Le royaume d'Israël

Le Royaume de Juda

931 - 586

Les Hasmonéens

 

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 Pour plus de détails voir aussi :  Les Hébreux - Royaume d'Israël - les Hasmonéens

                    la Judée, les Hérodiens - Jérusalem - Samarie - Sichem

    

 

  Le royaume de Juda (En Hébreu : מלכות יהודה Malhut Yзhuda) est un des deux royaumes qui se forment dans le Sud du pays dans l'ancien État qui est souvent connu sous le nom de Royaume d'Israël, à la suite du schisme dans le peuple Hébreu, à la mort de Salomon en 931 av.J.C. Il est constitué des tribus de Juda et de Benjamin et dix-neuf Rois et une Reine vont se succéder à sa tête. Dans le Nord se rassemblent les dix autres tribus pour former le Royaume d'Israël, dont le premier Roi sera Jéroboam I (931-909). Le Royaume d'Israël, ou royaume du Nord, existera comme un État indépendant de 931 jusqu'à environ 720 av.J.C lorsqu'il sera conquis par l'Empire Assyrien.

 

   Selon la Bible hébraïque, le royaume de Juda apparaît pour la première fois après la mort du Roi Saül (1030-1010 ou 1047-1007), lorsque la tribu de Juda élève David (1010-970 ou 967) Roi pour régner sur eux. Selon le Second Livre de Samuel (5:6 et 7), sa capitale va être Jérusalem dont une grande partie de la tribu des Lévites, consacrés au Temple, vont rejoindre le royaume. Ci dessous la carte des différentes puissances de la région vers 830.

   Le royaume de Juda va exister à partir de 931 et sera détruit en 586 par le Roi Babylonien Nabuchodonosor II (ou Nabou-Koudour-Ousour ou Nebuchadrezzar, 605-562) qui rase Jérusalem et qui déportent ses habitants à Babylone (2 Rois 25:8-21). Les versions Bibliques et historiques se recoupent un peu à partir du Xe siècle avec ses deux royaumes d'Israël et de Juda.

 

  Avec toutefois une différence importante, soulignée par Thomas Römer et Dominique Jaillard, c'est que la Bible Hébraïque confesse un Dieu unique, donc un monothéisme face au polythéisme de ses voisins, alors que les royaumes d'Israël et de Juda sont polythéistes comme leurs voisins. 

 

   Il faut noter aussi qu'il est très difficile d'établir une datation exacte du règne des Rois de Juda. Aujourd'hui encore les spécialistes ne sont pas d'accord.

 

 

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   On constate trois principales datations pour la chronologie des souverains : Les traditionnelles, celles de William Foxwell Albright (1891-1971) et d'Edwin R.Thiele (1895–1986) et une plus récente (Que nous avons retenu pour ce site), celle de Gershon Galil. Ce dernier est Maître de conférences sur l'histoire du Proche-Orient et Président du Département de l'histoire Juive à l'Université de Haïfa, Mount Carmel, Israël. Son travail sur la chronologie des Rois d'Israël et de Juda, suggère une nouvelle datation. Sa thèse a été publiée par Brill Academic Publishers en 1996 et sa chronologie contraste avec celles présentées par W.F.Albright ou E.R.Thiele.

 

L'histoire.......

Liste des Rois de Juda  

Rois de Juda

  

  Après la mort du Roi Salomon en 931 av.J.C, fils du Roi David (1010-970 ou 967), les dix tribus du Nord de l'ancien royaume d'Israël se révoltent contre la lignée de David, refusant d'accepter Roboam (ou Rehoboam), le fils de Salomon, qui était devenu rapidement impopulaire en rejetant les demandes d'allégements fiscaux. En 931, ils choisissent comme Roi Jéroboam I (931-909), un haut fonctionnaire exilé en Égypte, qui n'est pas un membre de la famille du Roi David. La nation exige que la cérémonie de couronnement se tienne à Sichem (Actuelle Naplouse), un bastion résolument du Nord.

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Représentation d'un Roi de Juda et de ses soldats  

 

    Très rapidement après ce schisme la tribu de Benjamin rejoint celle de Juda et Jérusalem devient la capitale du nouveau royaume, qui est appelé le royaume de Juda. Le Second Livre des Chroniques (15:9) dit aussi que les membres des tribus d'Éphraïm, de Manassé et Siméon vont rejoindre Juda sous le règne du Roi Abia (ou Asa, 911-870). Pour la première fois depuis soixante ans, les Rois de Juda vont devoir rétablir leur autorité sur le royaume des dix autres tribus. Ils vont plus tard se retrouver en perpétuel état de guerre contre elles. Cependant dans les premier temps il n'y a pas de guerre ouverte, les deux États ayant à combattre un ennemi commun, le royaume de Damas.  

   

   Roboam (ou Rehoboam, en Hébreu : רחבעם  Rehav'am ou Re'hav’am, 931-914 ou 931-913 E.R.Thiele ou 922-915 W.F.Albright) est donc le premier Roi de Juda. Il est le fils de Salomon et de Naamah, une Ammonite. Son nom signifie "qu'il élargit le peuple". Il n'y aura pas que son refus d'allégements fiscaux qui irritera le peuple, mais aussi sa tyrannie légendaire qui sera pour beaucoup dans la révolte des dix tribus du Nord. Il a quarante-et-un ans lorsqu'il monte sur le trône et comme tous les Rois de l'époque, il doit pour pouvoir régner obtenir l'allégeance de toutes les tribus. Il entreprend donc un voyage à Sichem (Actuelle Naplouse), afin de recueillir leur adhésion.

 

    Mais les chefs des tribus, sous la conduite de Jéroboam I, profitent de l'occasion pour lui présenter leurs doléances. Ils demandent, entre autres, une importante réduction d'impôts et l'abolition des corvées qui avaient été instituées afin de participer à l'embellissement du royaume sous le règne de son père.

    Roboam demande trois jours avant d'annoncer sa décision et reçoit son conseil. Celui-ci est constitué d'anciens conseillers de Salomon et de plus jeunes qui lui sont fidèles. L'aîné des premiers propose que la réduction des impôts soit votée pour obtenir des faveurs au sein de la population, tandis que les jeunes conseillers exhortent le Roi d'augmenter encore les impôts pour affirmer son autorité. Au lieu de suivre les conseils des anciens, Roboam préfère suivre ceux de ses propres conseillers, ambitieux et sans sens politique. Il refuse avec sévérité d'accéder aux demandes des tribus et le leur fait savoir sans aucune diplomatie.

 

   Il aurait dit au peuple : "Mon père vous réprimanda avec des fouets, mais moi je vais vous châtier avec des scorpions." Les tribus du Nord ne prêtent donc pas allégeance à Roboam et se constituent en un royaume distinct, le schisme est prononcé. Roboam ne prend pas au sérieux les gens du Nord et il envoie Adoram (Qui est peut-être le même que le Adoniram du règne de Salomon), le principal collecteur d'impôts, percevoir les impôts dans le Nord. Adoram est lapidé par la foule et Roboam, qui l'avait apparemment suivi au long de son voyage, doit fuir à la hâte à Jérusalem.

 

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Roboam - Peinture de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine - Vatican -  Les ancêtres du Christ

   De retour dans sa ville il monte une importante armée pour réprimer ce qu'il voit                                                                               toujours comme une simple rébellion contre la couronne. Sa taille est considérable, elle aurait été composée de 180 000 hommes. Le Prophète Shemaiah proclame que c'était la volonté de Dieu que la Monarchie soit divisée et Roboam immédiatement abandonne ses plans d'attaque. Néanmoins, il va tout faire pour minimiser les forces de Jéroboam I jusqu'à la fin de son règne. Dans la cinquième année de son règne, Roboam doit faire face au Pharaon Sheshonq I (ou Chechanq, 975-924) qui avec ses alliés les Éthiopiens, ont profité de la situation de faiblesse des Hébreux et ont envahi le royaume. Sheshonq I entend faire reconnaître son autorité sur la Palestine.

