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 Palmyre  ou  Tadmor

Emèse

 

   Palmyre (En Grec : Πάλμυρα, en arabe : تدمر Tadmor ou Tadmore ou Tadmur ou Tudmur) est une cité-État, capitale de la Palmyrène, elle est déjà mentionnée au IIIe millénaire. Elle est une grande palmeraie de Syrie centrale, à 215 km au Nord de Damas, à mi-chemin entre l'Oronte et l'Euphrate, passage obligé du désert Syrien. Véritable oasis au milieu de la steppe, la Palmyrène était une vaste plaine fertile et riche en sources. Palmyre était une étape vitale du commerce caravanier pour les voyageurs traversant le désert Syrien pour la Mésopotamie. Elle était connue sous le nom de "l'épouse du désert". Sa prospérité vient de l’ampleur des trafics des produits de l’Inde et de l’extrême Orient, très prisés par les Romains. Les premières références à la ville sous son nom pré-sémitique de Tadmor (ou Tadmur ou Tudmur) son consignées dans des textes Babyloniens trouvée dans les tablettes de Mari et date du XVIIIe siècle av.J.C. Bien que l'ancien site soit tombé en désuétude après le XVIe siècle, il est encore connu sous le nom de Tadmor en arabe.

 

  Les habitants de Palmyre construisirent une série de grands monuments funéraires contenant des dalles de calcaire avec des bustes représentant le défunt. La Bible Hébraïque attribue la construction  (ou fortification) de Palmyre au Roi des Hébreux Salomon (970-931) "Et il bâtit Tadmor dans le désert" (Second Livre des Chroniques, Chr VIII :4). Dans le premier Livre des Rois (9:18), elle est mentionnée également construite par Salomon sous le nom תמר Tamor ou Tamar, mais il est traditionnellement lu Tadmor.

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Vue du site de Palmyre

  Plusieurs citations dans les ouvrages du Talmud et du Midrash se réfèrent à cette ville dans le désert Syrien (Parfois avec l'échange des lettres "d" et "t" - "Tatmor" au lieu de "Tadmor"). Certains savants modernes ont écrit que ces documents pourraient se référer à un autre lieu à proximité de la mer Morte. Tadmor est également mentionnée construite par Salomon par l'historien Juif de langue Grecque Flavius Josèphe (ou Titus Flavius Josephus ou Josèphe Ben Mattathias, 37-100).

 

   L'étymologie exacte du nom "Palmyre" est inconnu, bien que certains chercheurs pensent qu'il était lié à des palmiers dans la région. D'autres, en revanche, pensent qu'il provient d'une mauvaise traduction du nom "Tadmor" (cf. Colledge, Seyrig, Starcky etc..). Les spécialistes notent que Palmyre est devenu l'une des villes les plus riches du Proche-Orient et que les Palmyréniens (ou Palmyriens) ont réussi l'exploit d'être les seules personnes à vivre aux côtés de Rome sans être romanisés. Il semble qu'ils aient tout simplement fait semblant d'être Romains.

 

 L'histoire.......

 Liste des Rois de Palmyre  

Rois de Palmyre

 

   Palmyre est déjà mentionnée au IIIe millénaire. Puis au XVIIIe siècle dans les tablettes de Mari sous son nom pré-sémitique de Tadmor. Cependant l'histoire de la cité à l'Age du Bronze est mal connue car la ville s'est développée plus tard sur un tell qui est au Ier siècle recouvert par la terrasse du Sanctuaire dédié au Dieu Bel. Après la mort d'Alexandre le Grand (336-323) et des guerres suite au partage de son Empire, en 323, les Séleucides prennent le contrôle de la Syrie et Palmyre devient indépendante. Au cours du Ier siècle av.J.C la cité fait partie d'un réseau marchand caravanier reliant la côte méditerranéenne Romaine de Phénicie et la Syrie à la Mésopotamie et la Perse ce qui va lui apporter rapidement une grande prospérité.

