La Guerre du Péloponnèse

Sparte

de  404  à  371

Thèbes et Delphes

 

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 Pour plus de détails voir aussi : Sparte, les institutions

 

 

 

Liste des Rois de Sparte

Liste des Rois

de Sparte

                                      L'histoire.......

 

 

   Sparte (ou Lacédémone, en Grec : Sparte ou Σπάρτη Spártē / Spártē, en Dorien Σπάρτα / Spárta) était la capitale de la Laconie et l'une des Cités-États Doriennes les plus puissantes de la Grèce antique, avec Athènes et Thèbes. Elle est constituée probablement vers la fin du IXe siècle, début du VIIIe, par le synœcisme (regroupement) de quatre villages d’origine Dorienne : Limnai, Kynosoura, Mesoa et Pitana, un cinquième, Amyclées (Située sur l'Eurotas, au Sud-est de Sparte), distant de quelques kilomètres, viendra s'y ajouter à une époque toujours inconnue. Dès cette époque la structure de l’état Spartiate se met en place. Les citoyens Spartiates possèdent chacun un lot de terre conquise, cultivée par les vaincus (Les Hilotes) et la cité va rayonner sur l’Hellade, entretenant le commerce avec la Grèce, l’Égypte et l’Asie Mineure. Dès lors, sa principale rivale sera Argos.

 

   La préhistoire de Sparte est difficile à reconstruire, parce que la littérature, qui est la seule preuve de cette époque lointaine, voit les événements qu'elle décrit faussés par la tradition orale. Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425. Livre I, 56,3) avance toutefois certains éléments de preuve. On pense que la plus ancienne trace d'habitat dans la région de Sparte date du Moyen-néolithique. Elle est composée de poterie trouvées à proximité de Kouphovouno, quelques deux kilomètres au Sud-sud-ouest de Sparte. Ce sont ces premières traces de la civilisation Mycénienne Spartiates, qui sont représentées dans l'Iliade Homère.

   Cette civilisation semble avoir sombré dans le déclin à la fin de l'âge du bronze, alors que, selon
Hérodote, des tribus Macédoniennes du Nord s'installaient dans le Péloponnèse où ils furent appelés Doriens et supplantaient les tribus locales. Les Doriens sont donc considérés à l'origine de Sparte. Les données archéologiques indiquent que Sparte, était relativement inaccessible en raison de la topographie de la plaine sur un plateau entre la chaîne de montagne Taygète (En Grec : Ταΰγετος / Taÿgetos) et le Parnon (Montagne qui sépare la Laconie de l'Arcadie). Elle a de ce fait été sécurisée dès le début et n'a jamais été fortifiée. 

 

  Selon Pausanias (Géographe Grec, v.115-v.180, livre III - Description de la Grèce) et la mythologie Grecque la Laconie a pour premier Roi Lélex. Son fils (ou petit-fils selon les auteurs) Eurotas donne son nom au fleuve principal de la Laconie. N'ayant pas d'héritier mâle, il laisse son royaume à son gendre, époux de sa fille Sparta, Lacédémon (Fils de Zeus et de Taygète) qui lui, donne son nom à la montagne surplombant Sparte. En accédant au trône, Lacédémon donne son nom aussi à toute la région qu'il gouverne et celui de sa femme à la ville à proprement parler, d'où le nom de Sparte.

   Suivant son exemple, l'un de ses fils, Amyclas, fonde la ville d'Amyclées. La royauté passe ensuite à un petit-fils d'Amyclas, Œbale, qui épouse Gorgophoné, fille de Persée (Fils de Zeus et de Danaé), puis a son fils, Tyndare. Celui-ci voit son trône très contesté par son beau-frère Hippocoon et est obligé de fuir en Messénie où il épouse Léda. Il sera remis sur le trône par Héraclès (Fils de Zeus et d’une mortelle).

 

   Il reçoit à sa cour Ménélas (Fils d'Atrée et d'Érope), Prince exilé de Mycènes après qu'il a épousé Hélène. Il lui lègue le royaume de Sparte. La royauté passe quand même à son fils, Phœbé, puis à Ménélas devenu son gendre. Ce dernier est le frère d'Agamemnon. Le jeune Pâris (Prince Troyen, second fils du Roi Priam et d'Hécube) enlève Hélène et la conduit à Troie, ce qui entraînera l'expédition d'Agamemnon et des chefs Grecs pour la reprendre. À Ménélas succède son gendre Oreste (Fils d'Agamemnon et de Clytemnestre) époux d'Hermione. Son fils Aristomachos (ou Aristomaque) lui succède, puis le fils de ce dernier.    

   

   Aristodèmes (ou Aristodème, en Grec : Aristódêmos / Aristódêmos, v.950) arrive au pouvoir, comme ses aïeuls c'est un Héraclides. Il épouse Argia II, fille du Roi de Thèbes Antésion et il a deux enfants (jumeaux ?) Eurysthène (ou Eurysthènes, en Grec : Eurysthènes ou Εuρυσθένης) et Proclès (En Grec : Proclès ). Il meurt foudroyé et ses fils suite à un oracle de la Pythie fondent les deux branches familiales qui vont régner sur Sparte, les Eurypontides ou Proclides ou Branche de Proclès et les Agiades ou Eurysthènides ou Branche d'Eurystène.