 

  Roboam accepte la demande du Pharaon et paie un très lourd tribut. Cependant Sheshonq I poursuit son offensive et l'armée Égyptienne détruit les forteresses qui protègent Jérusalem et de nombreuses villes en Israël dont Sichem , villes que Roboam avait pourtant fortifié. L'ensemble du Royaume de Juda est pillé, même le Temple et le palais royal dans Jérusalem et les décorations des boucliers d'or faites par Salomon sont volées. Roboam les remplacera par d'autres en bronze.

  

  Un monument remarquable de cette invasion a été découvert à Karnak, en Haute-Égypte. Certaines de ses sculptures sur les murs représentent Sheshonq I, tenant dans sa main des prisonniers, avec les noms des villes de Juda saisies. Les Égyptiens partis, Roboam fortifie le cœur du royaume et les alentours de Jérusalem sont entourés par de grandes forteresses.  Toutefois, les abords du désert de Judée à l'Est et du Royaume d'Israël dans le Nord ne sont pas couverts par des ouvrages défensifs.

 

Mahalat - Peinture de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine - Vatican

 Les ancêtres du Christ

   Le désert de Judée ne permettait pas à une armée d'attaquer le royaume et la frontière avec Israël n'était pas gardée parce que Roboam ne reconnaissent pas le Royaume d'Israël comme un état indépendant. Il profite de cette situation pour attaquer le royaume du Nord. Cette guerre dure jusqu'a vers 900, où Le Roi Araméen de Damas Haddad V (ou Ben-Hadad I ou Bar-Hadad I, 926-880), attaque le pays à son tour et prend la haute vallée du Jourdain. La situation entre les deux royaumes rivaux va cependant rester équilibrée.

 

  Roboam aurait eu dix-huit femmes et soixante concubines qui lui donnèrent quatre-vingt-huit enfants. Cependant il eut la bonne idée d'empêcher les luttes pour le pouvoir par la nomination de ses nombreux enfants à des postes importants dans tout le pays, principalement en dehors de la capitale. Il meurt et est enterré à côté de ses ancêtres, à Jérusalem. Sa principale épouse, Mahalat (ou Maacah ou Micaiah), la petite-fille d'Abishalom (Absalon), lui donne un fils, Abijam qui lui succède.

 

  Abijam (ou Abiyyam ou Abijah ou Abiam, en Hébreu : אביים Aviyam, 914-911 ou 913-911 E.R.Thiele ou 915-913 W.F.Albright)dont le nom veut dire "Père de la mer" ou "Mon père est de la mer" ou "Mon père est le Dieu Yah" ou encore "Mon père est le Seigneur", voit la Bible Hébraïque lui attribuer trois ans de règne. Arrivé au pouvoir il reprend la lutte contre le royaume d'Israël de Jéroboam I (931-909). Abijam, semble avoir connu plusieurs victoires contre jeune royaume d'Israël qui va revenir sous son contrôle. Il mène notamment une grande bataille contre Jéroboam I dans le Nord à Zemarayim, qu'il gagne. Le royaume de Juda occupe alors le versant sud de la montagne d'Éphraïm. L'importance des deux armées est donnée par le Second  Livre des  Chroniques, comme   étant  respectivement  de  400 000  et

 

800 000 hommes. Abijam  aurait adressé aux armées d'Israël un message, leur demandant de se soumettre, mais son plaidoyer resta sans réponse. L'élite des guerriers d'Abijam déclencha l'attaque et Jéroboam I fut mis en déroute, perdant plus de la moitié de ses troupes. Le Roi d'Israël paralysé par cette sévère défaite ne fut plus une menace pour Abijam jusqu'à la fin de son règne. Une biographie plus complète d'Abijam que celle de la Bible Hébraïque a été écrite par Jiddo le Clairvoyant, mais il n'en reste rien aujourd'hui. Abijah avait quatorze épouses qui lui ont donné trente-six enfants. Il est enterré à côté de ses ancêtres, à Jérusalem. Sa principale épouse Muaka lui donne un fils, Abia (Asa) qui lui succède.

 

   Abia (ou Asa, en Hébreu : אסא Assa ou 'Ãsa, 911-870 ou 913-973 W.F.Albright) voit le Second Livre des Chroniques décrire son règne d'une manière favorable et lui attribuer 41 ans de règne. Azariah, le fils Oded, un Prophète exhorte Abia à son arrivée au pouvoir à renforcer le respect national du Judaïsme. Le Roi va tenir compte de sa remarque, il entame une purge du pays des anciens cultes religieux et proscrit le culte des idoles. Tous les sites non Juif de culte sont détruits et les fidèles persécutés.

  

  Sa grand-mère, Mahalat (ou Maacah ou Micaiah), est également déposée pour avoir été impliquée avec les autorités locales dans des croyances non Judaïque, qui étaient pratiquées par les peuples voisins. Il fait également la chasse à la prostitution et les délinquantes sont poursuivies. Enfin, lorsque la transition religieuse est achevée dans sa quinzième année de règne, une grande fête a eu lieu à Jérusalem au Temple de Salomon. À ce moment-là, de nombreux habitants du Nord, en particulier les tribus de Manassé et Éphraïm, migrent vers le royaume de Juda.

  

   Elles le font aussi du fait de la possibilité de faire beaucoup d'affaires dans ce royaume prospère et de la peur du conflit interne dans le royaume d'Israël, en raison de la chute de la dynastie de Jéroboam I. Abia va ensuite tirer parti des années de paix et réorganiser et renforcer le système des forteresses construites à l'origine par son grand-père Roboam. Il repousse les Madianites (Tribu installée à l'Est du Jourdain entre la mer Morte et jusqu'à la péninsule du Sinaï au Sud). Puis, il fait face à une tentative d'invasion de l'Égypte du Pharaon Osorkon I (924-890/89) soutenue par le chef Éthiopien Zérah. Selon le Second Livre des Chroniques la coalition était d'un million d'hommes et 300 chars qui sont battus par les 580 000 hommes d'Abia dans la vallée de Zephath, près de Mareshah.

 

Tablette du règne d'Abia

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Abia - Peinture de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine - Vatican

 Les ancêtres du Christ

 

  Les Éthiopiens sont poursuivis jusqu'à Guérar, dans la plaine côtière Philistine où ils sont arrêtés car épuisés. La paix revenue Juda sera libre de l'influence des Pharaons jusqu'à l'époque de Joachim I (ou Jehoiakim, 609-598), quelques siècles plus tard. Vers la fin de son règne, le Roi d'Israël Baasha (ou Basha ou Baasa, ou Baésa ou Baécha, 908-885) attaque le royaume de Juda.

 

  Baasha construit la forteresse de Ramah (ou Rama) à la frontière, à dix kilomètres de Jérusalem afin de mettre la capitale sous pression dont la situation militaire était précaire. Abia prend l'or et l'argent du Temple et l'envoie au Roi Damas Haddad V (ou Ben-Hadad I ou Bar-Hadad I, 926-880), en échange de l'annulation de son traité de paix avec Baasha. Haddad V accepte et attaque la tribu de Dan et de nombreuses villes importantes de la tribu de Nephthali (ou Neftali). Baasha est forcé de se retirer de Ramah (ou Rama).

 

   Abia détruit la forteresse inachevée et utilise ses matières premières pour fortifier Géba et Mitspa, de son côté de la frontière. Abia va jeter en prison le Prophète Hanani le Clairvoyant, qui l'avait réprimandé pour son obsession à combattre Baasha.

                                                                   Selon le Second Livre des Chroniques (16:12) Abia développe une infection dans un orteil qui se propage au reste de son corps et bien que sa maladie soit très grave, il ne demande pas Dieu, mais juste ses médecins. Asa est mort et est enterré avec ses ancêtres, à Jérusalem, dans la tombe qu'il s'était fait creuser. Une de ses épouses, Azuba lui donne un fils Josaphat qui lui succède.