 

   Elle attire les convoitises et en 41 av.J.C les Romains, conduits par le général Marc Antoine (83-30 av.J.C), essayent de piller Palmyre mais ils échouent. Les Palmyréniens (ou Palmyriens) avaient eu l'intelligence à l'approche de l'armée Romaine de se réfugier avec leurs biens de l'autre côté de l'Euphrate. Certains spécialistes en déduisent qu'à cette époque les habitants étaient encore essentiellement des nomades vivant de l'élevage et du commerce caravanier.  

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Temple du Dieu Bel - Palmyre

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Le théâtre - La tribune du gouverneur  - Palmyre

   Cependant, à peine plus tard, dans la deuxième moitié du Ier siècle, la cité est mentionnée dans les sources Gréco-romaines comme une ville riche et élégante. Ainsi à l'époque des Empereurs Auguste (27 av.J.C-14 ap.J.C) ou Tibère (14-37), l'Empire Romain noue ses premières relations diplomatiques avec Palmyre. Sous le règne de ce dernier, la cité est rattachée à l'Empire et prend le nom de Portus Palmyra "Le port de Palmyre" dans les documents officiels Romains.

 

   Elle est ensuite incorporée à la province Romaine de Syrie en 18 ap.J.C. Mille archers Palmyréniens prennent part au siège de Jérusalem. Elle augmente régulièrement en puissance contrôlant la route commerciale reliant la Perse, l'Inde, la Chine et l'Empire Romain. Elle prend aussi une grande importance stratégique en raison de sa situation de ville tampon entre l'Empire Romain et les territoires sous domination des Parthes. Au cours de cette période de grande prospérité, les habitants Araméens de Palmyre adoptent les coutumes et les modes vestimentaires à la fois du monde Iranien Parthe à l'Est et Gréco-romain à l'Ouest. En 116, l'Empereur Romain Trajan (98-117) crée les premières unités auxiliaires. 

 

   La ville est alors une forme de république marchande dirigée par deux Archontes. Ce statut particulier est de nouveau renouvelé en 129/130 lors de la visite de l’Empereur Hadrien (117-138) qui proclame Palmyre ville libre, ce qui laisse au Sénat le droit de fixer et collecter les impôts. La ville prend alors le nom de Hadriana Palmyra et ses habitants se qualifient eux-mêmes "d'Hadrianapolitain". Hadrien (117-138) est reçu avec beaucoup d'égards par les habitants.  Sa popularité est telle que les habitants le déifièrent. La dynastie des Sévère (195-235) en partie d'origine Syrienne, est favorable au développement de Palmyre.

 

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Autre vue du Temple du Dieu Bel - Palmyre

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Détail d'une arche des ruines

 

   À partir de 212, le commerce de Palmyre est diminué en raison de l'occupation de l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate par les Sassanides. En 217, sous le règne de l'Empereur Caracalla (211-217), Palmyre et sa voisine Émèse deviennent colonie Romaine. L'armée Romaine y entretiendra une garnison de soldats auxiliaires dans un camp au Nord de la ville. Puis elle est de nouveau détachée pour devenir un état vassal de l’Empire Romain. Elle est dirigée par des Princes à la solde de Rome.

 

   Le premier connu est Odénath I (ou Odaenathus, ? -250) qui est issu d'une famille qui jouissait de l'estime de ses contemporains et qui avait reçu la dignité de Sénateur.  Il prendra le titre de Roi sans en avoir vraiment les pouvoirs. Son fils Hairān (ou Lucius Septimius Hérode, 250-260) lui succède. Au cours de son règne, Palmyre échappe aux invasions des Perses Sassanides qui ravagent la Syrie en 252 et 260. Il seconde si bien l'Empereur Romain que celui-ci lui permet de prendre son prénom de Septimius, qui devient dès lors le gentilitium de la grande famille Palmyrénienne. À sa mort est nommé pour lui succéder, par l'Empereur Valérien I (253-260), son fils Odénath II. Quelques spécialistes avancent que c'est le fils de Valérien I, Gallien (253-268), qui nomme Odénath II.

