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   La division de l’Égypte antique dans sa plus petites unités administrative était les nomes. Ils ont été créés pendant l’Ancien Empire sur une division du pays qui étaient en fait différents territoires tribaux remontant à la Période Pré-dynastique où des clans autonomes régnaient. Ils ont survécus avec des changements mineurs jusqu’à l’invasion des arabes au VIIe sicle ap.J.C. Généralement les égyptologues admettent l’existence de 42 provinces, dont 22 se trouvaient en Haute-Égypte et 20 en Basse-Égypte. Il est à noter que leur nombre, en Basse-Égypte, a varié entre 16,17 et 20, sûrement en raison de la topographie fluctuante du Delta. En revanche en Haute-Égypte, il est resté stable de la Ve dynastie aux Ptolémée. Chaque nome possédait une cité principale (ou capitale) qui était le centre administratif et judiciaire, un ou plusieurs sanctuaires et un emblème comme le cobra, le crocodile, le faucon, la gazelle, le sycomore, le dauphin etc…
 
   Pendant les Ancien et Moyen Empire un nome était contrôlé par le Nomarque (ou contrôleur de la zone). Il percevait au nom du Roi ou Pharaon les impôts destinés au “Double Grenier”, il s’occupait de l’entretien des canaux d’irrigation et des digues et il devait aussi assurer l’ordre. Son pouvoir, renforcé par le Roi devient petit à petit cause de rivalité. À la fin de l’ Ancien Empire, ces grands Seigneurs arrivent à s’émanciper et des nomes prennent même une telle importance que les ambitions du Nomarque régnant mènent à la chute du Roi. On assiste aussi très souvent à des conflits guerriers entre nomes voisins. Particulièrement pendant les Périodes Intermédiaires où divers Nomarques ont usurpé la couronne. Certains d’entre eux finissent par former de véritables dynasties locales très fortes régnant en pleine indépendance, surtout dans le centre et le Sud du pays. L’exemple le plus connu est celui du Nomarque de Hiérakonpolis (Nekhen), Ânkhtyfy sous le règne de Néferkarê VII (v.2130, IXe dynastie) qui se proclame “Grand chef” de son nome et conclu une alliance avec le Nomarque d’Éléphantine (Abou) pour aller combattre les Thébains (Ouaset) et Coptos (Qift).
 
   Au Moyen Empire, l’autorité royale sera remise en place grâce à Sésostris II (1895-1878, XIIe dynastie). Il mit fin au pouvoir des Nomarques en plaçant l’autorité du pays sous le contrôle du Vizir, responsable de trois ministères : Le Nord, le Sud et la Tête du Sud (Éléphantine et la Basse Nubie). Chaque ministère était gouverné par un “rapporteur” subordonné au pouvoir central. Sauf la Tête du Sud directement placée sous l’autorité du Vizir, lequel était représenté sur place par un délégué résidant à Thèbes. Dans le même temps, le titre de “grand chef de nome” fut supprimé dans les villes et remplacé par celui de “Maire”. L’administration des nomes du Nouvel Empire se caractérisa par la même centralisation, avec la constitution de plusieurs autres échelons administratifs : Le directeur des champs du nome, qui supervisait l’entretien du système d’irrigation et les ressources agricoles. Les préposés de circonscription, qui furent placés à la tête des districts ruraux et les heqa hout, chargés de l’administration des districts urbains. Tout ces fonctionnaires avaient à leur service un grand nombre de personnel : Des contremaîtres, des contrôleurs, des conseillers, des scribes etc…
 
   Les Ptolémée confièrent l’administration du nome à un stratège, recruté parmi les descendants d’immigrants Grecs, celui-ci fut aussi un gouverneur militaire sous les premiers souverains de cette dynastie. Le stratège à partir du IIe siècle n’aura plus que des tâches purement civiles, la récolte des impôts du nome devenant sa principale fonction avec l’aide de tout un personnel comprenant, des comptables, des percepteurs et des secrétaires. Il sera aussi assisté d’un scribe royal chargé de la tenue du cadastre. À l’Époque Romaine l’Égypte, divisée en trois grandes circonscriptions administratives (ou épistratégies) dont chacune regroupait plusieurs nomes, sera placée sous l’autorité d’un Préfet d’ordre équestre “le praefectus Aegypti”.

 

Bouton Livre Anime3 Bibliographie

 
   Pour plus de détails voir les ouvrages de :
 
Heinrich Brugsch-Bey :
La Géographie des nomes, ou Division administrative de la Haute et de la Basse-Égypte aux époques des Pharaons, des Ptolémées et des Empereurs Romains, J. C. Hinrichs, Leipzig, 1879.
Henri Gauthier :
Les Nomes d’Égypte depuis Hérodote jusqu’à la conquête arabe, Mémoires de l’Institut d’Egypte XXV, Imprimerie de l’Institut Français d’archéologie orientale, Le Caire, 1935.
Henri Henne :
Liste des stratèges des nomes Égyptiens à l’époque Gréco-romaine, MIFAO 67, IFAO, Le Caire, 1935.
Émilie Martinet :
Le nomarque sous l’Ancien Empire, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, Paris, 2011.
Alexandre Moret :
Une liste des nomes de la Haute-Égypte sous la VIIIe Dynastie, A. Picard, Paris, 1914.

 

Numéro et Nom des Nomes
Nom des principales villes et/ou capitale en Égyptien
(Nom courant, Nom arabe actuel )

             Basse-Égypte

 

I – Nome de la Muraille Blanche    (inb HD)

Nomebe01 Men-Néfer, Ineb-Hedj

(Memphis, Bedrechein)

Pendant une longue période de l’histoire Égyptienne cette ville fut la “capitale de la terre”. Centre de culte du Dieu Ptah, accompagnant la Déesse Sekhmet et leur fils Néfertoum (Triade de Memphite). Des nécropoles de la ville ont été retrouvées à Saqqarah, centre de culte du Dieu Sokaris.

 

II – Nome de la Cuisse  (Patte antérieure)    (xpS)

Nomebe02 Sekhem

(Létopolis, Kom Aousîm)

Capitale du nome. Centre de culte du Dieu Herou (Khenty-Irtou), adoré également dans d’autres villes sous la forme d’un taureau ou d’un lion. La ville était également le centre de culte d’Isis et d’Horus.