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Pour plus de détails voir aussi les autres cités Ioniennes : Chios, Clazomènes, Colophon, Éphèse, Érythrée, |
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Vue des ruines de la porte Myndus |
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Localisation
Halicarnasse
(En Grec :
Ἁλικαρνᾱσσός
Halikarnassós ou Halikarnassôs ou
Ἀλικαρνασσός
Alikarnassós, en Turc : Halikarnas, aujourd'hui Bodrum), est une ancienne ville
Grecque sur la côte Sud-ouest de Carie
(ou Karkisa) en Asie Mineure.
Elle est située dans le golfe de
Cos (ou Kos, le golfe de Kerme ou Gökova). D'après
Hérodote (Historien
Grec, v.484-425),
dont ce fut la patrie, la ville est fondée à la fin du XIe ou au début du Xe siècle par des colons Doriens,
dont le chef était Anthès et qui vont se mêler aux Lélèges et aux Cariens
déjà en place. Bien que Dorienne la ville garde la langue et les mœurs des
Ioniens.
Les inscriptions trouvées dans la ville nous montrent qu'au temps d'
Hérodote,
les actes officiels étaient rédigés en
Ionien. La cité n'occupait, primitivement, que la petite île de Zephyria
près de la côte, maintenant occupée par le grand Bodrum Castle (Château de Saint-Pierre),
construit par les chevaliers de
Rhodes en 1404, mais au fil du temps, cette île a été unie au continent et
s'est étendue de façon à incorporer Salmakis (ou Salmacis), une ancienne
bourgade peuplée de Lélèges et Cariens.
Cliquez sur un nom de ville ou de région
L'histoire.......
La
création d'Halicarnasse est toujours débattue par les historiens entre les différentes traditions. Ceci dit ils
sont d'accord sur un point principal, le fait qu'elle fut une colonie Dorienne.
Les motifs sur ses pièces de monnaie, comme la tête de Méduse, Athéna et Poséidon ou le trident, soutiennent
le fait que la ville mère de ces Doriens était probablement Trézène (ou Troezen) ou
Argos.
Les habitants semblent avoir accepté que leur fondateur légendaire soit Anthès, mentionnée par
Strabon (Géographe
Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C),
car ils étaient fiers de leur titre d'Anthéide (ou Antheadae). Le nom Carien d'Halicarnasse a été identifié avec
Alosδkarnosδ dans les inscriptions.
Halicarnasse fait partie au début de la
Confédération Dorienne, qui réunit avec elle les villes de : Camiros, Cnide,
Cos, Lalysos et Lindos
(l'île de Rhodes).
Cependant elle en est exclue pour impiété pour une raison qui semble n'avoir été qu'un prétexte. Un de ses citoyens,
Agasiclès (ou Agasiklès), avait omis d'offrir au Dieu Apollon le trépied d'airain qui récompensait sa victoire dans des
jeux et l'avait emporté chez lui. Halicarnasse se rattache alors à la confédération
Ionienne qui comprenait elle douze cités :
Chios(ou Chio ou Kios),
Clazomènes,
Colophon,
Éphèse,
Érythrée,
Lébédos,
Milet,
Myonte,
Phocée,
Priène,
Samos et
Téos.
Smyrne
(Izmir) sera ensuite rattachée à la confédération.
Vers 700, les cités d'Ionie
et de Carie, dont Halicarnasse, passent sous protectorat des
Lydiens, la
nouvelle puissance de la région. Cette domination va durer près d'un siècle et
demi puisque après la défaite du dernier Roi
Lydien
Crésus
(ou Kroisos, 562-546 ou 561-547) devant le Roi
Perse
Cyrus II (558-528), les riches cités vont passer sous la domination des
Achéménides. Halicarnasse, contrairement aux autres cités
Grecques
d'Anatolie, va se ranger très vite du côté des
Perses, ce qui va lui permettre de jouir d'une certaine autonomie.
Elle va ainsi pouvoir former un gouvernement distinct qui est dirigé par des Tyrans installés à Mylasa,
sur le golfe de Cos.
Le premier d'entre eux est Lygdamis I (ou Lydamis ou Lygdamos,
v.520-v.480). On ne sait pas grand chose de son règne. Il semble qu'il fût le
fondateur d'une dynastie dite Lygdamide qui statuait sur toute la Carie. Il épouse une
Crétoise et c'est sa fille qui lui succède.
