Royaumes Hellénistiques

L'Arménie

Les  Arsacides  de  54  à  428

Principaux Rois en Asie Mineure

 

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 Pour plus de détails voir aussi : L'histoire de l'Arménie avant les Arsacides -

               Les capitales Arméniennes

 

 

 

 

Saint-Grégoire I l'Illuminateur -

Icône Byzantine - XIV siècle

   La dynastie Arsacide (ou Arshakuni) a dirigé le Royaume d'Arménie de 54 à 428. Elle est issue d'une branche des Parthes Arsacides. Les Rois Arsacides ont régné par intermittence tout au long des chaotiques années qui suivent la chute de la dynastie Artaxiade jusqu'en 62 ap.J.C, lorsque Tiridate I d'Arménie va débuter son deuxième règne en Arménie.  Un royaume complètement indépendant est créé plus

 

Liste des Rois d'Arménie

 

Rois d'Arménie

tard par Vologèse II (ou Valarsaces ou Valarses ou Vagharshak, 180-191) en 180. Deux des plus importants événements de la dynastie Arsacide dans l'histoire Arménienne ont été la conversion de l'Arménie au Christianisme par saint Grégoire l'Illuminateur en 301 et la création de l'alphabet Arménien par Mesrop Mashtots, en 405.

  

   La première apparition d'un Arsacide sur le trône Arménien se situe en 12 quand le Roi Parthe Vononès I (12-18) est exilé de Parthie en raison de sa politique pro-Romaine et de ses manières Occidental. Vononès I monte sur le trône Arménien avec le consentement des Romains, mais le nouveau Roi Parthe Artaban III (10-38 ou 12-38/40) exige sa déposition, comme l'Empereur Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) ne souhaite pas commencer une guerre avec les Parthes, il retire Vononès I qu'il envoie en Syrie. Après la mort du Roi suivant Artaxias III, vassal des Romains, le Roi des Parthes Artaban III impose aux Arméniens comme souverain son fils aîné, Arsace I (34/35).

 

   L'Empereur Romain Tibère (14-37) refuse toutefois d'accepter cette remise en cause du protectorat Romain sur le pays et présente un autre candidat au trône au nom de Mithridate d'Arménie (35-37 et 42-51). À la cour d'Arménie, en 35, le parti pro-Romain fait empoisonner Arsace I après moins d'un an de règne et proclame Mithridate Roi. Le pays tout entier devient alors une zone tampon où Romains et Parthes s'affrontent.

 

   En 35, Mithridate d'Arménie est détrôné par un Roi Arsacide, Orodès I (35 et 37-42) un autres fils du Roi des Parthes Artaban III. L'Empereur Romain Tibère n'avait pas l'intention de renoncer à l'États tampon que formait l'Arménie à sa frontière orientale et envoie son neveu et héritier Germanicus à l'Est, qui conclu un traité avec Artaban III, dans laquelle il reconnait Orodès I comme Roi et ami des Romains. Dans le même temps Mithridate d'Arménie appelle à l'aide son frère, le co-Roi d'Ibérie Pharzman I (ou Pharasman ou Farasmanes, 1-58) qui lui envoie des mercenaires Sarmates.

 

   La même année Orodès et les Parthes sont mis en fuite. Mithridate reste maître du royaume, jusqu'à ce que l'Empereur Romain Caligula (37-41) le déclare déchu en 37 et l'emprisonne. Orodès I reprend alors le pouvoir jusqu'en 42 où le nouvel Empereur Romain Claude (41-54) renvoie Mithridate en Arménie. Ce dernier reconquiert le pays avec l'aide des Ibères. Orodès I s'enfuit définitivement auprès de son père en Parthie.

 

   En 51, Rhadameste (ou Rhadamiste ou Radamisto, 51-53 et 54), qui est le fils du Roi d'Ibérie Pharzman I et l'époux de Zénobie, la fille de Mithridate d'Arménie (Donc sa cousine), détrône son beau-père et le fait assassiner pour trahison et s'empare du pouvoir. La même année, le procurateur Romain de Cappadoce, Julius Paelignus, envahit l'Arménie et ravage le pays. Agissant sans instructions, Paelignus reconnaît toutefois Rhadameste en tant que nouveau Roi d'Arménie.

 

   Rhadameste ne va pas régner longtemps, il est attaqué à son tour par le Roi Parthe Vologèse I (51-77) qui envahit à son tour l'Arménie. Il prend Artaxata, en 53 et il fait proclamer Roi Tiridate I. Cette action viole une nouvelle fois le traité conclu entre l'Empereur Romain Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) et le Roi Parthe Phraatès IV (38-2 av.J.C), qui attribuait aux Romains le droit de désigner et de couronner les Rois d'Arménie.  

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Rhadameste tuant Zénobie -

 Luigi Sabatelli - 1803

 

   Vologèse I Considère pour sa part que le trône d'Arménie était jadis la propriété de ses ancêtres et qu'il est maintenant occupé par un usurpateur à la suite d'un crime. Mais une épidémie hivernale et une insurrection menée par son fils Vardanès II (55-58) l'obligent à retirer ses troupes d'Arménie, permettant à Rhadameste de revenir et de punir les nobles locaux, pro-Parthe, en tant que traîtres, ces derniers se révoltent et le remplacent par Tiridate I au début de l'année 54. Rhadameste fuit alors l'Arménie avec son épouse Zénobie qui est enceinte mais celle-ci incapable de continuer et se voyant sur le point de tomber aux mains de l'ennemi, lui demande de mettre fin à ses jours. Rhadameste s'exécute, il la poignarde et jette son corps dans l'Araxe et se réfugie dans les États de son père.

 

Statue de Tiridate I dans les jardins du Château de Versailles, par André

 

   Tiridate I (En Arménien : Տրդա տ Ա, 53 et 54-58 et 62-73) est considéré comme le véritable fondateur de la dynastie. Son début de règne est marqué par une brève interruption vers la fin de l'année 54, qui sera suivie par une beaucoup plus longue de 58 à 62. Dans un accord pour résoudre le conflit Romano-parthe pour la main mise sur l'Arménie, Tiridate I est confirmé Roi d'Arménie par l'Empereur Romain Néron (54-68). Même si cela faisait de l'Arménie un vassal de Rome, diverses sources Romaines contemporaines pensent que Néron a de facto cédé l'Arménie aux Parthes. L'accord entre l'Empereur Romain et les Parthes stipulait que le Roi d'Arménie serait lié aux deux Empires. Il serait, comme cela avait déjà été prévu dans l'accord passé entre l'Empereur Romain Auguste et le Roi Parthe Phraatès IV, choisi dans la famille Arsacide du Roi des Parthes, mais serait couronné par les Romains. 

