paix avec le Roi Apirou (ou Hapiru ou Habiru ou Abirou ou Hapirou ou Habirou ou Ha biru ou Apiru, groupe
de personnes qui vivaient comme des nomades dans les régions du Croissant fertile de la
Mésopotamie du Nord et l’Iran aux
frontières de l’Égypte), Semuma,
au nom de son vassal d’Alalah.
Les sources sont incertaines mais Irkabtum est aussi donné
comme le père de Yarim-Lim III.
Toutefois, les spécialistes s’accordent aujourd’hui sur le fait qu’il fut succédé par Hammourabi II (ou Hammurapi ou
Ammurapi, v.1650 à v.1625) dont la filiation est inconnue. Il ne doit pas être confondu avec Hammourabi III (plus bas) comme
c’est souvent le cas. Comme preuve, il est mentionné dans des sceaux retrouvés à
Alalah (Alt 21 et Alt 22) faits avant la destruction de la ville,
tandis que le Hammourabi mentionné dans les annales
Hittites (Après la destruction
d’Alalah) a été attesté comme le fils de
Yarim-Lim III.
Cela dit, rien sur son règne n’est connu et comme dit plus haut de même pour sa filiation.
Char de guerre Hittite – Bas relief trouvé à Karkemish
|
Lui succéda Yarim-Lim III (ou Iarim-Lim, v.1625 à ?)
qui monta sur le trône à un moment de pleine
désintégration interne du Yamkhad, qui de plus fut combiné avec la menace étrangère représenté par la montée en puissance des
Hittites.
Dans les premières années de son règne on sait que Yarim-Lim III lutta victorieusement contre le
royaume de Qatna, mais il resta toutefois
assez faible. Faiblesse dont profita le Roi d’Alalah, Ammitakum
(ou Ammitaqu) qui affirma son autonomie mais sans se rendre indépendant. Cet
acte a probablement joué un rôle dans la décision d’Alep de ne pas envoyer de renforts pour protéger
Alalah lors de l’attaque du Yamkhad
par le Roi
Hittite,
Labarna II
(v.1650-v.1620, qui prit le nom d’Hattousili I ou Hattusili).
Celui-ci, lors d’une campagne, franchit
les monts Taurus, attaqua la ville, qu’il prit et dévasta vers 1650 (on trouve aussi v.1625 ?). Puis, partant
d’Alalah il conquit le Nord de la Syrie, région importante pour ses routes
commerciales et l’accès aux ports méditerranéens de
Byblos et
Ougarit.
Labarna II attaqua ensuite
Urshu (ou Warsuwa ou Urshum, cité-État
Hourrite et
Amorrite dans le Sud de
l’Anatolie, probablement située sur la rive ouest de
l’Euphrate) et Karkemish.
Yarim-Lim III envoya de l’aide à cette dernière, mais en vain, le
Hittite la détruisit.
Il s’allia alors aux Hourrites et
attaqua Labarna II alors
qu’il faisait campagne contre l’Arzawa,
avec cette fois la volonté d’entreprendre directement la lutte contre Alep.
Dans la
cinquième année de ses campagnes Syriennes
Labarna II se dirigea vers
Hassuwa (ou Khashshum, cité-État
Hourrite
au Nord de Karkemish),
Yarim-Lim III envoya son armée sous la direction des Généraux Zukraši (ou Zukrassi) et Zaludis (ou Zaludi).
L’armée était composée d’une centaine de chars et des milliers de fantassins. La bataille eut lieu près du mont Atalur (ou
Adalur, situé au Nord d’Alep pas très loin de l’Amanus [ou monts Nur], il peut être identifié avec le mont Kurd-Dagh).
Le Hittite sortit victorieux.
La même année il marcha contre la ville de Tawanaga, il captura son Roi qui fut décapité. Il détruisit ensuite les villes
Hourrites
de Zippasna (ou Zippašna) et de Hahhu (ou Hakhkhu ou Ḫaḫḫu),
au Sud près d’Hassuwa, sur l’Euphrate, puis il retourna à
Hattousa. La sixième année de
campagne du Hittite
fut une deuxième campagne contre
l’Arzawa et directement contre Alep.
La date exacte de la mort de Yarim-Lim III n’est pas connue, il fut succédé par
Hammourabi III (ou Hammurapi ou Ammurapi, ? à v.1600), son fils possible ou cousin ?. Celui-ci du affronter le Roi
Hittite
Moursil I
(ou Mursili ou Mursilis ou Muršili, v.1620-v.1590)
dans son attaque directe sur la ville d’Alep qu’il finit par prendre, ce qui mit fin au grand royaume du
Yamkhad. Cependant la date exacte de la chute d’Hammourabi III et ce qu’il
devint sont inconnus. Les Hittites se servirent
ensuite de la ville comme base de lancement pour leur campagne militaire de grande envergure contre la
Mésopotamie.
Moursil I, par exemple, marcha le long de l’Euphrate, surprit et pilla
Babylone et y fonda la
IIe dynastie de Babylone.
Ce fut la fin de la domination Amorrite
sur le Proche-Orient. Après ces succès, les
Hittites ne réussirent pas à
garder le contrôle de la Syrie. Dès lors Alep poursuivit son histoire seule. Elle devint une grande étape pour les caravanes entre
la Syrie et la Mésopotamie.
Vue des fouilles le long de la citadelle |
Dans la période très mal connue qui va de v.1595 à v.1450, un nouveau royaume s’affirma à Alep
et un Prince du Yamkhad semble avoir retrouvé le trône après la mort de
Moursil I vers 1590.