   

  Odénath II le Grand (ou Lucius Septime Odenathus ou Odaenathus, en Grec : Οδαίναθος  Hodainathos, en arabe : أذينة  Othayna, 260-266/267) vers 220, arrive donc sur le trône à la mort de son père Hairān (ou Lucius Septime Hérode) à un âge déjà avancé. Son nom complet montre que sa famille, la dynastie de Hairainides, avait reçu la citoyenneté Romaine, ceci dans le cadre des services rendus aux Empereurs Septime Sévère (193-211) et Valérien I.

 

    L'année exacte où Odénath II devient le souverain de Palmyre n'est pas connue avec certitude, mais déjà dans une inscription datée de 258, il est indiqué "l'illustre consul notre Seigneur" (INS n° 126). Odénath II va rester très arabe dans ses traditions. Il acquiert le statut de sénateur sans doute sous Valérien I et deviendra "vir consularis" (Statut d'ancien consul) en 258. Après que Valérien I soit battu et capturé à Édesse, puis mis à mort par le Roi des Perses Châhpûhr I (ou Šāpūr ou Shapur ou Sapor, 241-272), l'armée Sassanide profite de cette déroute et ravage la Syrie ainsi que la Cilicie et la Cappadoce sans rencontrer de résistance.

 

    Il y a des informations contradictoires quant à la mort de Valérien I. Certains spécialistes pensent qu'il n'est pas tué par le Roi Perse. Les traditions Iraniennes, reproduites par des auteurs médiévaux comme Tha'alibi, Tabari et Firdûzî (ou Firdousi), disent que Valérien I est traité avec égards, tandis que Lactance (L. Cæcilius Firmianus, v.250-v.325) prétend que l'Empereur est maltraité puis, après sa mort en captivité est empaillé et exposé dans un temple. Châhpûhr I veut continuer à avancer en Asie Mineure, mais il est repoussé par un général Romain nommé Ballista qui réussit à attaquer les Perses qui assiègent Pompeleioupolis, en venant par la mer depuis la Cilicie. Il massacre plusieurs milliers de soldats Perses et capture le harem royal. En 262, Châhpûhr I doit battre précipitamment en retraite, mais sur le chemin du retour il est attaqué par Odénath II qui va lui infliger une défaite considérable et repousse l'armée Sassanide avec ses chameliers.

Drachme argent de Châhpûhr I

Autre vue du Théâtre

 

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    Il avait été nommé "Dux Romanorum" (Commandeur des Romains) et avec les débris des onze légions Romaines et quelques partisans des derniers Arsacides réunis à ses troupes Palmyréniennes il chasse les troupes Sassanides et sauve ainsi les territoires Romains en Orient contre les envahisseurs.  En récompense, il prend le titre de "Totius Orientis imperator" (Correcteur de tout l'Orient) et il est chargé par l’Empereur Romain Gallien (253-268) de la défense de l'Orient.

 

   Deux usurpateurs Romains : Ballista et Quietus, s'étant proclamés Empereurs et ayant été reconnus par l'Égypte. Odénath II les fait assassiner à Émèse. Il prend alors ses distances avec l'Empire Romain et décide de profiter de ses succès pour mener une contre-offensive contre les Sassanides La guerre contre Châhpûhr I reprend en 262. Dans une série de campagnes rapides et efficaces, Odénath II aidé par son adjoint Septime Worod, traverse l'Euphrate et libère Édesse. Il essaie de conquérir par deux fois la capitale Perse Ctésiphon qu'il ne prendra toutefois pas, puis il occupe Nisibe.

