Les nomes de l’Égypte antique
Les nomes formaient les grandes circonscriptions de l’Égypte antique : 22 en Haute-Égypte et, selon les périodes, jusqu’à 20 dans le Delta. Cet index présente leurs capitales, cultes, emblèmes et responsables administratifs.
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La
division de l’Égypte antique dans sa plus petites unités administrative était
les nomes. Ils ont été créés pendant
l’Ancien
Empire sur une division du pays qui étaient en fait différents
territoires tribaux remontant à la
Période
Pré-dynastique où des clans autonomes régnaient. Ils ont survécus
avec des changements mineurs jusqu’à l’invasion des arabes au VIIe sicle
ap.J.C. Généralement les égyptologues admettent l’existence de 42 provinces,
dont 22 se trouvaient en Haute-Égypte et 20 en Basse-Égypte. Il est à noter
que leur nombre, en Basse-Égypte, a varié entre 16,17 et 20, sûrement en
raison de la topographie fluctuante du Delta. En revanche en Haute-Égypte, il
est resté stable de la Ve dynastie aux
Ptolémée.
Chaque nome possédait une cité principale (ou capitale) qui était le centre
administratif et judiciaire, un ou plusieurs sanctuaires et un emblème comme le
cobra, le crocodile, le faucon, la gazelle, le sycomore, le dauphin etc…
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I – Nome de la Muraille Blanche (inb HD) | ||
| Men-Néfer, Ineb-Hedj
(Memphis, Bedrechein) |
Pendant une longue période de l’histoire Égyptienne cette ville fut la « capitale de la terre ». Centre de culte du Dieu Ptah, accompagnant la Déesse Sekhmet et leur fils Néfertoum (Triade de Memphite). Des nécropoles de la ville ont été retrouvées à Saqqarah, centre de culte du Dieu Sokaris. | |
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II – Nome de la Cuisse (Patte antérieure) (xpS) |
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| Sekhem
(Létopolis, Kom Aousîm) |
Capitale du nome. Centre de culte du Dieu Herou (Khenty-Irtou), adoré également dans d’autres villes sous la forme d’un taureau ou d’un lion. La ville était également le centre de culte d’Isis et d’Horus. | |
Répertoire vérifié · mise à jour juillet 2026
Les 42 nomes, du sud au nord
Le mot français « nome » vient du grec nomos. Les Égyptiens employaient notamment le terme sepat pour désigner une circonscription. La liste de 22 nomes de Haute-Égypte et de 20 nomes de Basse-Égypte constitue un repère commode, mais elle ne décrit pas une organisation demeurée identique pendant trois millénaires.
Les provinces de la vallée paraissent relativement stables à partir de l’Ancien Empire. Dans le Delta, leur nombre et leur position ont davantage varié avec le déplacement des bras du Nil, la mise en culture des marais et les réformes administratives. Le répertoire ci-dessous suit la numérotation ptolémaïque et romaine retenue par le projet universitaire Digital Egypt.
Haute-Égypte
22 nomes de la Première Cataracte vers le nord
La colonne cultuelle reprend la divinité ou la formule conservée sur la Chapelle blanche de Sésostris Ier. Lorsqu’un autre culte local est ajouté, il est explicitement distingué.
| N° | Principaux centres cités | Repère cultuel et état de l’inscription |
|---|---|---|
| 1 | Abou (Éléphantine), Sounet (Syène puis Assouan) et Noubyt (Kom Ombo) | Horus ; Satet, Anouket, Khnoum et Sobek sont aussi documentés dans ces centres |
| 2 | Djeba (Apollinopolis, aujourd’hui Edfou) | Horus de Behedet |
| 3 | Nekhen (Hiérakonpolis), Nekheb (Elkab) et Iounet (Esna) | Nekhbet, Horus de Nekhen et Ounou |
| 4 | Per-Hathor (Gebelein), Iouny (Hermonthis/Armant), Ouaset (Thèbes), Tôd et Médamoud | Montou |
| 5 | Shenhour, Gis (Apollonopolis Mikra), Gebtyou (Coptos) et Noubt (Ombos/Nagada) | Min de Coptos |
| 6 | Iounet (Aphroditopolis, aujourd’hui Dendérah) | Hathor d’Iounet et Iq |
| 7 | Hout-Sekhem-Sésostris (aujourd’hui Hou) | Bat |
| 8 | Abdjou (Abydos) | Khentiamentyou |
| 9 | Khent-Min (Panopolis, aujourd’hui Akhmîm) | Min |
| 10 | Tjebou (Antaeopolis, aujourd’hui Qaw el-Kebir) | Baou, ou peut-être Sérou ; la lecture reste incertaine |
| 11 | Shashotep (Apotheke, aujourd’hui Shutb) | Horus et Seth |
| 12 | Per-Nemty (Hierakon, aujourd’hui el-Atawla) | Matyt |
| 13 | Saout (Lycopolis, aujourd’hui Assiout) | Oupouaout |
| 14 | Qesy (Cusae, aujourd’hui el-Qusiya) | Nom perdu, probablement Hathor |
| 15 | Khemenou (Hermopolis, aujourd’hui el-Ashmounein) | Aha, forme ancienne de Bès, et Ounout |
| 16 | Hebenu, peut-être Kom el-Ahmar, et Tadehnet (Akoris/Tehna) | Horus de Hebenu |
| 17 | Saka, peut-être el-Qeis, et Hardaï | Anubis de Henou |
| 18 | Hout-Nesout (aujourd’hui Sharouna) | Nemty |
| 19 | Per-Medjed (Oxyrhynchos, aujourd’hui el-Bahnasa) | Igaï |
| 20 | Henen-Nesout (Héracléopolis, aujourd’hui Ihnasya) | Emplacement laissé vide dans la liste conservée |
| 21 | Shenakhen ou Semenouhor (Akanthon), peut-être près de Kafr Ammar et Tarkhan | Khnoum |
| 22 | Tepihou (Aphroditopolis, aujourd’hui Atfih) ; le Fayoum est associé à ce territoire dans la liste | Neith et Sobek du Lac méridional |
Basse-Égypte
20 nomes dans une géographie plus changeante
Plusieurs blocs de la liste monumentale sont lacunaires ou absents. Une lacune ne signifie pas que le territoire était dépourvu de sanctuaire ou de divinité locale.