   Le premier à inaugurer la longue listes des Rois Arsacides est donc Tiridate I qui en plus d'être Roi, est aussi un Prêtre Zoroastrien et était accompagné par d'autres mages avec lui dans son voyage à Rome en 66. Au début du XXe siècle, Franz Cumont a spéculé que Tiridate I a joué un rôle dans le développement du culte de Mithra, qui à son avis, a Romanisé le Zoroastrisme.  Cette théorie a été aujourd'hui réfutée par les spécialistes. Tiridate I est le fils du Roi Parthe Vononès II (50-51) et d'une concubine Grecque. Sa jeunesse, qu'il passe en Médie, qui est alors gouvernée par son père au nom du Roi Gotarzès II  (47-50), est largement méconnue. Le nom de Tiridate signifie "donné par Tir", Dieu Arméno-parthe de la littérature, des sciences et des arts trouvant son origine dans le Tištrya avestique et fusionné avec l'Apollon Grec.

 

Monnaie de Vologèse I

    Insatisfait de l'influence Parthe de plus en plus près de son Empire, l'Empereur Romain Néron (54-68) envoie le général Gnaeus Domitius Corbulo (7-67) avec une grande armée à l'Est afin de rétablir la domination Romaine. Au printemps 58, Corbulo entre en grande Arménie et avance vers Artaxata, tandis qu'un de ses alliés Parasmanes I d'Ibérie (ou Faraasmanes) attaque par le Nord et un autre, Antiochos IV de Commagène, (38-72) attaque au Sud-ouest. Soutenu par son frère Vologèse I, Tiridate I envoie des escadrilles loin de leurs bases attaquer les Romains. Corbulo riposte en utilisant les mêmes tactiques et en faisant appelle aux tribus Moschoi pour attaquer des régions de l'Arménie.

 

   Tiridate I en difficulté, fuit la capitale et Corbulo brûle Artaxata. En été, Corbulo recommence à progresser dans la direction de Tigranocerta à travers un terrain accidenté. Il passe par le Taronitida (Taron) où plusieurs de ses commandants vont trouver la mort dans une embuscade tendue par la résistance Arménienne.    Cependant Tigranocerta ouvres ses portes, à l'exception de l'une des citadelles, qui est détruite au cours de l'attaque. À ce moment-là, en fin 58, début 59, la majorité des Arméniens abandonnent la résistance et acceptent le Prince favorisé par Rome.

 

   Tiridate I est détrôné et l'Empereur Néron donne la couronne au dernier descendant royal des Rois de Cappadoce, le petit-fils de Glaphyra, fille d'Archélaos de Cappadoce, et Alexandre de Judée (Le fils d'Hérode le Grand, 41-4 av.J.C), qui prend le nom Arménien de Tigrane VI de Cappadoce (59-62). Il était le neveu de Tigrane V. Son fils, nommé Alexandre, épouse Iotapa, la fille d'Antiochos IV (38-72) de Commagène et est fait Roi de Cilicie.  Néron est salué avec honneur par les Romains pour cette première victoire et Corbulo est nommé gouverneur de Syrie en récompense. Une petite armée est attribuée à Tigrane VI afin de défendre le pays. Le Roi Parthe Vologèse I est furieux de voir désormais un étranger assis sur le trône Arménien, mais il hésite à rétablir son frère et s'engager dans un conflit.

 

 

Mithra naissant du rocher
 Musée National Romain

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Tête de Néron -

Glyptothèque de Munich

 

 

   De plus, il a aussi à combattre les Hyrcaniens qui se sont révoltés. En 61, Tigrane VI envahit le Royaume d'Adiabène (Royaume en Assyrie avec pour capitale à Arbela, Arbil aujourd'hui en Irak) et renverse son Roi Monobazes, qui était un vassal des Parthes. Vologèse I prend cet acte pour une agression de la part de Rome et commence une campagne dans le but de rétablir Tiridate I sur le trône Arménien. Il place sous le commandement du Spahbod (ou Spahbed commandant des cavaliers) Monesès une armée et lui ordonne d'expulser Tigrane VI d'Arménie.

    Ayant réprimée la révolte des Hyrcaniens, Vologèse I réunis toutes ses forces et se lance vers l'Arménie. Le Romain Corbulo est informé de l'attaque imminente et envoie deux légions à l'aide de Tigrane VI, sous le commandement de Verulanus Sévère et Vettius Bolanus. Corbulo place le reste des légions sur les rives de l'Euphrate et arme des troupes irrégulières des provinces voisines. Monesès marche vers Tigranocerta, mais il sait qu'il ne parviendra pas à démanteler la défense de la ville, ses troupes n'étant pas préparées à tenir un long siège. Corbulo, juge prudent de ne pas attaquer directement le Parthe. Il envoie un centurion Romain du nom de Casperius au camp de Vologèse I à Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin ou Nisibia ou Nisibin, ville dans la province de Mardin, au Sud-est de la Turquie) situé à 60 km de Tigranocerta avec la demande de soulever le siège de la ville. En raison d'une épidémie et de la pénurie de fourrage pour ses chevaux Vologèse I accepte de relever le siège de Tigranocerta et demande à ce que l'Arménie lui soit rattachée afin de parvenir à une paix ferme.

   Vologèse I exige aussi que les troupes aussi bien Romaines que Parthes évacuent l'Arménie, que Tigrane VI soit détrôné et que Tiridate I soit reconnu. Le gouvernement Romain refuse d'adhérer à cet arrangement et envoie Lucius Caesennius Paetus, Gouverneur de Cappadoce, régler la question en mettant l'Arménie sous l'administration directe des Romains. Cependant Paetus subit une humiliante défaite à la bataille de Rhandeia en 62.

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Vue du temple de Garni

   Le commandement des troupes est remis alors à Corbulo, qui l'année suivante à la tête d'une importante armée entre en Arménie et pratique l'élimination de tous les gouverneurs régionaux qu'il soupçonnait être pro-Parthe. À l'emplacement de la bataille de Rhandeia, où il a battu les Romains, Tiridate I lance un appel à Corbulo en vu d'un accord de paix. Lorsque Tiridate I arrive au camp Romain, il retire son diadème royal et le place sur le sol près d'une statue de Néron. Ce dernier accepte en retour de le recevoir à Rome. Tiridate I est reconnu comme le Roi d'Arménie, vassal des Romains.

 

   Une Garnison Romaine restera dans le pays de façon permanente et Artaxata est reconstruite. Corbulo accompagne Tiridate I à Rome afin d'attester de sa propre fidélité à Néron. Lorsque Tiridate I retourne en Arménie, il emmène avec lui un grand nombre d'artisans qualifiés pour la reconstruction d'Artaxata. Il rebaptise la capitale Néronia en l'honneur de l'Empereur et embelli la résidence royale de Garni, toute proche avec des colonnades et des monuments d'éblouissantes richesses et construit un nouveau temple (Temple de Garni). Le commerce entre les deux continents a également augmenté, ce qui permet l'Arménie de garantir son indépendance de Rome. Rome peut maintenant compter sur l'Arménie comme un allié loyal. La paix est une victoire considérable pour la politique de Néron.