Vers 480, Artémise I
Sur
un monument de la ville, "le portique des
Perses",
ainsi nommé parce qu'il a été bâti des dépouilles remportées sur les
Perses,
se trouve des statues de marbre blanc des chefs de guerre, dont celle d'Artémise
I, on dit que cette "Fille de Lygdamis et Reine d'Halicarnasse" a de son
propre mouvement, joint ses forces à celles du Roi
Perse Achéménide
Xerxès I (485-465),
dans son expédition contre la
Grèce
(Deuxième Guerre Médique)
et que le 29 septembre 480, lors du combat naval de la
Bataille de Salamine, elle participa avec cinq vaisseaux
et "Elle fit des prodiges de valeur et de bravoure".
Elle aurait repêché le corps d'Ariabignès, l'un des demi-frères de
Xerxès I et l'aurait rapporté au Roi, Xerxès se serait alors écrié : "Mes
hommes sont devenus des femmes, et mes femmes des hommes". Une autre
"légende" est rattachée à cette "Reine", elle serait tombée amoureuse d'un
certain Dardanos d'Abydos qui refusait de lui rendre son amour.
Furieuse, elle lui fit crever les yeux dans son sommeil et se jeta dans la mer
du haut d'un cap rocheux de l'île de Leucade. Ce
geste est connu sous le nom de "saut de Leucade". La
même légende, de sa mort, est attribuée aussi à la poétesse
Sapho
de Lesbos.
L'historien
Hérodote,
dans ces récits, ne cache pas son admiration pour la Reine : "Des autres Taxiarques
(Chef de régiment) je ne fais pas mention...., mais je fais une exception pour
Artémise, que j'admire fort d'avoir fait la guerre contre la Grèce, bien
qu'étant une femme...." "De toute la flotte, ses navires étaient, après ceux des
Sidoniens,
les plus réputés; et, de tous ceux qui prirent part à l'expédition, c'est elle
qui donna au Roi (Perse) les meilleurs avis...". Artémise I est la seule
femme, mais aussi la seule personne non
Perse, que le Grand Roi
consulte. Après la défaite
Xerxès I, ayant entièrement confiance en elle, ira même jusqu'a lui confier la mission de
conduire ses enfants à Éphèse.
Hérodote dit :
"Ce n'est pas en sa qualité de femme que le Roi lui fait cet
honneur, mais pour avoir apprécié ses qualités militaires qu'il peut se
permettre de lui confier ses descendants".
On sait peu de chose sur le fils et successeur d'Artémise I, Pisindalis
(v.475-v.470), mais le successeur de celui-ci, Lygdamis II (ou Lydamis ou Lygdamos,
en Grec :
Lygdamos, v.470-v.450) est en revanche connu
pour sa mauvaise réputation. On ne connaît pas son lien de parenté avec Pisindalis, peut-être son oncle ?,
certains spécialistes le donnent comme le petit-fils d'Artémise I. Il est tristement célèbre pour avoir pendant son
règne, vers 457, exilé l'historien Hérodote
pour conspiration contre lui et en 454 fait exécuter, égorgé, le poète Panyassis (ou Paniasis) pour ses activités politiques.
Ceci dit, il semble qu'il fît de sa cité une ville puissante qui fut crainte même par
Athènes,
comme en témoigne un décret passé par "l'assemblée d'Halicarnasse et de
Salmakis (ou Salmacis), ainsi que par Lygdamis". Après les victoires des cités de la
Grèce continentale contre les
Perses qui mettent fin à la
Deuxième Guerre Médique,
Athènes, qui avait joué un rôle
prépondérant dans la victoire, tente de tirer profit de la région avec en
478 la fondation de la
Ligue de Délos, qui entreprend
de constituer un Empire maritime assurant l'hégémonie de la cité sur la mer Égée et sa domination sur le monde
Grec.
En 469, Lygdamis II, se joint à cette ligue en tant que souverain indépendant.
Pour des raisons qui nous sont inconnues, plusieurs Halicarnassiens organisent une révolte contre
leur souverain, mais ce dernier réussi à maintenir sa position. Parmi ceux qui sont envoyés en exil
se trouve le jeune Hérodote
et sa famille. Une inscription intéressante de cette époque enregistre une loi sur la propriété et mentionne que
Salmakis (ou Salmacis) serait devenu plus ou moins indépendante. Cela donne à penser que les
Grecs et les Cariens étaient encore
reconnaissables comme des groupes ethniques. On ne connait pas le nom du
successeur de Lygdamis II. À la fin de la
Guerre du Péloponnèse (431-404), en tout cas, après 412, Halicarnasse
perd son indépendance et fait désormais partie de nouveau de l'Empire
Perse, elle appartenait à la
satrapie de Carie.