  Josaphat (ou Jehoshaphat ou Jehosaphat, en Hébreu : יהושפט Yohošafat ou Yehoshafat, 870-845 ou 870-848 E.R.Thiele ou 873-849 W.F.Albright) est le 4e Roi de Juda. Ce Roi n'est pas lié à la vallée de Josaphat, où, selon Joël (3:2), le Dieu d'Israël réunira toutes les nations pour le jugement. Josaphat arrive sur le trône à l'âge de trente-cinq (1 Rois 22:42). Selon le Second Livre des Chroniques (17:1, 2) il passe les premières années de son règne à fortifier son royaume en prévision de guerres contre Israël. La Bible fait l'éloge du Roi pour la répression de l'activité sodomitique (1 Rois 22:46) et pour avoir détruit le culte des images ou des "idoles" de Baal dans le pays (1 Rois 22:43). Son règne est marqué par un retour à l'enseignement de la loi de Moïse auprès du peuple. L'auteur du Second Livre des Chroniques fait généralement l'éloge de son règne, en précisant que le royaume jouit d'une grande prospérité grâce à la paix revenue et que la bénédiction de Dieu repose sur le peuple "dans leur panier et leur magasin."    

 

   Josaphat va assurer sa tranquillité par des alliances avec ses contemporains. Le royaume du Nord est le premier et l'alliance avec le Roi d'Israël Achab (873-852) est fondée sur le mariage. Son fils Joram épouse Athalie (ou Athaliah) la fille de ce dernier. Ce traité le couvre de honte et après la bataille de Ramoth-Gilead, alors que Josaphat rentre en toute sécurité de cette bataille, il est réprimandé par le prophète Jéhu, fils de Hanni, (2 Chr. 19:1-3) à propos de cette alliance. On nous dit que Josaphat repenti, retourne à son ancienne occupation la répression et l'opposition à toutes les idolâtries et la promotion du culte de Dieu dans le gouvernement et son peuple (2 Chr. 19:4-11). Cependant il passe quand même une nouvelle alliance avec le Roi suivant d'Israël Achazia (ou Ochozias ou Ahaziah ou Achosias, 852-851) afin d'assurer son commerce avec le port d'Ophir, mais sa flotte sera détruite à Ezion-Geber (ou Asiongaber sur l'extrémité Nord du golfe d'Aqaba)

 

   Elle sera reconstituée avec la coopération du royaume d'Israël et l'expédition qui sera de nouveau montée sera couronnée de succès. Cependant le commerce avec cette ville ne sera pas poursuivi (2 Chr. 20:35-37). Josaphat va à son tour aider le Roi d'Israël, cette fois dans une guerre contre les Moabites, que les Hébreux vont gagner. La Bible (Livres des Rois) évoque que, suite à l'encerclement militaire des Moabites, ceux-ci auraient eu recours à un sacrifice humain.

 

   Le Roi Moab Mesa (ou Mesha le Dibonite, 850-840) aurait sacrifié son propre fils sous les murs de sa capitale, Dibon (Dhiban en Jordanie) et aurait ainsi obtenu la clémence du Roi d'Israël. L'acte d'offrir son fils en sacrifice humain rempli Josaphat d'horreur et il se retire dans ses propres terres (2 Rois 3:4-27). Le dernier fait marquant de son règne se produit lorsque les Moabites forment une grande et puissante confédération avec les Ammonites et les Édomites (ou Iduméens) révoltés et marchent contre Josaphat (2 Chr. 20).

 

   Les forces alliées sont cantonnées à Ein Gedi (Oasis située à l'Ouest de la mer Morte, à proximité de Massada). La bible dit que le Roi et son peuple se tournent alors vers Dieu dans la prière. Le roi aurait dit dans la cour du temple : "O notre Dieu, ferez-vous de ne pas les juger? Nous n'avons pas de pouvoir pour faire face à cette immense armée qui nous attaque. Nous ne savons pas quoi faire, mais nos yeux sont sur vous". Au milieu du silence qui suit, la voix de Jahaziel (ou Chaziel le Lévite, Prophète de la Bible Hébraïque) se serait fait entendre et aurait annoncée que lors de la prochaine journée, tous les hôtes de cette grande coalition contre eux seraient renversés.

 

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Statues de Josaphat et Ézéchias

 sur le monastère de El Escorial

 

   Ce qui fut le cas, les ex alliés se querellèrent entre eux et se tuèrent l'un l'autre en laissant à la population de Juda le loisir de recueillir le riche butin. Peu de temps après cette "victoire" Josaphat meurt à l'âge de soixante ans (1 Rois 22:50). Selon certaines sources, telles que le commentateur Juif Rashi (ou Shlomo Yitzhaki, 1040-1105), Josaphat serait en fait décédé deux ans plus tard, mais aurait renoncé à son trône plus tôt pour des raisons inconnues. Son fils, Joram qui lui succède.

 

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Triomphe de Josaphat sur Hadad VI de Damas - Illustration Jean Fouquet (1470)

 

  Joram (En Hébreu : יהורם המלך ou Jehoram, 851-843 ou 848-841 E.R.Thiele ou 849-842 W.F.Albright) prend, selon le Second Livre des Chroniques, le trône à l'âge de 32 ans (21:5). Malgré son alliance avec le royaume d'Israël par son mariage avec Athalie (ou Athaliah), fille de Jézabel et du Roi Achab (873-852), le royaume de Juda est fragile. Les Édomites se révoltent et lorsque Joram marche contre eux, son armée refuse le combat et s'enfuis et il est obligé de reconnaître leur indépendance. Athalie va faire pratiquer à son époux une politique religieuse contraire au Yahvisme, le culte de Baal.

  

   Le Second Livre des Chroniques nous dit que la ville de Libnah se révolte, parce que, selon l'auteur (21:10) Joram "avait abandonné Yahvé, Dieu de ses pères." Toujours selon le Second Livre des Chroniques (21:16 f), vers 845, un raid composé des Édomites coalisés avec des Philistins, des arabes et des Éthiopiens, attaquent Jérusalem, pillent le palais du Roi et kidnappent toute de sa famille, sauf son plus jeune fils Joachaz (ou Jehoahaz). Après cela Joram aurait souffert d'une inflammation très douloureuse de l'abdomen et il meurt deux ans plus tard (21:18 f). Joram ou Jehoram n'est pas un prénom utilisé dans les communautés Juives traditionnelles, en raison de l'avis négatif sur ce Roi dans la Bible.  

                                                           Un de ses fils Ochozias (En Hébreu : אחזיהו המלך  Ahaziah ou ’A'hazyahu, 843-841 ou 841 E.R.Thiele ou 842 W.F.Albright) lui succède. Selon le Second Livre des Chroniques, il est aussi appelé Jehoahaz (21:17, 25:23). Il monte sur le trône à l'âge de 22 ans (2 Chr. 22:2) ses frères ayant été tués dans un raid des Philistins. Sous l'influence de sa mère Athalie (ou Athaliah), il introduit le culte de Baal qui offense le Yahvisme. Il rejoint son oncle Joram (ou Jehoram, 851-842), Roi d'Israël, dans une expédition contre le Roi Araméens de Damas Hazaël (842-796), mais ils vont être battu et Joram est blessé dans la bataille de Ramoth-Gilead. Lorsqu'Ochozias vient pour rendre visite à son oncle, il est pris dans la révolution de palais ou le général de Joram, Jéhu (842-815) prend le pouvoir et met à mort Joram.

 

   Ochozias fui pour sauver sa vie, mais il est blessé au col de Gur et a seulement la force pour parvenir à Megiddo, où il meurt (2 Rois 9:22-28). Il aura régné seulement un an. L'auteur de l'inscription sur la Stèle de Tel Dan, trouvée au cours de fouilles archéologiques du site de Lakhish (ou Lachish) en 1993/1994, a affirmé avoir tué les deux Rois : Ochozias et Joram, l'auteur le plus probable de ce monument est Hazaël. Bien que l'inscription soit un témoignage contemporain de cette époque, les Rois de cette période ont tendance à se vanter et à faire des déclarations exagérées. Aujourd'hui il n'est toujours pas clair si c'est Jéhu qui a tué les deux Rois (Comme la Bible le rapporte) ou Hazaël (Comme la Stèle de Tel Dan le rapporte). Son fils, Joas sera Roi de 835-802.