 

   Lors d'une autre campagne, en 266, il prend Carrhae (Harran). Il expulse complètement les troupes Sassanides de Syrie, probablement d'Arménie et de Mésopotamie et prend alors le titre de "Rois des Rois" à la manière Perse, mais ne prend pas le titre d'"Auguste", sa biographie est malgré tout dans "La vie des Trente Tyrans" (Série d'usurpateurs qui auraient vécu à l'époque de Valérien I, de Gallien, de Claude le Gothique et d'Aurélien entre 253 et 270). Tout en observant toutes les formalités en vue de sa succession, il ne fait guère de doute qu'Odénath II visait à forger un Empire, mais au cours de son règne il ne violera jamais les relations avec Rome. En 266/267, il était sur le point de partir occuper la Cappadoce dans une campagne contre les Goths lorsqu'il est assassiné, ainsi que son fils aîné Hérodien (ou Hairan ou Hérode ou Septimius Hérodianus) par son neveu (ou cousin) Maeonius. C'est l'Histoire Auguste (Recueil de biographies d'Empereurs Romains) qui fait d'Hérodien le fils aîné d'Odénath II issu d'un premier lit.

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 Fresque sur un sarcophage d'une famille de Palmyre

 

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Autre vue d'un temple de Palmyre

    Maeonius est un usurpateur Romain dont le nom est mentionné seulement par "La vie des Trente Tyrans". Toujours d'après 'l'Histoire Auguste, Maeonius n'a pas le temps de régner puisqu'il est tué par les soldats d'Odénath II après avoir pris le titre d'Empereur. Rien ne prouve, comme le prétendent quelques spécialistes, que les assassinats aient été commandés par les Romains inquiet du pouvoir d'Odénath II en Orient. Au contraire ces meurtres ont peut être été commis à l'instigation de la Reine Zénobie, qui souhaitait voir hériter son propre fils, Wahballat, qui succède à Odénath II en reprenant les mêmes titres. Le rédacteur de l'Histoire Auguste prête beaucoup de qualités à Odénath II, comme à sa femme et le décrit comme un bon général et un excellent chasseur.

       

   Zénobie (ou Septimia Bathzabbai, en arabe : الزباء بنت عمرو بن الظرب بن حسان ابن  Znwbya Bat Zaddai, en Grec : η Ζηνοβία Xenobia ou Septimia Zenobia, 266-274) va diriger le royaume, du fait de la jeunesse de son fils Wahballat qui hérite du trône en 266/267. Wahballat (ou Lucius Julius Aurélius Septimius Vaballathus Athénodorus) succède à son père alors qu'il a tout juste un an en reprenant les mêmes titres.

 

   Son nom en Palmyrénien Wahballat signifie "don d'Allat" (La Déesse arabe Allat était assimilée à la Déesse Grecque Athéna), alors qu'en Grec Athénodorus signifie "don d'Athéna". Zénobie le fait reconnaître après 270 par l'Empereur Romain Aurélien (269-275), comme héritier de son père. Malgré son jeune âge, Wahballat se trouve ainsi placé à la tête de l'Orient comme "Roi, Consul, Imperator et Dux Romanorum", ainsi que l'attestent les monnaies et les inscriptions officielles, mais c'est Zénobie qui assume le pouvoir. Après la rupture avec l'Empereur Aurélien en 271, Zénobie proclame Wahballat Auguste et prend elle-même le titre d'Augusta.      

 

   Zénobie est née avec le nom d'Iulia (ou Julia) Aurélia Zénobie ou Septimia Zenobiaelle, elle a ajouté le nom de Septimia à son nom lorsqu'elle a épousé Septime Odenathus (Odénath II). Zénobie est indiquée sur les documents officiels au nom de Bat-Zabbai (Fille d'Al-Zabba). Zénobie et sa mère ont été appelées Al-Zabba, qui signifie "Celle qui a les beaux cheveux". Son père, Zabaii Ben Selim ou Iulius (Julius) Aurèle Zenobius, est un chef de Syrie en 229 et sa mère était Égyptienne. Son père Gentilitium Aurèle montre que ses ancêtres paternels ont reçu la citoyenneté Romaine sous l'Empereur Romain Marc Aurèle (161-180) ou Commode (177-192).