| N° | Principaux centres cités | Repère cultuel et état de l’inscription |
|---|---|---|
| 1 | Ineb-Hedj puis Men-Néfer (Memphis, aujourd’hui Mit Rahina) | Formule lacunaire liée à Horus devant Ineb-Hedj ; Ptah, Sekhmet et Néfertoum sont aussi documentés à Memphis |
| 2 | Khem (Létopolis, aujourd’hui Aousim) | Khentykhem, « Celui qui préside à Khem » |
| 3 | Imou (aujourd’hui Kom el-Hisn) | Hepy de Hout-Ihyt ; un temple d’Hathor-Sekhmet est également attesté |
| 4 | Région de l’actuelle Tanta, encore peu connue archéologiquement | Neith et Sobek |
| 5 | Saou (Saïs, aujourd’hui Sa el-Hagar) | Saou, « de Saïs » |
| 6 | Khasou (Xoïs, aujourd’hui Sakha), Pé et Dep (Bouto, aujourd’hui Tell el-Faraïn) | Entrée peu claire dans la liste conservée |
| 7 | Région de l’actuelle Damanhour | Un harpon avec sa corde est inscrit à cheval sur les nomes 7 et 8 |
| 8 | Per-Atoum (Pithom, aujourd’hui Tell el-Maskhouta) ; centre antérieur à Tell el-Retaba | Même emblème du harpon partagé avec le nome 7 |
| 9 | Djedou (Busiris, aujourd’hui Abou Sir Bana) | Osiris de Djedou |
| 10 | Hout-Hery-ib (Athribis, aujourd’hui Tell Atrib) | Bloc manquant ou entrée absente |
| 11 | Taremou (Léontopolis, aujourd’hui Tell el-Moqdam) | Bloc manquant ou entrée absente |
| 12 | Tjeb-Netjer (Sebennytos, aujourd’hui Samanoud) et Per-Hebyt (Behbeit) | Bloc manquant ou entrée absente |
| 13 | Iounou (Héliopolis, aujourd’hui Matariya) et Kheraha, dans la région du Vieux-Caire | Isis et Bastet de Sou |
| 14 | Tjarou (Sile), probablement dans la région de Qantara | Lecture incertaine, peut-être Horus de Hebenu ou Benou |
| 15 | Ouep-Rehouy (Hermopolis du Delta, aujourd’hui Baqliya) | Bloc manquant ou entrée absente ; le culte de Thot est attesté dans la ville |
| 16 | Djedet (Mendès) | Formule « de Djedet » ; Banebdjedet est au cœur du sanctuaire local |
| 17 | Sema-Behedet, peut-être l’actuelle Balamoun | Bloc manquant ou entrée absente |
| 18 | Bast (Bubastis), à la lisière de l’actuelle Zagazig | Bastet |
| 19 | Imet (Tell Nebesha) et Djanet (Tanis, aujourd’hui Sân el-Hagar) | Bloc manquant ou entrée absente |
| 20 | Per-Sopdou (aujourd’hui Saft el-Henna) | Bloc manquant ou entrée absente ; un sanctuaire de Sopdou est documenté |
Méthode de lecture
Capitale, nome et culte ne se confondent pas
Une capitale administrative n’est pas nécessairement l’unique centre religieux du nome. Plusieurs villes pouvaient abriter des sanctuaires importants, tandis que le rang d’une cité changeait au fil du temps. De même, une divinité inscrite sur un monument royal ne résume pas tous les cultes pratiqués dans la circonscription.
Administration
Le rôle des nomarques évolue
Les nomarques ne forment pas une magistrature uniforme pendant toute l’histoire pharaonique. Leur autonomie devient particulièrement visible lorsque le pouvoir central s’affaiblit, mais leurs titres, leurs attributions et leurs rapports avec la cour dépendent de la période. Sous les Ptolémées puis les Romains, le nome subsiste dans une administration profondément transformée.



Bibliographie