En 407, le Sparte
Lysandre bat la flotte
Athénienne à Aigos (ou Aegos) Potamoi.
Après sa victoire, toutes les cités restées fidèles à
Athènes
lui font défection et se soumettent à
Lysandre. En 404 l’hégémonie
Athénienne
sur la mer Égée n’est plus, la
Ligue de Délos est dissoute et les cités d'Ionie
passent de nouveau sous la tutelle des Perses.
Halicarnasse est gouvernée à partir de 391, par un dynaste local appelé Hécatomnus (ou Hekatomnos ou Hécatomanos ou Hékatomnus de Mylasa, en Grec : Hecatomanos, 391-377) qui avaient obtenu la satrapie de Carie du Roi Achéménide Artaxerxès II Mnémon (404-359). Il sera le fondateur de la dynastie dite "Hecatomnide". Hécatomnus était le fils de Hyssaldomus, le "Roi" de Mylasa, une ville de Carie. Nous ne savons pas grand chose du règne d'Hécatomnus. Il reçoit l'ordre du Grand Roi de constituer une armée, afin d'unir ses forces avec celles d' Autophradatès de Lydie. Ils étaient censés soumettre le Roi de Chypre Évagoras I (410-374), qui visait à l'indépendance de son île. La guerre en mer, cependant, échoue. Il y eut des rumeurs qu'Hécatomnus aurait effectivement reçut une contribution financière de son ennemi afin de ne pas trop aider dans la bataille. Hécatomnus était fasciné par la culture Grecque et il envoya son jeune fils Pixodaros à Athènes, cependant, d'un point de vue religieux, il resta toujours un Carien. Ses pièces de monnaie présentent un style Grec et représentent souvent Zeus. Selon l'orateur Athénien Isocrate (436-338), Hécatomnus voulait démarrer une rébellion contre le Roi Achéménide, mais il n'exécuta jamais ses plans. Il a trois fils : Idrieos, Mausole et Pixodaros et deux filles : Artémise II et Ada. Idrieos et Mausole épouseront respectivement leurs sœurs Ada et Artémise II.
Mausole
(ou Maussollos ou Maussolus, en
Grec :
Mausole ou Μαύσωλος
ou Μαύσσωλλος, 377-353) succède à son père comme
Satrape de Carie. Nous savons presque rien sur Mausole jeune, mais il est connu pour avoir
eu un Xenia (Concept
Grec d'hospitalité et par extension, les présents offerts à un hôte) avec le Roi de
Sparte
Agésilas II (ou Agésilaos, 398-360), ce qui signifie qu'ils étaient liés
par une hospitalité mutuelle. Probablement, qu'
Agésilas
II à rencontré le jeune noble Carien lorsqu'il était en guerre, en Asie Mineure (396-394), mais il est également
possible que Mausole est visité
Sparte.
Lorsque Mausole arrive au pouvoir, en 377, l'Empire
Achéménide est impliqué dans deux conflits
majeurs. Au Sud-ouest, l'Égypte est
devenue indépendante et le Roi
Artaxerxès II Mnémon (404-359) veut la reconquérir, et dans le Nord, la tribu des Cadusiens (Tribu nomade de
Perse
vivant à l'Ouest de la montagne Elburz, entre le centre de la
Médie
et de la mer Caspienne, dans la province de Zanjān) était dangereuse. Ce qui
fait que Mausole jouissait d'une liberté considérable et plusieurs villes
Grecques
avaient peur que le nouveau
Satrape de Carie étende son pouvoir à l'Ouest. Au cours de cette même année, Mausole passe une alliance avec
Athènes, qui était dirigée
contre Sparte, mais aussi contre toutes
personnes faisant la guerre contre un État signataire, une remarque qui valait d'avertissement pour une attaque
éventuelle d'un autre
Satrape de l'Empire
Perse.
Entre 370 et 365, Mausole transfère la capitale de Carie à Halicarnasse, son père ayant toujours résidé
à Mylasa, sur le golfe de
Cos. La ville
est fortifiée avec des nouveaux murs plus imposants, capable de résister aux attaques lancées par les catapultes récemment
inventés et elle reçoit de nouveaux habitants en grand nombre. La plus célèbre construction de la cité est le célèbre
tombeau (le Mausolée) qui selon Vitruve (Architecte Romain,
Ier siècle av.J.C) est commencé par Mausole lui-même. Il est aussi aujourd'hui attesté que très probablement le
Satrape fait fortifier, embellir et agrandir d'autres villes
Grecques comme : Cnide,
Érythrée et
Priène.