 

 

Le géographe Pausanias

   Il y a des incertitudes sur l'origine et l'existence de ces deux dynasties. Certains spécialistes pensent qu’il y avait au début trois Rois, chacun commandant l'une des trois tribus attestées au début de la Première Guerres de Messénie. L’un des trois Rois aurait ensuite disparu. Une autre hypothèse fait des Agiades les Rois des anciens Achéens, Cléomènes I (520-490), se déclarera Achéens et non Dorien à Athènes, les Eurypontides étant les envahisseurs Doriens. Enfin, une dernière version se fonde sur la localisation des tombeaux royaux, qui fait des Agiades les représentants d’une partie de la Laconie, Pitana et Mésoa et les Eurypontides, ceux d'une autre, Limai et Konooura.

  Quoi qu'il en soit, le pouvoir royal va se transmettre au plus proche descendant du plus proche détenteur du pouvoir. Pierre Carlier explique que c’est le fils qui passe avant le frère par droit d'aînesse. Le fils né quand le père est déjà Roi prime sur ceux pour lesquels ce n’est pas le cas. Néanmoins les Spartiates interprèteront de manière assez libre cette règle de succession.

 

  Les pouvoirs des Rois sont essentiellement militaires et religieux. Aux débuts, ils peuvent mener la guerre contre le pays de leur choix et leur pouvoir est collégial. Passé la mythologie on retient aujourd'hui la création de Sparte à la fin du IX siècle ou début du VIIIe. Elle se fait par le regroupement de quatre villages d’origine Dorienne.

 

Lycurgue par Joseph T. Duryea

   Dans le Catalogue des vaisseaux (Passage du chant II de l'Iliade d'Homère) figure "Lacédémone et ses profondes vallées" (II, 581). De la région sont citées neuf bourgades : Amyclées, Augées, Brysées, Hélos, Laas, Messé, Œtyle, Pharis et Sparte.

 

   Selon la tradition c'est Agis I (En Grec : Aγις, 930-900) fils Eutysthène et d'Anaxandra (Fille du Roi de Cléonoe Thersandros) qui va succéder à son père pour les Agiades. Il est le véritable fondateur de cette dynastie royale. Il a deux fils, Échestratos (ou Échestrate ou Echestratus, en Grec : Echestratos, 900-870) et Amphiclès, dont le premier lui succède. Pour la branche de Proclès, c'est son fils Soos (En Grec : Σόος / Sóos ou Soũs, 930-890) qui accède au pouvoir.

 

Statuette d'un athlète Spartiate -  Louvre  

   Sous son règne, les Spartiates sont censés avoir asservi les Hilotes et envahit l’Arcadie. Il sera le père d’Euryphon (ou Eurypon, en Grec : Ευρυπών ou Ευρυτίων, 890-860) ancêtre éponyme de la dynastie des Eurypontides qui lui succède. Sparte va prendre de l'ampleur et va soumettre l'ensemble de la Laconie. Elle commence par annexer toute la plaine de l'Eurotas, ensuite elle repousse les Argiens (Habitants d'Argos) et s'assure le contrôle de toute la région. Au VIIIe siècle, la poussée démographique entraîne la recherche de nouvelles terres, Sparte va conquérir la Messénie voisine qu’elle soumet (Voir Guerres de Messénie, 743-724) et contraint ses habitants à devenir ses Hilotes.

 

   Les réformes de Lycurgue au VIIe siècle (Personnage mythique pour certains spécialistes) sont un véritable tournant pour la ville. Elles répondent à des objectifs  politique et militaire. Tout est mis en place pour renforcer la puissance de la cité. À cette époque Sparte est la plus puissante cité de la région, entretenant le commerce avec la Grèce, l’Égypte et l’Asie Mineure. Dès lors, sa principale rivale sera l'Arcadie avec la cité d'Argos qui va lui résister. En 669, à la bataille d'Hysiaï, le Tyran d'Argos Phidon défait Sparte. La victoire d’Argos est due à l’utilisation par Phidon, pour la première fois de la phalange hoplitique.

 

   Les Messéniens profitent de la faiblesse de Sparte pour se révolter, ce qui brise l’expansion de la cité (Deuxième Guerre de Messénie, 670-657). Malheureusement ils vont être de nouveau soumis. Sparte va alors restructurer son système politique et militaire et n'avoir qu'un seul objectif : Former la meilleure armée de toute la Grèce. Elle soumet toutes les cités Arcadiennes et en 545, à la bataille des Champions elle défait à son tour Argos. Dès lors Sparte a l'hégémonie sur l'ensemble du Péloponnèse, qu'elle conservera jusqu'aux Guerres Médiques (499-490 et 480-479).

 

 

Sacrifice à Aphrodite à Sparte -

Musée du Louvre

 

   Pour la branche des Agiades Cléomènes I (ou Cléomène, en Grec : Cleomenes ou Κλεομένης, 520-490) arrive sur le trône, il est le fils d'Anaxandride (ou Anaxandridas II, en Grec : Anaxandridas, 560-520). Il gouverne conjointement avec le deuxième Roi, Démarate, jusqu'en 492. L'association des deux souverains va être une source de problèmes pour Sparte, les deux Rois étant souvent en désaccord. En 510, Cléomènes aide les Alcméonides (Famille d'Athènes) à renverser la Tyrannie d'Hippias (Co-Tyran d'Athènes de 527-514), mais cherche ensuite à soutenir le parti aristocratique d'Isagoras contre les démocrates menés par Clisthène. À deux reprises il va tenter, en vain, de mettre fin à la démocratique mise en place par Clisthène. En 506, Cléomènes I utilise ces alliances pour monter une expédition qui réunit, selon Hérodote (V, 74), tout le Péloponnèse.       