 

   Il est devenu très populaire dans les provinces orientales de Rome, même avec les Arméniens et les Parthes. Le nom de la Légion XII Fulminata, découvert gravé sur une montagne de Gobustan (Azerbaïdjan moderne), témoigne de la présence de soldats Romains au delà les rives de la mer Caspienne en 89, ce qui correspond à l'inscription Romaine la plus lointaine connue à ce jour

 

   En 72, des guerriers nomades d'une tribu Sarmate, les Alains, font une incursion en Médie Atropatène, ainsi que dans divers districts du Nord de l'Arménie. Tiridate I et son frère Pacorus, le Roi des Mèdes Atropatènes, leurs font face et livrent un certain nombre de batailles. Au cours de l'une d'elle Tiridate I est capturé, mais il réussit à s'échapper et garder la vie sauve. Ils réussissent à repousser les nomades, mais ceux-ci en se repliant pillent la région et emporte un butin considérable. Une inscription Araméenne retrouvée près de Tbilissi indique que Tiridate I au cours de ses dernières années de règne aurait été en conflit avec le royaume d'Ibérie, peut-être avec le Roi Pharzman I (72-87). On ne connaît pas la date exacte de la mort de Tiridate I ainsi que les circonstances de sa succession. On sait par diverses sources qu'un nommé Sanadroug I lui aurait succédé.

   Sanadroug I (ou Sanatruk, en Arménien: Սանա տ րուկ, latinisé Sanatruces, 75-110 ?) est un Roi (Si il a régné) qui est très mal, voire inconnu. Il est attesté uniquement par la littérature de l'époque ou par la numismatie qui le donne comme successeur de Tiridate I. Toutefois, par le biais de la collecte de diverses sources classiques Arméniennes, la majorité des spécialistes pensent que Sanadroug I est censé avoir régné. Certains proposent des dates entre 75 et 110, mais cette hypothèse pour laquelle il n'existe aucun élément de preuve est rejetée par d'autres. La tradition hagiographique (L'écriture de la vie et/ou de l'œuvre des saints) lui reproche le martyre de l'apôtre Saint Thaddée en Arménie.

 

   En 110, on sait que le Roi Parthe Khosrô I (ou Chosroès ou Osroes, 109-129) envahit l'Arménie et qu'il place sur le trône Axidarès (73-113 ou 110- ?), neveu de Tiridate I et fils du Roi Parthe Pacorus II (78-105) avec le consentement de Rome. Peut-être en 113, le Roi Parthe décide de le remplacer par son frère Parthamasieris (ou Parthamasiris, 113 ? -114). Cette initiative, qui vient violer le traité de Rhandeia conclu entre l'Empereur Néron et les Parthes, va être à l'origine d'une nouvelle campagne militaire des Romains menée par l'Empereur Trajan (98-117). Un certain nombre de sources ont nommé Sanadroug I comme un des leaders de la révolte contre l'occupation de Trajan, il aurait donc peut-être été encore au pouvoir à cette époque ?. En 114, malgré les offres de paix du Roi Parthe, Trajan envahit l'Arménie.

 

L'Empereur Trajan

 

   En 114, à Élégia, près d'Erzurum, l'Empereur Romain reçoit la visite de Parthamasieris qui vient solliciter de lui sa confirmation sur le trône d'Arménie. Trajan refuse de le reconnaître comme Roi et le fait mettre à mort par son escorte lorsqu'il rentre à Artaxata. Le pays, à cette époque devient province Romaine avec comme Gouverneur L. Catilius Severus. Cette situation va durer jusqu'en 118 ou 116 en fonction des sources.

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L'Empereur Adrien 

Musée archéologique de Venise

   À cette époque, un Prince Arsacide, Vologèse I (ou Valarsh ou Valagash ou Valarsaces, 116-138 ou 118-?), fils de Sanadroug (ou Sanatruk ou Sanatruces) avec l’appui des Parthes, prend la tête de la révolte des Arméniens contre Rome. Son père Sanadroug est peut être le même que le Sanadroug I Roi (Voir ci-dessus). Vers 130, l'Empereur Hadrien (117-138), qui a succédé à Trajan, signe un accord de paix avec les Parthes. Celui-ci fixe les frontières des deux empires à l’Euphrate et implique l’abandon par les Romains des trois provinces créées par Trajan, l'Arménie, l'Assyrie et la Mésopotamie. De plus, Hadrien rétablit l’autonomie de l'Arménie et Vologèse I est reconnu comme Roi d'Arménie et de Sophène par les Romains, mais reste leur vassal.

 

   On ignore les rapports qui existent alors entre les Arsacides d'Arménie et ceux de Parthie et vers qui Vologèse I aurait pu donner son soutien entre les deux compétiteurs pour le trône Parthe, Khosrô I (ou Chosroês, 109-129) ou Vologèse III (105-147). Vers 136, Vologèse I envoie un Ambassadeur à Rome pour se plaindre de la complicité du Roi d'Ibérie Pharzman III (ou Pharasman, 131-182) avec les Alains qui multipliaient leurs incursions et dévastaient le Sud du Caucase en Arménie et en Médie. Les Romains restants sourds à sa demande, Vologèse I doit accepter de payer un tribut pour obtenir l'arrêt des raids. On ne connaît pas la date exacte de la fin de son règne, quelques sources indiquent qu'il prend fin un peu après l’avènement de l’Empereur Romain Antonin le Pieux (138-161).

 

   Dans l'histoire Arménienne Vologèse I laisse la réputation d’un grand bâtisseur. Il serait le fondateur près d’Artaxata d’une nouvelle capitale, Vagharchapat-Kainepolis "Fondée par Valarsh" (ou Valarshapat, en Arménien : Էջմիածին, en Russe : Эчмиадзин, aujourd'hui Etchmiadzine) à une vingtaine de Km d'Erevan. Il serait également le créateur des villes de : Valarshavan en Basean (Phasiane) et Valarshakert (Vologesocerta) en Bagrévand (Turquie occidentale).

 

   La succession de Vologèse I est très incertaine. La chronologie des souverains d'Arménie à cette époque est basée sur les sources Gréco-romaines qui restent très lacunaires et le texte de Moïse de Khorène (Écrivain et Savant Arménien, Ve siècle) présente, pour cette période, de graves confusions chronologiques. Certaines sources donnent un certain Orelios Pakoros (?-140/144) dont on ne sait rien si ce n'est qu'il est vassal des Parthes. Puis Sohaemus (ou Sohemo, 140/144-161 et 163-164) arrive au pouvoir. On ne sait rien de la première partie de son règne, si ce n'est que lui, est vassal de Rome. Il est détrôné un moment, en 161, par Pakoros (ou Pacoros, 161-163), un vassal des Parthes. Ce dernier, semble t-il, arrive à reprendre le contrôle du pays après que le Roi Vologèse IV (ou III, 147-191) ait infligé à Elégia une cuisante défaite aux troupes Romaines qui étaient venues défendre le protectorat Romain sur l'Arménie.