En 367, le
Satrape de
Phrygie
et du Pont, Ariobarzane I (ou II -
Satrape,
363-362, puis Roi ? 362-337) se révolte et une armée
Perse est envoyée contre lui.
Elle est commandée par Mausole et
Autophradatès
de Lydie. En
365, ils réussissent à isoler et à assiéger les rebelles dans deux villes :
Assos (Cité Grecque de Troade, au Nord de l'Asie mineure) et
Edremit (ou Adramyttion ou Atramyttion ou Adramyttum, dans la province de
Balıkesir dans la région de la mer de Marmara) lorsque le Roi de
Sparte
Agésilas II arrive en Asie Mineure avec une
force composée de mercenaires pour aider Ariobarzane I. Il se produit alors
quelque chose d'étrange, qui n'est pas expliqué encore aujourd'hui par les spécialistes :
Agésilas II reçoit une somme d'argent importante et des cadeaux de son ami
Mausole pour qu'il ne vienne pas déranger le siège. L'armée du
Spartiate
était certes dangereuse pour les deux
Satrapes mais pas suffisamment pour leur faire rompre les sièges, Mausole
n'avait donc pas besoin de payer l'ennemi ?.
Il est possible qu'en homme politique habile qu'il était, Mausole est voulu corrompre
Agésilas II afin de le faire rester à l'écart de Carie où il aurait eut la possibilité d'embaucher
plus tard des mercenaires
Spartiates. Quelle que soit la raison,
en 362, Mausole rejoint brièvement ce que l'historien et chroniqueur
Diodore
de Sicile (v.90-v.30) appelle la "Révolte des
Satrapes" contre le Roi
Perse
Artaxerxés II Mnémon (404-359).
C'est en fait une bien grande appellation pour une série de rébellions qui ont continué pendant un certain temps,
sans vraiment menacer la stabilité de l'Empire
Perse.
À divers moments, Ariobarzane I de
Phrygie
et du Pont, Datame (ou Datames, 361-330) de
Cappadoce,
Mausole pour la Carie, Orontes (401-344) d'Arménie
et Autophradatès
de Lydie y ont participé et ils ont reçu dans
leurs révoltes le soutien des Pharaons
d'Égypte,
Nectanébo I (380-362),
Tachos (ou Téos, 362-360) et
Nectanébo II (360-342).
Toutefois elles vont permettre à Mausole d'agrandir son territoire qui
comprend alors toute l'Ionie,
la Lydie, une grande partie de la
Lycie et plusieurs îles
Grecques.
Vers 360, l'ordre est rétabli et quand le
Roi Perse
Artaxerxès III
Okhos (358-338) succède à son père, au printemps de 358, il n'a rien à craindre de la
satrapie.
Il choisit d'ignorer le comportement de Mausole, qui avait été parmi les
derniers à rejoindre la rébellion et parmi les premiers à changer à nouveau de camp.
Bien que Mausole doit accepter une garnison
Persane à
Halicarnasse, il se comporte de manière de plus en plus indépendante et va même jusqu'à s'attribuer le titre de Roi.
Sous son règne la Carie devient l'une des principales puissances maritimes de la mer Égée. Mausole agit comme si la
Carie était un État souverain et va passer des traités avec des puissances étrangères comme la ville de
Cnossos.
De plus il nomme des Cariens à des postes importants du gouvernement, occupés avant par des
Perses.
En 358/357, il se sent même suffisamment puissant pour aider
Rhodes et ses alliés, Byzance,
Cos et
Chios dans la
"guerre Sociale" contre
Athènes.
On ne sait pas pourquoi Mausole décide d'appuyer cette rébellion, il est possible que ce soit le Roi
Artaxerxès III
Okhos qui lui ait demandé pour inciter à la révolte chez les
Grecs.
Ces cités vont ensuite devoir allégeance à la Carie. La rébellion des ex alliés d'
Athènes va créer une grande agitation
dans le monde et la mer Égée, le Roi de
Perse va profiter de l'occasion pour lancer une
attaque sur l'Égypte.
Mausole n'ayant pas de descendance, à sa mort c'est sa sœur et épouse
Artémise II qui arrive au pouvoir.
Artémise II
(ou Artemisia, en Grec :
Artemise, 353 à 351), à la mort de son frère
et époux, fait continuer les travaux et embellir le magnifique
tombeau dit "le Mausolée", l'une des sept
merveilles du monde, en l'honneur de son mari. Elle organise également un grand concours, décernant un
magnifique prix à l'orateur qui ferait l'éloge le plus éloquent de son époux.