 

Monnaie de Wahballat


 
Palmyre, reste de la colonnade

    Zénobie naît en 240 et va grandir à Palmyre. La théorie que sa mère était Égyptienne est fondée sur le fait que Zénobie connaissait la langue Égyptienne et avait une forte prédisposition pour la culture de l'ancienne Égypte. Des inscriptions de Zénobie trouvées à Palmyre montrent que son père avait un nom Grec. Zénobie prétendait être une descendante de la Princesse de Tyr Didon qui fonda la ville de Carthage, du Roi d'Émèse Sampsigeram II Caïus Julius (ou Sampsiceramus, 11-42) et enfin de la Reine d'Égypte Cléopâtre VII Théa Philopator (51-30) par sa fille Cléopâtre VIII Sélène II

 

   Selon l'Histoire Auguste, une de ses déclarations impériales en 269 a été envoyée aux citoyens d'Alexandrie, en Égypte, décrivant la ville comme "ma ville ancestrale". Zénobie a été décrite comme : "Belle et intelligente, avec un teint sombre et des dents blanc nacré, elle avait les yeux noirs brillants et a un beau visage. Elle avait une voix forte mais mélodieuse et avait de nombreux charmes". Elle était très cultivée et parlait le Grec, l'Araméen, l'Égyptien et le Latin. Elle s'intéressait à histoire et aux œuvres d'Homère, de Platon (Philosophe Grec, 427-346) et d'autres écrivains de la Grèce.

 

  Zénobie devient la deuxième épouse d'Odénath II en 258 et vers 266 elle lui donne un fils Wahballat. En 267 et 268 elle conquiert de nouveaux territoires pour la mémoire de son mari et comme héritage pour son fils, qui augmentent encore l'Empire de Palmyre.

 

 

 

Monnaie de Zénobie

   Son objectif déclaré était de protéger l'Empire Romain d'Orient de l'Empire Sassanide, pour la paix de Rome, cependant, ses efforts ont augmenté de manière significative  la  puissance  de  son  royaume. Elle  prend  le  contrôle  des  armées d'Orient et part pour conquérir l'Égypte, avec l'aide de son général, Zabdas et de leur allié Égyptien, Timagenes et rompt définitivement avec Rome.

 En 269, elle soumet le pays et expulse le Préfet Romain, Tenagino Probus, qu'elle fait décapiter lorsque celui-ci veut reprendre son territoire. Puis, elle se proclame elle même Reine d'Égypte qu'elle gouvernera jusqu'en 274. Après ces premières campagnes, Zénobie sera connue sous le nom de "Reine guerrière". Il est attesté qu'à la tête de ses armées elle a affiché d'importantes prouesses que ce soit à cheval ou à pied avec ses soldats. 

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Buste de la Reine Zénobie

  (attribution contestée)

 

   Elle étend sa domination jusqu’aux confins du désert Syrien et fait de Palmyre une brillante capitale. Avec sa grande armée elle fait des expéditions et soumet l'Anatolie. Elle conquiert : Ancyra (ou d'Ankara) et va jusqu'à prendre Chalcédoine (Ancienne cité maritime de Bithynie, presque directement en face de Byzance), toute la Syrie, la Palestine et le Liban. Dans son Empire de courte durée, Zénobie sait se rendre maîtresse des routes commerciales vitales dans ces domaines Romains.

 

   L'Empereur Romain Aurélien, qui était à ce moment-là en campagne avec ses forces contre les Gaulois, avait reconnu l'autorité de Zénobie et Wahballat. Toutefois, cette relation commence à dégénérer lorsqu'Aurélien commence une campagne militaire visant à réunifier l'Empire Romain en 272-273. Aurélien et ses forces quittent la Gaule et arrivent en Syrie. Les armées de Zénobie et d'Aurélien se rencontrent et combattent près d'Antioche.