   Il réunit l'armée sans indiquer son but, ni géographique ni politique. Quand, à Éleusis, les Corinthiens s'aperçoivent qu'il s'agit de marcher sur Athènes et de renverser Clisthène, ils font demi-tour, suivis par l'autre Roi, Démarate. Pour éviter de renouveler une telle mésentente, Sparte réunit alors ses alliés, pour décider d'une nouvelle intervention contre Athènes, c'est la naissance de la Ligue du Péloponnèse. Sparte avait établit des bonnes relations avec l'Asie Mineure, notamment avec le Roi de Lydie Crésus (562-546 ou 561-547), mais en 499, Cléomènes I refuse d'appuyer la révolte des cités Grecs d'Ionie et de défendre Aristagoras, le Tyran de Milet contre les Perses, il entre alors en conflit avec son collègue Démarate. La révolte de ces cités provoque le conflit que l'on appelle les Guerres Médiques (499-490 et 480-479).

 

Cléomènes I - le Roi fou -

par Georges Devereux

   En 494, il combat les Argiens, mais il échoue devant Argos. Cependant, il leur inflige une défaite à Sepéia, renforçant ainsi la puissance de Sparte dans le Péloponnèse. En 492/491, il chasse Démarate, qui se réfugie en Perse. Il change alors de politique extérieure. Il fait jeter dans un puits des envoyés du Roi Perse Darius I (522-486) et en 490, il envoie des renforts aux Athéniens, mais du fait de la fête des Karneia (Festivités religieuses célébrées à Sparte en l'honneur d'Apollon Karneios) ils arrivent trop tard pour la bataille de Marathon. Il meurt cette même année, frappé de folie et se serait suicidé. Son frère Léonidas I époux de sa fille Gorgô (L'une des femmes les plus célèbres de la Grèce antique) lui succède.

 

Pour plus de détails voir :

La Bataille de Marathon.

Buste en bronze de Démarate - 

Museo Archeologico Nazionale - Naples

 

   

 

  Démarate (ou Demaratus, en Grec : Dêmaratos ou Δημάρατος / Dêmáratos, 515-491) des Eurypontides est le fils d'Ariston (En Grec : Aρίστων, 550-515). En 506, il était partit en campagne avec l'autre Roi, Cléomènes I (520-490) son rival, avant de s'apercevoir que l'expédition avait pour but de renverser les Pisistratides d'Athènes. Il fait alors demi-tour avec les Corinthiens qui l'accompagnait, laissant Cléomènes I continuer seul. C'est le "divorce d'Éleusis". En 491, Cléomènes I se venge en intentant contre lui un procès, l'accusant de bâtardise et Démarate est destitué la même année. Il reste un temps à Sparte, mais devant les attaques de Léotychidas II (En Grec : Léotychidas, 491-469) son successeur, il décide de s'exiler auprès de l'ennemi, en Perse.

 

   Il influence Darius I en faveur de Xerxès I (485-465), qui est alors choisi comme successeur par rapport à son frère. Avant la bataille des Thermopyles, il explique au Roi Perse quelles sont les particularités au combat de Sparte. Cet épisode est relaté par Hérodote (Historien Grec, v.484-v.425). Il avertit quand même les cités Grecques de l'attaque imminente du Roi Perse Xerxès I, ce dernier pour cet acte le fera mettre à mort. En 481, quand Xerxès I veut venger la défaite de son père Darius I, Athènes et Sparte s'allient. Sparte prend le commandement de la coalition.   

                                                           Léonidas I (En Grec : Leonidas, 490-480) est le fils d'Anaxandride. Il succède à son frère Cléomènes I pour la famille des Agiades. Au début de son règne il renonce à secourir la Thessalie contre les Perses. La Gérousie, Conseil des Anciens de la Cité de Sparte, se réuni à l'automne 481 à Corinthe. Elle décide l'envoi d'une armée de Lacédémoniens pour défendre le défilé des Thermopyles. En 480, Léonidas I va occuper les Thermopyles avec 7 000 hommes pour en tenir l'accès contre les Perses.     

 

Statue commémorant  la mémoire de Léonidas I, à Sparte

 

Buste de Léonidas I

   Il est trahi par un certain Éphialtès, qui indique aux Perses un chemin permettant de contourner l'armée de Léonidas I. Voyant arriver les Perses et contient de la finalité de la bataille, Léonidas I renvoi la majorité de ses troupes (Environ 6 000 hommes) gardant auprès de lui 300 hoplites, avec leurs Hilotes, plus quelques Thébains volontaires, soit environ 700 hommes. Malgré un sacrifice héroïque des Spartiates, les Grecs sont écrasés par le Roi Xerxès I.

 

   Lors de cette bataille, selon les historiens de l'époque, les Perses auraient perdu 20 000 hommes, ces chiffres semble assez fantaisistes. Mais ce qui est sur c'est que par ce sacrifice Léonidas I va retarder l'avancée des Perses et permettre à la flotte de se replier. Plus tard, sa dépouille sera transférée à Sparte où un magnifique mausolée lui sera consacré tandis que des fêtes, appelées Léonidées, seront instituées. Il y est écrit au passage des Thermopyles "Passant, va dire à Sparte que nous sommes tous morts ici pour obéir à ses lois". Léonidas I épouse Gorgô, fille de son frère Cléomènes I et a un enfant Pleistarches (ou Pleistarchos, en Grec : Pleistarches 480-458) qui lui succède.