 

Moïse de Khorène

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L'Empereur Marc Aurèle

British Museum

 

   Puis, en 163, Sohaemus est remis sur le trône Arménien par l'Empereur Marc Aurèle (161-180) suite à la contre-offensive Romaine menée par Statius Priscus. Bien que lié par ses origines à la dynastie Arsacide, Sohaemus est totalement acquis aux Romains. On sait par un résumé de Photios (ou Photius ou Saint Photios, Catholicos de Constantinople 810-893) qu'il avait été consul à Rome.

 

   Son règne ne va pas être paisible, il connaît beaucoup de rébellions. Sohaemus (ou son successeur) ne peut se maintenir au pouvoir que grâce à l'aide du Gouverneur Romain de Cappadoce, Martius Verus. L'intervention de ce dernier en Arménie a été située par les historiens à différentes dates, 163, 168, 172 etc... (Cette dernière est la plus souvent rencontrée). Les rébellions matées les Romains laisseront une garnison dans la ville pour maintenir le calme et le pouvoir de Sohaemus. Pour Sohaemus aussi la date de la fin de son règne est très discutée, on trouve le plus souvent 164. Cyrille Toumanoff avance que lui auraient succédés : Un nommé Sanadroug II (ou Sanatruk ou Sanatruces, 164-180 ou ? -180).

   

  Puis Vologèse II (ou Valarsh ou Valagash ou Valarsaces ou Vagharshak, 180-191), imposé par son père le Roi Parthe Vologèse IV (ou III), qui va aussi remporter la succession de la maison Arsacide sur le trône de Parthie, sous le nom de Vologèse V (191-207/8). En 186, il va imposer sur le trône de Karthlie/Ibérie son fils Rew I le Juste (ou Rev, 186-213), né de la sœur du Roi Amazasp II (182-186) qui est vaincu et tué lors d'une révolte du peuple.

 

    En 191, après la mort de son père, Vologèse II devient donc Roi des Parthes, il cède alors l'Arménie à l'un de ses fils, Khosrô I le Grand (ou Khosrov ou Chosroês, 191-216) qui devient son vassal. En Parthie Vologèse II (V) réprime une tentative d’usurpation du trône de la part d'Osroès II qui s’était proclamé Roi en Médie en 190. Il doit ensuite faire face, en 195, à l’attaque de l'Empereur Romain Septime Sévère (193-211) qui lui reproche d'avoir soutenu son compétiteur, Pescennius Niger, lors de son accession au trône. L'Empereur Romain avance en Mésopotamie en 195 et occupe Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin). Vologèse II (V) repousse son général Lucius Verus, mais Septime Sévère fait le siège de la capitale Parthe Ctésiphon qu'il prend et pille en 199, capturant des Parthes pour les vendre comme esclaves. Vologèse II (V) réussit à s'enfuir et tente, en vain, de conquérir la forteresse arabe d'Atra.

 

   En 202, la paix est rétablie avec Rome, qui conserve la Mésopotamie occidentale, mais laisse l'Arménie sous domination des Parthes. Chez ces derniers, suite à de graves problèmes de succession entre les deux fils de Vologèse II (V) : Vologèse VI (207/8-218 ou 228) et Artaban V (216-224) une guerre civile va éclater. Vologèse II (V) épouse la fille du Roi d'Ibérie Pharzman III (ou Pharasman, 131-182) qui lui donne quatre enfants : Vologèse VI Roi des Parthes, Artaban V Roi des Parthes, Khosrô I le Grand Roi d'Arménie et Rew I Roi de Karthlie/Ibérie.  

 

 

Représentation de Khosrô I

 

Monnaie de Châhpûhr I

 

   En Arménie après Khosrô I, son fils Tiridate II d'Arménie (216-252) lui succède. Sous son règne, vers 238 selon certaines sources, l'Arménie va tomber sous la domination de la nouvelle puissance montante les Perses Sassanides qui ont mis fin à la dynastie Arsacide des Parthes. Selon la tradition Arménienne et les anciens historiens, Tiridate II est tué en 252 par Anak, un seigneur Parthe de la Maison de Suren. Ses enfants Tiridate III d'Arménie et Khosrô II d'Arménie se réfugient auprès des Romains. Les Perses du Roi Châhpûhr I (ou Shapur, 241-272) occupent le pays et le Roi installe sur le trône d'Arménie Artavazde VI (ou Hormizd-Ardaschir, 252-271). Les Romains viennent en aide aux Arméniens occupés, mais l'Empereur Valérien (253-260) est capturé, en 260 à Edesse, par Châhpûhr I qui le met à mort. La période qui suit est très confuse et les sources se contredisent sur la chronologie et le nom des Rois. En général on admet qu'à la mort de Tiridate II, Artavazde VI lui succède comme vassal des Perses Sassanides.

 

   Cyrille Toumanoff identifie ce Roi Artavazde avec le personnage de l'inscription, connue des historiens occidentaux sous le nom de "Res gestae divi Saporis", que le Roi Châhpûhr I nomme : "Immédiatement après notre fille la Reine des Reines Adour-Anâhîd, notre fils Hormizd-Ardaschir, grand Roi d'Arménie". Il s'agirait dans ce cas du fils aîné et Prince héritier de Châhpûhr I, le futur Roi Ormizd I (ou Hormizd ou Ormuz, 272-273) à qui l'Arménie aurait été donnée en apanage.

 

   Après le règne d'Artavazde VI suit celui d'un nommé Narses (ou Narseh ou Narseus ou Narsehr ou Narssi, 272-294, puis Roi Sassanide de 294-302). Il est le fils de Châhpûhr I (ou Shapur, 241-272) et de la Reine Chapurdokhtak (ou Shapurdokhtak) et serait donc peut-être le frère d'Artavazde VI. Narses est cité dans l'inscription de son père comme : "Notre fils le noble adorateur de Mazda, Narses, Roi de Sind (ou Sindh est l'une des quatre provinces du Pakistan), de Sacastène (ou Saka, aujourd'hui l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan) et de Tourène, jusqu'au bord de la mer".

  

   Il apparaît ensuite après son frère Hormizd-Ardaschir comme Roi vassal d'Arménie de 273 à 279, puis Roi d'Arménie orientale de 279 à 294. Lorsqu'il va être à la tête de l'Empire Perse Sassanide il va attaquer les Romains. En 296, il bat l'Empereur Galère (ou Galérius, 305-311) près de Callinicum sur l'Euphrate. Cependant l'année d'après il est écrasé par les Romains et doit conclure un accord de paix par lequel la Mésopotamie et cinq provinces de la rive gauche du cours supérieur du Tigre sont cédées aux Romains. De plus il doit accepter la souveraineté de ces derniers sur le Royaume d'Arménie. 