Selon Aulu-Gelle (Grammairien et compilateur Romain, v.115– ?), y auraient participé, Isocrate (Orateur
Athénien, 436-338) et Théopompe
(Historien Grec de
Chios, 376-323), lequel remporte le concours. Une légende
dit qu'Artémise II aimait tellement son mari, qu'elle alla jusqu'à mêler
journellement dans sa boisson les cendres du défunt. Certains spécialistes
pensent au contraire qu'elle fait toutes ces dépenses en l'honneur de
Mausole uniquement dans le but d'affermir sa légitimité.
Elle décide de suivre une
politique prudente vis à vis du Roi
Perse Artaxerxès III
Okhos (358-338), mais continue la politique de Mausole
envers les Grecs.
Elle soutient notamment le parti oligarchique, sur l'île de
Rhodes.
Ce qui provoque une révolte des
Rhodiens qui décident de conquérir Halicarnasse, qu'ils assiègent. Toutefois, à
partir de son palais sur l'île Royale, Artémise II remarque qu'ils font une grosse erreur tactique et qu'ils
n'ont occupé que le port Est de la ville, duquel ils ne peuvent pas voir ce qui ce passe dans le
port Ouest. La Reine décide alors de monter un raid éclair où elle surprend et
bat les Rhodiens.
Son état de Reine est désormais incontestable. Elle poursuit son action et envahit
Rhodes à son tour afin de mater
cette révolte soutenu par l'Athénien
Démosthène (384-322)
et elle s'empare de certaines cités Grecques
d'Ionie.
Elle fait ériger un monument à
Rhodes pour commémorer sa conquête de l'île, appelé plus tard
"la fois" Aβατoν (Abaton).
Cependant elle décède à peine deux
ans après.
C'est son frère
Idrieos (ou Idrieus ou Hidrieus, en
Grec :
Idrieos, 351-343) qui lui succède. Il était le deuxième fils d'Hécatomnus.
À peu près au même moment qu'Idrieos arrive au pouvoir, le Roi
Perse
Artaxerxès III
Okhos (358-338) envoie une armée pour attaquer
l'Égypte, mais il est vaincu par
les mercenaires Grecs du Pharaon,
Nectanébo II (360-342). Immédiatement,
Artaxerxès III ordonne
qu'une nouvelle armée soit assemblées à
Sidon, mais la
population de cette ville
Phénicienne n'est pas en mesure de faire face au grand nombre d'étrangers et son Roi Tennès
(Tabrit en
Phénicien, ?-346/345) se révolte.
Nectanébo II
envoie 4 000 mercenaires, commandés par
Mentor de Rhodes, aider les
Sidoniens
contre leur suzerain
Perse et la révolte s'étend en gagnant
Chypre où elle est dirigée par Pnytagoras (351-332), le neveu du Roi
Chypriote Évagoras II (353-351).
En 351,
Artaxerxès III ordonne alors à Idrieos de lever une armée et la flotte à la reconquête de
Chypre. Les
Satrapes de
Cilicie et de
Syrie,
Mazæos (ou Mazaeus) et Belesys (ou Belysis), sont eux chargés de contenir la rébellion de
Sidon.
Toutefois, ils sont repoussés par
Mentor et il est possible que la révolte se soit propagée en
Judée à
Samarie et dans le Sud.
En 346/345,
Artaxerxès III excédé prend personnellement les choses en main et reprend
Sidon, dans laquelle il
fait de nombreux prisonniers, dont
Mentor.
Conscient de la disproportion des forces ce dernier change de camp.
En 343, Idrieos, avec une armée de 8 000 mercenaires et 40 navires, que dirigeait le commandant
Athénien Phocion et
Évagoras II, débarquent à Chypre et
mettent le siège devant Salamine.
Mais ils échouent et Évagoras II doit abandonner définitivement
Chypre. Pour le dédommager,
Artaxerxès III lui attribuera le gouvernement de
Sidon.
Toutefois, il est possible qu'Idrieos
soit un peu responsable de la défaite et qu'il ne soit pas tout à fait resté fidèle à
Artaxerxès III. En effet, en 346, l'orateur
Athénien
Isocrate a adressé un discours au Roi de
Macédoine
Philippe II (359-336) dans lequel il fait valoir qu'il serait facile de
renverser l'Empire Perse,
parce que l'Égypte, la
Phénicie et
Chypre étaient toujours en révolte et qu'Idrieos de Carie, qui est présenté
comme le dirigeant le plus riche en Asie Mineure, serait un allié utile. Peut-être Isocrate savait quelque chose que
l'histoire moderne n'a pas retenu pour l'instant. Idrieos décède d'une maladie en 343 (on trouve aussi en 344).