                                                        Cette bataille héroïque, insuffla du courage à toute la Grèce. Le 29-9-480, les Athéniens, écrasent la flotte Perse à la Bataille de Salamine. Deux cents navires Perses sont coulés, mais la Grèce centrale est toujours aux mains de l'armée Perse commandée par le général Mardonios.

Pour plus de détails voir :  La Bataille des Thermopyles et La Bataille de Salamine.

  

   En 479, sous les ordres de Pausanias (Mort en 470), le petit-fils d'Anaxandride, les Grecs regroupent 40 000 hommes à Platées où ils anéantissent l'armée Perse. Dans le même temps, la flotte Athénienne achève à Mycale, les restes de la flotte Perse. C'est la fin des Guerres Médiques. Pausanias occupe ensuite Byzance, où il se conduit en despote. Les Spartiates l’accusent de collusion avec les Perses et l’emmurent dans un temple de Sparte où il s’était réfugié. Il a deux enfants, dont Plistoanax (ou Pleistoanax, en Grec : Pleistoanax ou Πλειστοάναξ) qui sera Roi de 458 à 409.

  

Pour plus de détails voir : La Bataille de Platées. (Wikipédia). 

   Léotychidas II (ou Leotychides ou Latychidas, en Grec : Leotychides, 491-469), pour les Eurypontides, avait succédé à Démarate, contraint à l'exil depuis 491. Il était le fils de Méname, arrière-petit-fils d'Hippocratide. Il reçoit le commandement des forces Grecques qui vont remporter la bataille de Mycale. Il est envoyé détruire le pont de bateaux que les Perses on construit sur le Bosphore, mais une tempête fera le travaille avant lui. Vers 476 il se rend en Thessalie pour combattre les Aleuades (Larissa), alliés des Perses. Il se laisse alors corrompre et retire ses troupes, ce qui lui vaut une condamnation immédiate de Sparte. Il se réfugie au temple d'Athéna à Tégée. Il y meurt vers 469. Il a un enfant qui ne régna pas.

 

   Après les Guerres Médiques et avoir abandonné les profits de la victoire aux Athéniens, les Spartiates se replient sur le Péloponnèse où ils vont tenter, de défendre leur suprématie face à leurs anciens coalisés (Tégée et Élis), de faire face à Argos, soutenue par Athènes et enfin de mater une révolte des Hilotes de Messénie (464-458). Selon Thucydide (Homme politique et historien Athénien, v.460-v.395), Sparte et ses alliées, notamment Thèbes et Corinthe, redoutent la montée en puissance de l'impérialisme d'Athènes. Auréolée de ses victoires contre les Perses cette dernière fonde en 477 la Ligue de Délos.  En 470, la presque totalité des cités d'Arcadie et Argos s'allient contre Sparte, mais elles seront battues en 465.

     

 

Ménélas frappé par la beauté d'Hélène

 

    Archidamos II (ou Archidamus, en Grec : Archidamos ou Aρχίδαμος, 469-426) de la famille                                                           des Eurypontides, est le petit-fils de Léotychidas II. Sous son règne, en 464, Sparte subit un violent tremblement de terre qui selon Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125) la détruit entièrement. Les Hilotes profitent du séisme pour se révolter et cette rébellion va durer près de dix ans, c'est la Troisième Guerre de Messénie auquel Archidamos II mettra fin en 454. Les relations entre Sparte et Athènes restent bonnes jusqu'en 462, quand Sparte renvoie un contingent Athénien dirigé par le Stratège Cimon (v.510-450/449) qui était venu l'aider contre les Hilotes. C'est alors la rupture entre les deux villes. En 446, la révolte de Mégare et de l'Eubée attise le conflit.

 

   Sparte prend la tête des cités coalisées et veut ravager l'Attique. Le Roi Plistoanax (ou Pleistoanax, 458-409) refuse de poursuivre l'offensive et est obligé d'abdiquer. En 446, un accord est passé entre les puissances rivales, qui repose sur le partage du monde Grec. Sparte se voit octroyer le Péloponnèse, Corinthe les mers et le commerce occidental et Athènes la mer Égée et le commerce du Nord. Corinthe, qui est membre de la  Ligue du Péloponnèse, supporte de plus en plus mal les visées d'Athènes sur ses colonies. Une guerre oppose alors Corinthe à sa colonie Corcyre. Celle-ci fait appel aux Athéniens. En 432, Corinthe, membre de la Ligue du Péloponnèse, fait alors pression sur son ancienne colonie Potidée afin qu'elle quitte la Ligue de Délos. Potidée obéit et quitte la Ligue après avoir passé un accord secret avec Sparte, qui stipulait qu'en cas de conflit avec Athènes, Sparte envahirait l'Attique.  

 

   Les Athéniens envoient alors une expédition pour assiéger Potidée, qui tombe et est obligée par Athènes de raser ses murailles. Potidée se révolte contre Athènes et reçoit le soutien officieux de Corinthe. Dans le même temps, Athènes interdit l'accès de l'Attique et ses ports aux marchands de Mégare. Cette dernière, comme Corinthe, font appel à Sparte, qui sous la menace de voir deux de ses principales alliées quitter la Ligue du Péloponnèse et aussi du fait de ses promesses et alliances avec Potidée, mobilise la Ligue. Tous les Spartiates ne sont pas pour l'idée d'aller combattre, l'Éphore Sthénélaïdas est partisan de la guerre immédiate, mais Archidamos II réputé pour sa prudence, tente d'éviter la Guerre du Péloponnèse (431-404).