 

 

   Monnaie de Narses

 

Tiridate III d'Arménie

 

 

   Lors de la conquête de l'Arménie par le Roi Sassanide Châhpûhr I en 252, Khosrô II le Petit (ou Chosroês, 279/280-287), le fils aîné du Roi Tiridate II d'Arménie, se réfugie chez les Romains. En 279/280 Narses, Roi d'Arménie pour le compte de son frère le Roi Sassanide Bahrâm II (ou Vahram, 276-293), doit céder l'Arménie occidentale à l'Empereur Romain Probus (276-282), qui donne le trône à Khosrô II. Il épouse Olympias qui lui donne deux enfants. En 287, Khosrô II est assassiné et remplacé par son propre frère Tiridate III d'Arménie. Son fils s'enfuit à Césarée de Cappadoce et commence une carrière dans l'armée Romaine. 

 

   Tiridate III d'Arménie (ou Trdat III, en Arménien : Տրդա տ Գ., 287-298) est également connu sous le nom de Tiridate le Grand ou Hélios.  En 301, Tiridate proclame le Christianisme comme la seule religion en Arménie, avec comme premier Évêque Saint Grégoire (ou Grigor) dit  "l'Illuminateur" (D’où le nom de l'Église : Grégorienne, donné à l'Église Arménienne). De ce fait, l'Arménie devient le premier État à adopter officiellement le Christianisme bien avant l'édit de Milan de l'Empereur Constantin (305-337) déclarant la tolérance envers les Chrétiens dans l'empire Romain. Tiridate III, lorsque son père Tiridate II d'Arménie avait été assassiné en 252, avait comme son frère Khosrô II le Petit, fui chez les Romains. Il fait ses études à Rome et apprend les langues et la tactique militaire, en outre, il métrise parfaitement et apprécie le droit Romain.

   En 287, les relations Romano-arméniennes sont de plus en plus fortes en particulier avec l'Empereur Dioclétien (284-305), cela tient sûrement au fait de l'éducation de Tiridate III. Lorsque son frère Khosrô II est assassiné, il profite d’une campagne victorieuse des armées Romaines contre les Perses pour rentrer en Arménie et soulever le peuple. Dioclétien le nomme alors Roi de l'Arménie occidentale. Puis en 293, lorsque Dioclétien réunifie l'Arménie, avant de quitter le pays il donne le trône de toute l'Arménie à Tiridate III. De plus il laisse à son l'État une quasi-indépendante avec dans l'idée de l'utiliser comme un tampon en cas d'une attaque Perse.  

 

   En 298, Tiridate III est reconnu par les Perses sur le trône d’Arménie à l’issue du traité de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin) entre l'Empereur Romain et le Roi Sassanide Narses (Ex Roi d'Arménie). À la mort de Tiridate III l’Arménie va connaître un siècle de guerres et d’anarchie. Certains spécialistes, dont Gérard Dédéyan (Histoire du peuple Arménien), donnent une autre chronologie après Khosrô II : Tiridate III 287-298, qui serait son frère et Tiridate IV dit Hélios le Grand, 298-330 qui serait son fils de Khosrô II. Ils  relatent également qu'Anak serait aussi l'assassin de Khosrô II et attribuent l'histoire de Grégoire à Tiridate IV, le débat reste ouvert.

 

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Mosaïque représentant Saint Grégoire  l'Illuminateur - Musée d'Istanbul

 

L'histoire de la conversion de Tiridate III

 

   Le récit est historiquement vrai, mais les détails pourraient éventuellement être enracinés dans la légende. Grégoire l'Illuminateur, le fils d'Anak, était un Chrétien convertit. Il avait un sentiment de culpabilité pour le péché de son père et s'était joint à l'armée Arménienne où il avait travaillé comme secrétaire. Au cours d'une cérémonie religieuse païenne Tiridate III demande à Grégoire de placer une couronne de fleurs au pied de la statue de la Déesse Anahit à Eriza (Erzindjian). Grégoire refuse, en proclamant sa foi Chrétienne. Cet acte rend le Roi furieux et cette fureur est exacerbée lorsqu'il apprend que Grégoire est le fils d'Anak, le traître qui a tué son père Tiridate II. Grégoire subit les "douze tortures" et est finalement jeté dans un donjon très profond réservée aux condamnés à mort..

Pendant les années de prison de Grégoire, un groupe de vierges, dirigé par Gayane, vient en Arménie pour fuir la persécution Romaine sur les Chrétiens. Tiridate III entend parler du groupe et de la beauté légendaire de l'un de ses membres, Hripsime. Il les fait venir au palais et exige de se marier avec la belle Hripsime, mais celle-ci refuse. Le Roi fait alors torturer et tuer le groupe. Après cet événement, il tombe malade. La sœur du Roi, Xosroviduxt, dans un rêve voit Grégoire encore vivant dans son donjon et comprend qu'il est le seul capable de guérir le Roi. Mais cela fait 13 ans depuis son incarcération et les chances qu'il soit encore vivant sont minces.

 

À la joie de la Princesse, Grégoire est retrouvé incroyablement sous-alimentés,  mais encore en vie. Il avait été aidé par une femme qui jetait pour lui une miche de pain dans le donjon tous les jours. En 301, Tiridate III est porté à Grégoire et est miraculeusement guéri de sa maladie en 301. Immédiatement le Roi proclame le Christianisme comme la religion officielle de l'État et l'Arménie devient le premier pays à adopter officiellement le Christianisme.

 

   Le passage de la religion païenne traditionnelle Arménienne à la religion Chrétienne n'a pas été facile.  Tiridate III a souvent utilisé la force pour imposer cette nouvelle foi sur la population et de nombreuses batailles ont suivi, parce que le polythéisme était profondément enraciné dans le peuple Arménien. Une dernière bataille entre les forces du Roi et les polythéistes a eu lieu, qui a abouti à leur assujettissement. Tiridate a donc passé le reste de sa vie à essayer d'éliminer toutes les anciennes croyances et ce faisant, détruit d'innombrables statues, des temples et des textes. De ce fait, on sait peu de choses de l'ancienne histoire Arménienne et de sa culture. 

 

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Baptême de Tiridate III par Saint Grégoire l'Illuminateur

Plat représentant Châhpûhr II

 

   Khosrô III le Petit (ou Chosroes ou Khosrov III Godag, 330-339) est le fils de Tiridate III et lui succède. Il était un homme de petite taille, d'où son nom. Il fonde la ville de Dvin qui deviendra plus tard la capitale Arménienne. Au cours de son règne, deux généraux, Vatche Mamikonian et Vahan Amatuni, se sont distingués pour leur valeur au combat. Au cours de ces années, un sentiment pro-Sassanide et anti-Mamikonian (ou Mamikoneans, en Arménien: Մամիկոնյան, est une famille noble qui a dominé la vie politique Arménienne du IVe au VIII siècles) et anti-Romain grandit dans le pays. Les groupes pro-sassanides gagnèrent en popularité à tel point qu'ils réussirent à assassiner le Patriarche (Catholicos) Saint Aristacès I, fils de Grégoire l'Illuminateur. Khosrô III aura à faire face à deux invasions du Roi Perse Sassanide Châhpûhr II (ou Shapur, 310-379) qui va lui prendre quelques territoires.