Dans son testament, il fait de sa sœur et épouse Ada son successeur. Le
pouvoir d'Halicarnasse, qui avait été créé par
Mausole et élargi par
Artémise II et Idrieos, va rapidement décliner.
Ada (En
Grec : En 340,
Pixodaros (En
Grec :
Pixodaros, 340-334) renverse Ada avec l'aide du mercenaire Grec
Mentor de Rhodes
(v.385-v.340). Ada est expulsée de sa capitale Halicarnasse. Pixodaros est
maintenant en charge de la ville, mais la dynastie est cependant discréditée.
Il n'est pas un nouveau venu dans le jeu politique. Un fragment du poète comique
Athénien
Épigènes suggère que très jeune homme, son père Hécatomnus l'avait envoyé étudier à
Athènes
où il agissait en tant qu'Ambassadeur. Cela a vraiment du se passer ainsi parce
que jusqu'à sa prise de pouvoir on n'entend plus parler de lui. Bien que
Pixodaros ait le trône, Ada restait puissante dans les campagnes et conservait
la possession de la forteresse d'Alinda. Cela crée des problèmes lorsque le général
Macédonien Parménion envahi l'Asie Mineure au printemps de 336, les
Perses
devront mettre plus de troupes que nécessaire pour repousser les intrus, Pixodaros ne pouvant pas
contrôler toute la Carie. Il doit affermir sa légitimité et trouver des alliés. En 339, Pixodaros
tente une approche diplomatique avec les
Macédoniens en mariant sa fille à
Philippe III Arrhidée (323-317) le deuxième fils du Roi de
Macédoine
Philippe II (359-336),
mais son projet est contrecarré par
Alexandre le Grand (336-323)
et l'alliance est annulée.
À l'automne de 336,
Alexandre le Grand succède à son père et, au mois de mai 334, son armée écrase les
Perses
sur les rives du Granique, il poursuit alors vers le Sud et il rejoint Parménion, où les cités de
Sardes
en Lydie et Milet
sont prises. Plus ou moins à la même époque Pixodaros meurt. Il avait proposé sa
même fille à Orontobatès un proche du Roi
Perse
Darius III Codoman (335-330).
On ne sait pas quand eut lieu le mariage, probablement avant 334, car si Pixodaros était mort sans successeur le Roi
Darius III pouvait simplement
reconnaître Ada et recréé une Carie forte, le fait qu'il ne le fit pas, suggère qu'Orontobatès était déjà devenu un membre
de la dynastie et avait une légitimité au trône. Pour
Alexandre il faut prendre la Carie,
il s'allie alors avec Ada et reçoit la reddition de la forteresse d'Alinda. Elle le reconnait comme son suzerain et
Alexandre la confirme dans son rôle
de Reine/ Satrape.
Malheureusement, il reste encore à saisir sa capitale et Halicarnasse n'est pas une ville facile à
prendre. Ses murs ont été construits par
Mausole et ont été conçus
pour repousser des attaques importantes même celles avec des catapultes. En outre, Orontobatès emploie des mercenaires
Grecs, commandés par le général
Memnon de Rhodes, l'un des meilleurs
généraux de l'armée du Roi
Darius III. La garnison de la ville est également préparée pour faire face à des attaques
surprises. Au cours d'un des assauts
d'Alexandre
sur le mur Nord, les soldats ennemis se sont précipités à partir de la porte et Myndus pour attaquer le flanc droit
Macédonien. La discipline des anciens combattants de l'armée
d'Alexandre
a empêché de justesse une catastrophe. À l'automne 334,
Alexandre n'est pas en mesure de prendre la ville.
Une autre raison importante pour le
Macédonien de l'absence de succès est le fait qu'il ne possède pas de
marine, tandis que les Perses
pouvaient renforcer Halicarnasse quand ils le voulaient. Affamer, la ville était donc impossible et
Alexandre regretta vite sa
décision d'attaquer la cité. Toutefois, les
Macédoniens furent en mesure de prendre l'Acropole (sur la colline) et la
ville basse, ce qui se présentait comme une victoire suffisante pour aller de
l'avant. Alexandre laisse
alors une garnison chargée de poursuivre le blocus de la
citadelle. Celle-ci se rendra après une année et le décès, de mort naturelle, de
Memnon de Rhodes.