 

   Sparte se laisse tout de même entraîner dans la guerre et quelques mois plus tard la ville et ses alliés de la Ligue, pressés d’agir par les Corinthiens décident d’attaquer Athènes. Archidamos II envahit l'Attique sans parvenir à bloquer sérieusement Athènes. En 427, il s'empare de la ville de Platées, après un siège de deux ans. Le Stratège Athénien Périclès (495-429) laisse l'Attique aux pillages de Sparte, pour accueillir la population dans Athènes même. La ville est protégée par des longs murs qui la relient à ses ports, même transformée en forteresse elle peut se ravitailler par la mer. En 426 Archidamos II cède le trône à son fils Agis II et meurt en 422. Son deuxième fils Agésilas II succèdera à son frère.

 

  

  

Sparte avec les montagnes Taygète en arrière-plan

 

  Agis II (En Grec : Agis, 426-398) des Eurypontides règne conjointement avec le fils du général Pausanias, le Roi Agiade Plistoanax, puis avec le fils de celui-ci Pausanias I (En Grec : Παυσάνιας, 409-395). Pendant les années qui suivent sa prise de pouvoir, Sparte et ses alliés continuent d’attaquer l’Attique sans remporter de succès décisif. En 425, Agis II échoue dans une énième tentative d'invasion de l'Attique. Finalement, en 421, Athènes signe la paix avec ses adversaires, "La paix de Nicias". Peu après, agis II à des difficultés en secourant Épidaure qui était sous la menace d'Argos. Une trêve est signée avec les Argiens.

 

  Alcibiade le Jeune (450-404) profitant de cette situation tendue, pousse les Athéniens à la reprise des hostilités en les faisant s'allier avec Argos, Élis et Mantinée. En 418, les alliés attaquent Épidaure et avancent sur Tégée. Sparte est obligé de faire mouvement contre eux et remporte une grande victoire à la bataille de Mantinée, en août 418. Cette victoire entraîna une réaction d'Argos, qui devint alliée de Sparte. En 415, toujours poussée par son ambitieux dirigeant Alcibiade, Athènes lance une expédition en Sicile pour conquérir l'île. Syracuse appelle Corinthe et Sparte à son secours.

    Mis en cause dans le scandale des Hermès (ou Hermai) mutilés (L'affaire des Hermocopides), Athènes dépêche un vaisseau pour ramener Alcibiade dans la cité. Celui-ci s'enfuit alors à Sparte où il convainc les Spartiates de la nécessité d'envoyer des secours à Syracuse contre les Athéniens. Les Spartiates reprennent alors l’offensive et sur mer et en Attique. L'armée Athénienne ne parvient pas à prendre Syracuse et en 413 sa flotte est presque anéantie. En 412, Alcibiade part en Ionie et avec une armée Spartiate, il fomente une révolte contre Athènes, d'abord à Chios et ensuite dans d'autres cités, mais les Spartiates se méfient de lui. Il retournera ensuite à Athènes, après des mois de négociation délicate.

 

   À l'été 411 et la flotte Athénienne de Samos le fera général. En tant que Navarque, le Spartiate Lysandre écrase la flotte Athénienne à Aigos Potamos en septembre 405. La même année Agis II met le siège devant Athènes. La révolte des cités Ioniennes de la Ligue de Délos permet à Sparte de s'imposer et en 404, Athènes assiégée capitule, ce qui met fin à la Guerre du Péloponnèse. Lysandre responsable de la victoire sur Athènes impose à la ville une oligarchie (Les 30 Tyrans). Sparte devenue la seule grande puissance va alors imposer un tribut, aux pays sous sa tutelle. Elle change sa politique vis-à-vis de l'envahisseur Perse en Asie Mineure, se faisant la seule puissance capable de les contrer. Alcibiade, avait séduit l'épouse d'Agis II, se prétexte servit à Agésilas II pour écarter du trône le fils d'Agis II, sous le soupçon de bâtardise.

                                           

Pour plus de détails voir : La Bataille de Mantinée - L'expédition de Sicile - (Wikipédia). 

 

   Agésilas II (ou Agésilaos, en Grec : Agésilas, 398-360, né en 444) prend donc le pouvoir à la suite de son frère Agis II après avoir écarté son neveu du trône Eurypontide avec l'appui de Lysandre. Il va régner conjointement avec successivement quatre Rois de la famille des Agiades : Agésipolis I (en Grec : Agésipolis, 395-380), Cléombrotos I (ou Cléombrote ou Cleombrotus, en Grec : Cleombrotos ou Κλεόμβροτος, 380-371), Agésipolis II (371-370) et Cléomènes II (ou Cléomène, en Grec : Cléomènes, 370-309). Il va se révéler l'un des plus grands chefs militaires de son époque et sera réputé pour son courage.   

   Il part en 396/395 pour une expédition, avec quelques Spartiates et plusieurs milliers d'alliés, pour chasser le Satrape Perse de Lydie, Tissapherne et libérer les cités Grecs d'Ionie. Après sa victoire sur les bords du Pactole, à Sardes, il s'empare d'une partie de la Lydie, de la Phrygie et parvient jusqu'en Paphlagonie (Côte Nord, entre la Bithynie et le Pont). Sparte qui a triomphé d’Athènes dans la Guerre du Péloponnèse (431-404) décide d'imposer le même impérialisme. En 394, les Grecs se soulèvent contre elle avec la coalition d’Athènes, Thèbes, Argos et Corinthe.