 

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Page de la Bible - La chute d'Ochozias

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La mort d'Athalie -

Illustration Gustave Doré

 

   Athalie (ou Athalyah, en Hébreu : עתליה Ăţalyâ "Dieu est élevé", 841-835 ou 842-837 W.F.Albright), fille de Jézabel et du Roi d'Israël Achab (873-852), agit en qualité de Reine mère depuis la mort de son époux Joram. Elle utilise le pouvoir que lui octroie cette charge pour établir le culte du Dieu Phénicien Baal qu'elle impose à son fils Ochozias. Baal était le Dieu de la fertilité des Cananéens, dont les anciens Israélites sont souvent tombés en l'adoration dans l'Ancien Testament. À la mort d'Ochozias, en 841, elle fait égorger tous ceux qui pouvaient prétendre à la couronne, sauf Joas (ou Jehoash ou Yehoash), son petit-fils, qui est sauvé par sa tante Josabeth (ou Jehosheba) la sœur d'Ochozias, femme du Grand Prêtre Joad (ou Jehoiada ou Jehoyada) et élevé en secret dans le temple.

   Dans le même temps, en 841, l'Empereur d'Assyrie, nouvelle puissance montante, Salmanasar III (ou Shalmaneser ou Salmanazar, 859-824) lance une campagne contre le nouveau Roi de Damas Hazaël (842-796) et son fils Hadad VII (ou Hadadezer ou Ben-Hadad II, 796-766) forçant ce dernier à se réfugier à l'intérieur des murs de sa capitale, mais Salmanasar III ne parvient pas à prendre Damas. Il dévaste alors le royaume d'Israël de Jéhu (842-815), dont les ambassadeurs sont représentés sur l'obélisque noir actuellement au British Museum, ainsi que les villes Phéniciennes et une partie du Royaume de Juda.

 

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Athalie chassée du Temple -

Antoine Coypel  (1661 - 1722)

    Jéhu et les Rois de Tyr et de Sidon lui payent le tribut, mais des problèmes en Babylonie éloignent les Assyriens. En 835, Athalie est surprise lorsque Joad révèle Joas et le fait proclamer Roi alors qu’il n’a que sept ans. Athalie a hâte de mettre fin à cette rébellion, mais elle est capturée et massacrée par le peuple. Bien que la Bible la présente comme un personnage négatif, à ne pas imiter, "Athalie" est attestée, bien que rarement, comme un prénom féminin en Israël actuelle. Le tragédien Jean Racine a écrit une pièce de théâtre, en 1691, cette Reine biblique, intitulée Athalie.

 

               Joas (ou Jehoash ou Joash, en Hébreu : יהואש המלך Yehoash, [842] 835-802 ou 835-796 E.R.Thiele ou 837-800 W.F.Albright) est le 8e Roi de  Juda. Il échappe au massacre ordonné par sa grand-mère Athalie grâce à sa tante Josabeth (ou Jehosheba) qui l’élève en secret dans le temple. Selon le Second Livre des Chroniques, il reste le seul descendant de David (21:4, 17). En 835, il est placé sur le trône à l’âge de sept ans par le Grand Prêtre Joad (ou Jehoiada ou Jehoyada). À cette époque les Araméens profitent du retrait des Assyriens pour attaquer le Roi Joachaz (814-804) d'Israël et le battre. Israël devient alors le vassal du royaume de Damas et ses forces armées deviennent limitées. Joas connaît à ce moment des difficultés et la pression des Araméens se fait sentir. Tant que le Grand Prêtre vécu, Joas favorisa le culte de Dieu et observa la loi de Moïse, mais à sa mort le Roi change de politique religieuse et soutient d'autres Dieux et Zacharie, le fils et successeur de Joad, est mis à mort.

                                    Pour ces actes, l'auteur des Livres des Rois estime que Joas ramène sur la terre le jugement de Dieu et que celui-ci fait que le royaume soit opprimé par les envahisseurs Araméens. Joas est effectivement battu par le Roi de Damas Hazaël (842-796) à qui il doit payer un tribut. La vassalité va s'annuler avec le retour en force des Assyriens dirigés par Adad-Nirari III (810-782). Le Roi de Damas est vaincu et Israël en profite pour reprendre ses territoires au delà du Jourdain. Joas meurt assassiné et est enterré à Jérusalem à côté de ces ancêtres (2 Rois 12:21). Il est l'un des quatre Rois omis par Matthieu (1:8) dans la généalogie de Jésus, les trois autres étant : Ochozias (ou Ahaziah), Amasias (ou Amaziah) et Joachim I (ou Jehoiakim). Il épouse Yeboaddan qui lui donne un fils Amasias qui lui succède. En 2001, une inscription a été publiée, connue sous le nom d'inscription du Temple, qui semblait être un accord de Joas pour effectuer des réparations sur le Temple de Salomon. Après de nombreux essais scientifiques, les autorités archéologiques Israéliennes ont déclaré qu'il s'agissait d'une contrefaçon et essais de poursuivre l'auteur de l'infraction.

 

   Amasias (ou Amaziah ou Ahaziah, en Hébreu : אמציה ’Amatzyahu, [805] 802-776 ou 796-767 E.R.Thiele ou 800-783 W.F.Albright) 9e Roi de Juda, il succède à son père Joas à l'âge de 25 ans (2 Chr. 25:1). Amasias commence son règne en punissant les assassins de son père (2 Rois 5-7; 2 Chr. 25:3-5). La réussite d'Israël et son nouvel essor envenime les relations avec Amasias. Celui-ci est le premier à employer des mercenaires dans l'armée Israélite, qui s'élevaient au nombre de 100 000 soldats. Cet acte était surtout dans l'esprit d'une tentative de rapprochement avec les Édomites. Celle-ci ayant échouée Amasias attaque les Édomites qui vont de nouveau tomber sous le joug de Juda (2 Chr. 25:5, 6). Le mot Hébreu "Sela ou Selah" signifie "la Roche" et désigne la forteresse Édomite qui a longtemps été identifiée à la ville de Pétra. Amasias s'empare d'une cette forteresse de ce nom et il y fait 10 000 prisonniers, que ses hommes jettent vivants du sommet de la montagne.

 

    Cependant la saisie de Sela (ou Pétra) par Amasias (2 Chr. 25:14-16) ne lui donnera jamais complètement la maîtrise du royaume d'Édom. Après cette victoire, Amasias défie Joas (ou Jehoash, 804-790) le Roi d'Israël, mais il est battu à Beth-Shémesh. Joas s'empare de Jérusalem et fait prisonnier Amasias. Celui-ci ne retrouve sa liberté qu'en livrant les trésors du temple, qui sont emportés à Samarie et Joas fait abattre les murailles de la ville, Juda devient alors vassal d'Israël. Selon l'auteur des Chroniques c'est parce qu'Amasias avait commencé un culte à certaines idoles qu'il fut puni et battu par Joas. Sa défaite est suivie par une conspiration ou il est assassiné (2 Rois 14:8-14, 19). Il est tué à Lakish (ou Lachish dans la Shéphélah ou Shafelah), à laquelle il avait fui. Après sa mort, son corps est porté sur les chevaux à Jérusalem où il est enterré dans le tombeau royal (2 Rois 14:19, 20; 2 Chr. 25:27, 28). Son épouse Yekodyahu lui donne un fils Azarias qui lui succède.

  

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Azarias - Peinture de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine - Vatican -  Les ancêtres du Christ

 

   Azarias (ou Ozias ou Uzziah, en Hébreu : עזיהו  Azaryahu, [788] 776-746 ou 767-740 E.R.Thiele ou 783-742 W.F.Albright) est le 10e Roi de Juda. Il est l'un des Rois mentionnés dans la généalogie de Jésus dans l'Evangile de Matthieu. Selon la tradition biblique, Azarias prend le trône à l'âge de seize ans (2 Rois 14:21). Son long règne a été le plus prospère du royaume à l'exception de celui de Josaphat depuis l'époque de Salomon (970-931). Bien qu'il soit vassal du royaume d'Israël de Jéroboam II (790-750), Azarias va procéder au redressement économique et militaire du pays. Jéroboam II renouvelle son alliance avec les Phéniciens, en particulier avec le Roi de Tyr Pygmalion (820-774).

  

    Les expéditions commerciales s'en ressentent, en particulier celles avec la mer Rouge qui reprennent. Cependant, il semble que la prospérité s'accompagne d'un écart qui se creuse entre l'élite social et les paysans pauvres. Le royaume de Juda connaît sa plus grande expansion démographique surtout dans sa capitale Samarie. Azarias réorganise l'armée et l'armement, dont une grande quantité de chars, est rangé dans les magasins royaux. Les remparts de Jérusalem sont reconstruits et élevés.