 

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Buste d'une femme quelque fois identifié à la Reine Zénobie - British Muséum.

 

  Après une défaite écrasante, les troupes Palmyréniennes quittent Antioche et Émèse. Zénobie n'est pas en mesure de récupérer son trésor dans cette dernière avant qu'Aurélien ne l'assiège avec succès. Elle prend la fuite avec son fils sur un chameau avec l'aide des Sassanides, mais ils sont appréhendés sur l'Euphrate par les cavaliers d'Aurélien. L'Empire de Zénobie prend fin et les Palmyréniens qui refusaient de se rendre sont capturés par Aurélien et exécutés sur son ordre.

 

  Parmi ceux-ci se trouvait le conseiller en chef de Zénobie, le Sophiste et philosophe Grec, Cassius Longinus (213-273). En 274, Zénobie est jugée à Émèse et est condamnée à l'exil et ramenée en otage à Rome où elle est exhibée, attachée par des chaînes en or, lors de la parade militaire pour le triomphe d'Aurélien. Cependant, impressionné par la beauté, la dignité et la culture de la Reine, Aurélien la libère peu après et lui accorde une élégante villa à Tibur (Tivoli moderne, Italie).  

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La Reine Zénobie - Dernier regard sur Palmyre, par Herbert Schmalz

   Zénobie vie dans le luxe et devient une éminente philosophe et matrone Romaine. Elle épouse un Gouverneur et sénateur Romain dont le nom est inconnu, elle lui donne plusieurs filles dont les noms sont aussi inconnus, mais qui sont réputées pour avoir été mariées à de riches et puissantes familles de nobles Romains. Il ne paraît pas que Wahballat, trop jeune, ait été jugé lui aussi. Il accompagna probablement sa mère à Rome et y finit ses jours.

 

  Quelques spécialistes affirment que Wahballat serait mort sur le chemin de Rome. Plusieurs autres versions entour la Reine après sa capture. Il est dit qu'elle se suicida d'ennui. Une autre version dit qu'elle participa a un complot fomenté par quelques Sénateurs. Mis au courant quelques heures avant que le crime ne soit perpétré, l'Empereur Aurélien ordonna aussitôt l'arrestation de tous ceux qui avaient voulu attenter à sa vie. Zénobie, après avoir été laissée sans nourriture pendant plusieurs jours dans sa prison, aurait été étranglée par des esclaves et elle ne reçu pas de sépulture.

 

   Ces versions sont peu probables car la preuve d'un de ses descendants est confirmée par une inscription trouvée à Rome. L'inscription de Lucius Septimia Patavinia Balbilla Tyria Nepotilla Odaenathiania contient les noms de son premier mari Septime Odaenathus. Il a probablement été nommé ainsi en l'honneur d'Odénath II. Un autre descendant de Zénobie serait Saint Zénobius de Florence, un évêque Chrétien qui a vécu au Ve siècle. On ne sait pas à quelle date mourut Zénobie. À Palmyre, après qu'Aurélien soit retourné à Rome, les habitants de la ville, à l'instigation d'un citoyen nommé Apsaeus, se révoltent contre la garnison Romaine de 600 archers laissée sur place.  

 

    Apsaeus tente de pousser à la trahison Marcellinus, le commandant militaire de la province d'Orient, en lui proposant de se proclamer Empereur. Mais Marcellinus le trahie et avertie Aurélien de ce qui se tramait. Ce dernier reprend son armée et revient alors en Asie. Il arrive si rapidement à Antioche qu'il précède l'annonce de son entrée.  Sans donner un seul jour de repos à ses légions, Aurélien traverse le désert et surprend Palmyre avant même qu'elle est eu le temps de se mettre en état de défense.