                                                  Vatche Mamikonian sera tué dans les combats et sera par la suite élevé au rang de Saint par l'Église Apostolique Arménienne pour son sacrifice. À la mort de Khosrô III, son fils Tigrane VII (ou Diran, 339-350) lui succède. C'est un Roi faible dont le règne va être altéré par les conflits internes et externes. Tigrane VII sera souvent en désaccord avec le Patriarche (Catholicos) Saint Houssik I (ou Saint-Husik, Martyr de l'Arménie) à tel point qu'il ordonnera son exécution en 347. Le Roi Perse Châhpûhr II va une nouvelle fois envahir l'Arménie, Tigrane VII sera pris en otage, rendu aveugle et emprisonné. Toutefois, l'armée et la noblesse, assistées par les Romains, vont lutter contre les envahisseurs et vont les battre. Les Perses, vaincus signent un traité et acceptent de libérer Tigrane VII.

  

   Cependant, en 350, le Roi déprimé et aveugle, abdique et remet la couronne à son fils Arsace II (ou Arshak II, 350-368). Dans les premières années de son règne Arsace II est courtisé par les Empires de Rome et de Perse, chacun essayant de gagner l'Arménie de leur côté en vue des prochains conflits. Arsace II consent à épouser une Princesse Romaine, Olympias, fille de Flavius Ablavius Parandzem, mais il réussit à maintenir la neutralité de l'Arménie jusqu'en 361. Pendant ce temps, le Roi Perse Châhpûhr II (ou Shapur, 310-379) intensifie ses efforts en vue de la conquête de l'Arménie une fois pour toutes. Il commence par mettre de son côté la noblesse Arménienne en lui distribuant des pots-de-vin, surtout à Vahan Mamikonian et Mérouzhan Artzruni, pour les faire adhérer à sa cour royale. Ces deux derniers seront Gouverneur en 369 et 370 lors de l'occupation du pays.

 

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Tête probablement  Châhpûhr II -

  Metropolitan Museum of Art

 

    Arsace II se concentre lui sur le renforcement de son armée. Il récompense des généraux fidèles et, à l'inverse, va  punir sévèrement les déloyaux. Il conçoit un plan ambitieux dans lequel tous les criminels qui sont installés dans sa ville nouvellement fondée, Arshakavan, reçoivent l'amnistie complète, soit environ 150 000 personnes installées dans la ville. Son espoir était de créer une grande armée directement sous son commandement. Mais, la noblesse Arménienne est en désaccord avec son plan et par la suite va détruire la ville et tué les habitants.

   Les Romains et les Perses sont de nouveau impliqués dans un conflit. L'Empereur Jovien (Flavius Iovianus, 363-364) en juillet 363, signe une paix déshonorante pour les Romains avec Châhpûhr II, traité dans lequel il laisse aux Perses la prise en charge des forteresses de Nisibe (ou Nisibis ou Nusaybin), Castra Maurorum, Singara et une partie de l'Arménie. Arsace II se trouve abandonné par les Romains et à le lourd fardeau de défendre l'Arménie tout seul. Les Perses l'attaquent rapidement, mais sans succès, dû en partie au commandement du Sparapet (général) Vasak Mamikonian.

 

   Châhpûhr II, voyant que ce n'était pas par la force qu'il allait soumettre Arsace II, il décide de passer par la traîtrise. Arsace II est invité par le Roi Perse à des pourparlers de paix. Quand il arrive avec Vasak Mamikonian, ils sont faits prisonnier. De sa prison Perse, Arsace II n'est pas en mesure d'arrêter l'invasion de l'Arménie et le pays devient possession Sassanide. Il est enfermé au Khouzistan (ou Khûzistân), au "Château de l'Oubli" où après une longue captivité, il se donne la mort. Pendant les deux ans qu'il va diriger le pays Châhpûhr II va tout faire pour supprimer les Catholiques et les convertir au Zoroastrisme.

 

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Plat représentant Châhpûhr II à la chasse aux lions - Argent

   Une légende entour la fin de la vie d'Arsace II. Un Arménien, du nom de Trastamat, sauva la vie                                                          de Châhpûhr II au combat. Le Roi Perse pour le remercier lui accorda un souhait. Trastamat voulait visiter le prisonnier Arsace II. Au cours de sa visite Arsace II très déprimé en souvenir de ses jours de gloire prit le couteau de son visiteur et se tua. Trastamat, ému par ce qu'il venait de voir prit le couteau de la poitrine d'Arsace et se poignarda aussi. Au delà de sa volonté guerrière Arsace II fut aussi un bâtisseur. On lui attribue l'amélioration de plusieurs aspects du royaume, comme : La création de nombreux monastères, la construction d'hôpitaux, la création de nombreuses écoles qui enseignaient les langues Assyrienne et Grecque, depuis la Sainte Bible qui était lue dans ces langues à ce moment-là. Il interdit les mariages endogames, la polygamie, le divorce, les rites païens, l'ivresse et la vengeance par meurtres. Il encouragea les propriétaires d'esclaves à être miséricordieux envers eux et de les traiter comme des égaux. Il épouse aussi Parandzem qui lui donne un fils.

 

   Pap (ou Bab ou Pab, en Arménien: Պա պ, en Latin : Papes, 370-374), né vers 353, est le fils d'Arsace II et de la Reine Parandzem et lui succède. il est connu pour avoir empoisonné le Patriarche (Catholicos) Nersès I le Grand. Le Roi Perse Châhpûhr II (ou Shapur, 310-379) lors de son invasion de l'Arménie, dès 368, avait assiégé l'épouse d'Arsace II Parandzem retranchée avec leur fils Pap et le trésor de l'Arménie trésor dans la forteresse d'Artogerassa qui était défendue par une troupe de Azatk (En Arménien: Ազա տ; pluriel Azatk, ազա տ ք, classe de la noblesse Arménienne).

 

  Selon Ammianus Marcellinus (Historien Romain, 325/330-v.391), les forces Perses d'invasion étaient commandées par deux déserteurs Arméniens, Cylaces (Glak) et Artabanes (Vahan). Châhpûhr II voulait remplacer la monarchie Arsacide Arménienne par un Nakharars (En Arménien : Նախարար, pluriel Arménien Nakhararq "Premier né") Diarchy (Société ou une organisation avec deux dirigeants sur un même rang) Arméniens non Arsacide. Faustus de Byzance (En Arménien : Փավստոս Բյուզանդ, Historien Arménien du Ve siècle) dans son épopée mentionne également deux Nakhararq Arméniens, Mérouzhan Artzruni et Vahan Mamikonian à des postes de direction sous la suzeraineté de Châhpûhr II.