 

   C'est le début de la Guerre de Corinthe (Qui durera jusqu'en 386). Agésilas II est rappelé d'urgence en Grèce, après la mort de Lysandre. En 394 une bataille à Cnide, sur les côtes de Carie au bord du golf Céramique, oppose les flottes Perse et Spartiate. Le Satrape Perse Pharnabaze dispose d'une escadre de trirèmes Phéniciennes et d'une escadre de trirèmes Athéniennes sous les ordres de l'amiral Athénien Conon (444-390). C'est l'amiral de Sparte Pisandre qui a le commandement de la flotte Spartiate renforcée par des contingents alliés levés dans les îles Égéennes.

 

Artémis Orthia, ex-voto en ivoire -

Musée national archéologique d'Athènes

  Les contingents Égéens placés par Pisandre sur son aile droite désertent, découragés devant les effectifs ennemis. Pisandre meurt en défendant son navire échoué. Les spartiates sont battus et perdent 50 navires, mais la plupart des équipages parviennent à s'échapper. Agésilas II de son côté bat les coalisés en 394 à Corinthe, Sicyone. Il apprend l'issue de la bataille de Cnide juste avant la bataille de Coronée où il sera vainqueur ainsi qu'à Némée. Mais Sparte a perdu sa domination maritime.

 

   La victoire de l'amiral Athénien Conon a mit fin aux velléités de suprématie maritime Spartiates et la puissance navale d’Athènes est restaurée en mer Égée. Pendant une dizaine d'années, Agésilas II maintient la suprématie de Sparte, malgré que les Perses se lancent dans une contre-offensive. Menacée, Sparte conclut en 387/386 la paix d'Antalcidas (ou paix du Roi) avec les Perses et tous les Grecs. Elle accepte l’arbitrage par la Perse et leur cède des cités Grecques d’Asie Mineure. En 378, le conflit reprend suite à un raid de Sparte sur le Pirée, mais les Lacédémoniens échouent devant Thèbes.

   Ce conflit aboutit en 371 à une paix entre Athènes et Sparte soucieuses de l'expansion de Thèbes. La même année, Sparte lance une attaque contre cette dernière, mais Cléombrotos I va subir une sévère défaite à Leuctres (Le 06/07/371) devant le général Thébain Épaminondas (418-362). Épaminondas détruit l'armée Spartiate et mène alors une offensive contre la ville de Sparte elle-même, qui doit enrôler de nombreux Hilotes pour repousser l'agresseur. C'est la fin de l'hégémonie de Sparte, qui ne pourra jamais retrouver sa puissance. En 370/369, elle perd la plus grande partie de la Messénie et la Ligue du Péloponnèse se dissout.

 

   En 362, Agésilas II est battu une nouvelle fois par Épaminondas, à Mantinée, mais ce dernier y trouva la mort (Sparte avait remporté une victoire au même endroit contre Athènes, Argos, Élis et Mantinée en 418, pendant la Guerre du Péloponnèse). En 361, Agésilas II passe au service de Tchahapimou, Roi des Égyptiens insurgés contre le Pharaon Tachos (362-360), qu’ils détrônent et le remplacent par Nectanébo II le fils de Tchahapimou. Agésilas II meurt dans un naufrage à son retour en Grèce. Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125) et Cornélius Népos (Écrivain Latin, 100-29) ont écrit l'histoire de la vie d'Agésilas II et Xénophon (Philosophe, historien et maître de guerre Grec, v.430-v.355) a composé son Éloge (Agésilas II). Il a un enfant Archidamos III qui lui succède.  

   Pour plus de détails voir : La Bataille de Mantinée - 362 - (Wikipédia).

 

 

Buste d'Archidamos III - 

Museo Archeologico Nazionale - Naples

 

 

   Archidamos III (ou Archidamus, en Grec : Archidamos ou Αρχίδαμος, 360-338) avait l'habitude du pouvoir, il avait remplacé son père sur le trône de Sparte, vers 361, lorsque Agésilas II était partit dans son expédition pour l'Égypte. Il avait aussi organisé la résistance de Sparte contre le général Thébain Épaminondas où il aurait montré un grand courage dans cette lutte et il a combattu dans le Péloponnèse. Alors qu'il était encore Prince, il a été le Eispnelas (Inspirateur ou amant) de Cleonymus, fils de Sphodrias. Il remporte une victoire sur les Arcadiens en 367, mais il est battu à son tour battu en 364 à Cromnus. Il soutient les Phocidiens contre Thèbes lors de la Troisième Guerre Sacrée (355-346). En 346, il part en Crète pour aider Lyttos dans sa lutte contre Cnossos. En 343, il part au secours de la colonie de Tarente qui avait demandé de l'aide dans la guerre contre les peuples Italiques, notamment les Lucaniens. En 342, Archidamos III arrive en Italie avec une flotte et une armée pour lutter contre les barbares. Il est battu et tué en combattant contre les peuples Messéniens et Lucaniens sous les murs de Manduria. Il a deux enfants, Agis III (En Grec : Agis, 338-331) et Eudamidas I (En Grec :  Εuδαμίδας, 331-305) qui lui succèdent. 