 

   Ses soldats, pour venger la mort de leurs compagnons d'armes, pendant huit jours saccagent la cité, les palais, les églises, les temples, les édifices publics, les oasis qui entouraient Palmyre sont incendiées. Tout ce qui avait de la valeur est volé et envoyé à Rome. Ils massacrent une partie de la population, l'autre est réduite en esclavage et les prêtres sont égorgés dans leurs sanctuaires. Un peu plus tard, l'Empereur Dioclétien (284-305) fait fortifier la ville pour qu'elle  constitue l'un des maillons de sa ligne de forteresses, le limes oriental.  La ville constitue alors une importante communauté Chrétienne. Elle comporte plusieurs églises et envoie un évêque, Marinus, au Concile de Nicée en 320. Les temples de Bel et Baal-Shamîn sont alors transformées en églises. La période Byzantine va seulement aboutir à la construction de quelques églises et une grande partie de la ville sera en ruine. Palmyre sera détruite complètement par les arabes en 634.    

 

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Autre vue des ruines de Palmyre

 

   Pour d'autres détails voir : Palmyre : Urbanisme, société, commerce, les Dieux - (Wikipédia)

 

 

   

HAUT de PAGE                           Émèse   ou   Homs

 

     Émèse (ou Homs, en Grec : Έμεσαou, en Latin : Émessa ou "La Chamelle" lors des Croisades, en arabe : Hims حمص, en turc : Humus) est une ville dans l'Ouest de la Syrie, sur l’Oronte. Elle est aujourd'hui la capitale du gouvernorat de Homs. Elle se situe 450 m au-dessus du niveau de la mer et est situé à 160 km de Damas et 190 km d'Alep. Elle est également le maillon central entre les villes de l'intérieur et celles de la côte de la mer Méditerranée. À l'époque Romaine, elle était connue sous le nom d'Émessa. L’épouse de l’Empereur Sévère, Julia Domma y naquit. Elle sera surtout remarquée par son temple du soleil El-Gabal (En Araméen), également appelé Elagabalus (En Latin) et Heliogabalus (En Grec). Le Dieu soleil était adoré sous une forme de pierre noire. Les Prêtres, formaient une entité aristocratique puissante et influente.

   Les fouilles de la citadelle d'Émèse par une équipe Syro-britannique ont mis en évidence des récipients en céramique retrouvés juste au-dessus du lit de la rivière à la base Sud-est du tell (Colline). Ils indiquent que le site a été occupé dès 2300 av.J.C. Les Prêtres-Rois vont régner sur Émèse de Sampsigeram I en 64 av.J.C jusqu'à au moins 254 ap.J.C sous Sulpice II Lucius Julius Aurèle Sévère Uranius Antonin. Émèse a été le berceau de : L'Empereur Romain Élagabal (ou Elagabalus, 218-222) qui était à l'origine un Grand Prêtre de la cité. Il fut proclamé Auguste par les légionnaires et tua l'Empereur Macrin.

 

    De l'Impératrice Romaine Julia Domna et sa sœur Julia Domna Maesa. Cette dernière (Assassinée en 235) épousa le Grand Prêtre Gaius Julius Bassianus. Leurs descendants inclus les Empereurs Romains Caracalla (198-217), son frère Publius Septimius Geta (211-212), Élagabal et Alexandre Sévère (222-235). La ville a également été le siège de l'Empereur Aurélien (269-275) au cours de sa campagne contre la Reine de Palmyre Zénobie (266-274).

 

Ruines de l'ancienne citadelle - vers 2400

 

L'histoire.......     