Quand à Orontobatès ce qu'il devint n'est enregistré nulle part. Ada semble être
restée Reine/Satrape de Carie jusqu'en 326. Selon les archéologues Turcs, son
tombeau a été découvert et ses vestiges et ses os sont exposés au musée archéologique de Bodrum.
Halicarnasse ne va jamais totalement récupérer de la catastrophe de l'état de siège et Cicéron
(Homme d’État Romain et un auteur Latin, 106-43) la décrit comme
presque déserte. L'artiste baroque Johann Elias Ridinger dépeint les diverses
étapes du siège et la prise de la place dans une immense gravure sur cuivre. Après Ada
et la mort d'Alexandre
le Grand, la Carie est contestée par ses successeurs. Halicarnasse est d'abord dirigée par le Roi de
Macédoine
Antigonos I Monophtalmos (306–301), puis en 301, par le Roi
de Thrace
Lysimaque
(322-281), puis passe sous la domination des Rois
Séleucides. Toutefois, lorsque la
guerre éclate entre le Roi
Antiochos III le Grand
(223-187) et de la République Romaine, Halicarnasse est en mesure de poursuivre une politique pro-Romaine.
Elle est un court temps la possession du Roi de
Macédoine
Philippe V (221-179).
Amazone à cheval frappant un Grec et à droite,
Grec attaquant une amazone tombée à terre -
Frise des amazones du Mausolée
Après cela, bien que relativement
indépendante, la ville appartient désormais au monde Romain et au début des
premier siècle avant notre ère, elle est devenue une cible naturelle pour l'ennemi de Rome, le Roi du
Pont
Mithridate VI (123 ou 120-63) et pour les pirates Ciliciens. En 58, la ville est annexée et fait partie de l'Empire Romain.
Au cours de la guerre civile Romaine, elle soutient Jules César et son type de politique suivie à l'égard des Juifs. Enfin,
en 129 ap.J.C, elle est rattachée à la province Romaine d'Asie avant d'être annexée par l'Empire Byzantin. Les historiens
Grecs :
Hérodote
(v.484-v.425) et Denys (Denys d'Halicarnasse, 54 av.J.C-8 ap.J.C) sont originaires de la cité.
Le Mausolée d'Halicarnasse
Le mausolée (En
Grec :
ὁ Τάφος τοῦ
Μαυσσώλου ou
τὸ Μαυσσώλειον
Ἁλικαρνασσεύς ou
τὸ Μαυσ (σ) ωλ (λ) εῖον
τοῦ Ἁλικαρνασσοῦ ,
ho tou Taphos Maussôllou, à Maussôleíon Halikarnasseús, à Mausoleion tou Halikarnassoû
"La tombe de Maussollos", en Latin : Sepulcrum Mausoli Halicarnasense Mausolée Halicarnasense) est selon Vitruve
(Architecte Romain, Ier siècle av.J.C), commencé par Mausole lui-même
qui fait entreprendre la construction de son tombeau. Par contre
Strabon (Géographe
Grec, v.63 av.J.C-v.23 ap.J.C),
Pausanias (Géographe
Grec, v.115-v.180) ou Pline l'Ancien
(Naturaliste, écrivain latin, Ier siècle ap.J.C. qui a laissé une description
très complète sur le Mausolée), prétendent que c'est sa sœur et veuve,
Artémise II qui décide de construire un monument exceptionnel
en l'honneur de son époux. Cependant, comme elle ne règne que pendant deux ans après lui, il est très probable que
le monument est été commencé du vivant du Roi pour être terminé en 350, mais on ne sait pas par qui il fut
achevé, la Reine étant morte en 351. Certains spécialistes optent pour le frère de Mausole, d'autres pour
Alexandre le Grand<> (336-323), la question reste sans réponse.
Ce qui est presque sur, selon les historiens de l'époque, c'est que le
Mausolée a longtemps fasciné ses visiteurs par sa beauté. Les plus grands
artistes contemporains ont collaborés à sa construction et à son
embellissement même bien après sa finition : Les architectes
Grecs Scopas
(v.420-330), Pythis (ou Pytheos ou Pythius)
qui était l'un des plus réputé de cette époque et Satyros (ou Satyrus), les sculpteurs
Grecs Bryaxis (v.350-v.290), Léocharès
(v.380-v.320), Timothée (Timothéos) etc. Le Mausolée est resté en bon état,
jusqu'à ce qu'un tremblement de terre l'endommage au XIIe siècle et il tomba en
ruine, laissé à l'abandon. Au début du XVe siècle, les Hospitaliers, des
chevaliers de Saint Jean de Malte, qui avaient envahi la région, construisent un
château (Le château Saint Pierre) avec les pierres restantes du Mausolée.