 

    Ils vont régner conjointement avec Cléomènes II (ou Cléomène, 370-309), de la famille des Agiades. Sparte doit aussi faire face à la Macédoine, nouvelle puissance montante dans le jeu politique de la Grèce. Agis III tente d'établir une alliance avec les Perses pour libérer la Grèce de la tutelle Macédonienne, mais cette action se solde par un échec. Il s'allie avec le mercenaire Memnon de Rhodes et lutte seul contre la Macédoine. En 331, Agis III (338-331) attaque Antipatros, lieutenant d'Alexandre le Grand, (336-323), à la tête d'une coalition Péloponnésienne, mais il est vaincu et tué à la bataille de Mégalopolis. Va suivre une période relativement paisible dans l'histoire de la cité Lacédémonienne, mais aussi son déclin. Sous le règne de Cléomènes II et Eudamidas I, la ville ne prend aucune part à la résistance de la Grèce contre les tendances hégémoniques du Roi de Macédoine Philippe II (359-336). Pas plus lors de la Guerre lamiaque, conflit qui se déclenche en Grèce à la mort d'Alexandre le Grand en juin 323 et qui oppose des cités Grecques révoltées, dont Athènes, aux Macédoniens menés par Antipatros. Cette guerre est finalement remportée par ce dernier en 322 et les villes rebelles doivent se soumettre.

   En 281, sous les Rois Acrotalès I (ou Aréus I, en Grec : Acrotalès, 309-265) pour les Agiades et Archidamos IV (en Grec : Archidamos, 305-275) pour les Eurypontides un nouveau sursaut a lieu. Sparte parvient à repousser le Roi d’Épire Pyrrhos II (240 à 238) en s'associant à Athènes, mais en 265, la Macédoine reprend le dessus. Acrotalès I est chassé de la ville d'Agrigente (Sicile) qu’il avait secouru contre le Tyran de Syracuse Agathoclès (317-289). La faiblesse de Sparte permet à la Ligue Achéenne de prendre son essor et de devenir la première puissance de la péninsule. Dans le même temps les institutions de la ville vont être bouleversées dans un premier temps par le Roi Agis IV, puis par Cléomènes III.        

 

Monnaie d'Archidamos III

    

   Agis IV (En Grec : Agis, 245-241) des Eurypontides, est le fils d'Eudamidas II (En Grec : Eudamidas, 275-245). Il va être un grand réformateur, mais va se heurter à l’opposition des notables. Il tente de remettre en vigueur les lois de Lycurgue (Législateur mythique de Sparte) et propose d'abolir les dettes et de faire un nouveau partage des terres. Il échoue dans ses projets par l'opposition de son collègue des Agiades, le Roi Léonidas II (en Grec : Léonidas, 254-242 et 240-235). Il le fait déposer, mais celui-ci va reconquérir le pouvoir en 240 à la mort de son gendre Cléombrotos II (En Grec : Cleombrotos, 242-240) époux de sa fille Chilonis, qui lui avait succédé. Agis IV est trahi par ceux mêmes à qui il avait donné sa confiance. Il est enlevé dans un temple où il s'était réfugié et en 239, il est étranglé dans sa prison sur l'ordre des Éphores. Il a un enfant Eudamidas III (En Grec : Eudamidas, 241-228) qui lui succède. Plutarque (Philosophe, biographe et moraliste Grec, 46-v.125) a écrit l'histoire de sa vie.

   

   Cléomènes III (En Grec : Cléomènes oui  Κλεομένης, 235-222, né vers 257) des Agiades est un des trois enfants de Léonidas II. Il est Co-Roi de Sparte de 235 à 222 av.J.C avec Eudamidas III (241-228), puis avec le fils de celui-ci Archidamos V (En Grec : Archidamos, 228-227). Il deviendra seul Roi de Sparte de 221 à 219 à la mort de son frère Eudeidas. Il épouse la veuve d'Agis IV dont il va reprendre les réformes à son compte. Acquis à l'idée d'une réforme radicale de la société Lacédémonienne, il s'efforce de rendre à Sparte sa grandeur passée. Pour cela il tente dans un premier temps de trouver des succès militaires à l'extérieur afin d'acquérir un prestige suffisant pour entreprendre sa politique de réformes. En 232, il attaque la Ligue Achéenne, guerre dite "cléoménique" (232-229).   

  

        

Monnaie de Cléomènes III

 

   Il est vainqueur en 227 à la bataille de Mégapolis. La même année il opère un coup d'État. Il dépose Archidamos V et établit la double royauté pour les Agiades en nommant Roi des Eurypontides son propre frère Eudeidas (ou Eucleidas, en Grec : Eudeidas, 227-221). Il entreprend alors des changements spectaculaires dans le système politique de Sparte. Il fait exécuter les Éphores titulaires et annonce le rétablissement des lois de Lycurgue. Il supprime l'Éphorat et met en place les Patronomes, au nombre de six, sorte d'Éphores nommés par le Roi et non plus élus. Il procède à un nouveau partage des terres et donne la citoyenneté à 4000 Périèques qui viennent ainsi renforcer les effectifs militaires qui étaient très bas.

 

   La guerre reprend en 225 et Cléomènes III obtient d'important succès sur à la Ligue Achéenne. Le chef de la Ligue, Aratos de Sicyone (271-213), après la prise d'Argos, puis en 223 de Corinthe, fait échouer les plans de conciliation du Spartiate et appel à l'aide le Roi de Macédoine Antigonos III Dôson (229-221). Les Macédoniens traversent, en 224, l'isthme de Corinthe. Cléomène III est chassé d'Arcadie. En juillet 222, il est écrasé à Sellasia (ou Sellasie) par Antigonos III, la cité est prise et Cléomènes III doit s'enfuir en Égypte où il est emprisonné.  