 

   Des machines de guerre sont conçues pour être utilisées sur les tours et aux angles afin de tirer des flèches et de lancer de grosses pierres. Azarias reprend le conflit avec les Philistins et les remparts des villes d'Ashdod, Gath et Yabné sont abattus. Dans la première partie de son règne, sous l'influence d'un Prophète au nom de Zacharie, le Roi est fidèle à Yahvé et "Il fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur" (2 Rois 15:3, 2 Chr. 26:4 , 5). Mais, vers la fin de sa vie, sa fierté va le conduire à sa chute.

  

   Son attitude dévie et il devient infidèle au Seigneur, son Dieu (2Chr. 26: 15-16). Il veut s'attribuer les fonctions du sacerdoce. La légende Biblique raconte que le Grand Prêtre Azariah ayant vu la nouvelle tendance du Roi et lui reprochant d'être entré dans le temple de l'Éternel pour brûler de l'encens sur l'autel, avec une bande de quatre-vingt Prêtres, décide de lui résister (2 Chr. 26:17). Il lui aurait dit "Il ne t'appartient pas à toi, Azarias, de brûler l'encens". Dans le même temps, un grand tremblement de terre secoue la région et une importante fissure se fait dans le temple où les rayons du soleil, passant au travers, viennent illuminer le visage du Roi où se propage immédiatement la lèpre. (Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, Livre IX 10:4).

   Cette faute aurait entrainé son enterrement en dehors de la nécropole des autres Rois de cette dynastie. À la mort d'Azarias, commence une période de troubles pour les deux royaumes d'Israël et de Juda. En 1931, une découverte archéologique est faite parmi la collection d'un couvent Russe du mont des Oliviers, maintenant connu sous le nom de Tablette d'Azarias, par le professeur E.I.Sukenik de l'Université Hébraïque de Jérusalem. L'inscription sur la tablette est écrite en Hébreu ancien avec un style Araméen.

  

   Ce style est daté d'environ 30-70 av.J.C, soit près de 700 ans après la mort supposée d'Azarias. Néanmoins, l'inscription dit : "Les os d'Azarias, Roi de Juda, sont enterrés ici.....Ne pas ouvrir !" Le débat est ouvert si l'endroit est réellement le tombeau d'Azarias ou tout simplement une création plus tardive. Beaucoup semblent prétendre qu'il s'agirait d'une ré inhumation du Roi après la période du Deuxième Temple. Azarias épouse Jerusha, fille de Zadok qui lui donne un fils.    

 

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Azarias, Joatham et Achaz - Peinture de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine -

Vatican -  Les ancêtres du Christ

  

    Joatham (ou Yotam ou Jotham, en Hébreu : יותם "Dieu est parfait ou complet", [758] 746-742 ou 740-732 E.R.Thiele ou 742-735 W.F.Albright) en fonction des dates de règne, soit succède à son père, soit règne en même temps que lui pendant une certaine période. Selon le Second Livre des Chroniques il prend le trône à l'âge de 25 ans (27:1). Il est l'un des Rois mentionnés dans la généalogie de Jésus dans l'Evangile de Matthieu. Il est nommé intendant royal avant la fin du règne de son père. Il est enregistré comme ayant construit la Haute Porte du Temple de Jérusalem et ayant prorogé le "mur de Ophel" (2 Chr. 27:3). L'auteur du Second Livre des Rois mentionne (15:37) que Joatham a fait la guerre contre le Roi Araméen de Damas Razin (792 ou 766-733/2) et le Roi d'Israël. Le Second Livre des Chroniques ajoute une victoire sur les Ammonites, qui doivent lui payer un tribut de 100 talents d'argent, et 10 000 Homer (ou Kor, unité de volume utilisé par les anciens Hébreux, 1 Homer = 220 litres ou 220dm3) de blé et d'orge (27:5). Il a été contemporain avec les Prophètes Isaïe, Osée, Amos et Micah, dont il a bénéficié des conseils. Son fils Achaz lui succède.

   

Empreinte du sceau :
la signature d'Ézéchias et le motif du scarabée.

 

   Achaz (ou Ahaz ou A'haz, en Hébreu : אחז  "A eu lieu", 742-726 ou 732-716 E.R.Thiele ou 735-715 W.F.Albright), 12e Roi de Juda, monte sur le trône à l'âge de vingt (2 Rois 16:2). Il est l'un des Rois mentionnés dans la généalogie de Jésus dans l'Evangile de Matthieu. Il sera surtout réputé pour son impiété. Il va battre le Roi de Damas Razin (766-733/2), mais, d'après le récit biblique (Ésaïe 8:19, 38:8; 2 Rois 23:12), ayant élevé des autels aux faux Dieux et leur ayant même consacré son fils, Dieu permet qu'il soit vaincu à son tour par Razin et par le Roi d'Israël Pékah (ou Pegah ou Phacée, 736-732). En fait en 737, la coalition de Damas/Israël a pour but de contrer l'Assyrie. Ils demandent à Achaz de les rejoindre mais celui-ci refuse. Les coalisés assiègent alors Jérusalem pour obliger Achaz à adhérer. Contre toutes prévisions, celui-ci fait appel à son aide à l’Empereur d’Assyrie, Téglath-Phalasar III (745-727) auquel il donne tout l'or du temple de Jérusalem pour obtenir son secours et en devient son vassal.

 

    L'Empereur profite de cette occasion et se lance dans une conquête de la Syrie/Palestine. Le royaume d'Israël qui est en proie à une grande instabilité politique ne peu faire face. L'association Pékah / Razin va être balayée et la ville de Damas est prise en 732. Téglath-Phalasar III rançonne ensuite le royaume Syrien et ravage Israël auquel il impose un très lourd tribut selon l'Ancien Testament. Pékah est assassiné et remplacé par Osée (ou Osie ou Hoshea, 732-722) avec l'accord de Téglath-Phalasar II. Il meurt à l'âge de 35 ans (Ésaïe 14:28) détesté et est privé de la sépulture des Rois. C'est sous son règne qu'est mentionné pour la première fois le cadran solaire. Son épouse Abiyya (ou Abiyyam ou Abijah), qui était la fille d'un homme (Qui n'était pas le prophète) nommé Zacharie (2 Chr. 29 : 1). Elle lui donne un fils, Ézéchias qui lui succède. Elle est également connu sous le nom de Abi (2 Rois 18:1-2).

 

   Ézéchias (ou Hezekiah, en Hébreu : חזקיהו 'Hizqiyah ou Khizkiyahu ou יחזקיהו Y'khizkiyahu "Le Seigneur a renforcé", 726-697 ou 716-697 E.R.Thiele ou 715-687 W.F.Albright), 13e Roi de Juda, selon le Second Livre des Chroniques, il monte sur le trône à l'âge de vingt-cinq (29:1). Il existe une incertitude considérable sur les dates de son règne. Il est l'un des Rois mentionnés dans la généalogie de Jésus dans l'Evangile de Matthieu. Le compte de ce Roi dans la Bible Hébraïque est contenu dans le Second Livre des Rois (18-20), le Livre d'Isaïe (36-39) et le Second Livre des Chroniques (29-32). Ces sources le présentent comme d'un grand et bon Roi. L'auteur du Second Livre des Rois termine son compte par des louanges sur Ézéchias (18,5).

    Dans le même temps que sa prise de pouvoir, le Roi d'Israël Osée (ou Osie, 732-722), à la mort de l'Empereur d'Assyrie Téglath-Phalasar III (745-727), cesse de payer le tribut espérant recouvrer son indépendance avec l'aide de l'Egypte, alors en plein conflit interne. Salmanasar V (ou Salmanazar, 727-722), le nouvel Empereur met le siège devant Samarie qui est prise, en 722, au bout de deux ans. Le royaume d'Israël devient une province Assyrienne et Osée, sa cour et les artisans capables de travailler le métal, en tout 30 000 personnes sont déportées.