Nersès I le Grand

 

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L'Empereur Valens

 

    Durant le siège, la Reine Parandzem lance un appel à Cylaces et Artabanes au nom de son mari pour organiser la fuite de Pap. Themistius (Homme d'État et philosophe, 317-387) signale l'arrivée de Pap dans la juridiction du monastère de Marcianopolis (ou Marcianople ou Devnya en Bulgarie aujourd'hui, sur la rive droite du Danube) où l'Empereur Romain Valens (364-378) était en hivernage. En 369, Pap retourne en territoire Arménien à la demande de la noblesse. Il est accompagné par Terentius (le comes et dux) mais n'a pas encore un rang royal. L'Empereur Valens était réticent à honorer Pap d'un titre royal. Il ne voulait pas violer un traité antérieur signé par Jovien (Flavius Iovianus, 363-364) en Juillet de 363.  

 

   Valens dépêche Arintheus en Arménie au moment ou Châhpûhr II envahit le pays et Pap est caché près de la frontière Romaine à Lazica. Pendant ce temps Terentius rétabli sur le trône d'Ibérie Saurmag II (ou Sauromaces, 361-363) mais le Roi nommé par les Perses, Mirdat III (ou Aspacures ou Mihrdat, 364-378) conserve le contrôle de la partie orientale de ce royaume. Au lieu de rechercher Pap, Châhpûhr II concentre son attaque sur le siège de la forteresse d'Artogerassa qui tombe pendant l'hiver 370, le trésor royal est volé par les Perses et la Reine Parandzem est violées et assassinées. Châhpûhr II a également commencé à persécuter systématiquement les Chrétiens locaux. Le Roi Perse contact Pap qui est resté dans la clandestinité et essaye de le persuader de venir à ses côtés.

 

  Au printemps de 370 Châhpûhr II prépare une invasion massive de l'Arménie qui est réalisée au printemps 371. L'Empereur Romain Valens envoie ses généraux Traianus et Vadomarius rencontrer les forces Perses en Arménie. À la bataille de Bagavan les Romains sortent victorieux. Au cours d'autres batailles des territoires sont conquis sur les Perses, y compris Arzanene et Corduene qui avaient été cédées aux Perses par l'Empereur Jovien en 363.

  À la fin de l'été Châhpûhr II se retire dans sa capitale à Ctésiphon et Valens retourne à Antioche. Châhpûhr II n'est plus en mesure de faire face à l'accumulation massive de légions Romaines en Arménie, surtout qu'il doit affronter dans l'Est de son Empire l'attaque de l'Empire des Kouchan (ou Kushan). Si la paix revient avec la Perse, la situation à l'intérieur en l'Arménie commence à s'effondrer. En 371, Pap empoisonne le populaire Patriarche (Catholicos) Nersès I le Grand, qui était un très proche allié des Romains.

 

  Il propose alors la candidature d'un certain Yusik pour le remplacer et l'envoie pour la consécration à Ceasarea, mais l'Évêque de Ceasarea, Basil refuse de consacrer le candidat et demande à l'Empereur Valens de résoudre rapidement la situation en trouvant un nouveau candidat acceptable pour tout le monde. Pap refuse de coopérer avec Basil se qui provoque la colère de l'Empereur Valens. En outre, Pap exige le contrôle de Ceasarea et de douze autres villes, notamment certaines aux mains des Romains.

 

  Valens décide d'exécuter Pap et l'invite à une réunion à Tarse. Pap arrive avec 300 accompagnateurs, mais il découvre rapidement que l'Empereur n'est pas là, il s'enfuie alors en Arménie. Terentius (l'ex allié de Pap) envoie deux généraux, un Arménien nommé Danielus et un Ibérique nommé Barzimeres avec de la cavalerie lourde (scutarii), qui connaissaient bien la région, pour retrouver Pap. Ils localisent le Roi mais n'arrivent pas à l'attraper et à l'exécuter. Une légende raconte qu'ils donnent comme prétexte à leur échec que Pap a utilisé des pouvoirs magiques pour éviter sa capture et a utilisé un nuage sombre pour masquer ses partisans. L'Empereur Valens essaie ensuite de gagner la confiance de Pap. Il va le faire assassiner, en 374 lors d'un banquet qu'il avait organisé pour le jeune Roi.

 

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Cavalerie lourde (scutarii) Sassanide

   Pap avait épousé Zarmandukht qui parviendra à prendre le pouvoir en 378 et 379 qui lui donne                                                             deux enfants, Arsace III et Valarsace (ou Valarchak) qui régneront ensemble. Les Arméniens Nakhararq toujours fidèles à Pap n'ont pas grand-chose à protester face à une grande armée Romaine présente sur le territoire Arménien. Le nouveau candidat pour le trône présenté par les Romains est accepté par pratiquement tout le monde. C'est un autre Arshakuni, au nom de Vasazdad

  

   Vasazdad (ou  Varazdat, en Arménien : Վարազդա տ, latinisée que Varasdates, 374-378) était un prince Arménien neveu du Roi Pap, petit fils de Tigrane VII, qui a grandi à Rome et qui commence son règne sous la régence de Mushegh Mamikonian. Les Mamikonians étaient notoirement pro-Romain. Le Roi Perse Châhpûhr II (ou Shapur, 310-379), n'ayant pas réussi sur le champ de bataille à vaincre les Romains, il propose à l'Empereur Valens, en 375, que l'Arménie qui est une perpétuelle source de problèmes entre les deux Empires soit évacuée ou que les forces Romaines se retirent de la partie occidentale de la péninsule Ibérique et du Caucase. L'Empereur Valens rejette la proposition, mais envoie deux légats, Victor Magistrianus et Urbicius de la Mésopotamie au Roi Perse pour examiner la question.

 

   Après de rudes négociations sur des contreparties sous forme de territoires laissés aux Romains, et heureusement pour Châhpûhr II, les Goths qui se révoltent et que Valens doit mater, ce dernier début 377 est forcé de négocier. Il accepte de retirer éventuellement les forces Romaines de l'Arménie, en fait surtout afin de les utiliser contre les Goths. Valens lui-même est tué au cours de la bataille d'Andrinople contre les Goths en août de 378. En Arménie la situation se détériore de plus en plus. Quelque temps après le retrait des forces Romaines Vasazdad tue le Régent Musel Mamikonian. Le poste vacant est rapidement comblé par Emmanuel Mamikonian qui avait servi sous Châhpûhr II dans la dernière guerre contre les Kouchan. Emmanuel Mamikonian prend les armes, en 378, contre le Roi Vasazdad et le force à fuir d'Arménie, après quatre années de règne, celui-ci trouve refuge à Rome.