Ce “souverain”, du nom de Sarra-El, est connu par le sceau de son fils, Abba-El II, utilisé
plus tard par Niqmepa (ou Niqmepuh, v.1430- ?), Roi d’Alalah,
comme sceau dynastique. Le sceau décrit Abba-El II comme "le bien-aimé d’Hadad", titre utilisé par les Rois du
Yamkhad. Niqmepa était le fils d’Idrimi (V.1490-v.1450) qui était un
descendant des anciens Rois du Yamkhad. Beaucoup de spécialistes pensent que le père
d’Idrimi,
Ilim-Ilimma I (Roi d’Alalah et Roi du Yamkhad, v.1530-v.1490) était en fait
le fils d’Abba-El II ?. Ces faits confirmeraient donc que Sarra-El était un Prince du Yamkhad.
Son nom est également mentionné dans deux sceaux, retrouvés à
Alalah (Alt 79 et Alt 95). Dans ces inscriptions, son nom vient
après le nom de la Princesse Bintikidiya et d’un Prince Hammourabi, l’héritier d’Alalah, indiquant l’état royal de Sarra-El.
Michael C.Astour avance que Sarra-El est le fils probable de
Yarim-Lim III ?. À cette période, Alep fut reconstruite et
devint de nouveau la capitale, mais le nom Yamkhad sortit de l’utilisation courante. Le titre des monarques devint Roi
d’Halab. Moursil I
mourut autour de 1590, la restauration ne se serait pas passée très longtemps
après sa mort, ce qui pour les spécialistes met le "règne" de Sarra-EL (s’il fut Roi) dans le premier quart du XVIe siècle.
La date de la mort de Sarra-El n’est pas connue, mais ce qui est sûr c’est que son successeur sur le trône du
Royaume d’Halab fut son fils Abba-El II. Il est confirmé dans cette fonction par son sceau royal, réutilisé par Niqmepa
(voir ci-dessus) comme gouvernant Alep, Ama’u, Niya et Mukis, dans la région d’Alalah, au Nord de la Syrie.
Selon Trevor Bryce Alep fut restaurée par son père Sarra El, mais d’autres historiens comme Michael C.Astour
considèrent que ce fut Abba-El II qui restaura le royaume, son père n’en étant pas le Roi ?. Lors de cette période, Alep
récupéra de l’invasion
Hittite et élargit son territoire à certaines de ses anciennes terres, y compris
Alalah, Niya et Ama’u. Le successeur d’Abba-El II, à la fois sur le trône
d’Halab et celui d’Alalah, fut son fils probable, Ilim-Ilimma I
(v.1530-v.1490), qui est donné par beaucoup de spécialistes comme le père
d’Idrimi (v.1490-v.1450),
qui constitua une dynastie à Alalah après qu’Alep fut tombée aux mains des
Mitanniens vers 1525.
Dès lors, la cité n’occupera plus une place importante avant longtemps.
Vers 1000 la ville devient la plate-forme tournante du marché du savon dans le monde, position qu’elle garda
jusqu’aux temps modernes. En 738, elle fut rattachée à
l’Assyrie sous le nom de Halman. Elle fut
conquise en 333, par
Alexandre le Grand (336-323) et passa ensuite possession des Rois
Séleucides.
Philippe I Épiphane Philadelphe (95-83)
et son frère jumeau Antiochos XI Philadelphe
Épiphane (95-93/92) en firent la capitale de leur partie du royaume de Syrie et la rebaptisent Beroia
(ou Bérée ou Beroea). Puis elle fut occupée par les Romains en 65 av.J.C qui la gardèrent jusqu’à l’époque Byzantine ou elle leur
fut quelques fois disputées par les Sassanides.
Enfin, elle fut conquise par les arabes en 637.
Bibliographie
Pour d’autres
détails sur le Royaume et la ville voir les ouvrages de :
Fayssal Abdallah et Paul Garelli :
– Les relations internationales entre le royaume d’Alep Yamhad et les villes de Syrie du Nord (1800 à 1594 av.J.C.),
Hist. et civilis. de l’Antiquité, Paris 1, 1985.
Michael C.Astour :
– Hittite history and absolute chronology of the bronze age, P. Åström, Partille, 1989.
Trevor Bryce :
– The Routledge handbook of the peoples and places of ancient western Asia, Routledge, London, New York, 2009.
– Ancient Syria : A three thousand year history, Oxford University Press, New York, 2014.
Eileen Eddy Darrah :
– Ancient Aleppo, the great kingdom of Yamkhad and its king, Yarimlim : The
textual evidence, San Jose State University, 1981.
Anne Draffkorn Kilmer :
– Was King Abba-An of Yamḫad a vizier for the King of Ḫattuša ?,
American Schools of Oriental Research, Durham, 1959.
William James Hamblin :
– Warfare in the ancient Near East to 1600 BC : holy warriors at the dawn of history, Routledge, London, New York, 2006.
Daniel E.Fleming :
– Democracy’s ancient ancestors : Mari and early collective governance, Cambridge University Press,
Cambridge, New York, 2004.
Horst Klengel :
– Syria, 3000 to 300 B.C. : A handbook of political history, Akademie Verlag, Berlin, 1992.
Jacob Lauinger :
– Following the man of yamhad : Settlement and territory at old Babylonian Alalah,
Brill, 2015.
Nadav Na’aman :
– Canaan in the second millennium B.C.E., Eisenbrauns, Winona Lake, 2005.
Beatrice Teissier :
– Egyptian iconography on Syro-Palestinian cylinder seals of the middle bronze age, University Press,
Fribourg, 1996 – Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, 1996.
Charles Leonard Woolley :
– A forgotten kingdom, being a record of the results obtained from the
excavation of two mounds, Atchana and Al Mina, in the Turkish Hatay, Penguin
Books, Baltimore, 1953.
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