 

   À l'inverse le royaume d'Hamath (ou Hama, une ville sur les rives de l'Oronte dans le centre de la Syrie), qui avec son Roi Ilu-bi'di tiendra la révolte douze ans face à l'Empereur d'Assyrie suivant Sargon II (722-705), sera écrasé et sa population sera déplacée par l'Assyrien à Samarie. Le royaume de Juda va alors absorber un grand nombre de réfugiés fuyant la ville. Vers 705, entre la mort de Sargon II et la succession de son fils Sennachérib (705-681), Ézéchias cherche à se débarrasser de sa dépendance aux Empereurs Assyriens.         

 

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Les vestiges de la grande muraille de Jérusalem, construits au cours du règne d'Ézéchias avant le siège Sennachérib  - Excavation dans la vieille ville de Jérusalem

 

Le tunnel d'Ézéchias

 

   Il refuse de verser le tribut                                                                                   et se rebelle contre Sennachérib. Sous l'impulsion des Égyptiens et de son Pharaon Chabataka (ou Shabataka, 702-690), qui envoie un corps expéditionnaire commandé par son frère Taharqa (690-664), les Rois de : Gaza Cili-Bel (720-v.690), d'Ashdod, d'Édom, d'Ascalon (Ashkelon), de Sidon et Ézéchias se liguent contre les Assyriens (Isaïe 30, 31; 36:6-9). Mais Taharqa sentant qu’il ne pourrait faire face aux troupes Assyriennes préfère retourner en Égypte. En 704 Sennachérib s'empare de Sidon et remplace son Roi.

 

   Les autres cités Phéniciennes ainsi que les Rois de Moab, Chemosh-Nabad (v720), d'Édom et d'Ashdod se soumettent. Les Assyriens entrent en Philistie, ils déportent le Roi d'Ascalon. En 701, Sennachérib défait définitivement la coalition dans la plaine d'Eltekeh (ou Elteqeh) en Palestine où il bat une armée Égyptienne. Cela conduit à l'invasion du royaume de Juda (2 Rois 18:13-16) le seul encore libre. Ézéchias avait anticipé l'invasion Assyrienne et fait une grande préparation dans un nombre impressionnant de constructions :

  

   En particulier un tunnel de 533 mètres de long, qui est creusé afin de fournir à Jérusalem l'accès aux eaux de la source Gihon, qui était en dehors de la ville. Le travail est décrit dans l'inscription Siloam (ou Shiloach ou Silwan) qui est un passage de texte initialement inscrit dans le tunnel Ézéchias et qui a été datée de son règne sur la base de son script. Dans le même temps est construit, un mur autour du bassin de Siloé, dans lequel les eaux de la source arrivent (Ésaïe 22:11). Un impressionnant vestige de cette structure est le vaste mur dans le quartier Juif de la vieille ville de Jérusalem.

 

   Des fortifications, notamment à l'Ophel, une colline située au Nord du mont Sion, à environ 700 mètres d’altitude qui constitue un long et étroit promontoire arrondi, sorte de presqu'île sur la pente méridionale du mont du Temple à Jérusalem. Sennachérib attaque avec la majeure partie de ses troupes la ville de Lakhish (ou Lachish en Philistie), qu'il assiège et prend, puis il marche sur Jérusalem. Grâce à sa préparation Ézéchias résiste au siège inévitable de la cité par l'Assyrien. Les récits dans la Bible (Ésaïe 33:1, 2 Rois 18:17, 2 Chroniques 32:9, Isaïe 36) font état du siège.

 

   Certaines chroniques Assyriennes citent l'évènement comme une grande victoire. Sennachérib laisse une inscription monumentale, "le prisme de Sennachérib" où il raconte comment, dans sa campagne contre Ézéchias il a pris 46 villes (colonne 3, ligne 19 du prisme Taylor) et assiégé Jérusalem. Finalement, Ézéchias voyant la détermination de Sennachérib, après de nombreuses négociations sous les murs de Jérusalem, lui offre de lui payer un énorme tribut pour éviter que sa cité soit ravagée : Trois cents talents d'argent et trente d'or. Il est obligé de piller les portes du Temple afin de produire le montant promis (18:14-16).  L'évènement est rapporté par le Second Livre des Rois (II Rois 18 :13-19 :34, et Il Chron 32 :1), par Hérodote (Historien Grec, 484-v425) et par plusieurs écrivains bibliques.

 

 

Ézéchias et ses parents - Peinture de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine - Vatican -  

Les ancêtres du Christ

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Fresque représentant la prise de Lakhish

 

   Selon la Bible, le siège n'a pas eu lieu, car l'ange de                                                        Éternel s'avança et abattu 185 000 hommes dans le camp Assyrien (2 Rois 19:35). Les histoires bibliques, prétendent encore que la peste dans l'armée Assyrienne a sauvé les coalisés de la défaite et Hérodote (Histoires 2:141) raconte que la retraite des Assyriens serait due à des milliers de souris qui auraient mangé le haut des armes. Ces faits sont encore âprement débattus par les historiens. Ce qui est sur c'est que le reste de l'armée Assyrienne prend Gat et Azéqa (ou Azeqah), puis Sennachérib se retire, rappelé par des problèmes en Babylonie.

 

    Le long siège Assyrien sur la ville aura probablement usé les troupes Assyriennes et la promesse d'un tribut a pu rendre inutile une offensive plus décisive contre la cité et les alliés d'Ézéchias. Alliés qui se manifestent puisque dans le même temps le Pharaon Taharqa (690-664) approche à la tête d'une Armée. es conséquences de cette guerre sont lourdes pour le royaume de Juda, car même si Jérusalem est sauve de nombreuses villes sont en ruines et une partie du royaume est perdu puisque l'Ouest est sous la direction des Philistins qui se sont pliés à Sennachérib.

 

   L Après cela Ézéchias serait tombé malade et mourant aurait eu une guérison miraculeuse. Le récit biblique raconte également cette guérison du Roi ce qui lui valut la visite de nombreuses délégations. Ézéchias va introduire une importante réforme religieuse au cours de son règne. Il restaure le culte du vrai Dieu Yahvé à Jérusalem et il abolie l'idolâtrie dans son royaume et les sanctuaires qui lui sont consacrés. Il brise également en morceaux le serpent de bronze que Moïse avait fait (2 Rois 18:4).

 

  Il reprend le pèlerinage de la Pâque et la tradition d'inviter les tribus dispersées d'Israël à prendre part à un festival de Pâque (Chroniques 2 - 30:5, 10, 13, 26). Ce sont ces importantes réformes qui ont enlevé le polythéisme du passé et rétablies la notion d'un Dieu unique, jetant ainsi les bases pour le Judaïsme et le Christianisme que nous connaissons aujourd'hui. Richard Elliot Friedman a la conviction que La Source sacerdotale (P) de la Bible (Qui est posée comme la plus récente des quatre principales sources de la Torah) a été composée au cours de la période d'Ézéchias. Les deux livres, celui des Rois et des Chroniques attestent qu'il n'y avait pas de centralisation efficace avant lui. Ézéchias permet la construction de nombreux temples. Il épouse Hephei-Bak et a un fils Manassès (697-642) qui lui succède.       

 

   Manassès (ou Manassé ou Menasheh, en Hébreu : מנשה, v.697-642 ou 687-643 E.R.Thiele ou 687-642 W.F.Albright), 14e Roi de Juda, bien qu'il est régné assez longtemps, est relativement peu est connu. Il pratique une politique de soumission envers les Assyriens dont il est le vassal. Ces derniers punissent sévèrement la ville de Sidon pour s'être révoltée. Manassès renverse les réformes religieuses que son père avait mises en place, rétablissant le culte païen dans le temple de Jérusalem. Action pour laquelle il est condamné par l'auteur du Second Livre des Rois. Il construit des autels à tous les faux Dieux sur Israël. Il persécute les fidèles de Yahvé à des fins politiques. Son règne est décrit comme réactionnaire par rapport à son père, il aurait même fait exécuter des partisans des réformes de ce dernier.

 

   Plus tard la tradition enregistrée sur les Chroniques raconte que Manassès a été emmené en captivité à Babylone (D'autres sources disent à Ninive ?) par l'Empereur d'Assyrie Assarhaddon (ou Esarhaddon, 681-669). Les Rois captifs sont généralement traités avec une grande cruauté. Selon le Second Livre des Chroniques (33:11), ils sont présentés devant le conquérant tirés avec une corde, attachée à un crochet ou un anneau, passé à travers leurs lèvres ou de leurs mâchoires. La gravité des conditions d'emprisonnement de Manassès l'aurait amené à la repentance.