   Avec l'épouse de Pap, la Reine Zarmandukht (378-384) et son fils Arsace III (ou Arshak II, 384-392), Emmanuel Mamikonian forme un nouveau gouvernement provisoire allié avec la Perse. Châhpûhr II laisse une garnison de 10 000 hommes en Arménie comme l'avait fait avant lui Valens en 377. Emmanuel Mamikonian va tenir la révolte pour défendre la souveraineté Arménienne à la fois contre Rome et la Perse jusqu'à sa mort. Arsace III épouse Vardandukht, la fille d'Emmanuel Mamikonian. Après le traité de paix, de 384, signé entre le Roi Perse Châhpûhr III (ou Šāpūr ou Shapur ou Sapor, 383-388) et l'Empereur Romain Théodose I le Grand (379-395), l'Arménie est partagée en deux. De ce fait, deux royaumes se forment, un vassal de Rome et l'autre de la Perse. Le plus petit d'entre eux, qui comprend les districts occidentaux, d'une ligne allant d'Erzurum à Mush, est affecté à Rome et est donné à la charge d'Arsace III.

 

   La plus grande partie, qui comprenait des régions situées à l'Est, passe sous la suzeraineté de la Perse et est remise à un Arsacide, nommé Khosrô IV (ou Khosrov, 387-392 et 414-415), un Chrétien. Ce royaume prend le nom de Persarménie, avec pour capitale Dwin. 

 

   Le frère d'Arsace III, Valarsace  (ou  Valarchak ou Valarchak, 384-386) lui sera associé le long de son règne. Ce dernier épouse de la fille de Sahak I Bagratouni, Seigneur de Sper, qui succède à son probable père Smbat II Bagratouni comme Aspet (Maître de cavalerie) et Thagadir (Pose-couronne) des Rois d'Arménie.  

 

   Vers 392, le Roi Khosrô IV (ou Khosrov, 387-392 et 414-415) sous suzeraineté Perse veut se libérer de son assujettissement aux Sassanides. Il passe un traité avec l'Empereur Romain Théodose (379-395). Ce dernier renverse Arsace III, unifie le pays et donne la couronne à Khosrô IV en échange de son allégeance. Le Roi Perse Bahrâm IV Kermanshan (ou Vahram ou Varahran, 388-399) intervient, il fait prisonnier Khosrô IV et l'enferme dans le château d'Oblivion et donne le trône d'Arménie à son frère Vram Shâhpouh (ou Bahrâm I ou Vram-Shapuh, 392-414).

 

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Vardan Mamikonian à la bataille d'Avarayr (451)

 

   Khosrô IV lance un appel à l'aide à l'Empereur Théodose, mais ce dernier refuse d'intervenir car cela constituerait une violation du traité de paix de 384. Profitant de la période de persécution des Chrétiens en Perse, le Roi Sassanide Yazdgard I Ulathim (ou Yazdegerd, 399-420) va tenter également de propager le zoroastrisme en Arménie. Lorsque Vram Shâhpouh meurt il est remplacé par son fils un enfant de 10 ans, Artases (ou Artachès). Les Nobles Arméniens demandent alors à Yazdgard I de remplacer l'enfant de Vram Shâhpouh par Khosrô IV (ou Khosrov, 387-392 et 414-415) qui était toujours en prison dans la forteresse d'Oblivion. Yazdgard I accepte, libère Khosrô IV et lui redonne le trône. Cependant, ce dernier à peine un an après son deuxième règne, décède.

 

   En 415, Yazdgard I le remplace par son propre fils Châhpûhr IV (ou Šāpūr ou Shapur ou Sapor, 415-420). Le nouveau Roi est mal accepté par la noblesse Arménienne et il va passer les 4/5 ans de son règne à essayer de se réconcilier avec elle et avoir des relations amicales. Il fait aussi beaucoup d'efforts pour convertir les Arméniens Chrétiens au Zoroastrisme, mais il échoue largement dans cette quête. En 419/420 Châhpûhr IV apprend que son père est sur son lit de mort. Il se précipite alors à Ctésiphon, laissant derrière lui un vice-Roi pour gouverner l'Arménie, afin de réclamer le trône des Sassanides. Mais le vice-Roi désigné est tué peu après que Châhpûhr IV ait quitté le pays. Une Guerre de succession suit qui va durer trois ans après la mort de Yazdgard I. Châhpûhr IV est tué par traîtrise par les nobles dans les premiers temps du conflit.

 

   La royauté sera supprimée en 428, sous le règne d'Artaxias IV (ou Ardaches ou Arshakuni IV Artaxias, 423-428), un fils de Vram Shâhpouh, qui avait été porté au pouvoir par le Roi Perse Bahram V Ghûr (ou Vahram Gûr ou Gour, 420-440) après le gouvernement de Gouverneurs indépendants mis en place par Châhpûhr IV. Les Nakhararq obtiennent cette année là de Bahram V l'abolition de la monarchie. La suppression de la dynastie nationale Arménienne et la déposition de la famille patriarcale à laquelle l'église Arménienne devait sa fondation marquent la fin de l'Arménie antique. On ne connaît pas le sort d'Artaxias IV. Le patriarche Arménien Isaac va s'opposer vivement à cette annexion par la Perse. Il estime qu'un gouvernement Chrétien est meilleur pour le pays qu'un non Chrétien. Malgré ses vives protestations, l'Arménie est placée par Bahram V sous la responsabilité d'un gouverneur, le Mazpan.

 

   Les Perses Sassanides sous le Roi Yazdgard II Sipahdost (ou Yazdegerd, 438-457) vont tirer profit de la faiblesse de l'Arménie et lancent une campagne d'éradication du Christianisme au profit du Mazdéisme. Sous cette menace, les Princes, la noblesse et le peuple d'Arménie s'unissent et en 451, sous la conduite du commandant en chef Vardan Mamikonian, ils font face aux Perses à la bataille d'Avarayr (ou Avaraïr). Ils sont malheureusement vaincus et Vardan Mamikonian va mourir au combat. Mais la rebellions se poursuit dans les montagnes. Un neveu de Vardan, Vahan Mamikonian qui aura le titre de Mazpan (Gouverneur, 485-510), continue la lutte. Cette fois les Perses, réalisent l'impuissance  de  leur  politique et sont obligés de passer un accord avec les Arméniens. La liberté de culte religieux est rétablie au Traité de Nvarsag. De 428 à 631, l'Arménie est dirigée par des Mazpans (gouverneurs), puis (de 631 à 884) par des Patriciens. En 654, l'Arménie choisit le protectorat arabe plutôt que celui de Byzance.  

 

 

Pour plus de détails voir aussi : L'histoire de l'Arménie avant les Arsacides -

               Les capitales Arméniennes

 

 

 

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