Aujourd'hui, reste le château,
le Mausolée a disparu, sauf ses fondations et on peut distinguer les pierres en marbres qui ont appartenu au monument
funéraire. Au XIXe siècle, l'emplacement du mausolée a été fouillé et a permis de sauver des
bas-reliefs et des statues qui ont été envoyés au British Museum où l'on peut les admirer aujourd'hui et se faire une
idée objective de la forme et de l'apparence que pouvait avoir le Mausolée. Il était de forme
rectangulaire, faisait 45 mètres de haut et était entourée d'une enceinte sacrée ouverte à l'Est par un propylée
(Porte d'entrée d'un sanctuaire). La construction était érigée sur plusieurs niveaux.
Au premier niveau, un podium en escaliers, sur lequel se
trouvaient la chambre funéraire et le sarcophage, était entouré de 36 colonnes. Au dessus la
colonnade supportait un toit en forme de pyramide de 24 degrés. Au sommet de
cette pyramide se trouvait une statue d'un quadrige (Chariot tiré par quatre chevaux) en marbre.
La beauté du Mausolée résidait dans ses décorations et ses statues qui ornaient son extérieur. |
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Pour d'autres détails sur la cité
et ses monuments voir les ouvrages de :
Egon Bauer :
- Die sieben Weltwunder : Die Rätsel der Antike, Archäologie und Mythos,
Weltbild-Verlag, Augsburg, 1994 - Orbis-Verlag, München, 2001 - Bassermann, München, 2004.
Ernst Buschor :
- Maussollos und Alexander, Beck, München, 1950.
Shirin Yim Bridges et Albert Nguyen :
- Artemisia of Caria, Goosebottom Books, Foster City, 2010.
Anne Marie Carstens :
- Karia and the Hekatomnids : The creation of a dynasty,
Available from Hadrian Books, Archaeopress, Oxford, 2009.
Anne Commir et Deborah Klezmer :
- Women in world history : A biographical encyclopedia, Yorkin Publications, Waterford, 1999-2002.
Pierre Debord et Ender Varınlıoğlu :
- Les hautes terres de Carie, Ausonius, Bordeaux, 2001.
Maike Hettinger :
- Die sieben Weltwunder, Hirzel, Stuttgart, 2009.
Simon Hornblower :
- Maussollos of karia, Clarendon Press, New York, Oxford University Press, Oxford, 1978-1982.
- Review of la Caria e la Ionia meridionale in epoca ellenistica (323-188 a.C.), pp. 202-203,
Journal of Hellenic Studies 101, 1981.
Jacob Isager :
- Hekatomnid Caria and the Ionian renaissance : Acts of the international symposium at the department of
Greek and Roman studies, Odense University, 28-29 november 1991, Odense University Press, Odense, 1994.
Fritz Krischen et Koldewey-Gesellschaft :
- Weltwunder der Baukunst in Babylonien und Jonien, E. Wasmuth, Tübingen, 1956.
Hugh Lloyd-Jones :
- The pride of Halicarnassus, pp. 1–14, Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik 124, 1999.
Attilio Mastrocinque :
- La Caria e la Ionia meridionale in epoca ellenistica (323-188 a.C.),
L'Erma di Bretschneider, Rome, 1979.
Charles Thomas Newton et Richard Popplewell Pullan :
- A history of discoveries at Halicarnassus, Cnidus & Branchidæ, Day & Son, londres, 1862-1863.
Charles Thomas Newton et Charles Rœssler :
- Le tombeau de Mausole : D'après les historiens anciens et les découvertes de C.T.Newton, à Halicarnasse,
A. Durand & Pedone-Laudriel, Paris, Imprimerie Lepelletier, Le Havre, 1870.
Ülgür Önen :
- Caria : Southern section of the western coast of Turkey,
NET Turi̇sti̇k Yayinlar, Akademia, Istanbul, 1989.
Isabelle Pimouguet-Pédarros et Evelyne Geny :
- Archéologie de la défense : Histoire des fortifications antiques de Carie (époques classique et hellénistique),
Presses universitaires Franc-Comtoises, Paris, 2000.
Christian Rotta :
- Die Sieben Weltwunder, Hirzel, Stuttgart, 2010.
Stephen Ruzicka :
- Politics of a Persian dynasty : The Hecatomnids in the fourth century B.C.,
University of Oklahoma Press, Norman, 1992.
John J.Stevenson :
- A Restoration of the Mausoleum at Halicarnassus, B.T.Batsford, Londres, 1909.
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