 

  Selon le récit biblique, Dieu entendit son cri et il restaura son royaume (2 Chr. 33:11-13). Manassès abandonne son idolâtrie et enjoint la population au culte de Dieu. Après un règne, qui serait le plus long dans l'histoire de Juda, Manassès meurt en 642 et est enterré dans le jardin d'Uzza, le "jardin de sa maison" (2 Rois 21:17, 18; 2 Chr. 33. : 20) et non pas dans Jérusalem, parmi ses ancêtres. Dans la littérature Rabbinique, il est crédité de la mort d'Isaïe. Manassès épouse Meshullemet qui lui donne un fils, Amon qui lui succède.

 

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Ézéchias, Manassès et Amon  - Peinture de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine -

Vatican -  Les ancêtres du Christ

 

  Amon (En Hébreu : אמון, v.642-640 ou 643 à 640 Edwin R.Thiele) est le 15e Roi de Juda et monte sur le trône à l'âge de 24 ans. D'après le récit biblique, il imite les impiétés de son père et restaure l'idolâtrie. Sophonie (ou Zephaniah ou Tzfanya) décrit son règne comme marqué par la dépravation morale (1:4, 3:4, 11). Selon le Second Livre des Rois (21:18-26) et le Second Livre des Chroniques (33:20-25), il est assassiné à l'âge de 22 ans par ses propres serviteurs (ou fonctionnaires), qui ont comploté contre lui. Il épouse Yedida (ou Jedidah ou Jedidiah) fille de Adaiah de Bozkath, qui lui donne un fils, Josias qui lui succède.

     

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Josiah à l'écoute de la lecture de la loi

par Julius Schnorr von Carolsfeld

 

  Josias (ou Josiah ou Yoshiyahu, en Hébreu : יאשיהו, Yo’shiyahu ou Yôšiyyāhû "l'aidé du Seigneur", 640-609 ou 641-609 av.J.C E.R.Thiele) est le 16e Roi de Juda. Il est placé sur le trône de Juda par le "peuple de la Terre". Les principales sources de son règne sont le Second Livre des Rois (22-23) et le Second Livre des Chroniques (34-35) et quelques preuves archéologiques, des documents retraçant les conditions de Juda au cours de son règne. Les archéologues ont retrouvé un certain nombre de timbres datant de son règne. Lors de sa prise de pouvoir la situation internationale est en pleine mutation :

 

   À l'Est, l'Empire Assyrien va débuter sa désintégration, les Néo-Babyloniens ne l'ont pas encore remplacer mais sont entrain de poser les bases de leur futur Empire et l'Égypte à l'Ouest est encore entrain de récupérer de son occupation Assyrienne. Dans ce vide de pouvoir, le royaume de Juda est en mesure de gouverner seul sans intervention étrangère. Dans la 18e année de son règne, Josias, commence à encourager le culte exclusif de Yahvé. Il est crédité par certains historiens pour avoir mis en place des Écritures Juives dans le cadre de la réforme Deutéronomique qui a eu lieu au cours de son règne.

 

   Il serait aussi le "découvreur" lors du nettoyage de la chambre au trésor du Temple (2 Chr. 34:14), d'un rouleau décrit comme : "un livre de la Torah" / "ספר התורה" (deuxième Rois 22:8) ou comme : "le livre de la Torah de YHVH par la main de Moïse" (2 Chr. 34:14). Wilhelm Martin Leberecht de Wette en 1805, avec de nombreux chercheurs on avancé que c'était soit une copie du livre de Deutéronome (le premier livre du pentateuque), soit un texte qui est devenu une partie du Deutéronome. Josias fait de ce Livre la base de la réforme de la religion Juive et de l'éradication du culte des idoles, des "haut lieux" (semble-t-il des sanctuaires installés sur des hauteurs) et de divinités entourant Yahvé.

   Il fait détruire les idoles, réformer la religion et il interdit toutes les autres formes de culte. Il "ordonne […] de retirer du sanctuaire de Yahvé tous les objets de culte qui avaient été faits pour Baal, pour Asherah et pour toute l'armée du ciel ...... Il démolit la demeure des prostituées sacrées, qui était dans le temple de Yahvé....." Les Prêtres païens sont assassinés, pour ceux déjà morts les os sont exhumés de leurs tombes et brûlé sur leurs autels. Cette action sera considérée comme un acte extrême de profanation contre ces divinités païennes par leurs disciples. (2 Rois 23:4, et suiv.).

 

    Les auteurs des livres des Rois et des Chroniques ajoutent à ces actes, qu'après Jérusalem, Josias fait détruire des autels et des images appartenant à des divinités païennes dans les villes de la tribu de Manassé, d'Éphraïm, de Siméon et de Nephthali(2 Rois 23:8 f), (2 Chr. 34:6 f). Bon nombre d'historiens considèrent Josias comme le véritable créateur du monothéisme Hébraïque moderne, ayant imposé une vision de Yahvé comme Dieu unique et non plus seulement comme Dieu suprême des Israélites.

 

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Josias et le massacre des Prêtres païens

       Josias réaffirme son contrôle de la Judée et de l'ancien territoire du royaume d'Israël, dont                                                                 il possède une partie ainsi que la Philistie. Les spécialistes pensent que pour augmenter l'effectif de son armée, Josias utilisait des Kittim, des mercenaires Grecs. Cependant, dans le même temps le Pharaon Néchao II (610-595) reprend la politique d’expansion Égyptienne en Syrie/Palestine et en 610, il apporte son soutien à l’ex-ennemi, l'Assyrie, contre le nouveau danger venant de Babylone et profite du vide laissé au Proche-Orient pour annexer une partie de la région. Josias refuse le retour du protectorat Égyptien ainsi que la domination Assyrienne, mais il ne peut l'arrêter. Néchao II soumet pendant deux ans la Syrie/Palestine, la Phénicie et il atteint l'Euphrate où il fixe la nouvelle frontière, à Karkemish. Au printemps 609, Néchao II (610-595) commandant personnellement une importante force part pour aider les Assyriens. À la tête de cette grande armée, composée essentiellement de mercenaires, il prend la route de la côte, Via Maris en Syrie (Nom moderne de l'ancienne route de commerce, reliant l'Égypte au Nord de la Syrie, l'Anatolie et la Mésopotamie), avec l'appui des cités méditerranéennes le long de la côte.

              Il se prépare à traverser la crête des collines qui coupe dans le Sud la grande vallée de Jezréel, mais il trouve le passage bloqué par l'armée de Josias. Ce dernier lui fait face rallié aux Babyloniens et tente de bloquer son avance à Megiddo où une féroce bataille se déroule. Néchao II remporte la victoire et Josiah est tué (2 Rois 23:29, 2 Chroniques 35:20-24). Il existe deux versions de la mort de Josias. Celle du second Livre des Rois où il est tué en 609 à Megiddo (23:29) et celle du Second Livre des Chroniques (35:20-27) où l'auteur des Chroniques décrit Josias et Néchao II à la bataille à Megiddo et où Josias est mortellement blessé par des archers Égyptiens et est ramené à Jérusalem pour mourir. Certains chercheurs sont en faveur du compte dans le Livre des Chroniques, car il correspond mieux à ce qui est connu des événements à cette époque.  

        Le Pharaon continue son avancée pour joindre ses forces à celles de l'Empereur d'Assyrie Assur-Uballit II (612-609) qui était assiégé à Harran, mais il ne parvient pas à repousser les Babyloniens, Néchao II se retire alors en Syrie du Nord. Assur-Uballit II réfugié dans la ville est impuissant face à l'avancée des Babyloniens, la cité est prise et il disparaît de l'histoire, l'Assyrie tombe à la fin de l'année 609. Lorsqu'il rentre en Égypte en laissant une force importante derrière lui, Néchao II constate que les Judéens ont choisi Joachaz (ou Ahaz ou Jehoahaz) pour succéder à son père Josias.