 Liste des Rois d'Emèse  

Rois d'Émèse

 

    Les historiens estiment qu'Émèse date du début du IIIe millénaire av.J.C. La citadelle de la ville est considérée comme le lieu des premières habitations. L'historien Issa Asaad fait d'Émèse la capitale du royaume d'Aram Soba, toutefois sa théorie est vivement contestée par d'autres spécialistes. Ceux-ci, s'appuyant sur des découvertes archéologiques, avancent que le centre d'Aram Soba fut la ville d'Anjar (Liban actuel). Aujourd'hui nous n'avons une présence attestée d'Émèse qu'à l'époque Romaine. L'histoire de la région d'Émèse, comme métropole, reste obscure jusqu'à l'époque de l'Empire des Séleucides, date à laquelle elle est refondée après la mort d'Alexandre le Grand (336-323). L'ancienne Émèse se situait dans le district Séleucide d'Apamée sur l'Oronte. Elle était consacrée au culte du Dieu soleil El-Gabal, également connu sous le nom de Baal.

   Au cours de la période Séleucide, Sampsigeram I (ou Sampsiceramus ou Sampsigeramos ou Shams'alkeram, 69 ou 64-43 av.J.C), un chef Araméen, est un allié du Rois Séleucide de Syrie Antiochos XIII Dionysos Asiaticos "l'Asiatique" (83-64). À ce moment-là, l'Empire Séleucide est devenu un état très faible qui fait toujours appel à Rome pour l'aider à résoudre les crises du royaume. En 64 av.J.C, à la demande du Général Romain Pompée (106-48 av.J.C), Sampsigeram I capture et tue Antiochos XIII l'avant-dernier Roi Séleucide. En remerciement pour son aide Pompée nomme Sampsigeram I Prêtre-Roi, Client de Rome, sur Émèse et Rasten (Arethusa).

 

   Il sera le fondateur d'une longue dynastie connue sous le nom de Sampsiceramide (ou Sampsigeramide). Le long de cette période, la culture hellénistique sera florissante, mais la langue Araméenne va prévaloir tout le long des régions de l'Est comme la langue des autochtones. Mis à part Antioche, Émèse devient une ville très importante pour les Romains dans cette partie de l'Empire. Cette cité portuaire, prospère sous la domination Romaine comme vassale. À partir de 64, Pompée réorganise la Syrie et les pays voisins en provinces Romaines. Sampsigeram I a deux fils qui lui succèdent : Jamblique I (ou Imblichus, 43-31 av.J.C) et Alexandre (31-29 av.J.C). Après ce dernier de 29-20 av.J.C c'est l'administration Romaine de la province de Syrie qui gère la ville. Tout au long de l'époque Romaine Émèse sera dirigée par la dynastie locale de Prêtres-Rois Sampsiceramides.

  

 

La nouvelle citadelle (1013) et la ville aujourd'hui

 

    Cette famille royale Araméenne était originaire de Syrie, mais il est possible que certains des membres aient eu une ascendance issue de la population Grecque de Syrie. Les Prêtres-Rois ont été considérés comme des chefs de file dans le royaume Romain d'Orient. Toutefois, nous savons peu de chose sur cette famille royale.  Ils vont régner de Sampsigeram I en 64 av.J.C jusqu'à au moins 254 ap.J.C sous Sulpice II Lucius Julius Aurèle Sévère Uranius Antonin.

 

   Plusieurs membres ont reçu des noms Araméen, Romains ou Grecs ou un nom de la combinaison des trois cultures. Les femmes avaient toutes en tant que prénom le nom Latin Julia et prenaient ensuite un nom en Araméen ou parfois en Latin ou en Grec. Entre 211 et 217, l'Empereur Romain Caracalla (198-217) fait d'Émèse une colonie Romaine. La Colonie étant le statut le plus élevé en milieu urbain dans l'Empire Romain. Plus tard, elle devient la capitale d'une petite province, Phoenicea Libanesia (ou ad Libanum). Après la division de l'Empire Romain en 395 ap.J.C, Émèse fait partie de l'Empire Chrétien Byzantin jusqu'à ce que les forces arabes de Rashidun prennent la cité en mars 636 et la rebaptisent Homs. 

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Monnaie de L'Empereur Romain Élagabal

(ou Elagabalus) frappée à Émèse

 

   

 

 

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