                        

   Il se suicide en 219. Cette défaite marque la fin de l'indépendance de Sparte. D'importants troubles politiques s'ensuivent dans la cité. La vie de Cléomène III est bien racontée par Polybe (Général, homme d'État et historien Grec, v.205-126 av.J.C) dans son œuvre "Les Histoires". Il a comme source les Mémoires d'Aratos de Sicyone et Plutarque qui écrit la biographie de Cléomènes III en même temps que celle d'Agis IV.  

 

   Agésipolis III (en Grec : Agésipolis, 219-215) fils de Cléombrotos II et neveu de Cléomènes III lui succède sur le trône unique de Sparte. Étant encore très jeune au moment de son avènement, il est mis sous la tutelle de Cléomène et de Lycurgue. Ce dernier, un Eurypontide  le détrône et se fait reconnaître comme Roi de 215 à 212. Il passe alliance avec les Étoliens contre les Achéens et est l’adversaire du Roi de Macédoine Philippe V (221-179). Pélops, lui aussi Eurypontide lui succède de 212 à 200.

 

   En 207, un usurpateur nommé Nabis (207-192) devient Tyran de Sparte. Il va tenter les dernières réformes susceptibles de rendre à la cité une partie de son ancienne puissance. Sous son règne il s'appuie sur des mercenaires comme gardes du corps. Il abolit la royauté et il reconstitue un corps d'armée de 6000 citoyens. Il pratique une politique de proscription au détriment des citoyens aisés et en faveur des Hilotes et de ses mercenaires.

 

Monnaie de Lycurgue

 

 

   Il réorganise les finances grâce au butin amassé et à la levée régulière de taxes. Cette politique révolutionnaire suscite la peur et la haine chez les conservateurs.  En 205, Sparte devient l'alliée de Rome. En 204, la guerre reprend, contre la Ligue Achéenne. Nabis est l'allié de Rome dans la deuxième guerre contre les Macédoniens (200-197). Puis en 197, il devient l'allié de Philippe V, qui lui confie la garde d'Argos. Nabis s'y rend populaire en abolissant les dettes et en persécutant les riches. Puis il change d'optique et se déclare de nouveau pour les Romains dans l'espoir de demeurer maître de la ville.      

Monnaie de Nabis

   Après la défaite des Macédoniens, la même année, Rome lui déclare la guerre. Le général Romain Titus Quinctius Flamininus l'oblige à libérer Argos. En 195, les Romains et leurs alliés Grecs font le siège de Sparte. Dominée de tous les cotés, la cité est obligée d'accepter la paix. Nabis doit de se rendre et signer un traité où il perd ses principaux territoires dont Argos et la Crète, son port et sa flotte. Les Romains acceptent que Nabis conserve son trône. Dès 193, profitant du retrait des troupes Romaines, il s'attaque à ses anciennes cités Périèques qui avaient rejoint la Ligue Achéenne et qui étaient soutenues par le Roi Séleucide Antiochos III Mégas (223-187). Il est battu par le Stratège de la Ligue, Philopoemen (Homme politique et général Grec). En 192, il demande alors de l'aide aux Étoliens, mais Aleximène, le chef des 1000 hommes qu'on lui envoie, l'assassine, ses anciens alliés Étoliens l'accusant de trahison.

   Le but de ce meurtre était pour les Étoliens de se concilier l'amitié des Spartiates et les amener à combattre Rome. Philopoemen, oblige Sparte à adhérer la Ligue Achéenne et devient le véritable dirigeant de la ville. Cependant, le plan ne fonctionne pas et les Spartiates mettent à mort les Étoliens qui avaient commencé à piller la cité. Les réformes de Nabis sont abrogées et l'agôgê (L'éducation Spartiate) est supprimée. Mais les divergences avec la Ligue ne s'arrêtent pas là. En 148, les Achéens attaquent Sparte, qui est battue. Rome intervient, exigeant que Sparte et Corinthe soient séparés de l'Achaïe.

 

   Les Achéens mécontents reprennent la guerre, mais ils sont écrasés en 146 par les Romains. Sparte fait partie du camp des vainqueurs, mais perd quand même ses cités Périèques, qui forment de leur côté le koînon (Alliance) des Lacédémoniens et est intégrée à l'Empire Romain. Sparte n'est plus désormais qu'une cité de second rang, autonome mais seule et très loin de sa splendeur et puissance d'antan. Sans ambition, ni militaire ni politique, la cité se concentre alors sur ce qui faisait sa particularité, l'éducation Spartiate. Celle-ci devient encore plus dure, attirant les foules, qui avides de rituels violents viennent assister à des combats qui se disputaient traditionnellement au sanctuaire d'Artémis Orthia.

 

   Lors de ses cérémonies les jeunes enfants étaient flagellés parfois à mort. Cicéron (Homme d’État Romain et un auteur latin, 106-43) dans "les Tusculanes - II, 34" rapporte ces faits : "La foule qui accourt au spectacle est si nombreuse qu'un amphithéâtre doit être bâti devant le temple pour l'accueillir". Ces rites vont perdurer jusqu'au Ve siècle ap.J.C., comme en témoigne Libanios (ou Libanius, auteur Grec de prose, 314-394, Discours, I, 23). En 267, la ville est pillée par les Hérules lors d'une incursion. En 395, le Roi des Wisigoth, Alaric I (396-410) détruira la cité. La Laconie est ensuite ravagée par des tribus slaves, puis passera sous la domination de l'empire Byzantin.   

 

Philopoemen    

Musée du Louvre

   

 

 

 

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