 

   Il le dépose et le remplace par son frère Joachim I (ou Jehoiakim ou Éliacin) et il emmène Joachaz en captivité en Égypte où il finira ses jours (2 Rois 23:31, 2 Chroniques 36:1-4). Josias a quatre fils : Johanan et Joachim I (ou Jehoiakim ou Yehoyaqim ou Eliakim, Roi 609-598) avec Zébida (ou Zebidah) la fille de Pedaiah de Rumah et Sédécias (ou Zedecias ou Mattanyahu, 597-586) et Joachaz (ou Shallum ou Yoachaz ou Ahaz ou A'haz, Roi 609) avec Hamital (ou Hamutal) la fille de Jérémie de Libnah. 

 

  

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Josias, Joachaz et Joachim I  - Peinture de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine - Vatican -  Les ancêtres du Christ

   Joachaz (ou Shallum ou Jehoahazou ou Yoachaz ou Ahaz ou A'haz, en Hébreu : הואחז                                                                   [unanimité sur la date de son règne], 609), 17e Roi de Juda, est fils de Josias et de la Reine Hamital (ou Hamutal). Il est le quatrième et le plus jeune fils du Roi. Il est né en 632 et son nom de naissance était Shallum (1 Chroniques 3:15). Bien qu'il soit deux ans plus jeune que son frère, Joachim I, il est élu à la succession de son père sur le trône à l'âge de vingt-trois, sous le nom de Joachaz. Il ne va régner que pendant seulement trois mois, avant d'être déposé par le Pharaon Néchao II (610-595) qui l'emmène en captivité en Égypte où il finit ses jours. (2 Rois 23:31-34). Néchao II impose également un tribut au royaume de Juda de 100 talents d'argent et quantité d'or qui est inconnue. Le peu de temps où il fut au pouvoir il ignora les réformes religieuse de son père (2 Rois 23:32; Jérémie 22:15-16).

 

   Joachim I (ou Jehoiakim ou Jehoikim ou Yehôyaqîm ou Eliakim, en Hébreu : יהויקים "Que Jehova [que l'Éternel] a établit", 609-598)18e Roi de Juda, est fils de Josias et de la Reine Zebidah (ou Zebidah). Il est également appelé Joiaqim dans la Bible de Jérusalem. Il y a unanimité sur la date de son règne. Son nom de naissance était Eliakim (ou Elyaqîm). Il est placé sur le trône à l'âge de 25 ans (2 Rois 23:36) par le Pharaon Néchao II (610-595) après que ce dernier eut emmené son frère en captivité. Eliakim prend alors le nom de Roi de Joachim. Joachim I reconnaît la suzeraineté de l’Égypte et paye le tribut en levant un impôt spécial. Il persécute les prophètes et est connu pour avoir brûlé le manuscrit de l'une des prophéties de Jérémie.

  Le pouvoir de Néchao II est fragile en Syrie/Palestine, il ne peut maintenir ses forces, n’étant guère aidé par les dirigeants locaux. En 607, il est attaqué par le futur Roi de Babylone Nabuchodonosor II (605-562). Son armée aidée de mercenaires tient deux ans, mais elle est écrasée à Karkemish, en 605 et la région repasse aux mains des Babyloniens. Nabuchodonosor II poursuit sa conquête et atteint l'Égypte, mais il est obligé de rentrer à Babylone pour se faire couronner, son père Nabopolassar (626-605) venant de mourir. De ce fait l'Égypte échappe à l’invasion. Joachim I devient alors le vassal du Roi de Babylone pendant trois ans. À partir de cette date, malgré les avertissements du prophète Jérémie, il cesse

 

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Tablette des chroniques Babyloniennes racontant les faits marquants de Nabuchodonosor II

 

de payer le tribut aux Babyloniens pour refaire alliance avec l'Égypte. Occupé à réorganiser son armée, Nabuchodonosor II se contente d’envoyer des bandes de Chaldéens, d’Édomites et d’Ammonites harceler la Judée. Puis, le Babylonien reprend les armes et lors d'une nouvelle expédition, après avoir été repoussé une première fois en 601 par le Pharaon Néchao II, en 598 Nabuchodonosor II reprend le contrôle de la côte Philistine, dont Gaza. Le dernier Roi de la ville est exilé et Gaza devient une ville de garnison pour les Babyloniens. En décembre 598, Joachim I meurt, peut-être assassiné et il est remplacé par son jeune fils Joachim II (ou Joaquin) que lui a donné son épouse Neshushta.

  

   Joachim II (ou Joaquin ou Jeconiah ou Jéchonias, en Hébreu : יהויכין Yehoyaqim ou יכניהו Yekhonyahu, 598-597), 19e Roi de Juda, arrive au pouvoir en décembre 598 et de suite il doit faire face à l'attaque de son royaume par le Roi de Babylone Nabuchodonosor II (605-562) qui, en 597, fait le siège de Jérusalem. Joachim II se rend le 16 mars 597 après trois mois et dix jours de règne et est déporté avec le prophète Ezéchiel, la noblesse Juive et 3 000 habitants, en majorité des artisans, à Babylone où il va y vivre trente-sept ans. (D'autres sources donnent 10 000 personnes : La cour, les Prêtres et les artisans travaillant les métaux). Il sera libéré par le Roi suivant de Babylone, Amel-Marduk (ou Awêl-Marduk ou Evil-Mérodach dans la Bible, 562-560) en 562. Nabuchodonosor II pille les trésors du Temple et du palais royal et institue comme Gouverneur "Roi" de la ville un oncle de Joachim II, Mattanya, qui prend le nom de Sédécias. Joachim II a plusieurs fils qui ne règneront pas : Shealtiel (ou Salathiel), Asir, Melchiram, Phadaïa, Sermeser, Jérémie, Sama et Nadabia.

   

   Sédécias (ou Zedecias ou Zedekiah ou Mattanyahu ou Mattanya, en Hébreu : צדקיהו  Şidhqiyyāhû "YHWH [Dieu est] ma justice", 597-586 ou 597-587 W.F.Albright), 20e et dernier Roi de Juda, est le fils de Josias et de la Reine Hamital (ou Hamutal). Il n'est plus en fait que Gouverneur de Jérusalem et vassal du Roi de Babylone Nabuchodonosor II (605-562). En 588, Sédécias, homme faible, se laisse entraîner, avec l'aide du Roi d'Ammon Baalis (v.600-v.585), dans une coalition avec Tyr et Sidon contre Babylone. Cette politique anti-Babylonienne, poussée dans cette voie par le Pharaon Apriès (589-570), amène à une nouvelle intervention de Nabuchodonosor II qui bat les coalisés et met le siège devant Tyr.

 

   Puis, le 15-01-588, il assiège de nouveau Jérusalem, qu'il prend le 29-07-586. Le Temple et le quartier aristocratique sont brûlés et la ville et les remparts sont détruits et de nombreux habitants sont tués ou une nouvelle fois déportés en Babylonie. Sédécias tente de s'enfuir vers le Jourdain, mais il est rejoint et capturé près de Jéricho. Il est condamné à avoir les yeux crevés et ses enfants sont massacrés. Il meurt en captivité à Babylone. Cet épisode est connu sous le nom d'Exil dans la Bible. Tyr s’écroulera après un siège très long siège.
 

 

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Nabuchodonosor fait tuer les enfants de Sédécias sous les yeux de leur père, 1787 par François-Xavier Fabre (1766-1837)

   Il reste cependant une partie de la population de Jérusalem rescapée et surtout les habitants                                                                des campagnes et des villages Judéens. Parmi ces derniers, un groupe, qui résiste aux côtés des Moabites et des Ammonites jusqu'en 582, réussit à assassiner le Gouverneur Godolias placé par les Babyloniens à la tête de la province et s'enfuit en Égypte. Il faut une nouvelle déportation des rebelles, cinq ans plus tard, pour que le calme revienne dans la région et la province passe directement sous administration Babylonienne.    

        

 

 

Pour plus de détails voir aussi :  Les Hébreux - Royaume d'Israël - les Hasmonéens

                    la Judée, les Hérodiens - Jérusalem - Samarie - Sichem

 

Voir aussi les photos des peintures de Michel-Ange -  Partie de la voûte de la Chapelle Sixtine - Vatican - 

                           Les ancêtres du Christ : B&S encyclopédie  et  Christusrex 

 

 

   

 

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